‹ Suède et NorwégeChapitre 20 sur 60 · TUT · texte numérisé non relu

TUT

nerttwertent à raçpei du roi , qui déjà , par lui-même , avait consolé plus d'une victime de ces désastres.

Yen la fin du mois de mai , le comte Gustave de Lo wenhielm , ambassadeur de Suède à Paris, reçut l'honorable mission de se rendre à Munich pour y épouser par procuration la princesse Joséphine, qu'il accompagna ensuite à Stockholm. Deux bâtiments de guerre magnifiquement équipés avaient été envoyées à Lubeck pour la recevoir.

Le trajet de Lubeck à Stockholm , par un temps où ces parages n'ont point de nuit , fut pour la princesse royale un heureux présage du bonheur qui l'attendait et de celui qu'elle apportait dans sa nouvelle patrie.

L'entrée solennelle de la princesse royale à Stockholm , les cérémonies du mariage qui fut célébré le 19 juin avec toute la pompe réservée à ces sortes de solennités, donnèrent lieu à une suite de fêtes d'autant plus brillantes,

u'elles coïncidaient avec la réunion

es troupes et des milices au camp de Ladugart-Gârdet pour les exercices annuels. A tous ces grands mouvements se joignait le magnifique coup d'œil de la flotte complètement pavoisée et réunie dans la taie du parc, ainsi que d'une multitude d'embarcations ornées de riches banderoles et montées par les habitants des Iles voisines, qui venaient en foute prendre part à l'allégresse commune. La présence des états généraux et d'une députation du stortning de Norwége donnait d'ailleurs à toutes ces fêtes un caractère éminemment national.

Pour compléter le récit des événements qui graveront à jamais le souvenir de l'année 1823 dans le souvenir des Suédois, nous ajouterons que les états généraux, par une députation prise dans les quatre ordres et présentée par le grand maréchal de la diète, demandèrent au roi de mettre le comble aux voeux de la nation, en faisant couronner la reine son épouse.

Charles XIV répondit à cette députation:

« Messieurs, * Le désir que les états généraux

« viennent de me manifester me fait « éprouver une vive sensation. Déjft, «depuis plusieurs mois, j'aurais oe- « vancé leurs vœux, en ordonnant les « préparatifs nécessaires pour le cou- « ronnement de la reine mon épouse, « si je n'eusse été retenu par la pensée' «que cette solennité; consacrée par « un usage antique, était du domaine « exclusif des grandes cérémonies de « l'État. Cette persuasion a suffi pour « me décider à attendre que l'exprès»

« sion des états généraux parvînt ju*- « qu'à moi; et je la reçois avec la r*- « connaissance que m'inspire chaque « nouvelle preuve de leur dévouement « pour ma famille. racquiesce à leur « demande, et je fixerai ultérieurement * llépoque.

« Je vous renouvelle, Messieurs, « l'assurance de mes sentiments et de « ma bienveillance royale. »

L'époque du couronnement de la reine fut fixée au 2t août 1839, jour anniversaire de l'élection du roi , qui est aussi celui de la fête de la princesse royale.

La diète suédoise de '1823, Ouverte le 23 janvier, ne fut dose que le 18 décembre. Ce fut l'une des plus longues qu'on eût tenues depuis longtemps. La Forme de gouvernement fixe la durée ordinaire de ces assemblées à quatre mois; mais le roi est maître delà prolonger, et c'est ce qu'il fit dans cette circonstance, pour donner plus de maturité aux délibérations.

Le roi , toujours pénétré du désir de hâter le moment où ses deux royaumes seconderaient, avec le même zèle et les mêmes lumières ses vues paternelles et bienfaisantes, se décida, en 1824, à envoyer son fils en Norwége , dont la vice-royauté est confiée au prince royal par an article de la constitution. Voici quelques-uns des préceptes qu'il adressa au prince Oscar, au moment où il allait se mettre en route pour Christiania.Ces préceptes, qui prouvent et la haute capacité du roi, et les sagas principes qui président à son administration , font aussi l'éloge du priixte qu'un père aussi éclairé juge digne do les entendre.

L'UNIVERS

« Le plus habile homme du monde doit toujours écouter l'avis, même de ceux qu'il croit moins habiles que lui , dès le moment qu'il les a appelés dans son conseil. 11 est de la prudence du prince de parler peu; il est de son in- * îérêt d'écouter beaucoup : il profite alors de toutes sortes d'avis; les bons sont utiles par eux-mêmes, et les mauvais font ressortir les bons.

a La probité d'un homme d'État n'est pas toujours d'accord avec une rigueur permanente : cette rigueur est souvent compagne de l'injustice; il faut apprendre à la distinguer d'une sévérité dont on doit user par nécessité dans beaucoup de circonstances; lorsque cette sévérité est commandée par l'intérêt général, elle nous enjçint d'être inexorable.

