SECOURS PUBLICS
Au milieu des soins nombreux d’un gouvernement dont le but est constamment le bien général , Charles XIV n’a négligé aucune des mesures pro-
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res à assurer la santé publique , et la uède lui doit en ce genre de nombreux établissements.
Un institut médical et chirurgical, fondé en 1815, à Stockholm, sous le nom d’institut Carolin , a reçu, en 1822 , une nouvelle extension. En 1833, le roi lui a alloué un supplément de fonds pour achats de livres , d’instruments et de diverses collections.
Dès l’année 1819, des mesures ont été prises pour former des chirurgiens habiles , et des fonds ont été faits pour leur donner la possibilité d’aller étudier leur art dans les pays étrangers.
En 1827, de nouvelles instructions ont été publiées pour les médecins des pauvres et pour les médecins municipaux de la capitale.
Dans quelques districts du royaume les secours de la science médicale ayant été jugés insuffisants, le roi a nommé, en 1829, dix médecins extraordinaires , qui devront résider à Helsingborg, à Sdlvitsborg, à 'Wàrnamo, enSmaland, à Alingsas, dans la paroisse de Wingaker en Sudermanie,à Sigtuna, à I,jusdal,à Flelsingland, et à Hemôsand , pour se porter de ces différents points sur tous ceux où leur présence sera nécessaire. Cette mesure a été étendue depuis à presque tous les gouvernements.
Une société de pharmacie a été instituée dans la capitale en 1831 , le roi en a réglé les statuts.
Des l’année 1816, le défaut de ressources pharmaceutiques s’étant fait sentir dans les paroisses rurales , et les curés qui, depuis le commencement du siecle, s’appliquent à l’étude de la médecine pendant leur séjour à l’université, manquaient des drogues nécessaires pour soigner leurs paroissiens malades. Le gouvernement , afin d’encourager la formation de dépôts de médicaments dans les paroisses , a fait publier un manuel pharmaceutique.
Un nouvel hôpital général.a été, par ordre du roi , fondé à Stockholm, dans le faubourg du Sud. La même décision prescrit l'agrandissement de l'hôpital
de Kungsholmen , où trois cents malades peuvent être reçus désormais.
Eu 1832, un nouvel hôpital a été fondé dans la ville de Sôderhamn, et le roi a fixé la somme nécessaire pour l’entretien de cet établissement.
En 1815, un hôpital destiné à recevoir les individus atteints de la maladie vénérienne a été organisé à Stockholm , et le roi a décidé que de semblables maisons seraient ouvertes dans les provinces qui n’en ont point encore.
Avant 1825 , il n’existait pas d’établissements spéciaux pour le traitement des maladies mentales. Le roi ordonna à cette époque que des maisons centrales, destinées a recevoir les aliénés, seraient ouvertes à Malmô, à Vadstena et à Upsal. En 1 «33 . une maison de ce genre a été établie dans le voisinage de la capitale.De sem hlubies établ issements existent aujourd'hui à Vexiô, Nykôping, Gothembourg, Westeras, Fâlun, Gefie, liernosand et Wisby.
En 181 7, des fonds ont été assignés au collège de santé pour être employés en cas a’épidémie.
Le choiera n’a pas épargné la Suède.
Après avoir sévi en Angleterre, en France , en Allemagne, Il envahit la péninsule Scandinave en 1831, et y exerça de cruels ravages. Dans la petite ville de Jônküping le fléau emporta un habitant sur sept. Le roi ne négligea rien pour atténuer les effets de ce terrible fléau, ou pour adoucir les malheurs qu'il avait causés. Des fonds considérables furent faits pour venir au secours des nécessiteux. Les orphelins ont été recueillis , l’État s’est chargé de leur entretien et des dispositions ont été prises pour qu’il soit pourvu à l’éducation de tous ceux que les paroisses ne pourraient soutenir.
En 1812, un système régulier de vaccination a étéétabli dans chaque paroisse , et dix grands dépôts de vaccin ont été formés sur différents points du royaume. Une ordonnance de 1810 a prescrit que des récompenses seraient décernées à l’avenir aux médecins vaccinateurs qui présenteraient les résultats les plus nombreux.
En 1812, l'hospice des enfants trouvés de Stockholm a reçu une nouvelle organisation , et en 1825, d’importantes ameliorations ont été apportées à cet établissement.
Il existe à Stockholm deux maisons d’accouchement pour les femmes peu aisées ou pour celle§ qui désirent rester inconnues. Une école de sages femmes est attachée à chacun de ces établissements.
Le nombre des sages-femmes , successivement augmenté, s'élevait , à la lin de 1833, à plus de huit cents; une active surveillance est exercée sur leurs études et sur l’examen qui précède leur nomination. La plupart de ces matrones sont habiles a faire des opérations pour lesquelles on ne s'en rapportait précédemment qu’au talent des chirurgiens.
En 1827, fondation , à Stockholm, d’une société pour secourir les mères pauvres qui veillent à la santé et a l'éducation morale de leurs enfants.
