‹ Suède et Norwége par m. Ph. Le BasChapitre 59 sur 72 · SIC · texte numérisé non relu

SIC

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par cette démarche beaucoup de partisans, et obtint même le secours du Danemark. La guerre contre les deux tils de Ilarald se prolongea jusqu’en 1139, où Magnus et Sigurd périrent :

le premier, dans un combat naval ; le second , après avoir été fait prisonnier.

Les deux frères , Sigurd III Bronch ou Bouche de travers, et Inge I'r le Bossu , qui , après la mort de leur père Harald, avaient été élus rois, le premier de la partie septentrionale, et le second de la partie méridionale de la Norvège, purent alors régner en paix pendant quelques années; mais, en 1142, se présentèrent deux nouveaux concurrents à la couronne, Evstein II et Magnus V, fils naturels de Harald Gille, avec lesquels les deux premiers furent obligés de partager le royaume.

Magnus V lie vécut pas longtemps; quant aux trois autres princes, la guerre n’aurait pas tardé sans doute à éclater entre eux , si le cardinal Nicolas , devenu pape plus tard sous le nom d’Adrien III, ne les eût forcés de se réconcilier. Ce prince de l’église était venu en Norvège, le 19 juillet 1152, pour établir un archevêché à Drontheim; il profita de sa présence dans ce pays éloigné pour y abolir le mariage’des prêtres, et publier plusieurs règlements ecclésiastiques tendant à réformer la discipline du clergé norvégien. Après son départ, Evstein entreprit , en 1153, une expédition contre l’Ecosse, d’où il enleva un butin considérable. Encouragé par ce succès, il essaya, avec l’assistance de son frère Sigurd, de renverser luge du trône; mais ce projet fut découvert, et le peuple, appelé en 1155 à une diète tenue à Bergen, montra des dispositions si favorables pour Inge, que Siurd fut contraint de renoncer au essein de l’attaquer à force ouverte; mais il fit clandestinement assassiner, pendant la nuit, ses plus fidèles serviteurs, et Inge, malgré son humeur pacifique , se trouva obligé de songer à sa défense. Recourant aux mêmes moyens dont on s’était servi contre lui , il fit attaquer Sigurd dans

une maison où il prenait le repos du soir, et où il fut tué après une vive résistance. Trois jours après arriva Eystein avec trente vaisseaux et le fils de son frère , Hakan Herdebred ( aux larges épaules) , pour assister à la diète de Bergen. Ayant appris ce qui s’était passé, il ne chercha pas à en tirer vengeance, car il atteignait, par la mort de Sigurd , le but de son ambition, la possession de la moitié (lui royaume. Cependant c’était trop peu encore, et bientôt la guerre éclata; maisellefut malheureuse pour Eystein ; abandonné de ses sujets, il fut pris et mis à mort le 21 août 1157. Néanmoins son parti choisit pour roi son pupille, Hakan aux larges épaules, quoiqu’il ne fdt Agé que de dix ans, et ce prince reçut à Drontheim l’hommage de ses nouveaux sujets, comme souverain de la partie du royaume que son père avait jadis possédée. Cependant la lierre continua , et l’un des amis ’lnge, nommé Grégoire, s’attacha à tous les pas du jeune roi pour l’assassiner. Un jour, il fut sur le point de s’emparer de lui au moment où il se trouvait chez un paysan, et Hakan n’échappa que parce que Grégoire se trompa de maison. I ne autre fois, au commencement de l’année 1161, Grégoire aperçut Hakan de l’autre côté d’une rivière; il voulut la franchir; mais le roi avait fait casser la glace et recouvrir l’ouverture avec de la neige; le traître, pris lui-même au piège, fut tué d’une llèche tandis qu’il cherchait à se dégager. Inge 'résolut de venger cette mort; mais il fut luimême, peu de temps apres, attaqué dans Opslo par Hakan , et périt dans un combat le 3 février 1161.

hakan II, Herdebred (aux larges épaules).

Par cette victoire, Hakan devint seul roi , et , afin de consolider sa puissance, il résolut de se défaire de tous les amis d’Inge. Mais Erlin^ Skakke, puissant seigneur qui avait épousé Christine, fille de Sigurd Jorsalafa-

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rare , découvrit son projet, et rassembla un parti nombreux qui choisit pour roi son propre fils Magnus, âgé seulement de cinq ans. Erling, chargé de gouverner pendant la minorité de son fils, gagna les évéques par les privilèges qu’il leur accorda, et reçut même des secours de Valdemar le Grand, roi de Danemark; aussi la guerre contre Hakan ne se prolongea-t-elle que jusqu'en 1162, ou ce prince périt dans un combat naval livré auprès de Romsdal.

magnus vi Erlingson.

Magnus, débarrassé de son concurrent, fut reconnu roi par tout le royaume. Sigurd , frère de Hakan Herdebred, essaya bien de s’y opposer, mais la défaite qu’il essuya affermit le pouvoir de Magnus. Pour le consacrer en quelque sorte aux yeux des peuples, Erling imagina de ïaire célébrer avec une pompe religieuse le couronnement de son fils : c’était chose inusitée en Norwége; mais cette nouveauté devait faire d’autant plus d’impression sur les esprits.

