‹ Struensée et la cour de Copenhague, 1760-1772; mémoires de Reverdil ... précédes d'une courte notice sur l'auteur et suivis de lettres inéditesChapitre 19 sur 37 · LE PRINCE CHAULES DE HESSE A REVERDIL , A COPENHAGUE · texte numérisé non relu

LE PRINCE CHAULES DE HESSE A REVERDIL , A COPENHAGUE

Gottorff, 30 d'octobre 1771.

Monsieur,

C'est avec la plus parfaite reconnaissance que j'ai reçu la lettre que vous m'avez fait le plaisir de m'adresser, et je vous en fait mille et mille remerctments. Ce que vous avez bien voulu me répondre m'est suffisant, et j'y reconnais votre justice et votre candeur. Malgré tous les bruits qui ont couru, j'ai porté exactement au pied de la lettre, le même jugement que vous, mon cher ami, quoique éloigné; mais, sur la connaissance que j'ai du caractère de la personne en question, ce que vous m'en dites me confirme dans mon opinion , et j'avoue que j'en suis bien aise.

Je ne me permets point de vous interroger sur d'autres sujets : je sens les ménagements que vous devez garder dans votre situation présente et le peu de temps qui vous reste pour écrire.

Pourvu que je sache que vous vous portez bien et que vous êtes aussi heureux qu'on peut l'être à la cour, je serai content; je m'y intéresse sincèrement et vivement, mon cher Reverdil, et vous en êtes bien persuadé , j'en suis sûr.

Néanmoins rien ne pourra m'étre plus agréable que de recevoir le plus souvent que vous le pourrez de vos lettres, et d'apprendre par vous-même de vos nouvelles et celles que vous voudrez bien me communiquer en outre, qui ne sauraient qu'être fort intéressantes, surtout venant de votre part. J'ai eu la satisfaction d'avoir ici pendant un jour entier le comte de Berastorff. Vous jugerez facilement de la joie qu'une visite de la part d'un ami que j'aime et respecte à un point si éminent m'a causée. Il se porte mieux que je ne l'ai vu depuis longtemps et me parait avoir pris de l'embonpoint. Vous n'avex assurément pas été oublié dans nos conversations, Monsieur, et

tous ne vous êtes point trouvé entre mauvaises mains. D vous aime et estime toujours également, et nos sentiments mutuels se sont épanchés à votre sujet bien chaudement. Je vous embrasse , mon cher ami , du fond du cœur.

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