« Une probité noble, un caractère ouvert et franc obligent de refuser hardiment ceux qui ont des prétentions exagérées; tu dois contracter cette habitude.

« L'intérêt public exige que celui qui a la conduite des États les gouverne en sorte qu'il ait les moyens de les - garantir non-seulement de tout le riial qu'il peut éviter, mais encore de l'appréhension qu'ils en pourraient avoir.

La raison veut qu'il y ait une proportion entre ce qui soutient et ce qui est soutenu. Il s'ensuit que le chef d'un État constitutionnel ne doit jamais hésiter, quand il s'agit de maintenir l'équilibre politique; cet équilibre n'est assuré que par 1 exécution ponctuelle et religieuse de la loi.

« Une longue paix a éloigné la nation norwégienne de son antique penchant pour la gloire militaire, ajoutait le roi dans une recommandation spécialement applicable aux devoirs du vice-roi; nous devons donc nous attacher à lui faire taire des progrès dans tout ce qui tient à l'art de Ta guerre si éminemment nécessaire ; car un État qui n'a point d'armée est à la merci du premier occupant. Tancrède de Hauteville subjugua la Sicile avec une trentaine de Normands; si la Sicile avait eu un esprit guerrier, si elle eût entretenu quelques compagnies permanen-

tes, elle eût évité ce honteux asservta-

sement. »

Le storthing ouvert le 0 février devait encore s'occuper de la question du veto et de la noblesse. Il crut devoir persister dans le maintien de la constitution norwégienne. Le 10 août, la clôture de cette assemblée fut faite par le prince royal, qui prononça ce oiscours:

« Sa Majesté annonce au storthing « que ses séances sont closes. Pendant « tout le temps qu'il a été assemblé, le « roi a vu avec satisfaction le bon es- « prit qui l'a dirigé.

« Plusieurs lois essentielles pour l'in- « térét général et particulier ont été «adoptées; Sa Majesté en espère les «meilleur; résultats. Sa Majesté re- « grette que les propositions constitu- « tionnelfes faites par elle en 182 1 , et « notamment celle qui regarde le para- « graphe 79 sur le veto absolu , n aient « pas été adoptées dans cette session; « mais, en même temps, Sa Majesté « éprouve un motif de consolation par « la conviction qu'elle a acquise, que la « non-acceptation de cette proposition « n'a pas eu pour cause un esprit d'op- « position, mais bien plutôt la crainte « de toucher trop tôt au pacte consti- « tutionnel. Sa Majesté croit que les « éclaircissements qui ont été tournis « depuis au storthing feront disparaître «les doutes qui pourraient encore « exister au sujet du veto absolu, que « le chef suprême de l'État doit avoir « sur les propositions de la législature. « Le roi pense que le storthing partage « le bonheur que Sa Majesté éprouve « par l'amélioration de toutes les bran- «ches de l'administration publique.

« Quoique le bien s'opère lentement, « l'évidence de ce même bien se déve- « loppe tellement aux yeux de tous , que «l'injustice même la plus tenace ne « saurait la révoquer en doute. »

Le 28 juillet de cette même année, le roi, toujours pénétré du désir de s'attacher les Norwégiens par de nouveaux bienfaits, avait fondé une nouvelle université à Christiania. L'année suivante, il institua un musée d'antiquités norvégiennes à Bergen, et fit

SUÈDE

travailler activement à la jonction des canaux des deux royaumes.

Cependant, en 1826, une révolte de paysans éclata dans le Gudbrandsdale. Elle avait pour chef un certain Belle, qui prit le titre de gouverneur des paysans dans la province de Drontheim.' Cette révolte toute locale fut facilement réprimée. Dans la même année, l'incendie de plusieurs forêts, des maladies pestilentielles, de mauvaises récoltes, la stagnation du commerce, occasionnèrent une misère générale , à laquelle Charles XIV s'efforça de porter remède par les plus sages mesures.

Le stortbing de 1827 continua son opposition contre les propositions que le roi crut devoir renouveler. Il réduisit considérablement les appointements du gouverneur de Norwége; le 19 juin, il refusa d'accorder les fpnds demandés pour continuer la construction du château de Christiania.

Depuis la réunion de la Norwége à la Suède, Charles XIV s'était constamment efforcé d'amener la fusion des deux peuples dans une confédération fraternelle. Ce but, l'objet de ses vœux les plus chers , était atteint , et la Norwége, malgré l'opposition de son stortbing, semblait bien convaincue que ses destinées étaient désormais inséparables de celles de la Suède. Cependant le roi était informé que depuis quatre ans une fête était célébrée le 17 mai par quelques parties de la population norvégienne et par le stortbing lui-même, en commémoration de la diète d'Eidswold. C'était le 17 mai 1814 (*}, que la diète d'Eidswold, illégalement convoquée, s'était affranchie de l'obéissance due au traité de K.iel, qui avait cédé la Norwége à la Suède, et s'était mise en hostilité ouverte contre les droits acquis à Charles XIII , en procédant à l'élection d'un roi dont l'autorité n'était fondée que sur la rébellion. Charles XIV, dans un discours adressé aux présidents et vice-présidents du stortbing, exprima son juste