Magnus fut donc couronné , en 1 164 , par l'archevêque Evstein, en présence d’Étienne, légat du pape, et après s’être reconnu lui et ses descendants vassaux de saint Olof; puis il déclara qu’il laissait le choix iulur Mes rois à 1 archevêque, aux évéques et aux hommes les plus distingués de la nation. Cette mesure n’empêcha cependant pas plusieurs prétendants à la couronne de se présenter, parmi lesquels Evstein Mêla, fils d'Eystein, le fils de Harald Gille, se forma un certain nombre de partisans, auxquels on donna par mépris le surnom de Birkebéniens, parce que , ayant été forcés de se retirer dans les forêts, ils avaient, à défaut de chaussures en cuir, les pieds entourés d’écorce de bouleau; mais ces hommes n’en restèrent pas moins souvent vainqueurs dans les escarmouches continuelles qu'ils avaient avec les soldats de Magnus, et quelquefois même ils osèrent attaquer les villes. Cependant,

au mois de janvier 1177, ils essuyèrent une grande défaite, et leur roi Eystein fut mis à mort.

Le parti semblait abattu , lorsque le plus grand homme que la Norwége ail produit vint le relever en s’en déclarant le chef : c’était Sverrer, né, à ce qu’il croyait, d'un homme du peuple. Il avait été destiné à l’état ecclésiastique, lorsque, en 1 176, sa mère vint lui déclarer qu’il était fils de Sigurd 1 1 , et par conséquent frère de Hakan II et de Sigurd III. Il habitait la Suède, quand tes Birkebéniens vinrent le trouver et le forcer à se mettre à leur tête. Sverrer, après avoir erré quelque temps dans les forêts et dans les montagnes de la Norwége, donna un autre aspect à son parti , qui , au moment où il en devint le chef, ne se composait plus que de soixante-dix hommes à moitié nus; il rétablit l’ordre et la discipline

rrmi eux, et résolut enfin d'enlever Magnus VI une couronne qu’il prétendait lui appartenir. Défait dans plusieurs rencontres, il finit par rester vainqueur, quoique les prêtres eussent pris parti contre lui, etque l’archevêque eût promis le salut éternel à tous ceux qui périraient en combattant contre les Birkebéniens. Sverrer prit alors le titre de roi (10 mars 1177) et s’empara de Drontheim; enfin, le 17 juin 1179, il remporta près de cette ville une victoire décisive, dans laquelle le régent Erling perdit la vie. Sverrer le fit ensevelir avec de grands honneurs. Magnus VI , dont les partisans étaient surnommés Heklungiens, parce que quelques-uns d’entre eux avaient volé le manteau ( heklu ) d’une vieille femme, fut contraint, après avoir perdu une seconde bataille, de se réfugier en Danemark, où il fut bien accueilli de Canut VI. Sverrer offrit la moitié du royaume à Magnus; mais celui-ci ne voulant point de partage tenta plusieurs fois la fortune des armes, jusqu’à ce qu’ayant été vaincu le 15 juin 1184, dans une bataille navale qui eut lieu a Fiorteita près de Hugastrand, et qui coûta la vie à plus de deux mille Heklungiens, il périt en cherchant à se sauver à la nage.

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SYEBHF.R.

(Il HO

, Sverrer prononça lui-même l’éloge de Magnus qu’il fit enterrer avec pompe, et distribua de grandes récompenses à ceux qui l’avaient lui-mèine aidé a parvenir au trône. L’année suivante (t 185) il épousa Marguerite, tille d’F.rik le saint, roi de Suede. Mais les habitants du midi de la Norwége se soulevèrent pour placer sur le trône un moine nommé Jon, qu’on disait être fils du roi Inge, et s'emparèrent même, en 1187, de Drontheim, où ils le firent proclamer roi; mais, vaincu auprès de Bergen, Jon n'échappa que par la fuite, et un Islandais qui se donnait pour son frère fut mis à mort peu de temps après par les paysans. Cependant le parti de Jon choisit un nouveau roi en Danemark , dans la personne de Wikar, qu’on disait cire fils de Magnus Erlingson. Ce choix fut |>our Wikar comme une sentence de mort; vaincu et fait prisonnier, il fut condamne et exécuté.

Une conspiration plus dangereuse fut ourdie par les ecclésiastiques , à la puissance desquels Sverrer voulait mettre des bornes. De part et d’autre, on se servit des armes qu'un pouvait employer. Lorsqu'en 1188, l’évêque Érik , qui avait été revêtu de la tiare archiépiscopale contre la volonté du roi, commença à tonner du liant de la chaire contre l’es IJirkcbéniens, Sverrer retint une partie des revenus que les prêtres s’étaient alloués, et convoqua, en 1193, une nouvelle diète, où le peuple non-seulement confirma tout ce que le roi avait statué, mais où il fixa même le nombre de domestiques qu'il était permis a l’archevêque d’avoir à son service. Irrite de cette conduite, le prélat se rendit en Danemark, et obtint du pape Celestin III une huile qui menaçait ses adversaires de l'excommunication; mais elle produisit peu d effet, car les prêtres, en voyant le mécontentement du peuple, n'osèrent pas la mettre à exécution.

