slripp
SO 3i/a.
Rixd.
jmnj*ACTUftBS«
La Suède a peu de manufactures, car l'industrie y est dans l'enfonce, et, malgré les encouragements du gouvernement, elle restera sans doute longtemps encore dans cet état. D'antiques lois somptuaires , des habitudes invétérées de simplicité et d'économie , la coutume des habitants des campagnes de fabriquer eux-mêmes tout ce qui leur est nécessaire, le préjugé enfin qui dirige les capitaux plutôt vers l'exploitation des mines et l'agriculture, enfin les privilèges des corporations , s'opposent invinciblement aux progrès des arts industriels. Tous les états , depuis la plus humble profession jusqu'à la plus relevée, sont organisés en corporations, qui, en étouffant la concurrence, arrêtent les progrès de l'industrie; il faut, pour être apprenti , pour être compagnon, un temps déterminé, que ni rage ni l'aptitude du sujet ne peuvent faire varier. Cependant cette institution du moyen âge commence à être attaquée ; l'on a établi
à Stockholm un institut technologique, d'où les enfants sortent compagnons après avoir subi un examen prealable.
Le roi peut aussi accorder des brevets pour des marchands qui se disent attachés à la cour, et qui restent en dehon des corporations; mais ces exceptions sont bien rares; aussi pense»t-on à une réforme radicale qui supprimerait toutes les maîtrises et corporations.
Tous les esprits sages et éclairés do pays commencent à sentir les inconvénients de ce système qui arrête l'essor de l'industrie nationale, et empêche les manufacturiers étrangers de s'établir dans le pays.
Du reste, pour être juste, il faut dire que la Suède a trop peu de matières premières, à l'exception de ses fers , pour alimenter un grand nombre de manufactures; cependant le chiffre des personnes employées aux manufactures s'est élevé, de 8,676 qu'il était en 1771, à 9,283 en 1825, à 11,887 en 1830, et à 12,143 en 1831.
En 1771 , il n'y avait dans tonte la Suède que 835 fabriques; on en comp-
SUÈDE
faiti en 1831, 1,8*4. L'Angleterre, •ans y comprendre l'Irlande et l'Ecosse, comptait, en 1830, 7,332,766 individus employés au commerce et aux manufactures, sur une population de 16,000,000. En France, cette classe peut s'élever à 5,000,000; en Suède, elle ne dépasse pas 42,560 personnes.
Ajoutons encore que le capital industriel, qui, depuis vingt-cinq ans, a doublé en France et quadruple en Angleterre, est resté en Suède à peu près stationnaire.
La branche la phis importante de l'industrie manufacturière de la Suède est la fabrication des tissus de laine; Alingsos, Nykôping, Stockholm et surtout Norkoping, en fabriquent pour une valeur de2,594,000 rixdales banco.
Cette fabrication, si faible encore, n'a pu cependant s'établir qu'à l'aide de fortes primes de quinze pour cent pour les exportations en Europe , et de vingt' pour cent pour les draps vendus dans les autres parties du monde; en même temps, tous les draps étrangers ont été frappés d'une prohibition absolue.
; Mais la contrebande, qui est la justice i du pauvre, et qui souvent balance les i erreurs des économistes, introduit en
S-ande quantité les draps français, ès-recherchés à cause de la qualité i et de la durée, et même des draps i anglais, quoique l'on sache qu'il entre dans leur fabrication un quart et quelquefois un tiers de coton.
La raffinerie de sucre tient le second rang dans l'industrie suédoise.
Il y a dans le royaume 23 raffineries
aui occupent 315 ouvriers; leurs prouits, qui sont de 1,813,000 rixdales, ne peuvent encore subvenir qu'à la moitié des besoins. Les importations de sucre , qui n'étaient , en 1 824 , que de. 1,314,000 rixdales, se sont élevées, en " 1831 , à 1 ,813,000 rixdales.
La fabrication du tabac, faite dans
77 manufititares, par 6*6 ouvriers, a été, en 1831, de 817,000 rixdales.
L'importation est à peu près épie à cette valeur.
Le coton qui , devenu depuis soixantedix ans d'un usage général, a fait si grand tort à l'agriculture européenne, n'occupait en 1831, concurremment avec le lin, pour sa fabrication, que 658 ouvriers, répartis dans 42 établissements. Les achats de coton ne dépassent pas annuellement 800,006 livres. On sait que l'Europe en achète chaque année pour environ 200 millions, sans compter 50,000 balles de mousselines et autres tissus de coton.
