SIS
L’UNIVERS
le lac Mælnrn. Il était sur le point d’étre fait prisonnier par le roi Olof Skœtkonung, qui avait fait fermer derrière lui le passage de Stocksund , là où la ville de Stockholm se trouve actuellement située, lorsqu’il s’avisa, dit-on, de faire creuser, pendant la nuit, un canal par lequel il parvint à gagner la pleine mer. Il prit part également aux expéditions dirigées contre l’Angleterre, et ce fut dans ce pays qu’il se procura, par le pillage, tout ce qui lui était nécessaire pour son entreprise contre la Norwége. I.es guerriers norvégiens ne dédaignaient point de joindre la ruse au courage : Olof, de retour dans sa patrie, parvint par ce moyen à se rendre maître de la personne du jeune prince Haknn, fils d’ Erik , auquel il ne rendit la liberté qu’après l’avoir obligé à renoncer à toutes ses prétentions sur la couronne. Mais il échoua dans une semblable tentative dirigée contre Sven, oncle de liakan, quoiqu'il l’eût vaincu dans un combat naval en 1015. Sven lui échappa par la fuite.
Cependant Olof fut unanimement reconnu roi de Norvège à Drontheim, qui d’aliord avait été destiné à devenir une ville, mais qui, dés ce moment, devint une résidence royale. I.e nouveau roi porta tous scs soinsa améliorer les anciennes lois, et a en créer de nouvelles, qui avaient surtout pour but de favoriser la propagation du christianisme; car Olof le Gros était zélé chrétien. Les moyens qu'il employa i>oiir opérer des conversions furent plus ctlieaces que ceux auxquels ses prédécesseurs avaient eu recours. .Sans renoncer entièrement aux voies de rigueur , il établit des institutions pour faire connaître au peuple les vérités de l'Évangile, et donna aux églises une organisation plus stable par l’établissement du kristinrctl (droit ecclésiastique), dont il confia la rédaction à l'évêque anglais Grimkild.
Olof eut plusieurs différends avec Olof Skœtkonung, roi de Suède, qui voulait taire valoir ses droits sur la partie de la Norvège qui a appartenu plus tard à la Suède, sous le
nom de province de Bolius, et on 1024 il épousa Astride, fille de ce monarque,'contre la volonté de son père.
La sévérité avec laquelle il traitait ceux de ses sujets qui n’avaient pas encore abandonné le culte des idoles, fit soulever contre lui cinq des petits rois qui l’avaient aidé à parvenir au trône ; mais Olof découvrit leur projet, les surprit à ('improviste , puis exila les uns, priva les autres de la vue, ou leur lit arracher la langue.
Cette conduite lui réussit d’abord ; mais ses victimes s’étant réfugiées auprès de Canut le Grand , qui régnait sur le Danemark et sur l'Angleterre, engaèrentceprinceà replacer la Norvège ans la dépendance où elle était jadis du Danemark. Canut envoya d’abord un ambassadeur à Olof, en 1028 , pour lui signifier de se. regarder à l’avenir comme son vassal. Olof rejeta dédaigneusement cette prétention, et conclut une alliance, en 1029, avec son beau-père Anund, roi de Suède, pour se mettre en état de résister; mais, abandonné de tous les siens, il fut contraint de quitter ses États, que Canut conquit sans peine en 1031. Forcé de fuir, Olof se retira en Russie, tandis que Canut, resté maître de la Norvège, s’en faisait proclamer roi, et fondait à Munkbolin, près de Drontheim , le premier monastère de bénédictins. Il se croyait sûr du trône, quand Olof, qui songeait à se rendre à Jérusalem pour y embrasser l’état monastique , crut recevoir dans un songe un ordre du ciel qui lui enjoignait de retourner en Norvège.
Anund, roi de Suède, lui fournit des troupes, et beaucoup de Norvégiens se réunirent à lui. Bientôt son armée s’éleva à plus de trois mille hommes, quoiqu'il refusât tous ceux qui n’etaient pas chrétiens ou qui ne voulaient pas le devenir. Dans sa ferveur religieuse, il avait fait peindre une croix sur les casques et sur les boucliers de ses soldats, et leur avait donné pour cri de guerre : « En avant , " soldats du Christ, de la croix et du roi. » S’en reposant sur la justice de sa cause, il ne voulut pas attendit' un
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renfort qui devait le rejoindre, et il marcha contre ses ennemis, bien que ceux-ci fussent deux fois plus nombreux. Il les attaqua à Stiklarstad.
Avant la bataille, il appela près de lui trois poètes islandais qui faisaient parti de sa suite, et leur recommanda de transmettre à la postérité le souvenir de ce qu'ils verraient dans ce jour.
Olof dut céder au nombre ; son armée fut taillée en pièces, et lui-même périt dans le combat, le 2Ujuillet 1030. Deux de ses poètes tombèrent à ses côtés; le troisième, blessé à mort, chanta un poème en l'honneur de son roi, avant d’arracher la flèche dont il était percé. Quelques années après la mort d’OIof, son corps fut déterré et enfermé dans un riche cercueil, et ce prince fut canonisé et proclamé patron et seigneur S suzerain ae la Norvège. Pendant plusieurs siècles, les habitants de la Norvège et de la Suède lui payèrent un tribut.
, Malgré la victoire de Canut, le moment n’était pas encore arrivé où le joug danois devait s’appesantir sur la Norvège. Peu de temps avant la bataille »!e Stikiarstad , Canut ,qui alors portait trois couronnes, en avait confie une à son Hls naturel, Suénon, qu'il envoya en Norvège pour gouverner ce pays comme roi, et, en 1033, il battit un fils d'OIof 1", qui voulait faire valoir ses prétentions a la couronne. Mais Suénon opprima le peuple, qui rappela de Russie, où il s’etait réfugié, le fils de saint Olof, Magnus Ier, et, en 1036, il força Suénon à se réfugier en Danemark’, où il mourut l'année suivante.
MAGNUS l,r.
Magnus parvint fort jeune au trône, et, dès le commencement de son règne, il rencontra un adversaire dans Harde Knut, qui, après la mort de son père, Canut le Grand, prétendait avoir des droits au trône de Norvège. Toutefois ce danger fut écarté par une convention stipulant que les deux rois s'engageaient a rester amis, et que si l’un d'eux venait a mourir sans en-
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