Un des seigneurs feudataires du roi crut pouvoir profiter de cette

mésintelligence; il envoya, en 1192, Sigurd, fils de Magnus Erlingson, aux îles Orcades et de Schetland, où il prit le titre de roi et se forma des partisans, dont le nombre s'accrut encore après une heureuse campagne sur les côtes du pays des Vandales; il obtint même aos succès en Norwége, et ses forces devenaient menaantes , lorsque Sverrer attaqua sa otte près de Bergen, en 1194, et captura ou dissipa tous ses vaisseaux.

Sigurd périt en cherchant à se sauver à la nage.

Après ce succès , Sverrer jugea prudent de se faire couronner, et demanda à un légat du pape, récemment arrivé en Norwége pour y vendre des indulgences, de célébrer la cérémonie du sacre; sur son refus, Sverrer lui ordonna de sortir du royaume, et se fit couronner, le 29 juin 1194, par son ancien confesseur, qu’il avait nommé à l’évêché de Bergen.

Cependant Nicolas, évêque d'Opslo, que le roi n’avait pu gagner et qui s’était retiré en Danemark , produisit sous le nom d’Inge, fils de Magnus Erlingson, un jeune Danois qui, dans ce pays d’éternelles révolutions, trouva bientôt un parti considérable, dont on désignait les membres par le nom de Baglers. Cette insurrection corn-inença en I 196. Sverrer fut d'abord obligé de céder, et ne put empêcher les Baglers de faire proclamer leur roi; mais il les surprit a Opslo le 2» juillet 1196, les délit, et s’empara de toute leur flotte. I.’évêque Nicolas fut lui-même si effrayé de cette défaite qu’il demanda grâce. Mais bientôt le parti se releva, sc rendit maître de Drontheim, et , après plusieurs succès, détruisit la flotte royale , dans deux combats sur mer, et ravagea plusieurs provinces (1198). Il obtint en outre un puissant secours par une bulle qu’innocent III lança contre le roi, le 14 octobre 1 198, et qui prononçait l'interdiction de Sverrer et de tous ses partisans. Mais les rois de Suède et de Danemark, auxquels il avait été enjoint d’exécuter ce que prescrivait l’interdit, ne jugèrent pas à propos

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d’obéir aux ordres du pape. Sverrer eut le temps de faire construire une nouvelle Hotte, avec laquelle il délit les rebelles, et força leur chef à se retirer en Danemark. Cependant les troubles ne furent pas apaisés, et les Baglers se maintinrent dans le midi de la Norwége jusque vers la fin de l’année 1201 , où la dernière citadelle qu’ils possédaient fut réduite à capituler.

Sverrer survécut peu à cette victoire; avant sa mort, il se lit pincer sur son trône, afin de convaincre la multitude de la fausseté des prédictions de l’évéque Nicolas, qui avait annonce qu’il serait dévoré par les chiens; il conseilla aussi à son fils Hakan de se réconcilier avec le clergé, et pardonna lui-même à tous ses ennemis. Il mourut le 9 mars 1202, laissant la réputation d'un grand prince.

Brave, actif, humain et équitable, il était doué, à un degré éminent, du talent de la parole, qu'il devait probablement à sou éducation cléricale.

HAKAN III.

Le fils allié de Sverrer, Sigurd Lavvard , étant mort avant lui , et n’ayant laissé qu’un enfant au berceau , son’ second fils, Hakan III, fut proclamé roi. Il se réconcilia avec le clergé, rappela les exiles, et, entre autres , l’archevêque , qui , apres son retour, leva l'interdit qu'il avait prononcé. Les chefs des Baglers suivirent l’exemple du prélat , et ce parti redoutable se trouva dissous. Hakan ne put profiter de ce calme inespéré dont jouissait la Norwége après tant de troubles ; il périt le t'r janvier 1204, et l’on soupçonna sa belle-mère de l’avoir empoisonné.

GUTTORM.

Trois jours après la mort de Hakan III , Guttorm , petit-fils de Sverrer, et fils de Sigurd Laward, fut choisi pour roi par l'archevêque et par le sénat. Mais , comme il n'était âgé

.Si»

ue de quatre ans , on confia le soin e son éducation à Pierre Steiper, neveu de Sverrer , et Hakan Galm , autre neveu de Sverrer, devint régent de la Norwége. Ce partage du gouvernement déplut à plusieurs seigneurs , qui , rassemblant les Baglers disperses, rappelèrent F.rling Stenveg, qu’ils avaient proclamé après la mort d'Inge , et qui s était prudemment retiré il Copenhague durant le règne de Hakan III.

A la faveur de ces troubles , l'évéque Nicolas voulut faire passer la couronne sur la tête de son neveu Philippe, nui , du côté maternel , descendait de la famille royale de Norwége.

