ACTE V, SCÈNE V
STRUENSKE.
Ne m'admire pas tant!
L'homme est désemparé comme le comliattant; Ce n'est pas l'esprit seul qu'a brisé l'âpre lutte. Et le cœur a sombré lui-même dans la chute... Mais, à toi, je ne peux dire, même tout bas. Mon secret.
CHRISTEL
Si tu crois que je ne le sais pas!
STRUEXSÉE.
Tu le sais?
CIIRISTEI..
Oh ! non pas par des moyens peu di2;nes. Tes lettres me l'ont dit assez, entre les lignes.
STRUEXSÉE.
Je dois plus que jamais, sœur, .si tu sais cela, Me taire, et mourir seul!
Non, puisque je suis là !
V^a, parle, épanche-toi, pauvre âme endolorie.
STRUEXSÉE.
Non! je t'ai déjà trop éprouvée et meurtrie!
CHRISTEL
Si je te perds, du moins laisse à mon cœur troublé La consolation de t'avoir consolé.
Parle !
STRUEXSÉE.
Tu le veux?
0 II uisTi: t..
Oui, c'est mon droit; j'y persiste.
s T R U li X s i: E .
Et d'abord, je suis triste, et c'est mal d'être triste!
Mourant pour la justice et pour l'humanité,
Je devrais, n'est-ce pas, mourir avec fierté,
Avec joie? Un héros aurait l'âme enivrée
De signer de son sang la vérité sacrée.
[]n héros!., je ne suis qu'un homme! Il faut mourir,
Je meurs; mais je ne peux m'empècher de souffrir.
Non parce que je meurs, non ! Mais, vois ma faiblesse,
Je souffre à regarder ce qu'en partant je laisse.
Ce que je laisse, c'est ce qui m'a tour à tour
Troublé, ravi, grandi, perdu...
Il s'arrêto.
CHRISTKL.
C'est ton amour ?
C'est elle?
Oui, c'est elle. Et mon âme blessée Ose mêler ainsi le cœur à la pensée.
Et, comme il s'est trouvé que ma mort, par bonheur. En affirmant le droit attestait son honneur, J'ose encore songer qu'aux deux cultes fidèle, Je meurs en même temps pour ma cause et...
CHRISTEL
STRUEASEE.
... Pour elle.
Pour elle!... Ah! ce seul mot elle évoque... Oh! pardon! J'oublie à qui je parle, et tu souffres!...