Q T°yti l'Histoire de la Norwége à la fin de ce volume.

mécontentement au sujet de cet acte d'ingratitude. Devait-il s'attendre à voir ainsi récompensés les efforts qu'il avait faits depuis quatorze ans pour assurer la félicité de la nation? Le stortbing extraordinaire, convoqué en 1828, comprit combien ces plaintes étaient fondées ; il décréta l'abolition de la fête du 17 mai, qu'il s'efforça d'excuser dans une adresse où il s'exprimait en ces termes:

« En célébrant le 17 mai, les habi « tants de la Norwége croyaient agir «entièrement dans l'esprit que leur « roi magnanime leur a recommandé « toutes les fois que Votre Majesté , par « amour pour la liberté publique , fixa, « l'attention de la nation sur les garan- « ties de sa consolidation. Animer et « entretenir l'esprit national nouvelle- «ment éveillé, faire naître dans le «cœur des citoyens la confiance et « l'union, que produisent les expres- «sions d'une joie commune pour la « possession d un bien commun , voilà « ce qui fut partout le but de la fête. •

Cette excuse était loin d'être solide.

Pour entretenir l'esprit national, pour faire naître l'union entre les citoyens, c'était bien mal choisir gue de rappeler le 17 mai et l'acte décrété à cette époque. Sans doute la convention conclue à Moss le 14 août avait, en prononçant l'amnistie du passé, légitimé les délibérations jusqu'alors illégales du storthing ; mais c'était du 20 octobre et du 4 novembre seulement que datait l'affranchissement de la Norwége, qui ne pouvait être réel que par le concours de la Suède et la protection de son souverain, a Alors seulement, répondit le « roi à la députation du stortbing , alors « seulement de nouveaux liens , de nou- « veaux devoirs s'établirent, et deux « peuples issus des mêmes pères abju- « rèrent sur l'autel d'une patrie com- « mune leurs longues et fatales inîmi- « tiés; ils déplorèrent le sang qui avait « coulé récemment, les pertes en ar- « gent avaient détruit les ressources de « la Norwége-, un capital considérable, « comparativement a celui qui circule «maintenant, fut englouti dans une « guerre fomentée par des hommes ja-

lc*

MO

LTJNITEES.

« toux de l'horizon pacifique qui se lai* « sait apercevoir sur la presqu'île. Ces « pertes, indépendamment ou sang de « ses enfants, ont été sensibles pour la « Norwége. Avoir essayé , après dix ans «<fune amitié franche, crâne union « fidèle, de recueillir des souvenirs «douloureux pour les deux peuples, « et rappeler la mémoire d'une naine « éteinte en insultant aux cendres des « morts, sous prétexte de célébrer le « passage d'un régime absolu à un ré* « gime constitutionnel , c'est tout à la « lois déplaire au souverain qui a cédé « et au souverain qui a acquis, c'est « chercher à faire courir encore aux « deux peuples de nouvelles chances de « destruction. »

Si le storthing extraordinaire de 1828 seconda les intentions du roi relativement à la fête du 17 mai , il ne montra pas la même condescendance pour d'autres propositions qui furent repousses. De ce nombre était une loi sur la conscription.

Les états généraux de Suède s'assemblèrent le 4 novembre de la même année. La chambre des nobles reprocha au gouvernement quelques abus de pouvoir; mais ces reproches, renfermés dans les bornes constitutionnelles , ne portèrent aucune atteinte à l'amour des quatre ordres pour le roi. Il fut également décidé dans cette diète que les débats de l'ordre des nobles, jusqu'alors secrets , deviendraient publics, et le roi fut prié de renvoyer ses conseillers intimes qu'on accusait d'opprimer la presse, un seul d'entre eux fut destitue. Les états étaient encore assemblés quand la reine, ainsi qu'il avait été décidé en 1 193 , fut couronnée. Cette cérémonie eut lieu le 21 août.

L'histoire de Suède depuis cette époque jusqu'en 1836 présente peu d'événements remarquables. Contentons-nous d'indiquer les faits les plus importants.

Le roi de Suède, fidèle à ses principes, fut l'un desrtremiers souverains qui, après la révolution de 1830, reconnut le roi des Français. L'année suivante, une grande famine affligea la Suède. Le peuple vit avec reconnais-

sance les efforts du roi pour adoucir l'horreur de ce fléau. Le choléra eom-' roençait alors à sévir en Europe; la gouvernement, craignant qu'il ne vint ajouter encore aux maux de la Suède, crut devoir interrompre toutes les relations de la presqu'île Scandinave avec les pays voisins. Pour prévenir plus efficacement encore les attaques do cette cruelle épidémie, des sociétés de tempérance furent établies; leur but était de mettre un terme à l'abus des liqueurs fortes, cause de la plupart des maladies qui régnent chez les Scandinaves, comme aussi des crimes, assez rares d'ailleurs, que les lois ont à y punir.