Mais Waldemar, roi de Danemark, auprès duquel l’évéque chercha de l’appui , refusa de servir Philippe , à moins que les Baglers ne lè demandassent eux-mêmes pour leur roi. Or, ce parti et les paysans ne voulaient proclamer qu’un fils de roi. Erling, qui se donnait pour fils de Magnus Erlincson, implora aussi le secours de Waldemar, mais celui déclara qu'il ne consentirait à l’appuver qu’autant qu’il prouverait son extraction royale par l’epreuve du feu. Il hésitait quand l’évéque luilitdire qu’il pouvait se soumettre sans danger a l’épreuve, dont il lui garantissait le succès , s’il promettait de choisir Philippe pour iarl. Erling souscrivit à cette proposition ; et, après avoir porté un fer rouge sans en être brûlé , il obtint de Waldemar trente -cinq vaisseaux , avec lesqurls il se rendit dans le sud de la Norwége, où il fut proclamé roi. Sur ces entrefaites , mourut le jeune Guttorm, en 1205; et l’on soupçonna Christine, épouse de Hakan Galin, de l’avoir empoisonné.

HAKAN IV GALIN.

Ce prince mit alors tout en œuvre pour s’assurer de la couronne. Mais son père n’étant pas Norvégien , le peuple proclama son frère utérin , lnge II lîardson, dont le père était indigène. Inge fut cependant forcé de confirmer Hakan dans la dignité qu’il occupait précédemment, et de lui abandonner la moitié des revenus de

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la couronne. Quoique Erling fût mort en 1207, la guerre contre les Raglers continua, parce que l’évéque Nicolas leur avait persuadé de nommer Philippe pour succéder à Erling. Cependant les deux concurrents , fatigues de la guerre, conclurent, par l’entremise de l’archevêque, une paix qui laissait à Philippe le tiers du royaume, avec la fille de Sverrer pour épouse , mais à la condition de renoncer au titre de roi.

Cette réconciliation des deux partis s’opéra en 1208. Inge rencontra plus tard un ennemi plus dangereux dans liakan Galin, qui le força, en 1213, de conclure une convention par laquelle il fut stipulé qu’après sa mort la couronne reviendrait a Hakan , et u’ensuite elle passerait à l’aîné des Is légitimes des deux frères. Mais Hakan Galin ne vécut pas assez longtemps pour voir se réaliser ses espérances ; il mourut vers la fin de l'année 1214, et l’on oublia les droits de son fils Canut , qui , suivant la convention , aurait dû succéder à Inge lorsque celui-ci mourut, le 23 avril 1217.

Hakan v, Garnie ( le vieux.)

A la mort de Inge II, les Birkebeniens élurent Hakan V, fils naturel de Hakan III ; la jolie figure de cet enfant, alors âgé de treize ans, l’avait fait généralement aimer. La mère du jeune prince prouva la naissance royale de son fils par l’épreuve du feu , qui était alors très -usitée en pareille circonstance. Le clergé de son côté favorisait le iarl Skule, frère d'Inge.et Hakan fut obligé de céder à ce compétiteur un tiers du royaume.

Philippe étant mort à la même époque, Hakan fut assez heureux pour

Îirévenir les intentions des Baglers dans e choix qu’ils voulaient faire d'un nouveau roi; mais l’apparition de nouveaux prétendantsà la couronne était alors devenue une chose si commune, que tout aventurier qui n’avait pas d’autres moyens de faire fortune se donnait pour fils naturel d’un roi, et secrèait toujours de cette manière un parti. C’est ainsi

qu’en agit un certain Benedict, qui en 1218, prétendit être fils de Magnus Erlingsson. Ses partisans furent nommés Slitunfjar , à cause des haillons dont ils étaient couverts , et se maintinrent jusqu’en 1222. Un autre parti , celui des IUobungar, se montra en 1219, et choisit pour roi un fils d’ Erling Stenveg, nommé Sigurd. Ce parti subsista jusqu’en 1223, où Sigurd se démit de son titre de roi , et passa , avec toutes ses troupes, au service du iarl Skule.

Mais, environ un an après, il abandonna la cause du iarl , et reprit son premier titre avec l’aide de l’évêque Nicolas, puis du nouvel archevêque Pierre, qui était cependant redevable à Hakan de son élévation. Sigurd étant mort en 1226, son parti choisit pour chef le jeune Canut, fils de Hakan Galin. Mais ce prince s’étant réconcilié avec le roi Hakan qui lui fit épouser sa belle-sœur et lui accorda un fief, les Ribbungiens choisirent pour roi un nommé Magnus Bladstock , qui fut pris et pendu par les habitants du Værmeland.