I j récolte ayant été mauvaise en 1825, le roi a tait remettre aux gouverneurs des provinces où la disette s’était fait ressentir, des sommes considérables, avec ordre de les employer en achats de grains destinés aux plus nécessiteux. Quatre années de suite avant été mauvaises dans plusieurs provinces , et notamment dans les provinces occidentales, Charles XIV leur a fait distribuer des secours qui s’élevaient, en 1833, à plus de un million cinq cent quatre-vingt 'mille rixda- Jers.
t>pendant, ayant reconnu que les secours en argent accordés dans les années de disette, ne pouvaient remédier que tardivement a ce fléau , il jugea qu'il était plus prudent de le prévenir en formant des réserves de grains sur tous les points où la disette peut être à craindre. Cette mesure, mise à exécution depuis quelques années , présentait pour résultat . en 1834 , neuf cent quatre-vingt-neuf magasins, renfermant environ cent soixante-quatre mille cent soixante-trois tonneaux de grains, et pouvant disposer en outre d’une somme de soixante-
sept mille six cent quarante-huit rixdalers pour augmenter au besoin ces approvisionnements.
I1HTMJCTIOH rülLIQCI.
En Suède, l'enseignement est libre; quiconque fournit à l’autorité du lieu des garanties morales, peut, à son gré, former un établissement pour l'éducation de la jeunesse.
La Suède est l’un des pays de l'Europe où l’instruction élémentaire est le plus répandue. Depuis un siècle, on n’y rencontre plus un seul individu qui ne sache lire, et presque tous les Suédois savent écrire et compter. Cet avantage est dû à deux lois, l’une de Jean III (1574), qui décréta que tout gentilhomme qui ne saurait pas lire perdrait sa noblesse, et l’autre ae Charles XI (1584), qui ne permet aux curés d’admettre les enfants à la première communion que lorsqu’ils savent parfaitement lire, et que par conséquent ils sont en état de bien comprendre le catéchisme. Ces deux ordonnances, dont la dernière est encore en vigueur, expliquent peut-être pourquoi la noblesse suédoise acquit une si grande réputation dans le seizième et le dix-septième siècle, et pourquoi les paysans suédois sont les plus éclairés et les plus religieux de l’Europe.
1° Enseignement primaire. Le comité d’instruction publique, constitué en, 1825 par ordre de Charles XIV, n arrêté les principes suivants, relativement à l’enseignement primaire :
Dans toutes les paroisses , autant ue les circonstances le permettront , es écoles populaires seront établies.
On y enseignera la lecture, l'écriture, la grammaire suédoise , le catéchisme , l’histoire sainte , le chant religieux , la gymnastique, la natation. Les élèves y apprendront en outre, d'une maniéré succincte, l'histoire nationale, la géographie , et particulièrement celle de la Suède; il leur sera fait un exposé sommaire des constitutions qui régissent les deux royaumes de Suède et de Norwége , de la situation des deux pays, de leurs productions naturelles.
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Ces principes ont été mis snr-lc-chnmp en pratique; et il n’est guère de paroisse aujourd’hui qui n’ait une école exactement fréquentée par tous les enfants du lieu , et où les differentes branches d’enseignement indiquées plus haut ne soient en vigueur. Dans quelques-unes même , on donne en outre aux élèves des notions de dessin linéaire.
Si l’on excepte les paroisses qui ont des fondations particulières pour l'entretien de leur école, ou qui s’imposent à cet effet , le salaire du maître dans les écoles paroissiales consiste en contributions volontaires , ou autres gratifications accidentelles. Les maîtres sont en général nommés par l’évêque du diocèse; quelquefois aussi ils le sont par les paroissiens ou par les fondateurs des écoles.
Aucune méthode spéciale n’est prescrite pour ces établissements; seulement l’enseignement mutuel a été plus larticulièrement encouragé que tous es autres ; et une école normale , avant pour but de propager ce mode d’enseignement , a été fondée à Stockholm.
Toutes les écoles qui ne sont pas sons l’inspection des paroisses , par exemple celles des mines , des forges , des manufactures, sont tenuesdesuivre la direction donnée par le consistoire ou par le curé.
2° Instruction secondaire. L’organisation de l’instruction secondaire est à peu près la même en Suede qu’en Allemagne. Les établissements où la jeunesse reçoit cette instruction sont les écoles préparatoires ( apologist skolor), qui préparent les entants aux professions industrielles; leséroles supérieures {laerdomsskolor), qu’on peut comparer à nos collèges communaux, et enfin les gymnases, qui répondent à peu près à nos collèges d’externes.
Dans les écoles supérieures et dans les gymnases , l’enseignement est ainsi divise :
I. Connaissances positives : 1° catéchisme , histoire sacrée et théologie; 2° géographie , histoire générale et statistique; 3° géométrie; 4° éléments .
de physique, de chimie et d’histoire naturelle.
II. Philologie : 5° langue suédoise , son histoire et sa littérature ; 6° latin ; 7° grec ; 8° hrbreu ; 9° français ; 10' allemand ; 1 1° anglais.
III. Arts. 12“ calligraphie ; ^“dessin; 14° exercices gymnastiques; 15° chant religieux et musique.
1G° Philosophie, éléments d’anthropologieet de logique; notions de grammaire générale et d’histoire littéraire.
