SCENE V
STRUEXSÉE, CHRISTEL.
STRUENSÉE, voyant do loin les habits de deuil.
Christel!...
CHRISTEL s'avance douloureusement.
Jean!...
STRUEXSÉE.
Dieu ! mou Dieu! ce deuil!... Tes yeux sont pleins De pleurs!... Mon père? Il vit?...
CHRISTEL
Nous sommes orphelins.
STRLENSÉE.
Mort!... Je ne devais plus le revoir sur la terre.
CHRISTEL, qui l'a observé avec angoisse.
Et c'est tout?... Il se passe ici, Jean, un mystère
Terrible, je t'apporte une grande douleur.
Tu vas me la payer par un plus grand malheur.
STRUEXSÉE.
Que dis-tu là?
CHRIST El..
Je sens qu'un orage s'apprête, Et qu'un danger, mortel peut-ôtre, est sur ta tête.
STRl ENSÉt:.
Eli ! quel danger veux-tu que je puisse courir ?
CHRISTEL
Jean, tu n'as pas pleuré, c'est que tu vas mourir!
S T R U E > s I:) E , dans une explosion douloureuse.
Eh bien, c'est vrai! C'est vrai que je n'ai plus de larmes! C'est vrai qu'au jour on va me passer par les armes ! Oui, le père est parti, je vais aussi partir... A la fin, c'est assez me taire, assez mentir ! l'ardonne-moi, Christel, le courage m'échappe!
CHRISTEL, alterréc.
Dieu!.. !Mais pourquoi subir cet arrêt qui te frappe? Mais il faut résister! Contre tes ennemis Est-ce que tu n'as pas des armes? des amis? Des amis... puissants?
Eh ! qu'ai-je à faire de vivre Sans raison et sans but? Je ne peux pas poursuivre Ma route; elle est barrée! — Et nos rêves, Christel, Le droit, que nous placions comme sur un autel, La grande cause humaine obstinément .servie. Je leur donne ma mort, à défaut de ma vie.
CHRISTEL
Oh! je t'admire! mais...