Cet événement mit fin, en 1227, à ce parti. Mais le iarl Skule excita de nouveaux troubles par son orgueil et par son ambition. Afin d’y mettre des bornes, Hakan convoqua à Beren, pour le 15 août 1223, une assemble générale des états , la plus complète et la plus nombreuse qu'on eût encore vue en Norwége , et y fit examiner les droits de tous les prétendants. Ils furent déclarés nuis, et les députés confirmèrent solennellement l’élection de Hakan V. Celui-ci , fort de cette décision , s’occupa de soumettre les Ribbungiens. Skule resta en repos jusqu’à la fin de cette guerre; mais il se rendit ensuite en Danemark , où il conclut , en 1228 , un traité secret avec le roi Waldemar. La rupture éclata en 1233; apres quatre années de guerre mêlée de négociations , le roi conféra à Skule le titre de duc, dans l'espoir de satisfaire de celte maniéré son ambition. La bonne intelligence dura effectivement jusqu'en 1239. A cette époque, les flatteurs de Skule l’excitèrent à empiéter sur les droits

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drt i du roi; et celui-ci en avant témoigné ya son mécontentement , Skule se lit pro- , M clamer à Drontheim, le G novembre.

Cette iléinarclie lui réussit mal : vaincu ■f au mois d’avril 12-10, Skule se rcfu-

, . gia à Drontheim, où il fut mis à mort

■“ le 23 mai, avec son fils Pierre.

. A dater de cette époque Hakan put

régneren paix, et donner tous ses soi usa son peuple. Il éleva des forteresses, fonda des villes, et établit des lois en faveur ^ de la liberté individuelle. La considération dont il jouissait auprès des puissances étrangères était si grande , que , sui vaut quelques historiens, saint I.ouis lui offrit le commandement d'une partie de sa flotte , quand il entreprit sa croisade en Égypte. Le pape Innocent IV envoya même en Norwége le cardinal Guillaume, évêque de Sabine, pour le couronner, quoique le véritable objet de sa mission lût de l’engager à prendre part à la guerre d'Allemagne. Le cardinal arriva en Norwége le 17 juin 1247, et le sacre se fit a Bergen le 29 juillet, jour de Saint-Olof. En 1249, Hakan eut une entrevue avec Iiirger Iarl , régent de Suède; et, en 1251, s’accomplit le mariage déjà projeté depuis longtemps entre son fils aine Hakan le jeune, qu’il avait associé au trône, et Richissa, fille de Birger. En 1253, les deux princes eurent une nouvelle entrevue auprès de la rivière de Gotha , où ils convinrent d’une guerre contre le Danemark.

' Mais lorsque, en 1257, Hakan était au moment d’attaquer ce royaume avec toutes ses forces mariiimes, son fils aîné vint à mourir; et il ne songea plus qu’à faire proclamer son jeune fils Magnus co-régent, en remplacement de celui qu’il venait de perdre. Ce fut à ce fils qu’il confia le soin du gouvernement , lorsqu’en 12G2 il fit voile pourl’Écosse, dans l’intention de reconquérir ce que Magnus aux jambes nues y avait jadis possédé.

L’année précédente il avait soumis l’Islande et le Groenland; il ne fut pas moins heureux en Écosse, et il se proposait même de passer en Irlande; mais, au moment où il se préparait à cette expédition, la mort le

frappa pendant la nuit du 15 au 16 décembre 1262, dans nie de Mainland , l’une des Orcades. On le surnomma (lamie, ou le vieux, pour le distinguer de son fils Hakan qu'il avait associé au trône, niais qui mourut avant lui.

Son règne est regarde comme l’époque la plus brillante de l'histoire de la Norwége. Ce qu’il y a de certain , c’est qu’aucun roi de ce pays n’a joui à l'étranger d’une aussi grande considération.

magnus vu, Lagabelcr (ou le réformateur des lois).

Magnus VII se hâta de terminer la guerre avec l’Écosse. La paix fut signée à Perlh , le 5 juillet 1266. Magnus renonça aux Hébrides , à l’ile de Man , mais se réserva les Orcades. Le roi d’Écosse pava quatre mille marcs sterling, et promit un tribut annuel de cent marcs. Magnus VII, eu 1273, conclut avec l’archevêque un arrangement en vertu duquel la loi de Magnus VI , qui avait rendu la couronne de Norwége élective, fut révoquée, et le trône déclaré héréditaire. Il mérita le surnom de Lagabeter par les réformes qu’il opéra, en 1280, dans la législation de son royaume. Il s'attacha particulièrement à améliorer, à adoucir les lois , et à fondre les codes particuliers de chaque province en un seul code général. Il apporta même des changements à la constitution , en excluant les paysans des assemblées des Etats , dans lesquelles ne siégèrent plus que les feudataircs de la couronne. Les devoirs de ces feudataircs furent déterminés d’une manière plus précise, et les titres étrangers de chevalier et de baron furent confirmés. Il accorda au clergé plusieurs avantages ; décréta , en 1267, un nouvel impôt sous le nom de denier de saint Olof, et renonça , en faveur des prêtres, à plusieurs prérogatives de la couronne : ainsi il consentit à reconnaître la juridiction ecclésiastique dans toute son etendue, accorda la liberté des élections par les chapitres , et la levée de la dîme dans

■gle

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tout le royaume. Enfin il conféra divers privilèges à l’archevêque , entre autres celui de battre monnaie. En 1268 , il conclut une allianre avec son beau-frère, le roi de Suède Waldemar, et lui fournit même des secours, lorsque celui-ci, ayant été expulsé de ses États , fut obligé de se réfugier en Norvrége. Plus tard , Magnus porta la guerre en Danemark au sujet de l’héritage d’Ingeburge, son épouse; mais il essuya une grande défaite en 1278, près de Skanrcr, en Scanie.