Les gymnases ont ordinairement six à sept professeurs; les écoles supérieures, de trois à six , subordonnés dans ces deux genres d’établissements à un recteur. Quelques-uns de ces etablissements sont richement dotés par des particuliers ou par l’État. Des bourses y sont distribuées annuellement aux élèves qui se distinguent.
Le montant des appointements des professeurs dépend en général du prix des grains qui est fixé chaque année.
Chaque évéque , en qualité d 'éphore, a l’inspection des écoles supérieures de son diocèse.
Il existe aussi en Suède quelques institutions particulières. Stockholm en possède plusieurs bien organisées.
3° Enseignement 'supérieur. Universités. Des deux universités suédoises, celle d’Upsal et celle de Lund, la première est incontestablement la plus importante, puisque sa populatiou est à celle de la seconde dans le rapport de cinq à deux.
L’université d’Upsal est la plus célèbre de tout le Nord; elle doit son origine à Sten-Sture, l’ancien régent ou administrateur du royaume, qui la fonda en 1476, à’ l’imitation de l’université de Paris , alors très-célebre (*). Dissoute en 1583 par suite de l’influence des jésuites qui firent créer une nouvelle académie à Stockholm , elle fut rétablie en 1598. Gustave Wasa, qui y avait reçu son éducation , lui accorda des privilèges et des encouragements de toute espèce, et Gustave-Adolphe la reconstitua et la dota de tous les biens patrimoniaux
(') Voyez p. 3g , col. i.
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des Wasa. C'est surtout depuis cette époque qu’elle a jeté un si grand éclat dans le monde savant. Christine se montra très-favorable à l'université suédoise et en prit un soin particulier; mais les constitutions qui servent de règle à cet établissement, et qui constatent ses immunités et ses prérogatives, ne datent que de 1655 : c'est dire qu’elle les dut à Charles-Gustave.
Un chancelier est à la tête de l’universitc. Le prince royal est revêtu de cette éminente fonction, dont l’étendue de ses connaissances le rend parfaitement digne. La nomination du chancelier est faite par le roi. L'archevêque d’Upsal est de droit vice-chancelier.
L'enseignement se partage entre vingt-quatre professeurs, dont :
Cinq pour la faculté de théologie;
Deux pour la jurisprudence : l’un pour la jurisprudence civile et commerciale, et l’autre pour le droit romain et national ;
Cinq pour la médecine, dont trois pour la médecine théorique et pratique, un pour l'anatomie chirurgicale, et un pour la botanique démonstrative;
Quatorze professeurs de la faculté de philosophie, savoir : éloquence, histoire, littérature, mathématiques, économie politique, chimie, botanique, logique, métaphysique, langue grecque et langues orientales.
Chaque professeur doit donner quatre leçons d’une heure par semaine, excepte pendant le temps des vacances, qui durent en tout quatre mois et demi , savoir : six semaines d’hiver et trois mois d’été.
Parmi les professeurs actuels les.plus célèbres à l'étranger, sont Afzehus, Wahlenberg , Svanberg, Gejer, Fries et Nilsson.
Les professeurs sont nommés par le roi, sur une liste de trois candidats remise au chancelier par le consistoire de l’université, après un concours préalable.
Les honoraires des professeurs, quoique peu considérables en apparence , sont cependant fort avantageux ;
leurs traitements fixes ne dépassent guere trois mille francs, mais ils donnent des leçons particulières à la plupart de leurs élèves, et les rétributions qu’ils eu reçoivent contribuent à leur assurer une existenoe tres-honorable.
Le professeur d’économie politique, ülot Kolmodin, est le seul qui jouisse du logement gratuit. Cette faveur lui est accordée par suite d’un legs institué par Skytte , sénateur et chancelier de l'université, que l’on suppose avoir été frère naturel de Gustave-Adolphe.
Lorsque les professeurs ont rempli leurs fonctions pendant un certain nombre d’années, ils sont admis à jouir d’une pension de retraite qui, après trente ans d’exercice, est égale a leur traitement intégral.
A chaque faculté sont attachés un certain nombre ü’ adjoints , nommés par le chancelier sur la présentation de la faculté. Ils ont le droit de faire des cours particuliers, qu’on appelle collèges , et remplacent les professeurs en ras de maladie ou d’absence. Ils doivent aussi s’occuper des élèves nouvellement inscrits qui ne sont point encore en état de suivre les cours pu- / blics.
Indépendamment des professeurs et des adjoints, le corps enseignant de l'université comprend encore un certain nombre de maîtres qui, sous le nom de docentes, ont la permission de donner des leçons , et de se préparer ainsi des titres à une position plus élevée. Ils doivent, avant d’être revêtus de ce titre, soutenir une thèse de leur composition.
L’université possède encore deux maîtres de langues , l’un pour le franais, l’autre pour l’allemand ; un maître e dessin, et un maître de musique. En outre , elle a sa bibliothèque et son imprimerie particulières, son libraire, un manège, une salle d’armes et une salle de danse.
Tous les étudiants, à l’exception de la noblesse qui fait corps à part, sont partagés en différentes nations, qui portent les noms des provinces u’ou ils viennent. Chacune de ces nations a un inspecteur qui , choisi par elle eutre les
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Jirofcsseurs, veille sur les mœurs et es études de ses subordonnés, et les exerce de temps à autre a discuter sous sa direction. Chaque nation a en outre son curateur et ses anciens , chargés de maintenir l’ordre et de diriger les études.
