‹ Subsistances et populationsChapitre 31 sur 41 · SEIZIÈME QUESTION · texte numérisé non relu

SEIZIÈME QUESTION

Quels seraient tes effets d'une meillewre répartition de la population entre les villes et les campagnes?

Proportion gardée , la population augm^ite plus dans les villes que dans les campagne. « Les gens qui n'ont absolument rien , comme les mendiants , dit Montesquieu , ont beaucoup d'enfants ; c'est qu'il n'en coûte rien au père pour donner son art à ses enfants, qui même sont , en naissant, des instruments de cet art. »

L'incessante émigration des habitants pauvres des campagnes verà Ips villes , la désertion du métier de cultivateur est expKquée par l'excessif moreellenient de la propriété foncière qui , tout en demandant plus de travail , donne constanament moins de produit^.

L'excédant des popukttons rurales va donc incessamment et inéivitablement s'engQuSrer dans les villes , dans celles livrées à l'industrie surtout. La population ouvrière , dit Makhus , croit en raison directe du prix des salaires. Le salaire payé par l'industrie est toujours plus élevé que celui payé par l'agriculture. Si l'industrie a ses temps d'arrêt , ses chômages , elle a aussi ses grands mouvements d'activité qui rétablissent la moyenne du salaire de toute une année ; ce qui ne peut avoir lieu pour l'agriculture.

Dans les villes, l'hôpital esta côté de la manufacture ou de Tusine , c'est l'annexe indispensable des grands centres de population; sur 1,164 hôpitaux dotés de 53,652,99Su francs 77 centimes de revenus, il n'en est pas un qui soit destiné aux habitants de la campagne. Les 7,599 bureaux de bienfaisance ne secourent que des dtadins ; les monts-de-piété , formant ensemble un <^pital de 36,544,012 francs , n'existent que dans 46 villes de France. C'est aifôsi dans les villes que vous trouvez les 40 institutiood pour les sourds-muets et les aveugles , les 144 hospices dépoi^taires , les 74 établissements pour les aliénés indigents , les dépôts de mendicité , les 555 salles d'asile, les crèdies, caisses d'épargne, les associations de secours mutuels et de .patronage , enfin tout cet admirable systëma des administrations hospitalières qui, d'après M. Adrien de Watteville , forme 9;242 établissements de blenfeîsancei dépen—

SOCIÉTÉ d'Économie ceiRiTABLE. 421

sant chaque année 1 15,441 ,202 francs 52 centimes. Dans les cités , la charité publique est ingénieuse , active , intelligente , à l'affût de toutes les occasions qui peuvent améliorer le sort des pauvres ; la misère est secourue, si cela se peut dire, de manière à être encouragée et perpétuée.

Cherchez dans les campagnes un seul établissement de bienfaisance , une seule institution charitable , et vous ne trouverez, que des populations isolées , soumises au diômage régulier qu'amène chaque hiver, pour travailler Tété vingt heures sur vingt-quatre , et cela sans augmentation de salaire.

Pour bien connaître la proportion de la population des villes , c'est-à-dire , des consommateurs , par rapport aux habitants de la campagne, qu'on peut tous regarder comme des producteurs, il faudrait faire le recensement des habitants des villes ou des bourgs , au-dessus de 1 ,200 âmes. On arriverait ainsi à trouver les éléments d'une bonne répartition indis^ pensable pour pouvoir égaliser, autant que possible , les conditions de subsistances et de bien-être.

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