L'année 1832 fut signalée par une conspiration des barons de Vegesack et de Duben, qui rêvaient encore le rétablissement de l'ancienne famille royale. Des lettres adressées au prince Gustave à Vienne furent interceptées.

Les deux coupables, accusés de haute trahison, furent exilés Tannée suivante, et compris deux ans plus tard dans l'amnistie dont nous aurons bientôt occasion de parier.

Le choléra, qu'on était parvenu à éviter en 1831, envahit la Suède en 1834, et exerça de terribles ravages.

Le prince royal donna dans cette circonstance des' preuves de courage et de dévouement qui auraient accru 1 amour du peuple pour lui , s'il eût été possible d'ajouter aux sentiments des Suédois pour le fils de Charles XIV.

Le fléau qui affligeait la Suède n'était pas encore entièrement éteint, quand le roi , profitant de l'anniversaire de son élection, publia un décret d'amnistie qui aurait pu servir de modèle à plus d'un acte de ce genre.

« Appelé en 1810 par les suffrages « unanimes des quatre ordres du royau- « me, convoqués en diète pour élire «un successeur au trône, et double- « ment honoré par l'adoption du roi « Charles XIII, nous crûmes que oe « choix unanime du souverain et du « peuple nous imposait l'obligation de « l'accepter et d'y répondre, nous con- « fiant dans la continuation de la bonté «divine, dans la loyauté et dans la « fidélité de la nation suédoise, nous

SUÈDEU

«nous abandonnâmes sans réserve à « la tendresse du souverain qui daignait « nous nommer du nom de fils; nous « quittâmes les douceurs de la vie pri- « vée pour consacrer aux Suédois Je « reste des jours que la Providence « nous réservait.

« En mettant le pied sur le sol de la

« presqu'île Scandinave, nous reçûmes

« l'hommage des populations, des ma-

« gistrats et de l'armée. Nous n'avions

« formé d'autre vœu que celui d'era-

« bellir la vieillesse du roi et de réta-

« blir l'indépendance extérieure du

1 « royaume , premier appui de la liberté

« des peuples. La Providence a béni

« nos travaux et a couronné nos efforts.

i « La presqu'île Scandinave est indépen-

« dante de toute influence quelconque;

i a les citoyens ont continué de n'être

i « justiciables nue de la loi et des tribu-

i « nunaux qu'elle a créés. Malgré l'agi-

i « tation que laisse toujours dans les

i « esprits et souvent même dans les ac-

t « tions une secousse de l'ordre social

t « telle que la Suède venait dé la subir,

« la patrie n'a eu à regretter gue la sé-

i « paration de quelques individus, gui

«ont provoqué sur eux l'application

« de ces mêmes lois pour des délits po-

i « iitiques de lèse-majesté.

« Nous rappelant qu'à pareil jour, fl « y a vingt-quatre ans, nous abordâi «mes sur le rivage suédois, nous « avons cru devoir saisir l'occasion de « cet anniversaire pour remercier la « Providence de la diminution du fléau « cruel qui a ravagé différentes parties «des royaumes unis; nous profitons « encore de cette journée pour déclarer, «comme nous déclarons par la pré- « sente :

« 1° Que nous accordons une amnistie « pleine et entière à ceux qui , depuis « notre arrivée en Suède, ont été con- « damnés pour des délits politiques ou «de lèse-majesté;

« 2° Qu'en conséquence de l'article « précédent, ceux qui ont été condamnés « a l'exil pour causes susdites auront « la faculté de revenir en Suède, et y «jouiront de la plénitude des droits « qu; leur étaient aoquis avant leur ju- « gement;

« 3° Celui çu ceux 'qui se trouvent « détenus par suite de sentences j>or- «tées contre eux seront immédiate* « ment mis en liberté.

« En foi de quoi nous avons signé la « présente de notre main , et y avons « fait apposer notre sceau royal. Donné « au château de Stockholm, le 20 oc- « tobre 1S34. »