Le nombre des élèves a toujours été croissant. Sous Gustave-Adolphe, il n’était que de cent cinquante; en 1780, il s’était élevé à trois cents; en 1800, à cinq cents; il était, en 1830, de quatorze cent cinquante-trois, dont huit cent quarante-quatre présents. Les étudiants vivent séparément chez les habitants, où ils se mettent en pension, ou bien ils prennent leurs repas à des espèces de tables d'hôte. Le soir, ils se rassemblent dans des clubs composés généralement des étudiants de la même province.
Pour être admis à l’université, il faut, au sortir du gymnase, subir un examen qui, depuis 1831 , a été rendu beaucoup plus sévère; aussi, depuis cette epoque, le nombre des étudiants a-t-il sensiblement diminué.
Les classes opulentes de la noblesse et de la haute bourgeoisie ne sont pas les seules qui jouissent des avantages d’une éducation libérale; l’instruction s’est également propagée parmi les classes’ moyennes, et a pénétré jusqu’à celle des paysans. Sur a peu près quatorze cent cinquante étudiants qui fréquentent l’université d’Upsal, environ cent cinquante appartiennent à la noblesse, trois cent cinquante au clergé, deux cent cinquante a la bourgeoisie, deux cent trente à la classe des paysans, trois cent vingt à celle des employés, et deux cents a cette partie distinguée de la nation (les standspersoner (*), qui , comme les capacités de la France, lorment une classe de parias politiques. A l’université de Lund en Scanie, on remarque que le nombre des enfants de cultivateurs est en proportion beaucoup plus considérable qu'à Upsal. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’en Suède les diverses classes de la population participent aux bienfaits de l’instruc-
(*) Voyez p. 4i4, col. ».
tion plus généralement que dans beaucoup de |»oys de l’Europe plus riches et plus favorisés de la nature. Les étudiants les plus pauvres, et en même temps les plus distingués, reçoivent un secours annuel sous le titre de stipendiant. Ce secours est prélevé, soit sur les fonds de la couronne, soit sur les revenus de certaines fondations particulières : stipendia magnatum.
L’académie a une garde à elle, distincte de celle de la ville, et qui est chargée de veiller au maintien de la tranquillité publique.
La police des étudiants appartient exclusivement à l’université, d’après ses antiques privilèges. Iæs professeurs réunis lorment, quand le cas l’exige, une cour de justice, qui se divise en deux sections, l’une d’instance, l’autre d’appel. La première est présidée par le pro-recteur, l’autre par le recteur.
Toutes les contestations qui s’élèvent entre les étudiants, et tous les délits qu’ils peuvent commettre, comme, en énéral, toutes les affaires de l’acaémit, sont du ressort de ce tribunal, qui prend le titre de consistoire. Le condamné peut en appeler au chancelier , et , dans des cas graves , au roi.
La charge de recteur est ambulatoire. Tous les six mois, il est élu sous les auspices du chancelier de l’université, en suivant l’ordre des facultés, à commencer par celle de théologie.
Pour être éligible, il faut avoir deux ans d’emploi comme professeur. Le recteur est chargé d’une surveillance générale et d’une sorte de magistrature conciliatrice. Il veille à l’exécution des arrêts du consistoire, fait rentrer les amendes , et est dépositaire de l'une des clefs des archives, de la caisse et de la prison. Chargé de soins nombreux et continuels, il est dispensé de tout enseignement pendant la durée de ses fonctions. Il ne peut s’absenter plus de huit jours dans le cours de l’année scolaire, ni plus de quinze durant les vacances. Il est alors suppléé par le pro-recteur. La personne du recteur est sacrée et inviolable.
Son installation se fait dans l’eglise cathédrale, avec une grande solennité,
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et lorsqu'il dépose ses fonctions, il prononce un discours d’apparat.
Après le recteur vient le doyen de chaque faculté , dont les fonctions sont aussi amtnilatoires et ne durent également que six mois. Il est chargé de diriger les études de la faculté, de faire au consistoire tous les rapports ui leconcernent, d’examiner les thèses, ’y apposer son approbation ou son improbation.
C'est au chancelier qu’il appartient de décerner les honneurs académiques, qui sont au nombre de deux : le doctorat et la maîtrise ès arts ( doctores et magistri philosophiæ). Il v a des docteurs pour la théologie, fa jurisprudence, la médecine et la philosophie.
Os derniers portent aussi le titre de maîtres ès arts. C'est le roi qui nomme les docteurs en théologie. Le nombre des maîtres ès arts est limité à 75, et la dérision rovale de 1 831 , dont j'ai déjà parlé, a rendu fort difficiles les trois epreuves successives que les candidats subissent ( pro exercitio, examen rigorosum, pro gradu). Les facultés peuvent cependant avec la permission du roi accorder le brevet de docteurs à des savants d’une érudition célèbre, sans qu’ils soient tenus de passer par ces épreuves ; mais de telles faveurs sont rares. Du reste , quiconque quitte l'université pour entrer dans les fonctions publiques, de quelque genre qu’elles soient, est tenu de subir un examen préalable. Ces examens sont publics et ont lieu deux fois l'an.