L’année suivante il perdit encore beaucoup de monde dans le nord de ses États, contre les Gveners, peuple finnois ou russe, qui, depuis longtemps, infestait ces contrées ; et il termina sa carrière le 9 mai 1280, êgé de quarantedeux ans.

f.rik il, Præsterhadere (l’ennemi des prêtres).

Érik II, fils de Magnus et d’Ingeburge, princesse de Danemark, avait été proclamé roi plusieurs années avant la mort de son pere, mais il n'était cependant Ôgé que de dix-huit ans lorsqu'il parvint au trdne; aussi fut-il facile à l’archevêque Jean de captiver le jeune monarque au point de lui faire contracter sous serment, à l'époque de son sacre, l’engagement non-seulement d’approuver tout ce que son père avait accordé aux ecclésiastiques, mais même d'etendre encore leurs privilèges, et d’abroger toutes les lois qu’ils jugeraient opposées à leurs droits. G était aller trop loin, et le roi ou ses conseillers ne durent attendre que l'occasion de revenir sur ces promesses. Elle se présenta bientôt : l'archevêque ayant empiété sur le pouvoir royal, en promulguant de nouvelles lois ecclésiastiues portant amende pour tous les élits religieux, Érik profita de cette avidité imprudente pour révoquer tout ce qu’il avait octroyé. Cette conduite lui suscita une longue inimitiede la part du clergé, qui lui donna le surnom de Præsterhadere, ou ennemi des prêtres. L’archevêque eut recours aux ar-

mes de l’Église, et excommunia deux conseillers du roi. Érik irrité le chassa ainsi que ses suffragants, les évêques d'OpsIo et de Hammer. Les prélats allèrent porter leurs plaintes à Rome, et des bulles menaçantes furent lancées contre Érik ; mais l’archevêque ainsi que l'un des deux évêques étant morts en route, et le clergé voyant qu'Érik bravait les menaces du pâj>e , s’efforça d’obtenir par la soumission la modidcation de quelques-uns des décrets du roi, et la querelle s'apaisa. Le nouvel archevêque Iorund se soumit au roi, et, à la diète de 1297, il se reconnut son iarl ou vassal.

Avant la lin de ces troubles, Érik, qui désirait réparer la perte que la Norvège avait faite sous Magnus VII par la cession des lies Hébrides, épousa, en 1281 , la lille et l'héritière d'Alexandre III, roi d’Ecosse. Il espérait recouvrer, par ce mariage, les pays que son père avait perdus; mais la reine mourut en 1283, et ne laissa qu'une fille nommée comme elle Marguerite, qui fut reconnue reine d’Écossc en 1286, et mourut en 1291 , au moment où elle se rendait dans son royaume. La guerre avec le Danemark se ralluma de nouveau en 1284; elle avait pour cause une réclamation relative à la dot d’Ingehurge, épouse de Magnus VIL Erik II offrit un asile aux meurtriers d’Érik Glipping , et par là ranima la guerre entre les deux royaumes. Elle ne fut terminée que sous son successeur, en 1368.

Gette guerre mit Érik aux prises avec les villes anséatiques. Pour les punir de l'appui qu'elles prêtaient au Danemark, il fit donner la chassé aux vaisseaux des villes de Wisrnar, Stralstind , Colberg, Stolpe et Lubeck. Tous ceux de leurs vaisseaux dont on put s’emparer dans la baltique furent déclarés de bonne prise. Ces villes conclurent aussitôt une ligue, chargèrent Lubeck de diriger la guerre, et défendirent de porter en Norvège des grains et de la bière, objets de première nécessite dont ce pays manquait presque entièrement. La Norwége se vit, par cette mesure, réduite à une si grande

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détresse , qu’Érik fut contraint de demander la paix. Il l'obtint par l’entremise de Magnus I .adulas , roi de Suède, et elle fut signée à Calmar, le 31 octobre 1385. Erik dut rendre tous les vaisseaux capturés, indemniser les villes anséatiques de tout ce qu’elles prétendaient avoir perdu , et leur accorder en outre plusieurs avantages commerciaux. Il entra lui-même dans la ligue anséatique, et convint avec les confédérés de la marche qu’on suivrait à l'avenir lorsqu’il y aurait guerre entre le Danemark et la Norwége. La guerre avec le Danemark fut aussi assoupie momentanément; mais elle éclata de nouveau en 1288, par suite de l'asile que les Danois exdés après l'assassinat d'Erik Glipping avaient trouvé en Norwége. Un armistice, conclu le 28 février 1295, suspendit pour quelque temps les hostilités. Quatre ans apres, le 11 juin 1299, Erik mourut sans laisser de (ils.

HAKAN VT.

Hakan , (ils de Hakan le Vieux , et déjà nommé duc par son père, administrait avec un pouvoir absolu , du vivant même d'Erik II, la partie du royaume qui lui avait été cédée, et il succéda à son frère sans contestation.