Au mois d'août de l'année suivante, Charles XIV fit un voyage en Norwége où il fut accueilli avec des transports d'amour et d'enthousiasme , non moins vifs qu'à l'époque de son couronnement. Cette réception si affectueuse et si empressée, ces preuves si unanimes de la confiance et de la reconnaissance des Norwégiens, devaient porter à croire que les sages représentations de Charles XIV, et la décision prise par le storthing de 1828, avaient produit un effet salutaire ; elles permettaient d'espérer que les vues paternelles du roi ne rencontreraient plus d'obstacles dans ce royaume, et que désormais il n'y serait plus question de cette fête du 17 mai, qui réveillait de si tristes et de si funestes souvenirs. Cependant le roi apprit que dans le sein même du storthing assemblé en 1836, on n'avait pas craint de rappeler cette époque désastreuse. Et cependant, depuis le pacte d'union du 4 novembre 1814, la Norwége devait à la sage administration de Charles XIV des avantages que tous les bons esprits savaient apprécier : les dettes de l'État s'étaient éteintes dans une heureuse progression , les ressources du pays s'étaient étendues et consolidées par suite de la confiance accordée aux institutions politiques. Cet oubli coupable des bienfaits d'un gouvernement uniquement occupé, depuis vingt-deux, ans a consolider l'édifice de la nationalité norwégienne, cet acte d'ingratitude si peu mérité, joint à d'autres causes de mécontentement, déterminèrent le roi à dissoudre le storthing par une résolution en date du 2 juillet 1836. Avant de recourir à cette mesure, autorisée sans doute par la constitution, mais oui répugnait à ses principes, il avait, dans plusieurs lettres, représenté au

I/UNIVERS-

conseiller d'État Collett , président du gouvernement royal de Norwége, les graves inconvénients de la conduite inconstitutionnelle du storthing. A ce prince qui , loin de. gêner en rien les prérogatives des assemblées délibérantes, laissait les diètes se prolonger au delà du terme prescrit, afin d'obtenir par la maturité des travaux législatifs toutes les garanties possibles do sagesse et de prudence, à ce prince, dis-je, il fallait des raisons bien ouïssantes pour se décider à un pareil acte de sévérité.

Le storthing réclama contre sa dissolution ; mais le roi persista avec fermeté dans la décision qu'il avait prise.

« Le roi n'est pas étonné de la dou- « leur qu'exprime le storthing , » disait Charles XIV dans son message du mois de juillet, « car cette assemblée « doit s'affliger de n'avoir pas profité « d'un intervalle de cinq mois pour ter- «miner les affaires les plus essen- « tielles , celles pour lesquelles ses mem- « bres avaient été convoqués et envoyés « par leurs concitoyens. Les faits prou- « vent que, bien que la loi fondamentale « n'accorde au storthing que trois mois « pour ses délibérations , il en a passé « cinq dans des discussions souvent « inutiles , au lieu de s'occuper de Pin- « térét présent du peuple norwégien , « de sa tranquillité et de sa prospérité « future.

« Les actes du storthing ont seuls « décidé le roi à le dissoudre; ces actes « sont des faits ; chaque citoyen peut « s'en convaincre.

« Le roi n'a pas expliqué tous ses « motifs : il en a de très-légitimes. Il « a trouvé chez quelques hommes l'in- « tention persévérante de rappeler une « époque où les deux pçupfes étaient « en armes l'un contre l'autre; époque « où leurs dissensions, si elles eussent « continué, auraient couvert de deuil * « les deux pays. Le roi a consulté le « pacte fondamental , et il a reconnu « que le paragraphe 10 lui commandait « de ne pas tarder à ordonner son « exécution. Il Ta fait. La loi est sou- « veraine pour tous, et c'est au roi a « la faire respecter. »

Dans le temps même où le roi dé-

ployait cette juste sévérité, il donnait a la Norvège de nouvelles preuves de sa sollicitude paternelle, en prenant les mesures les plus efficaces pour faire disparaître de ce pays les dernière traces d'un malaise dont la prolonption pouvait être, jusqu'à un cerUis point , attribuée , sinon à la malveillance Se certains esprits; du moins à leur égarement; il faisait créer des ateliers destinés à occuper les classes pauvres, et allouait des sommes considérante pour l'extinction de la mendicité.

« L'aperçu qui accompagne votre rapport du 5 juillet 1896, écrirait Charles XIV au président du conseil d'État, feit voir que, nonobstant la diminution de moitié des impôts décrétée en 1833, la caisse d'État possède le résidu considérable d'un million cent cinquante-trois mille «jt cent vingt-neuf species en argent, et de deux cent soixante-seize nulle huit cent quatre-vingt species en papier.

Ces ressources sont une preuve matérielle de la bonne administration du pays ; elles sont à la vérité la propriété de l'État; mais c'est le gouvernement qui les a menacées; w emploi sage et utile aux familles doit procurer du travail aux citoyens nécessiteux, en diminuant les charges des contribuables, et former une reserve en cas de besoin. »

Cependant le storthine, maigre sa dissolution , continuait à délibérer, persuadé que ses observations du 7 lui ea donnaient le droit. Et cependant les termes de la constitution étaient précis : « Le storthing, est-il dit au par* «graphe 80, restera assemblé aussi « longtemps qu'il le jugera nécessaire, « cependant pas au delà de frets «o»

« sans la permission du rcu » A»»

la dissolution prononcée après, ow* mois de prorogation consacrés a «s discussions inconstitutionnelles etai un acte légitime que le gouvernement

royal de Nbrwége aurait dû f^JJZ cuterimmédiatement.Leconsoldtw

n'en fit rien; il laissa le storthing W bérer après la notification qu il «"J reçue de la résolution royak, « ***

SUEDE

faiblesse amena d* autres empiétements.