Les bâtiments de l’université sont considérables; mais je renvoie, pour en parler, à la description que je donnerai plus tard de la ville d’Upsal.
L’université de Lund , fondée en 16G6 par Charles IX, pour retenir la jeunesse scanienne, qui, jusque-là, avait fréquenté l’université de Copenhague, a une organisation analogue à celle de l’université d'Upsal, et a, comme elle, le prince royal pour chancelier. Elle doit des ameliorations nombreuses et des agrandissements considérables à la protection du roi régnant, qui vient, tout récemment encore (octobre 1837),
de la visiter, et d’y signaler sa présence par de nouveaux bienfaits.
ADMIftISTRSTIOff XEUGIIUSE. CULTES.
Le christianisme , comme on l’a vu plus haut , n'a été introduit en Suède que vers l’an 830 de notre ère(*). Pour célébrer cette époque mémorable, Charles XIV, en 1830, ordonna un jubilé solennel. A cet anniversaire se rattachait aussi l’adoption, par le clergé suédois, de la confession d Augsbourg en iS30,etsa participation à la grande lutte soutenue en 1630 sur le sol allemand pour le maintien de la foi protestante.
La religion de l’État est , comme le dit la constitution , ta pure doctrine évangélique telle qu'elle est interprétée dans la confession d' Augsbourg et qu'elle a été reçue par le decret du synode d’t’psal âe cannée 1593. Un seul point essentiel dans lequel elle diffère uu luthéranisme , c’est qu’elle admet la hiérarchie ecclésiastique , et que cette hiérarchie aboutit au roi. Ainsi la Suède a un archevêque , celui d'Upsal, et onze évêques, qui sont nommés par le roi, sur une liste de trois candidats présentée, pour l’archevêque, par le clergé du royaume, et pour les évêques, par les curés du diocèse. Rien plus , les cures royales elles -mêmes, c’est-àdire celles des villes et de quelques communes, sont à la nomination du roi.
Pour les seules cures consistoriales, les paroisses ont le droit d’élection , et c’est la voix du peuple qui décide entre les candidats. Quelques cures sont à la nomination des propriétaires de certains fiefs.
Les affaires de la religion ont été
f lotir les deux derniers souverains de a Suède l’objet d’une constante sollicitude. Afin de faire disparaître le schisme qui s’était manifeste dans quelques diocèses, Charles XIII, en 18U, chargea un comité de rédiger un nouveau psautier. La même année, un (*) En 1 834 le roi à accordé Ici fonds necessaires pour élever dans l’ile de Bjorkô un monument à . la mémoire d'Anschaire (Angarius), qui iutroduisit le christianisme en Suède.
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nouveau rituel fut publié par ordre du roi , et, peu de temps après, une ordonnance régla les dispositions à observer pour les examens religieux.
En 1824, une divergence d'opinions s’étant manifestée au sujet d'un nouveau livre d’évangiles rédigé par un comité ecclésiastique, le roi décida que l’on continuerait à se servir de l’ancien jusqu'à nouvel ordre.
La législation ecclésiastique réclamait depuis longtemps une révision qui la mit en harmonie avec les progrès de l'esprit humain. Le roi, pour appeler l’attention du clergé sur ce point, ordonna, en >813, la publication des lois et ordonnances en vigueur qui modifient ou expliquent le code ecclésiastique de U!8li. Plus tard, en 1823 , une ordonnance royale chargea trois ecclésiastiques versés dans la jurisprudence cléricale de reviser les lois et ordonnances ecclésiastiques , et de présenter un projet sur les améliorations dont elle était susceptible.
Apres un travail de dix ans, cette commission a présenté, en 1833, un projet de code ecclésiastique. Mais les consistoires ayant adressé au roi un grand nombre d'observations contre ce travail , ce prince les a remises à la commission , en lui prescrivant de dresser, avant tout, un recueil complet des arrêts et résolutions d’après lesquels les changements dans les lois religieuses ont été déterminés , et de rédiger ensuite le code en question , de manière à ce que tout ce qui concerne la discipline soit séparé de la loi ecclésiastique proprement dite.
Neanmoins, quelques réformes importantes ont été opérées. Ainsi un ancien usage voulait que les conseils d’administration des églises pussent, en expiation de certains délits jugés par elle , infliger la peine de l'exposition à la porte du temple. Cette pénalité ecclésiastique ne pouvait être maintenue sous le régime cohstitutiomiel , où l’on ne reconnaît qu’à la loi civile le droit de punir les citovens. Le roi , en 1831 , prononça l’abolition de cette peine.
Le clergé jouit en Suède d’une exis-
tence honorable et d'une grande aisance. Le revenu de l’archevêque d-’Upsal et celui des évêques se composent de leurs bostxllen, ou propriétés affectées à leur entretien. Ils prélèvent en outre la dîme sur les habitants de quatre ou cinq paroisses situées dans le voisinage de la résidence épiscopale, et cette dîme est désignée sous le nom de prébende. Quoique curés de ces paroisses, les prélats y exercent rarement les fonctions curiales, et se font remplacer par des vicaires. La totalité des revenus de l’archevêque d’Upsal n’excède pas vingt mille francs. Le plus riche des évêchés, celui de Linkôping, peut rapporter quatorze mille francs, et le plus pauvre, celui d’Hernôsand, environ six mille trancs.
