‹ Suède et Norwége par m. Ph. Le BasChapitre 31 sur 72 · livres de sucre et 2,808,000 livres de café · texte numérisé non relu

livres de sucre et 2,808,000 livres de café

Les denrées étrangères, qui ont acquitté les droits d’entrée dans le royaume, ne sont assujetties à aucun droit d’octroi à leur introduction dans les villes.

La Suède a été assez sage pour ne pas entrer dans cette guerre de tarif que se font les puissances commerciales; tandis que la France imposait le droit énorme de 18 fr. 50 cent, par 100 kilog. sur le fer de Suède, la Suede a continué son système de réduction des droits, et reçu nos vins, qui font vivre trois millions de vignerons, et autant de courtiers et de marchands, sans les frapper de ces prétendus tarifs protecteurs qui ne profitent jamais qu’a quelques industries privilégiées.

Elle en a été récompensée : depuis 1828, époque où elle a réduit de moitié les droits sur les vins, la consommation a doublé.

commëuck.

Commerce intérieur. Les diverses

firovinces de la Suède fournissant toutes es mêmes produits, le commerce intérieur est fort limité; cependant il parait trois fois plus considérable encore que tout le commerce extérieur; mais on a trop peu de données pour en parler avec certitude.

Commerce extérieur. De 1827 à 1830, les exportations se sont élevées, terme moyen, à 14,291,000 rixdales banco, savoir : 140,000 tonnes de grains et 7,600,000 kilogr. de fer.

TABLEAU COM P AB ATI P DU COMMERCE DIRECT DE LA 8CÊDB A TEC LES PATS ÉTRANGERS BT 1819.

SUEDE

L’UNIVERS

Le nombre de navires employés dans les ports de Suède est de 1,178, formant un tonnage deGI,200 tonneaux; la navigation intérieure emploie 48G bateaux portant 9,000 tonneaux; le commerce avec l’étranger occupe environ 700 navires d’un tonnage de 45,200 tonneaux, montés par 4,800 marins.

Ajoutons à ce tableau , queLivourne a reçu vingt-deux navires chargés de bois et de iers pour 133,000 rixdales; Trieste a reçu six navires d’un chargement de 18,000 rixdales; un seul navire est venu à Ancône. Deux navires suédois, frétés pour la mer Noire, ont passé par Constantinople; deux autres ont relâché a Smyrne; trois, charges de bois, cuivre et’goudron, ont vendu a Alexandrie leur cargaison; deux sont entrés dans le port d’Alger, mais avec une faible cargaison.

l.e commerce suédois est trop peu considérable pour que les commerçants forment une classe à part; la plupart d’entre eux sont en même temps industriels, surtout maîtres de forges, et l’on ne compte qu’un assez petit nombre de grandes maisons commerciales.

On sait que certaines villes ont seules le privilège de commercer avec l’étranger ; les principales sont : Stockholm , qui fait les deux tiers de tout le commerce extérieur; et Gothembourg, si florissante il y a vingt ans, durant le blocus continental, que sa population de vingt mille âmes s’était- doublée*. Une grande entreprise fut proposée il y a quelques années pour relever cette •ville; il s’agissait de créer une compagnie qui achèterait directement les produits des contrées baignées par la Baltique, tels que bois, fers, suifs, etc., et de les entreposer à Gothembourg pour être expédiés à l'étranger.

La construction du canal de Gothic offrait de grandes facilités pour l'exécution de ce projet. S'il avait réussi, nulle doute que les bâtiments des puissances étrangères, au lieu de traverser le Categat, le Sund et la mer Baltique, par une navigation longue et périlleuse, auraient préféré s’arrêter à

Gothembourg, dont le port n’est jamais fermé par les glaces.

Après ces deux villes, il faut citer encore Norkôping, l’entrepôt des céréales'de l’Ostrogothie , et dont le port reçoit annuellement de deux à trois cents navires; Gefle, Carlshamn, excellent port de mer.

C’est depuis l’administration dé Charles XIV que le commerce, arrêté dans son développement par les événements de 1815, a repris son essor. Les soins du gouvernement, secondé par le zèle des sociétés économiques établies dans tontes les provinces, ont tellement amélioré l’agriculture, qu’au lieu de dépenser des sommes énormes à l’approvisionnement de grains, la Suède a pu, dès l’année 1820, en vendre à l’étranger; la Norwége seule a encore besoin de s’approvisionner au dehors.

Aux objets d’exportation, qui consistent tous, à l’exception d’un dixième sorti des manufactures, en matières premières, il faut ajouter, comme revenus, les sommes énormes que gagnent les habitants des deux royaumes par le commerce de commission. Ils transportent sur leurs vaisseaux les marchandises étrangères , surtout dans les ports de l’Europe méridionale, et vendent aussi annuellement aux négociants étrangers un grand nombre de bâtiments tout construits : l’abondance et le bas prix des matières premières, à l’exception du chêne et du chanvre, leur permettent de construire à trente pour cent meilleur marché que partout ailleurs.

