‹ Suède et Norwége par m. Ph. Le BasChapitre 5 sur 72 · SU ED R · texte numérisé non relu

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déshonorée»; puis on proclama une amnistie générale, nlin de faire sortir de leur retraite ceux qui , le premier jour, étaient parvenus à se soustraire aux bourreaux, et l'on continua les exécutions pendant deux jours encore.

Les corps de Sténon Sture et de l'un de ses enfants furent exhumés et brilles,on dit même que le roi les déchira avec ses dents.

l.a Finlande et les autres provinces furent témoins de semblables boucheries : le vieil lieinming Gadd , Agé de uatre-vingts ans, eut la tête tranchée, .e roi lit écrire dans les différentes contrées du royaume, une sur le jugement des évêques et des prélats , il avait fait exécuter des hérétiques, et lorsqu'il quitta la Suède en 1531 , plus de six cents têtes avaient tomlie. Le

Itriucipal carnage eut lieu le 8 novein- >re 1530: on l’appelle le bain de xaiig ; et l’on impute surtout ces atrocités au favori du roi, Oielric Slanhok, ancien barhier et parent de la fameuse Siegbritle , Hollandaise de basse extraction, qui domina le roi, même après la mort de sa lille Dyveka , surnommée la belle columbe , et empoisonnée en ISKi, par des seigneurs danois, ou par la femme de Christian, sœur de Charles-Quiut.

Ces atrocités ne restèrent point impunies. Elles causèrent la ruine du pouvoir de Christian en Suède , rompirent l'union de la Suede avec le Danemark , et portèrent un coiqi funeste a la religion catholique , au nom de laquelle on les avait exécutées.

Mais avant de raconter comment cette révolution s'opéra, jetons encore un coup d'ail rapide sur les inirurs et sur les institutions des Suédois pendant l’époque catholique.

La Suède resta presque étrangère A ce qui distingua surtout le moyen Age catholique dans les pavs du sud de l’Europe : la chevalerie et la |ioésie sa compagne , la richesse des villes, l’architecture, le commerce et l'in-dustrie. En effet, la poésie guerrière dans le î\ord appartient entièrement au paganisme, smon par l'époque où

vécurent les poètes dont les ouvrages nous sont parvenus , du moins par son esprit et par sa lorine. Le commerce était presque en entier entre les mains de la ligue anséatique, et les villes, peu nombreuses, étaient, par leurs institutions et par les principaux élén rats de leur population , plutôt des villes allemandes (tue des villes suédoises. Et cependant le résultat des luttes du moyen âge tut assez heureux pour la Suède, rar elles assurèrent sa liberté et son indépendance.

Lors de l'introduction de T Evangile, l'esprit de fédéralisme était porte au plus haut degré, les familles étaient confédérées par cantons, les cantons par provinces, et lès provinces par royaumes. Le pouvoir central n'avait d'autre autorité que ce que chaque contrat lui en transmettait. Le roi n’avait que le commandement pendant la guerre, qui devait être consentie par tous, l'usufruit du domaine royal, le droit de gracier, à son avènement, trois criminels dans chaque province, et d’être défrayé pendant ses voyages. Un ancien usage voulait qu'eu prenant possession a’une terre , tout acheteur fit le tour de sa nouvelle propriété:

c'était ainsi que le roi prenait possession du royaume (*). Cela s'appelait « voyager sur la route d’Érik. » Il se rendait dans chaque province, dont il jurait d'observer les lois. Nous avons raconté plus haut que Hagwald knapliiifde fut tué, parce qu'il avait négligé de se faire donner des otages à cette occasion.