«Les curés, à Stockholm, reçoivent du gouvernement de modiques honoraires; le surplus de leur traitement dépend de la générosité de leurs paroissiens, et il paraît que, sous ce rapport , ils n’ont pas beaucoup à s’en plaindre. Il y a cependant peu de convenance dans la manière dont ils opèrent la perception de cette partie de leurs revenus. D’abord le casuel n’est fixé par aucun tarif : la quotité en est abandonnée à la discrétion des paroissiens; pour le surplus, voici comment on procède : dans le premier mois de chaque année, le chantre de l’église parcourt successivement toutes les maisons de sa paroisse ; il est porteur d’un registre qu'il présente , et sur le- • quel chaque habitant inscrit la somme qu’il consent à payer pendant l’annee pour l'entretien du curé, et ensuite séparément pour celui du vicaire et du chantre. Il y a dans cette manière de solliciter une juste rémunération quelque chose de dégradant pour le caractère sacerdotal ; néanmoins, il paraît que les curés ne s’en trouvent pas trop mal , car, par ce moyen , ils parviennent à se fbrrper un revenu qui varie de six à dix mille francs, et celui du curé de la cathédrale s’élève au double de cette somme.
«Le revenu des curés de campagne se compose de leurs bostclles, qui lorment leurs presbytères; du casuel,
/ L,ooç
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toujours payé volontairement , et enfin du produit de la dime, qui se prélève uniquement sur les céréales , les autres productions de la terre en étant exemptes. Les presbytères sont entretenus avec un soin remarquable ; les curés ne négligent rien pourlaculturede leurs terres : ils v vivent avec leur famille, ordinairement nombreuse, et y vieillissent entourés des respects des habitants. Cette douce et paisible existence attire dans cet état une foule de jeunes gens qui , en sortant d'achever leurs etudes , embrassent cette carrière.
Après la mort d’un curé, sa veuve peut, si elle le désire , résider pendant deux ans au presbytère; et les habitants regardent ordinairement comme un devoir sacré de la soigner, de manière au moins à la préserver des nécessités les plus absolues; mais elle doit ensuite pourvoir elle-même à ses besoins. Cet avenir serait bien désolant , et peu de femmes se décideraient , avec, une aussi triste perspective , à unir leur sort à celui d’un ecclésiastique. Aussi la plupart des jeunes curés , qui ont calculé les avantages et les inconvénients de leur position , se gardent bien de s’engager légèrement dans les liens du mariage, et, avant de rechercher la main d’une femme , ils ont bien soin de s’assurer qu’elle possède des moyens suffisants pour garantir l’avenir de leurs enfants. Lorsqu’ils ont une fortune indépendante du revenu de leur cure , alors c’est different ; ils peuvent se marier comme ils le veulent, il n’y a plus d’inconvénients ; mais si ni l’une ni l’autre de ces conditions ne se rencontrent , il n’y a pas à balancer : le curé doit chercher, par la plus sévère économie , à conserver quelques ressources à sa famille. Au résume , les ecclesiastiques font ordinairement de fort bons mariages ; une vie tranquille et le presbytère, de la considération et les dîmes, du respect et le casuel, tout cela promet des jours heureux, une existence très-sortable.
« Il y a des cures decampagne dont le revenu est beaucoup plus considérable que celui des évêchés : quelques paroisses de la belle province d'Ostrogothie payent
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à leurs curés plus de quatorze mille francs par an. La cure de Vingaker, en Sudermanie , rapporte douze mille frahcs. Cependant le terme moyen du produit des cures de campagne est évalué entre seize cents et deux raille quatre cents francs (*). »
Le roi s’est efforcé de faire disparaître cette inégalité, par une répartition plus judicieuse des biens ecclesiastiques, soit en apportant quelques changements dans la délimitation de certaines cures, soit en faisant intervenir le gouvernement dans les démêlés entre les paroisses et leurs pasteurs, au sujet de l'acquittement des dîmes et autres droits ecclésiastiques.
Les ecclésiastiques chargés de la direction des paroisses ne sont pas les seuls qui excitent la sollicitude du gouvernement. Une décision royale de 1830 statue que les prédicateurs des prisons de Stockholm etdeCarlscrona, ainsi que ceux des hôpitaux de Malmô, deWadstena et d’Upsal, sont admis à faire valoir comme doubles les années pendant lesquelles ils auront été chargés de ce service. Mais les prédicateurs des autres prisons, dont les devoirs sont moins pénibles, ne pourront faire admettre chaque année de service que pour dix-huit mois.
L’année suivante, les ecclesiastiques remplissant les fonctions d’instituteurs adjoints dans les écoles publiques , ont été admis à la même faveur que les prédicateurs de Stockholm et de Carlscrona , en récompense des fonctions laborieuses qu’ils ont à exercer.
Du reste , des garanties sont prises pour que les fonctions ecclésiastiques soient remplies par des hommes dignes par leur caractère et par leurs connaissances d’une aussi importante mission. Unecirculairedu gouvernement, adressée, en 1813, aux consistoires, a réglé le mode d’examen des citoyens qui entrent dans les ordres, et des ecclésiastiques déjà ordinés qui sollicitent des cures.