L'assemblée décréta la réunion de l'odelsthmgC) pour examiner la conduite du conseil. Le roi qui, dans un pareil état de choses» pouvait recourir aux ▼oies de rigueur, ne se départit pas de sa modération; il écrivit au président Collett:

«Je demande à chacun des mem- « bres du conseil son opinion particu- « lière; qu'il dise si cette réunion de « l'odelstning doit être regardée comme « un acte que la passion a provoqué « dans l'intention d'inspirer ae l'effroi «aux conseillers de la couronne, ou « si cette mesure n'a été que l'effet du « moment, occasionné par l'irritation «d'une espérance déçue. »

' Recourir à ce moyen, c'était laisser au storthing le temps de persévérer dans sa résistance, à laquelle, on n'en pouvait plus douter, la malveillance n'était pas étrangère. L'odelstning traduisit le ministre d'Etat comte de Lowenskiold devant le rigs-ret, tribunal composé en grande partie des membres de rassemblée qui avaient réclamé contre la dissolution, ce qui constituait le storthing Juge dans sa propre cause.

Malgré cette illégalité flagrante, le roi se contenta d'ordonner a son conseil de Norwége d'examiner les changements qui, d'après un tel abus des attributions du ngs-ret, devaient être apportés dans les règlements de ce corps judiciaire, relativement à la responsabilité et à la publicité des votes. Il ordonna de plus au conseil d'examiner la loi sur la responsabilité des membres du storthing, du conseil d'État, du houste-rety et les articles de laloi fondamentale qui auraient besoin de plus de clarté, afin de mettre les conseillers d'État, les fonctionnaires publics et le peuple lui-même à l'abri

(*) Le storthing choisit un quart de ses membres pour former le kgtthinç, les trois autres quarts composent Yodebthmg, ce qui donne deux chambres ayant leurs président* et leurs secrétaires particuliers v mais qui, dans certaines drcdustances 9 se réuwasent et délibèrent ensemble.

de l'arbitraire. Quant à la question soulevée par l'ordonnance de dissolution, Charles XIV la renvoyait avec confiance à un storthing extraordinaire convoqué pour le mois d'octobre. Sans doute le roi ne se dissimulait pas que dans cette assemblée il aurait à traiter avec l'opposition qui venait de donner un si fâcheux exemple, mais il espérait aussi cnie les bons citoyens, les hommes sincèrement dévoués aux intérêts du pays, lui prêteraient un appui salutaire. Dans les instructions adressées, le 2 octobre, au rigstatholder, comte le Wedel-Jarlsberg, relativement à ouverturedu storthing extraordinaire, Charles XIV disait:

« Il faut que je sache moi-même si l'union est un vain mot ou si elle commande le respect qui lui est dû; si la bonne foi préside a nos transactions ou si je dois toujours y suspecter un sens caché; si, lorsque ie ne veux que le bien, on doit essayer de me

S river ainsi que la nation des moyens e l'exécuter, et si je dois léguer à mes descendants et aux deux royaumes deux peuples heureux , loyaux et tranquilles, avec des semences d'anarchie et de confusion, qui, étendant leurs racines, pourront se développer tout à coup au jour du danger, et menacer alors l'indépendance et les libertés communes. »

Le comte de Wedel-Jarlsberg , homme ferme et éclairé, sut imprimer une marche régulière au gouvernement royal de Norwége pendant la durée du storthing extraordinaire. L'assemblée elle-même délibéra avec calme et sagesse, et toutes lesdiflicultés qui avaient troublé un instant le repos de l'État furent entièrement aplanies. Charles XIV n'abusa point de cette victoire; il prouva qu il y avait encore un prince assez fort de ses loyales intentions pour ne oas profiter d'un succès ' politique (*).

La longanimité du roi, sa modération, sa prudence, son respect pour les lois, avaient présenté un contraste trop frappant avec les prétentions exa-

(*) Voyex plus haut p. 385.

L'UNIVERS

gérées et illégales de ses adversaires, pour ne pas convaincre tous les esprits que ces dissentiments devaient être surtout attribués à la malveillance d'un petit nombre d'esprits inquiets.

a Loin de m'opnoser à des demandes « fondées sur la justice et l'équité, » disait Charles XIv au comte de Wedel- Jarlsberg, par son message du 23 février 1837, « on me trouvera toujours «fidèle observateur du pacte fonda- « mental , mais en même temps résolu « à repousser le3 funestes internréta- «tions. De vaines paroles, débitées « à la tribune , ne peuvent pas faire «disparaître les faits; calme et pros- « périté depuis vingt-deux ans, liberté « plus étendue que celle des sauvages « de l'Amérique, industrie croissante, « finances rétablies et marchant vers la «perfection des calculs, cessation de « l'impôt foncier pendant les trois an- « nées de budget, voilà les résultats « obtenus. Et que peut-on vouloir en « Norwége? que désire- t-on de plus?

