‹ Subsistances et populationsChapitre 32 sur 41 · DIX-SEPTIÈME QUESTION · texte numérisé non relu

DIX-SEPTIÈME QUESTION

Quels sont tes inconvénients , en temps de disette et de chômage , d*^uns population manufacturière trop nombreuse et trop concentrée , et commuent améliorer et garantir sa subsistance^

Et accessoirement, quel» seraient , dans l'intérêt du peuple , de sa santé , de ses forces et de son bienêtre , les moyens de mettre le prix de la viande plus à la portée des artisans , ainsi que des laboureursl

Dans I^étàt de décadence où se trouve notre agriculture , pour remédier aux maux de disette et de chômage qui frappent nos populations manufacturières trop nombreuses et trop concentrées, il faut , — pour le cas de disette , — transformer l'alimentation ; au blé qui manque , dont le transport est coûteux , difficile, quelquefois impossible, il faut substituer la nourriture animale. Les frais de cette transformation , qui donne une alimentation supérieure sous un moindre volume, ne dépasseront pas les prix ordinaires; le bétail,- par une loi qu'il est difficile d'expliquer,

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n'augmentant pas en raison directe de la cherté des grains. A ce sujet, il s'est produit, lors de la disette de 1847, un assez singulier phénomène et qui demanderait à être étudié avec soin : c'est qu'alors que le prix de l'hectolitre de blé montait , dans certaines contrées , à 50 et 60 firancs , le prix de la viande restait stationnaire , baissait même.

Les inconvénients du chômage peuvent être atténués par des lois de prévoyance , soit en effectuant une retenue minime sur la solde des jours de travail de toute une année , afin de reporter le produit de cette retenue sur les jours où l'ouvrage manque , et établir ainsi une moyenne assez élevée pour subvenir aux dépenses les plus urgentes de l'ouvrier et de sa famille.

La loi devrait aussi intervenir pour imposer au fondateur d'une manufacture , d'une usine, des conditions qui porteraient aussi bien sur les exigences des règlements d'administration que sur le sort réservé à la population ouvrière que déplacent inévitablement les créations industrielles. Ce ne sera pas gêner la liberté de l'industrie que d'intervenir toutes les fois qu'une fondation manufacturière semblera présenter, soit par le peu de stabilité et de continuité régulière de son mode d'exploitation , soit par les conditions locales dans lesquelles elle se trouvera , des dangers pour une population manufacturière trop nombreuse et trop concentrée. Ce qui devra surtout

attirer Tattentibn de Tàutorité ^ c'est de ne permettre les fondations d'établissements industriels que dans les contrées déjà asse2 peuplées et présentant des ressources suffisantes pour pouvoir occuper les bras sans ouvrage. Une manu&cture qu'on établit dans un pays déjà peuplé , cela se comprend de reste , avant d'appeler des travailleurs du dehors , commence par occuper les ouvriers qui l'entourent : ce n'est qu'une transformation des conditions du travail qui s'opère ; mais les lois d'existence de cette population ne sont pas changées , elles sont au contraire souvent amé^ liorées par l'augmentation du salaire. Il n'en est pas ainsi lorsque l'industrie, pour utiliser un moteur hydraulique ou du combustible , se transporte , comme cela arrive souvent , au milieu de contrées stériles , dépeuplées , traînant avec elle ou attirant , par l'appât d'une haute-paie momentanée , exceptionnelle , toute une armée de tï^vailleurs. Tant qu'il n'y a pas encombrement de matières fabriquées , tant qu'il n'y a pds ôhôitiage , tant que la paie se fait régulièrement , les subsistances affluent ; mais aussitôt quïl y a un temps d'arrêt pour une cause ou pour une autre , le centre industriel est mis en quarantaine ^ les substances alimentaires disparaissent Comme le travavail , comme la solde des ouvriers , et les malheureux que l'industrie a déplacés, qu'elle a implantés sur un milieu qui n'offre aucune ressource , sont décimés par la misère et par la faim.

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Voici encore une question que nous ne faisons qu'indiquer et qui demanderait à être studieusement étudiée et discutée. L'enquête faite par M. Blanqui aîné, en 1848, renferme d'excellents documents, d'excellentes idées , que nous espérons voir bientôt formuler en projet de loi.

DIX-IIUITIÈME QUESTION.

Quelle est l'influence, dans ses rapports spéciaux avec le problême de la population et des subsistances, de V impôt des octrois, des excès des boissons spiritueuses, des vices de l'organisation du travail et de l'affaiblissement des mœurs ?

Cette question est longuement traitée dans les livres onzième, douzième et treizième de ce volume. Nous y renvoyons donc le lecteur, n'ayant, quant à présent , rien à ajouter à ce que nous avons déjà dit.

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