Aux termes d’ u n décret royal de 1 820, nul ne peut entrer dans les ordres sa-
(*) Damnant , Voyage en Suède.
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crés avant l'âge de vingt-trois ans.
Par cette sage mesure , les ministres du culte, avant de commencer leur apostolat , ont appris a connaître et à pratiquer les devoirs de citoyen.
Une circulaire du roi , adressée, en 1824 , aux consistoires, leur prescrit de veiller scrupuleusement à ce que les membres du clergé remplissent leurs devoirs avec exactitude.
D’après un rapport du comité d’instruction publique , le roi étant autorisé a croire que l'érudition des jeunes gens destinés à la prêtrise manquait uelquefois de profondeur, par suite u système d'enseignement qui leur était appliqué , a décidé , en 1 831 , que certains changements seraient apportés aux règlements en vigueur dans les universités; et, pour donner à ces améliorations toute l'extension désirable, il a décrété que le nombre des chaires théologiques à l’université de Lund serait, à l'avenir, égal à celui des chaires du même genre à l'université d’Upsal.
Le gouvernement suédois n’a également négligé aucune des mesures propres à favoriser la propagation du christianisme dans les provinces septentrionales des deux royaumes. En 1815 , l’établissement d’une société biblique a été autorisé à Stockholm , et le roi lui a accorde le règlement qu'elle désirait.
En 1825, le roi a publié une instruction relative aux inspections annuelles qui doivent être faites chaque année en Laponie, pour y observer les progrès du christianisme. Un règlement a été établi à la même époque pour l'administration des fonds alloués aux églises de la Laponie , et pour faciliter l’enseignement religieux dans cette contrée; enfin Charles XIV a ordonné, en 1820 , que le catéchisme suédois filt traduit en lapon.
C’est également dans le but de propager l'instruction religieuse que le roi a fait construire deux chapelles sur la frontière du Vermland et de la Norwége, afin de faire jouir du service divin les paysans finlandais qui habitent cette frontière. Des fonds ont été
faits pour l’établissement d'une école , et le catéchisme suédois a été traduit eu finlandais pour être enseigné duos cet établissement.
La liberté des cultes existe eu Suède , avec cette restriction que nul ne peut obtenir même le plus mince emploi s'il ne professe le culte luthérien. Ce n'est que depuis 1781 que l'exercice de la religion catholique a été autorisé. Le nombre des personnes qui appartiennent à ce culte n’excède pas 1800. Ce sont , pour la plupart , des étrangers allemands , français et italiens ; il n’y a parmi eux aucun Suédois. On en compte 809 à Stockholm , 329 à Gothembourg; le surplus est reparti dans le reste de la Suède. La reine et la princesse royale professent publiquement la religion catholique , et elles ont à Stockholm une chapelle desservie par un vicaire apostolique.
Les juifs ne sont admis en Suède que depuis cinquante ans. Iis ont maintenant des synagogues à Stockholm, à Gothembourg, a Norkceping, et à Carlskrona. Leur nombre n'est que de 887 dans la première de ces villes, de 150 dans la seconde . et de 100 environ dans chacune des deux autres.
K1KASCES.
En Suède, la banque, qui date de l’année 1557, est entièrement indépendante du roi, mais soumise à la surveillance d’une commission nommée parla diète et choisie parmi ses membres. Durant les sessions, un comité secret vérifie toutes les opérations.
La banque tient en dépôt les recettes de l’État, et émet en son propre nom le papier-monnaie; souvent cile prête à l’agriculture ou au commerce, à raison seulement de trois pour cent.
Les revenus ordinaires de la Suède se composent principalement de l’impôt foncier, et des dîmes établies sur l’agriculture, les mines, les forges, etc.; enfin d’une capitation de I fr. 83 cent. (44 schcllings) payée par tous les individus de dix-sept à soixante ans. Les sexagénaires qui out plus de 2U0 fr. de revenu y sont même *s-
SU KDE.
treints. La capitation des femmes est moitié de celle des hommes. Le total de ces revenus est de 3,950,000 rixdales banco.
Les revenus extraordinaires soumis aux votes de chaque dicte, s’élèvent à 3,3 10,000 rixdales, savoir : douanes, 2,200,000 rixdales, postes, 250,000, papier timbré, 300,000, eau-de-vie, 5G0,O00.
Comme ces revenus seraient insuflisants, chaque diète vote une subvention complémentaire (bevillning), qui est formée au moyen d’une taxation annuelle d'environ cinq pourcentde tout revenu net, provenant des propriétés immobilières et mobilières. Les traitements des fonctionnaires publics et celui des officiers de l'armée y sont même soumis. Cet impôt, qui s’élève à 2,300,000 rixdales, est reparti par les députés des quatre ordres, choisis dans chaque district de répartition.
Outre ces impôts, dont le montant est de 9,500,000 rixdales, il y a encore des prestations en nature qui pèsent principalement sur les proprietaires (les terres (*) : c’est l’entretien des milices, évalué en espèces à 2,083,000 rixdales ; celui du clergé, a 2,758,000; celui des pauvres, 171,000; le transport des dépêches, 083,000; enfin diverses autres corvées dont l'estimation peut être de 900,000.