« Que l'on s'explique, et je répondrai « la loi à la main, la justice dans l'âme, « l'affection dans le cœur. »

Ces prétentions si vagues, que Charles XIV ne pouvait comprendre, se sont dévoilées tout récemment.

Vers le commencement d'avril , une association de jeunes littérateurs annonça la publication d'une feuille hebdomadaire intitulée Nordiste Ugeskrifi (Union du Nord), ayant pour objet de rapprocher les opinions en Suède, en Danemark et en ïforwége, sous le prétexte d'une communauté d'origine et d'intérêts, afin de diriger ainsi les idées vers un renouvellement de l'ancienne union, dite de Calmar.

Une gazette de province suédoise ayant reproduit cette annonce d'une manière qui pouvait faire croire qu'elle • cherchait à propager en Suède un semblable projet, le roi se fit présenter le numéro qui contenait cette sorte de manifeste, et l'ayant lu avec le sourire sur les lèvres, il dit, en le posant tranquillement sur une table : « Quant aux «États Scandinaves, je m'en rapporte

« à la raison publique pour répondre « à de pareilles rêveries. »

Voulant éviter néanmoins qu'on p& élever auelques doutes sur nés infestions, il dicta les considérations suivantes, qu'il fit transmettre à ses agents diplomatiques et aux autorité de l'intérieur, pour qu'ils les fissent connaître dans le cas où l'on réussiras h donner quelque consistance à de tels projets:

« Les principes qui règlent la politique de Sa Majesté ne datent pas d'hier. Ce qu'eue était en 1814, eUe Fêtait en 1SS0, elle l'est encore aujourd'hui. Ses antécédents forment aussi son avenir et la garantie de a fixité; car elle s'appuie, avant tout, sur le respect mutuel de ses droits et de ceux d'autrui : c'est là le secret de ses maximes, sa base et stf conduite

Sremière. Elle n'ignore pas les soures menées qui s'agitent en Europe de près ou de loin, cherchant parteat à réchauffer, dans un but subversif, des animosités éteintes, qu'un esprit de vertige peut seul évoquer du néant Elle en déplore les tentatives chez ta autres; mais, dans la sphère de sa propre action , elle saura les réprimer de quelque côté qu'elles se présentent et quels que soient les souvenirs qti'on veut remuer, qu'ils soient empruntés à un temps reculé ou à une époque plus récente que cette union de Calmar, de mémoire si douloureuse pour la Suède. La Providence en a reconstruit les éléments dans les seules dimensions que réclamaient impérieusement la position géographique et les intérêts politiques de la Scandinavie. D'accord avec eux, b sainteté des traités et un pacte bilatéral ont tracé aux deux royaumes unis les limites qui doivent leur assurer le bonheur et la tranquillité an dedans, la paix et l'indépendance an dehors. Une autre combinaison quelconque n'est plus ni dans leurs vceux , ni dans leurs intérêts. Conserver intact ce qui existe, repousser avec autant d'énergie que de mépris toute insinuation d'un bouleversement des idées at des choses , maintenir l'ordre

SUÈDE

« et te repos publie, augmente* bar dt

« sages institutions la prospérité inté- « Heure de ses États, cultiver l'amitié « de ses voisins et alliés, et leur offrir « au besoin ses bons offices dans Fin- « térét de la paix générale, voilà la,. « sollicitude constante du roi, son an> « bit ion, et le but de ses efforts. Gui- « dée par ses principes, heureuse de « les avoir plus d'une fois mis en pra- « tique non sans succès, Sa Maiesté « ne peut donc que désapprouver hau- « tement les velléités irréfléchies qui « tendraient à altérer Tordre de choses « actuel dans les trois royaumes du « Nord. Elle désire que ses sentiments « là-dessus soient aussi clairement com- « pris qu'ils sont sincèrement expri- « mes. »

Certes, il était impossible de donner une improbation plus complète, ni mieux motivée, à un projet inexécutable dans la situation actuelle de l'Europe , à un projet où l'on ne tient aucun compte de l'intérêt que peuvent avoir les Etats maritimes , et notamment la Russie et la Prusse à ce que les deux côtés du Sund n'appartiennent pas à la même puissance.

La Suède estcontentedeson sort, car jamais aucune époque de son existence politique n'a été plus glorieuse ni plus prospère. Libre, régie par de sages lois, voyant chaque jour s'améliorer son agriculture, son industrie, son commerce; en paix avec tous les États de l'Europe, estimée, respectée, par eux, elle n'a d'autres souhaits à former que de conserver à jamais l'heureuse position qu'elle doit à la sagesse et aux talents de son roi. Elle la conservera: elle sait tout ce qu'elle peut attendre, quand le ciel lui enlèvera ce roi bienaimé, des lumières d'un prince, sué* dois par l'éducation et par le cœur.