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Au quatorzième siècle, la Suède n’avait que 200 navires; en 1800, elle en comptait 1,224; leur nombre s’était élevé, en 1831 , à plus de 2,400, sans compter les bâtiments servant au cabotage. Sur ce chiffre de 2,400, 1,500 navires ont fait, en 1831, lé commerce de la Baltique et du Danemarok, 215 ont visité les ports de’ l’Océan et de la mer du Nord, 345 ceux de l’Adriatique et de la Méditerranée, 122 ont été expédiés pour l’An-

SUfe DF..

eleterre, 45 pour le Brésil, et 19 pour les États-Unis.

Le nombre des navires étrangers qui prennent part au commerce maritime de la Suède est a peu près égal à celui des navires nationaux. La France est, de toutes les puissances maritimes, celle qui en envoie le moins; dans les deux années 1829 et 1831 , il n'est entré, dans les ports suédois que 12 bâtiments de cette nation, tandis que l’ Angleterre en a envoyé 292, et les États-Unis 138.

En 1834, la Suède avait déjà t4 bâtiments a vapeur. Ce nombre s'augmentera rapidement, tant pour satisfaire aux besoins du commerce extérieur que pour les transactions intérieures; les denrées que la Suède exporte étant généralement d'une faible valeur sous un énorme volume, elle a besoin d’avoir une navigation à bon marché.

Cette considération arrêtera peut-être le développement de la navigation au long cours par la vapeur; mais, à l'intérieur, la navigation surles grands lacs Wenern, Wettern, Miilarn, Hielmarn, qui sont comme de petites mers intérieures, trouverait «'immenses avantages dans l'application de la vapeur.

En 1831, lorsqu’il n’y avait encore qu’une partie du canal de Gotliie d’acbevé, 507 bâtiments en avaient déjà parcouru la partie ouverte à la navigation; le canal de Trollliâtta, destiné à ouvrir une communication avec le lac Wenern et les provinces intérieures, a vu la même annéé 2,353 bâtiments audessus de 120 tonneaux dans l'espace de huit mois. Le canal Veddne facilite la communication des provinces septentrionales avec le lac Malarn et Stockholm; celui de Sœderteljé, qui reunit la Baltique au Malarn, et qui a été construit en grande partie par des Français faits prisonniers à la suite de la campagne de 1809, facilite le rabotage des provinces méridionales ; il a été fréquenté, en 1831 , par 1,593 bâtiments.

Citons encore les canaux Hielmarn, entre le lac dece nom et le Malarn, et celui de St roemsholm , qui conduit les denrées des contrées du .Nord dans le lac Malarn.

La pêche, dans les lacs et les rivières, appartient aux riverains; en nier, elle est libre. Le hareng était jadis très-abondant du eâté de Gotliem- IK)U rg , qui en exportait jusqu’à 300,000 tonnes; mais, depuis 1805, le hareng s'étant éloigné, l’exportation par cette ville se réduit à 2,000 tonnes. Cependant la pêche du strœmming, sorte de petit hareng, du saumon et d'un grand nombre d’autres poissons, est trèsabondante. Mais la Suède manque de sel , et est forcée d’en aller chercher à Cette, à Trapani, et à Setuval en Portugal; en 1831, 116 navires suédois ont été employés à ce chargement.

MUTES.

F.n compensation d'un sol peu fertile, la Suède recèle des richesses minérales qu'il lui faudra des siècles pour épuiser; ce sont ses 580 mines, qui contiennent le fer le pins ductile et le lus malléable de tous les fers connus.

Jn fait curieux, c'est que la plupart de ces mines se trouvent aux environs d’Upsal. Ce centre métallique, qui comprend le Vermeland. la Nericie, la Westmanie et une partie de la Dalécarlie, possède à lui seul 361 mines.

En descendant de ce point vers le sud , les mines disparaissent peu à peu; en remontant vers le nord , elles diminuent aussi dénombré, mais non pas, à ce qu’il semble, de richesse, car celle deGellivare en Laponie pourrait, diton, si elle était exploitée, fournir des fers au monde entier.

Si la Suède savait tirer parti de cette immense quantité du métal le plus précieux, de celui à qui l’industrie peut donner une valeur soixante mille fois plus grande que sa valeur primitive, elle prendrait rang bien vite parmi les plus riches nations du monde; mais elle se contente presque de l’extraire de ses mines; trente-cinq mille ouvriers y sont occupés , et des contrées entières sont couvertes d'usines.

Après le fer, le cuivre forme la principale branche des richesses minérales de la Suède. La mine de Falun est la plus importante; elle fournit seule les

L'UNIVERS

trois quarts de la production totale; le surplus provient des mines des gouvernements de TV esteras, d’OEstersund, d'Orebro et de Linkôping. La mine de Faiun passe pour la meilleure de l’Europe; la moitié de son produit est employée à la fabrication du laiton, du cuivre à rosette, et l'autre moitié en planches destinées à doubler les navires, couvrir les maisons, ou pour divers ustensiles de fabriques et d’usages domestiques. La totalité du

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produit des mines de cuivre de la Suède est de 1,700,000 fr.

Quant aux mines de métaux précieux, elles sont peu nombreuses, et ont été épuisées de bonne heure. La totalité du produit des mines d'argent de la Suède n’excède pas 3,022 livres, représentant 60,440 rixdales banco.

Il n’v a en Suède qu’une seule mine de charbon de terre, située dans le voisinage d’Helsingborg; son produit s’élève a 135,000 tonneaux.

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