Tous ces impôts peuvent s'élever à 34 ou 30 millions de fr. ; c’est-à-dire environ 1 1 fr. par tête. On paye par tête, en France, 32 fr.; en Angle-
(*) Il y a pour ainsi dire deux classes de propriétés foncière». Le» terres qui ont fait partie autrefois des domaine» de la couronne et qui ont été vendues à condition dune redevance annuelle payent seules l'impôt foncier . consistant encore aujourd'hui dan* celte redevance qui est restée invariable. Mais l'inégalité entre ces deux espèce» de bien»- fond» est effacée par le bevillning; c’en - à - dire , que la répartition de cet impôt est laite tle telle sorte qu’un bien-fonds grevé d'un fort impôt foncier, paye d'autant moins en subvention complementaire et extraordinaire, cl vice versa.
terre, 5G fr. La valeur de toutes les propriétés de la Suède étant évaluée a 757 millions , d’un revenu annuel de 102 millions de fr., l’impôt fixé à 40 millions est encore la dix-neuvième partie du capital; en France, il est ■fi', en Angleterre, jj ; le capital de l’une étant de 20,050.000,000, le produit 0,400,000,000, et l'impôt I milliard ; le capital de l’autre étant 05,644,000,000 , le produit 11,500,000,000, et l'impôt 1 ,200,000.000.
Le sont les baillis de districts qui font la levéedes impôts; mais il y a des receveurs particuliers pour les douanes, la poste et le papier timbré.
l.es frais de perception s’élèvent, pour les contributions directes, à environ cinq pour cent, ceux des douanes à seize pour cent de recettes brutes , et vingt pour cent de revenu net.
BUnCKT DES DÉPENSES.
Admini»trations civiles » a(n5a,63o
Armée de Irrrc . 3,a.|<),5a4
Clergé et instruction 642.666
Beau «'arts 27.01*0
Secours et charité j 1 , 97
Pcii«ioaa 0i!ooo
Dépenses générales et extraordinaires. bb 4,667
Agriculture , commerce. ... i3 j.3|jt
Traitements du retraite aKù.oyg
Total 8,228,2 *7
A cette somme, il faut ajouter la liste civile du roi de 420,000 rixdales, celle du prince royal de 150,000. et une rente de 200,000 rixdales que l’État doit à Charles XIV pour les fonds qu’il employa à libérer la Suède du poids de la dette étrangère.
L'administration du trésor effectue ses payements par des mandats sur la banque pour les dépenses Générales.
Pour les dépenses locales, il y a dans chaque province une caisse qiii reçoit 1rs contributions de la province, et" ou paye les dépenses sur des ordonnances du trésor, qui reçoit l’excédant ou comble le déficit des caisses provinciales.
Les dépenses locales des villes se payent par leurs propres revenus, ou par des taxations sur les habitants. • Les villes maritimes ont de certains
L’UNIVEÉS.
droits, réglés par des ordonnances royales, sur les marchandises importées ou exportées.
L’État doit à la banque quatre millious de rixdales banco, à quatre pour cent d’intérêt depuis 1835; deux pour cent sont amortis sur le capital.
En 1830, il y avait pour 67 millions de francs de billets Je banque, dont 59 millions étaient en circulation; son fonds en espèces s’élevait à 12,670,000 francs. Si l’on ajoute sa créance sur l’État de 8,800,000 francs , 32,000,000 de francs de créances particulières, on trouvera que la banque est en mesure de faire face aux demandes accidentelles de conversion de billets en numéraire, d'autant plus que le payement des contributions demande 20 millions de francs, et que la valeur des exportations, égale et parfois supérieure à celle des importations, entretient et augmente la quantité des espèces dans le pays. Les états généraux ont d’ailleurs pris des mesures pour porter le fonds métallique de la banque à 37 millions et demi de francs.
Le roi Charles XIV a contribué puissamment à la réforme des finances de la Suède. Sous son administration, il y a eu, de 1811 à 1831, une amélioration de 57,828,225 rixdales banco, tant par l’extinction de toute dette étrangère, que par l’augmentation du fonds" métallique de la banque. Dans ce même espace de vingt années , il a été exécuté pour 88,983,198 rixdales banco de travaux d’utilité publique.
DOCUtU.
Depuis dix ans, disait, en 1834, M. de Skogmau , secrétaire d’État des finances et du commerce, le gouvernement suédois a adopté le système de la diminution des droits et de l’extension progressive de la liberté commerciale, avec les ménagements nécessaires aux établissements d'industrie nationale, qui ont encore besoin de jouir des avantages des brevets d'invention rei présentés par les prohibitions. Le ré-
sultat de ce système a été que les revenus de la douane se sont élevés, de
1.904.000 rixdales qu’ils étaient en 1824, à 2,700.008 en 1831 , que la contrebande a diminué , et que les produits de l'industrie croissent en qualité et en quantité. Par suite de la réduction des droits, le prix des denrées baissant, la consommation a augmenté, et , au lieu de 6,870,000 livres de sucre et de 1,410,000 livres de café importées en 1824, on a importé, en 1829,