Le même bonheur est réservé à la Norwége, et, pour en jouir, il ne lui manque rien que de mieux comprendre ce qu'elle doit à Charles XIV.

Qu'elle compare ce qu'elle était en 1814, et ce qu'elle est aujourd'hui.

L'état florissant de son commerce et de ses revenus, l'accroissement de sa population, ses impôts diminués de?

deux tiers, sont antant de bienfaits du souverain auquel elle doit son indépendance. Elle ne peut l'oublier sans ingratitude, et sans compromettre son avenir, inséparable désormais de celui d'une nation avec laquelle elle ne doit plus former qu'une même famille.

Au moment où j'écris ces lignes, Charles XIV est dans sa soixante-quatorzième année; mais sa verte vieillesse permet à la Suède de fonder encore ne longues espérances sur cette vie qui lui est si cnère.

Encore quelques mots, non plus sur le Suédois, mais sur le Français ; car si le devoir a imposé à Charles XIV de pénibles sacrifices, jamais par le cœur il n'a cessé d'être notre compatriote* Quiconque auraétudiéavec impartialité cette vie restée si pure, malgré tarft de vicissitudes, aimera à reconnaître que le dévouement de Charles XIV pour la Suède, sa seconde patrie, ne lui a jamais fait oublier la France , pour laquelle il a combattu trente ans, et qui doit être fîère de le compter au nombre de ses plus illustres enfants. Les secours prodigués par le prince roval aux prisonniers français après les batailles de Gross-Beeren , de Dennewitz et de Leipzig; le renvoi furtif de plusieurs officiers de marque tombés au pouvoir des alliés dans les journées des 16, 18 et 19 octobre 1813; son attitude pendant la campagne 1814; la neutralité dangereuse à laquelle il se réduisit pour ne pas pénétrer les armes à la main sur le sol de son ancienne patrie; le refus non moins dangereux de prendre part à la coalition après le retour de Napoléon en 1815; le généreux asile qu'il offrit à plusieurs proscrits pendant les réactions qui signalèrent en France les derniers mois de 1815 et le commencement de 18 J6(*);

(*) Voici quelques passages de Ta lettre qu'il écrivit en i8rô au maréchal Grouchy, proscrit et sans asile: «Personne n'a pris « une part plus vive nue moi aux malheurs

« qui vous ont accable Si les déraar-

« cnes que je me propose de faire pour vous « auprès du gouvernement français étaient - infructueuses, nous tâcherions de trouver

ttt

I/UNIVEIIS.

d'un oubli en ce genre. I/infattntica de la royauté, qui avait aveuglé œ homme au génie de Napoléon , pavait me faire craindre la même feblesse dans son ancien compagnes d'armes. Il n'en ait rien, et je n*e> tendis pas sans émotion sortir d'œe bouche royale ces mémorables parties : Moi , républicain, sur le trtml*

la libéralité pleine de délicatesse arec laquelle, devenu roi, il dota, en 1818, la nlle d'un ancien frère d'armes ; l'accueil paternel qu'il fit quelques années plus tard aux fils de Ney, admis, par une honorable exception, dans les rangs de l'armée suédoise-, son empressement à reconnaître les résultats de la révolution de 1830; enfin la cordialité avec laquelle il reçoit nos voyageurs ; tout prouve que Charles XIV n'a jamais oublié son ancienne patrie, et qu'il s'estime heureux de pouvoir concilier l'amour qu'il lui porte avec ses droits de souverain.

Cette impression que laisse l'étude de sa vie politique est aussi celle

Su'éprouve quiconque est admis auprès e lui. Cest celle qu'a rapportée de Suède un voyageur dont le caractère est aussi estimable que le talent, et dont les lecteurs de ce livre aimeront sans doute à retrouver ici le témoignage. « Avant de quitter Stockholm, dit M. J. J. Ampère dans ses Esquisses du Nord^ j'eus l'honneur d'être appelé auprès de Leurs Majestés le roi et la reine , faveur une Charles- Jean se plaît à accorder a ses compatriotes. C'était ma première entrevue avec une tête couronnée ; je craignais qu'elle ne se passât en questions indifférentes de la part du monarque, et de la mienne en réponses insignifiantes. Au lieu de cela Ïeus le plaisir d'entendre, pendant une eure,le roi s'expliquer avec une grande supériorité d'esprit et une grande noblesse de sentiments sur la révolution et la France , sur lui-même , sur sa destinée et sa politique. Je voyais avec orgueil le seul représentant de la gloire française resté sur un trône d'Europe, se plaire au souvenir de l'époque où il était l'un des généraux de la république. Je ne saurais dire quelle peine m'aurait causée l'ombre

des deux classifications, j'indique entre nt- « quelque autre moyen pour vous procurer renthèses le numéro donné aux paragraphe* « en Suède une existence honorable. Dans dans Tordre officiel. Pour le texte, j'ai suiii

Page 1