ORGANISATION IT ADMINISTRATION MILI- TAIRE
Les grades dans les régiments sont :
(*) VoyeE plus bas la description de Carlscrona , p. 467.
(**) Voyez plus bas la description de Christianstad, p. 461.
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celui de colonel (œfcerste) , de lieutenant-colonel (a’frerste-lieutenanf'i , de major, équivalant à celui de chef de bataillon en France, de capitaine (*)i de lieutenant et de sous-lieutenant.
Cette dernière classe d’officiers était, il y a encore deux ans, désignée sous le nom d’enseigne (fændrik) dans l’infanterie , et de cornette dans la cavalerie.
Le corps des officiers est principalement recruté parmi les élèves de l’académie militaire de Carlberg , à lauelle est incorporée l’école militaire e marine. Néanmoins on peut aussi devenir officier en passant par les universités, où l’on subit un examen assez difficile, mais dans lequel on ne fait pas figurer, comme on le fait pour d'autres professions, le latin, le grec et l'hébreu. Le candidat doit ensuite être interrogé par l’un des comités centraux militaires, présidé par un général. Ces épreuves sont fort rigoureuses, et quiconque échoue ne peut obtenir l’épaulette qu’après avoir été deux ans sous-officier.
Les sous - officiers jouissent de la même considération qu’en France.Leur solde leur est payée tous les mois, sur émargement. Plusieurs officiers supérieurs ont commencé leur carrière militaire par ces grades obscurs. Le célèbre comte Stedingk est parti du grade de caporal pour s'élever aux premières dignités de l’État et de l’armée.
(iliaque régiment a son tribunal qui juge les délits commis dans le corps.
Ce tribunal est composé d’un officier supérieur et d’un certain nombre d’officiers appelés à tour de rôle, et parmi lesquels figure de droit l 'auditeur du régiment. C’est un employé civil du grade de lieutenant; ses fonctions consistent à surveiller la régularité des procédures et l’application des lois (**). On les consulte aussi comme avocats du régiment. Dans les tribunaux régimentaires, les fonctions du ministère public sont remplies par un simple
(*) Les capitaines de cavalerie portent le titre de ryttmaslare.
(**) Ces employés n'ont pas leur avance-
sous-officier, désigné sous le nom de væbel. Nous devons ajouter que les troupes suédoises sont remarquables par leur austère discipline et par leur subordination; aussi, en 1831, n'y a-t-il eu pour toute l’armée que cent uatre-vingt-dix-huit soldats traduits evant les tribunaux militaires; cent soixante et onze ont été condamnés à des peines proportionnées aux délits dont ils s’étaient rendus coupables; vingt-quatre seulement ont été acquittés. Et cependant les troupes suédoises ne sont point assujetties à des traitements rigoureux ni à une discipline trop sévère.
L’auditeur dont nous venons de parler appartient à ce qu’on nomme l’état civil du régiment, qui comprend aussi le chirurgien et son aide, le pastor ou aumônier, le predikant ou aumônier de bataillon , le maître d’école, et l’écrivain ou comptable ( régiments skrifvare).
Dans l’armée suédoise, la troupe fait la prière matin et soir, soit dans les camps, soit dans les casernes. En l'absence des aumôniers, un soldat récite les prières.
Le soldat malade est traité gratuitement à l’hôpital. Tout soldat qui a servi vingt-cinq ans dans la værfvade, ou trente dans l'indelta, a droit à une petite pension de trente à quarante, et même jusqu’à cent francs par an.
Il y a à Ulriksdal un hôtel des invalides pour deux cents soldats blessés ou hors de service; ils y sont l’objet des soins les plus attentifs". L’ordre le plus parfait et la plus admirable propreté régnent dans cet établissement.
Le corps des officiers a établi une caisse des pensions, formée par des retenues librement votées, dans leur origine, par l’armée et la marine, pour devenir ensuite fixes et obligatoires.
Le budget de la Suède est ainsi dégrevé d'un fardeau qui pèse lourdement sur les finances de tant d’autres États.
ment dans l'armée; d’ordinaire, en quittant le corps, ils sont promus à des fonctions dans la magistrature ou dans l'administration civile.
L’UNIVERS
Il n’y a point dans l’armée suédoise d'intendants militaires ou de commissaires des guerres; ce n’est que dans le cas d’une guerre que l’on crée ces emplois , qui ne subsistent que pendant sa durée.
L’état-major général de l’armée est peu nombreux et parfaitement en harmonie avec les principes d’économie qui ont présidé à cette organisation remarquable. Le grade le plus élevé est celui de fæltmarschalk, qui correspond à celui de maréchal de France. Il y en a deux pour toute l’armée : l’un de ces postes , devenu vacant par la mort du maréchal Sandels, est encore disponible, l’autre est rempli par le comte Stedingk.
Il existe un grade intermédiaire entre celui de maréchal et de lieutenant général , c’est celui de général de l’infanterie ou de la cavalerie. Les officiers de ce grade, dont le nombre a été réduit à cinq par la mort du comte Skjœldebrand, sont : le prince royal, le comte de Tawast , le comte Jacob de Lagardie, le comte Gustave de Loevenhielrn et le comte de Possé. Viennent ensuite douze lieutenants généraux et vingt-six généraux majors, ou maréchaux de camp, parmi lesquels se trouvent les généraux Camps et Montrichard , les seuls Français qui occupent un emploi élevé dans Tannée suédoise.
Le bleu et le jaune sont les couleurs nationales : on les retrouve dans tous les uniformes des états-majors et dans presque tous ceux des troupes.
Abu de délibérer sur les affaires militaires, des députés de l’armée (tantôt le colonel et un capitaine de chaque régiment, tantôt le colonel d'un régiment et le capitaine d’un autre) sont convoqués par le roi à des époques déterminées par lui, et sous la présidence d'un officier général de son choix. Cette réunion, à laquelle les officiers généraux en activité participent également, se nomme krigsbefæl. Autrefois ce comité se présentait aux diètes.
Le budget des dépenses de l’armée de terre ne monte qu'à 3,249,000 rixdales ; mais il y a toujours en dehors
une dépense extraordinaire pour les forteresses. A cette somme, il faut ajouter 2,480,000 rixdales, qui sont payés en nature ou en espèces, par les contribuables, aux officiers qui reçoi-' vent ces assignations. Ainsi l'entretien d’une armée de cent soixante-dix mille hommes n’excède pas onze millions de francs , et en y comprenant les dépenses des fortifications, il ne s'élève pas à quatorze millions. Assurément, il n’y a pas d'exemple, chez aucune puissance de l’Europe , d'un pareil résultat obtenu avec d'aussi faibles moyens.