Il continua la guerre avec le Danemark, que lui avait leguée son prédécesseur, sans cependant obtenir d’avantages éclatants; il prêta aussi son appui aux deux frères de Birger, roi de Suède, Erik et VYaldemar, qui s'étaient réfugiés auprès de lui en 1304, et força Birger a se réconcilier avec epx. Mais peu a peu il s'éleva entre Hakan et les ducs suédois une contestation qui dégénéra bientôt en guerre ouverte. Erik avant refusé de remettre à Hakan plusieurs places que celui-ci lui avait cédées temporairement en fiefs, le roi de Norwege prit les armes pour rentrer en possession de Kongelf et de Varberg. Ce fut pendant cette rupture inattendue que les rois de Danemark et de Norwege terminèrent leurs différends par la paix de 1308. Hakan pro-

mit par ce traité de donner Ingeburge, sa fille, âgée alors de sept ans et heritiere présomptive du royaume de Norwege, à Magnus, fils dé Birger, roi de Suède et neveu du roi de Danemark.

Ce dernier céda à Hakan le comté de llalland, en échange des prétentions de sa mère, qui étaient le motif de la guerre. Ce traité conclu, les deux rois tournèrent leurs armes contre les ducs suédois qui s’étaient mis en possession de toute la Suède. Mais la victoire ne favorisa pas les coalisés, et, au mois de juillet 1310, les ducs conclurent une paix qui réconcilia Erik avec Hakan. Par une négociation adroitement conduite, Erik sut persuader au roi de Norwége de rompre tacitement le mariage de sa fille avec le prince Magnus , pour la lui fiancer à lui-même (13(2).

Hakan renonça, en faveur de cette union, au comté de Halland, dont le roi de Danemark investit alors Erik et son frère cadet, qui furent assassinés, en 1318, par leur frêne, le roi Birger.

Après avoir ainsi rétabli la paix dans tout le nord, Hakan s’occupa de l’administration intérieure de son royaume. Mais lorsque Birger fit assassiner Erik, Hakan voulut venger son gendre , et contribua à renverser son meurtrier du trône; mais le chagrin avait miné sa santé: il mourut Ie8mai 1319.

Parmi les ordonnances de Hakan VI , il pn est une qui prouve dans ce prince des idées sur le commerce, peu communes a cette époque. Ayant remarqué que les villes anséatiques importaient en Norwége beaucoup d’articles de luxe, et que, parmi ceux qu’elles exportaient, il s’en trouvait uont la Norwége n'était pas pourvue en abondance, il défendit toute exportation dont la valeur n’aurait pas été importée en grains, légumes sees, harengs, viande salée ou fumée; en outre, il défendit aux étrangers toute vente de détail, et restreignit leur commerce à la seule ville de Bergen.

On cite encore l’ordonnance par la-

3uelle Hakan, en 1302, régla l'ordre e succession à la couronne et tout ce qui concernait la régence, et la cons-

L’UNIVERS

titotion du 16 juin 1308, qui détermine l'organisation de la cour et des grandes charges de l’État.

MAGNUS VIII EBIKSON , Smeck ( mignon ).

Avec Hakan VI s’éteignit dans les milles la race des Ynglinges ou de Harald Hnarfager, qui avait régné depuis 863. Le trône passa à celle des Folkunges, qui occupait le trône de Suède depuis 1250. En effet , Magnus VIII, dit Smeck , né en 1316, d’Érik, duc de Suède, et d’Ingeburge, fille de Hakan, fut, malgré son jeune âge, proclamé par les états roi de Norwége, en sa qualité d'héritier môle le plus direct, puisque il était petit-fils de Hakan VI du coté maternel. Cette élection réunit les deux États sous un seul et même monarque; car Magnus, petit-fils du côlé paternel de Magnus 1" I, adulas, était depuis peu de temps roi de Suède sous le nom de Magnus II. Quoique chacun de ces États eût son sénat particulier qui gérait les affaires pendant la minorité du jeune roi, neanmoins, tant que dura cette minorité, le gouvernement de Norwége fut presque entièrement entre les mains des régents de Suède, qui portèrent même le roi à faire la guerre à Canut Porse, duc d’Halland, que sa mère avait épousé en secondes noces.

Magnus VIH prit les rênes du gouvernement en 1330. Les Norvégiens, mécontents de la mauvaise administration du roi et de ses ministres, refusèrent de le reconnaître plus longtemps. En 1339, une partie de la noblesse norvégienne s’assembla dans la province de Rohus pour élire un nouveau roi. Néanmoins cette première réunion fut sans résultat, bien que le peuple s'attendit à de grandes révolutions, à la suite d’un tremblement de terre qu’on avait ressenti, et d’une violente éruption du mont Heckla , dans le cours de l’année 1341. Pour prévenir les troubles dont la presu’ilescandinaveétait menacée, le sénat e Norwége et celui de Suède engagèrent le roi à partager les deux royau-

mes entre ses deux fils. En 1343, il nomma en effet Hakan, le plus jeune d’entre eux, roi de Norvège, en se réservant le gouvernement pendant la durée de sa vie. De grandes calamités publiques , telles que des submersions, des écroulements de rochers , et enfin l’horrible peste qui, sous le nom de digerdoden ou la mort bleue, ravagea le Nord depuis l’année 1318 jusqu’en 1350, finirent cependant par faire croire au peuple que. Magnus avait attiré ces malheurs sur le pays par ses vices, et il fut privé, en 1350, du gouvernement de la Norwége, qui resta à son second fils. Il dut se contenter, pour sa subsistance, du bailliage de Helgoland et des Iles d'Islande, de Féroé et de Schetland.