Les l plandais, anciens possesseurs du temple central d'Lpsala, eurent d'abord quelques avantages , lors de l'élection des rois, mais ils les perd.rent à mesure qu'on s'éloigna des temps du paganisme. Les statuts de

(*) I.e même usage paraît avoir existé aulrclois en Crâner; Grégoire de Tours y fait «llii'ioti dans plusieurs passages, IV, 14 : « Igitur Chlotanis pnst morleiu 1 lieodovaidî runi regumii Kraiiriie sïisrrpisset atqnr illlid circitmifrt.* Idem, IV, cfi: - Om ne quod circuimri la.varr non polero. » Idem, Vit, io: «Deinde (apres l'élection) ibat per civilate* iu circuilu posilas. »

L’UNIVERS

Sudermanie, rédigés en 1327, disent que tous les Suédois y doivent prendre

5 art. A partir du commencement du ÏIV' siecle, le conseil ou sénat se composa des principaux .seigneurs ecclésiastiques et laïques; les lagtnanns ou tribuns des provinces en faisaient partie , et ce conseil disposa pendant long-temps de la couronne. La couronne ne fut jamais héréditaire, mais souvent on nommait les fils du vivant de leurs pères, et l’on choisissait de préférence le nouveau roi dans la famille de celui qui venait de mourir.

Nous avons déjà eu occasion de remarquer que la monarchie féodale ne put jamais s’établir en Suède, les droits et les privilèges des seigneurs resté-, rent toujours des usurpations, et ne furent jamais convertis en droit. Engilbert et les Sture rendirent aux paysans leur influence dans le royaume, et la noblesse ne se fondant que sur le service à cheval, l’accès en resta toujours libre, à ceux qui étaient assez riches pour y figurer.

Pour juger de l’influence de l’église, ii faut établir une distinction entre ce que firent des évêques, membres des familles aristocratiques du pays, c’est-à-dire des familles les plus riches, et descendants des anciens rois, et ce ue l’église proprement dite exerça 'influence sur les mœurs el sur les lois. C’est à elle que la Suède doit la rédaction des lois écrites, l’abolition du duel judiciaire et des épreuves par le fer chaud , et la suspension des hostilités pendant les fêtes et le temps des semailles et des récoltes. C’est à l’église que les femmes et les serfs durent l’amélioration de leur condition.

Ce furent les ecclésiastiques qui apportèrent en Suède les premiers arbrestruitiers,et qui encouragèrent la construction des ponts et des routes. Les biens du clergé, quoique assez considérables, ne le furent jamais autant que dans les autres pays de l’Europe; et le nombre des couvents ne surpassa jamais soixante. Toutefois, les plaintes relatives à la conduite des moines ne lurent pas moins fréquentes en Suède que partout ailleurs. Les cou-

vents qui donnèrent le plus de scandale, furent ceux qui suivaient la règle de sainte Brigitte, bien que cette sainte, qui vivait vers la lin du XIV siècle , eilt consacré presque toute sa vie à la réforme de la discipline monacale.

Les livres étaient alors très-rares ; mais on s’occupait si peu d’études que le manque de papier ne se faisait sentir que pour les contrats , qui, grâce à l’influence du clergé, commençaient à remplacer les anciens symboles de transmission.

L’éducation était rigide et guerrière :

on ne donnait a déjeuner aux jeunes canons que. lorsqu’ils avaient, avec leurs flèches , atteint le but proposé , car l’arc, la hache et la lance étaient les seules armes que l’on connût. Plus d’une fois, on défendit le port des armes, mais ces lois ne furent pas observées. Le paysan ne sortait jamais qu’armé, les troubles civils et le grand nombre des loups lui en faisaient une obligation.

Les habitations étaient encore si disséminées dans le pays, que beaucoup de Suédois, même vers la fin du XV4 siècle, n’allaient que deux fois

fiar an à l’église; ils laissaient alors eu rs armes dans le vestibuledes églises, qui s'appelle encore aujourd'hui en suédois , la maison clés armes.

Les principaux produits du pays consistaient en argent , en fer , en blé , en chevaux , en poissons , et surtout en saumon , en liois de charpente, en cire et en hydromel.

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