CLIMAT
Si la Suède a un climat sévère , au moins elle n'est pas couverte, comme l’Allemagne septentrionale , d’épais et tristes brouillards, et elle n’a point, comme certaines parties de la France, et de Paris entre autres , ces brusques et continuels changements de température funestes aux plaisirs comme à la santé.
L’hiver pour la Suède commence en novembre, et finit en avril. Dès que la neige a disparu , les fleurs et la verdure paraissent comme par enchantement ; l’automne est ordinairement très-beau à Stockholm; on a des jours de dix-huit heures et demie; à OEfver- Calix, près de la frontière du nord, le soleil ne quitte pas l'horizon durant les longs jours; mais aussi il va neuf mois d’hiver ; et , à l'époque des longues nuits, le soleil ne se montre jamais.
Jl existe, dit-on , en Suède une différence bien marquée de température, dont le cours du Dalclfven , en Dalécarlie , semble marquer la limite, et qui partage la Suède en deux parties presque égales. Les six gouvernements situés au nord de cette rivière préseuteut une parfaite analogie de china-
ture et de productions, tandis que les dix-huit autres , plus favorisés , participent plus ou moins aux dons d'une nature un peu moins avare.
Dans le Jæmlland, le climat est si rigoureux que, quand les vents du nord et de l’est viennent à souffler, les habitants sont obligés de mettre le feu aux fagots qui entourent leurs champs d’orge , pour préserver leurs maigres récoltes. En 1743 et 174fi, les petits lacs de cette province restèrent gelés pendant tout l’été. Sur sept années , il y en a d’ordinaire trois de bonnes pour la moisson , trois de médiocres et une mauvaise. Dans celle-ci , qu’ils appellent l’année verte, il faut couper les grains lorsqu’ils sont encore verts.
En 1811, le thermomètre s’éleva, le 3 juillet, à Stockholm , à 3(>°. En 1814, il descendit, le 20 janvier, à 30“ audessous de zéro. Les glaces du Malarn et de la Baltique ne fondent , autour de Stockholm , que vers le 24 avril.
Les feuilles des arbres , sous la même latitude, paraissent vers le 20 mai , et tombent au 15 octobre. A la forteresse de Wardcchus, la plus septentrionale qu’il y ait au inonde, le soleil ne se couche pas depuis le 21 mai jusqu’au 21 juillet; et il cesse de paraître sur l'horizon depuis le milieu Je novembre jusqu’à la fin de janvier.
Ln des phénomènes les plus curieux du climat de la Suède, ce sont les aurores boréales. «Je me retirais vers minuit , dit M. Ampère , avec un de mes compagnons de voyage , par un beau clair de lune , lorsque nous aperçûmes tout à coup une lueur vague et HlanehAtre répandue dans le ciel. Xous nous demandions si c’était une nuée éclairée par la lune; mais c’était quelque chose de moins compacte encore , Je plus indécis; on eût dit la voie lactée ou une lointaine ncbuleuse. Tandis que nous hésitions , un point lumineux se forma, s’étendit d’une manière indéterminée; et on vit tout à coup de grandes gerbes , de longs glaives , d immenses fusees dans le ciel ; puis toutes ces formes se confond» eut, et , à leur place, paraissait une arche lumineuse, d’où tombait une pluie de lumière. Le
L’UNIVERS
plus souvent ce qui se passait devant nos yeux ne pouvait se comparer à rien." C’étaient des apparences fugitives, impossibles à décrire, et que l’œil avait peine à saisir, tant elles se succédaient, se mêlaient, s’effaçaient rapidement. Jamais on ne pouvait prévoir, une seconde à l’avance, ce qu'allait offrir le kaléidoscope céleste. Ce
u’on croyait voir avait disparu , tan-
is qu'on cherchait encore à s’en faire une idée distincte. Le merveilleux spectacle semblait toujours finir et recommencer; et il était impossible de saisir le passage d’une décoration à l’autre.
On ne les voyait pas apparaître dans le ciel ; mais tout a coup elles s’y trouvaient , et il semblait qu’elles y avaient toujours été. En un mot , rien ne peut donner idée de tout ce qu’il y a de mobile, de capricieux, d’insaisissable dans les jeux brillants d’une lumière nocturne; et encore la lune qui se trouvait pleine en ce moment , nuisait par son éclat à celui de l’aurore boréale. C’est pour cette raison que la lueur de celle-ci était blanche et pâle. Autrement, aux variations de formes se seraient jointes les variations de couleur, les reflets rouges, verts, enflammés, qui donnent souvent aux aurores boréales l’apparence d’un grand incendie. Mais, à cela près, la nôtre fut une des plus riches qu’on pût voir; elle dura plusieurs heures , se renouvelant , se déplaçant , se transformant sans cesse ; et l’on nous dit que , depuis trente ans , il n’y en avait pas eu de plus belle à Stockholm (*).»
CKOC.RAPHIK POLITIQUE DE LA SUÈDE.
Le rovaume de Suède se divise en trois réglons, qui sont, en allant du sud au nord : la Gothie, la Suède proprement dite, et le Norrland.