Les malheurs de Magnus sont attribués en grande partie à l'influence u’exerçait sur lui son épouse, Planche e Namur, princesse passionnée et intrigante qui l'entraîna à faire la guerre à son fils Érik(*).

HAKAN VII.

Hakan, demeuré seul roi en Norwége, semble avoir gouverné pacifiquement, tandis qu’en Suède Magnus était en guerre avec ses propres sujets et avec son fils aîné, Érik, qui avait expulsé un de ses favoris. Mais après la mort d’Érik, survenue en 1359, Hakan voulut prendre une part plus active à ce qui se passait en Suède, et, pour apaiser les troubles qui éclatèrent en 1361 , il se vit obligé de se ranger du côté du peuple, et de s'assurer, le 11 novembre 1361 , de la personne de son père, qui fut renferme au château de Calmar et mis en liberté peu de temps après. Hakan fut alors «lu roi de Suède le 15 février 1362, après avoir promis de rompre ses fiançailles avec Marguerite, fille du roi Waldemar, et d'épouser Élisabeth, fille du comte Gerhard de Holstein. Plusieurs membres du sénat suédois furent députés pour amener la princesse en Suède.

Le mariage se fit par procuration, et

(*) Voyez ('Histoire de Suède p. 3a.

NORWÉGE

dans le contrat il fut stipulé que Magnus encourrait la perte de ses États s’il ne ratifiait pas ce à quoi l'on s’était engage en son nom. Mais vers la fin de l’année, la jeune princesse ayant mis à la voile pour se rendre en Suède, son vaisseau (ut poussé par la tempête sur les côtes du Danemark , où elle fut accueillie avec beaucoup d’égards, mais où on la retint sous differents prétextes.

Dans les entrefaites, AValdemar engagea llnkan à se rendre avec son père b Copenhague, où fut renouvelé rengagement contracté avec Marguerite, et la ceremonie du mariage se fit le 9 avril 1363. Les parents d’Elisabeth furent blessés de ce procédé, et les sénateurs suédois, qui s'étaient rendus caution de Hakan, déclarèrent Hakan déchu du trône. Cette insurrection aurait pu être apaisée dès son origine, si Hakan avait voulu se réconcilieravec ceuxqui l'avaient provoquée; mais, quand ils le virent persister dans l’alliance du Danemark, ils élurent pour roi le jeune duc Albert de Meckienbourg , et ce prince étant passé en Suède, ils tinrent une assemblée des états le 30 novembre 1363, et convoquèrent, pour le carême de l'année 1364, une nouvelle diète à l!psal, où Albert fut proclamé roi avec toutes les cérémonies accoutumées.

Hakan ne sut pas agir avec vigueur:

il aurait pu empêcher peut-être par la force le couronnement de son rival; mais il ne rassembla ses troupes qu’au commencement de l’année 1364; aussi, pendant qu'il marchait sur Stockholm , fut-il surpris à f improviste, le 3 mars, par son concurrent, qui défit et mit en fuite ses troupes, fit son père prisonnier, et l’obligea lui-même, après avoir été blessé, a se retirer en Norvège. La guerre contre Albert continua, et, bien que le roi de Norvège eût conclu la paix avec les villes anséatiques le 5 septembre 1369, il n’en fut pas moins obligé de reconnaître Albert comme roi de Suède.

Cependant Magnus était demeuré en prison, et, pour le délivrer, Hakan fit, en 1371, une nouvelle incursion en Suè-

de, s'avança avec son armée jusqu’à Stockholm, et mit le siège devant cette place. Ce fut sous les murs de cette ville

2uc fut enfin signé un traité de paix dénitif. Hakan et Magnus renoncèrent à toutes leurs prétentions sur la Suède, et ce dernier recouvra sa liberté moyennant une rançon de douze mille inàrcs d’argent. Magnus périt peu après, le 1" décembre 1374, par un naufrage, et le roi Hakan termina sa carrière le l*rmai 1380, après avoir vu proclamer, le 3 mai 1376, son fils Olofroide Danemark sous la tutelle de sa mère, la reine Marguerite. Olof mourut en 1387, et bien que sa mère, qui était d’une famille étrangère, n’eùt aucun droit au trône de Norvège, elle sut se concilier tellement la faveur de la nation, qu’elle fut chargée du gouvernement pour le reste de ses jours. Elle nomma, en 1389, roi de Norvège son neveu Erik III le Poméranien, qui, par l’union de Calmar en 1397, devint le premier monarque des trois royaumes du Nord.

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