On compte 42 fabriques de soie et 951 ouvriers, dont les produits s'élèvent à environ 620,000 rixdales.
Les papeteries, au nombre de 90, et occupant 1,338 ouvriers, sont restées bien en arrière des perfectionnements que cette branche d'industrie a reçus en Europe. Les papiers d'impression surtout sont de la plus détestable qualité. Cependant les fabricants vie»
nent de s'apercevoir de la distance oui séparait leurs produits de ceux de plu» sieurs autres contrées européennes t ils ont fait récemment des améliora* tions notables dans leurs établissements, et l'un d'eux vient même d'ét* blir des mécaniques anglaises.
La fabrication des cuirs à la ma* nière anglaise , et celle des toiles à voiles pour la marine et à tentes pour l'armée ont fait de grands progrès*
Il y a pour toute la Suède deux fabriques de porcelaines , l'une à Rœrstrand, l'autre à Gustaftberg.. Leurs produits n'excèdent pas 161,000 rixdales. Néanmoinsces deux établissements tendent à. prendre plus d'accroissement. Au reste, l'industrie suédoise est si peu compliquée , qu'il n'y a dans tout le royaume qu'un seul lamppte et un fondeur en cuivre.
«* . LTJ HIVERS.
nflMBSTBÏB MAlTOFACnniltftB.
Fabriques.
Fibriques*
Ouvriers
Brodait».
Onvrieo
Produit*.
fthotofsctufe» de lia et ootoa ....
— do rebans ,...
— • de draps....
r-. de toile* à Toiles... .
*— da soie.
FHatajcs de «çta
Potariat
Imprimeries d'étoffes da ootoa...
Tohrtareries
Ifeeanlqnes at snacbiaes
Tanneries «t oarrotric*.. ,,,,,..
Fabriques d'Imités
Papeteries .,«..,.
Fabriques da porceUlnes
— da parfumerie*. ......
— da savon.. ....... ...
JMtâneriat de sucry. , , ,
Fabriques d'ornements an nterbre.
— - de-tabac,
««i da bougies.,, ,.
— da vinaigre. .........
>— di porter.......
— * dJtefses.
Total
AGRICULTUEB.
ne semblait point destinée à devenir un ' pays agricole ; aussi a-t-elle été pendant La Suède, avec ses lacs et ses mon- des siècles désolée par des famines tagnes, son sol pierreux et granitique, qui revenaient à des périodes rappro-
SÇ.fcÇ?/
chées. ïf agnère encore , die était tributaîrè de l'étranger pour Papprovîsîon* neraent de ses marchés de grains; mais aujourd'hui, grâce aux encouragemcnts (J14 gouvernement , la Suède peut porter au dehors Pexcédant de ses récoltes. Il faut dire aussi que les sept neuvièmes de la population se livrent aux travaux agricoles, puisque, sur 2,871,000 habitants, la Suède compte 2,067,000 paysans, plus un nombre considérable de propriétaires cultivateurs qui appartiennent aux autres classes.
Ce qui a favorisé surtout les progrès de l'agriculture suédoise , c'est le nombre de ses troupeaux; elle a compris que le sol le plus rebelle ne pouvait résister à un bon système d'engrais et de fumures, et crue les productions végétales devaient être en rapport avec l'abondance des productions animales. La Suède possède 400,000 chevaux,
1,900,000' bœuft, taches on veaux, 1,563,000 moutons, 600,000 porcs, 170,000 chèvres (*). Les chevaux et les bœufs de la Scanje sont plus grands et plus forts que dans le reste pu roya* me; mais c'est dans lé Vermetend et la Dalécarlie que se trouvent les plus & ches pâturages. Malheureusement les moutons sont de la plus chétive es* pèce, malgré les efforts des proprié* taires pour améliorer leur race par des croisements avec des moutons do France, d'Angleterre et d'Espagne.
C'est un mal auquel le temps seul et des efforts soutenus pourront remédier,' En Angleterre, sur cent acres dé terre, il y en a quatre-vingts en prairies] et vinçt en blé. Cest à peu près lu contraire en France. En Suède, l'étendue des prairies est au moins donbledo celle des terres de labour. Le tableau suivant donne une idée du produit des terres.