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polaire; mais en général les grains ont moins de parties nutritives, et se conservent moins bien que dans le midi de l'Europe.
Depuis 1809 , tout Suédois a le droit d'acquérir des terres nobles. Les terres sont rarement affermées à prix d'argent, si oe n'est dans les provinces les plus riches. Dans les baux ordinaires, on convient de partager les récoltes, ou bien encore le propriétaire abandonne quelques pièces de terre à une famille, qui travaille certains jours de la semaine sur» le domaine principal. Pour être électeur dans l'ordre des paysans, il faut être propriétaire de terres que l'on a acquises ou dont on a hérité, et que l'on peut transmettre à ses enfants.
Le prix des salaires pour l'agriculture varie de seize à vingt-quatre schillings; dans le Borland et fa Laponie, il s'élève jusqu'à trente-deux.
On compte en Suède 9*3,000 propriétés partagées entre 322,000 families; la France en a 10,414,000 appartenant à 4,805,000 contribuables. La même proportion existe donc à peu près dans les deux pays.
Tout le sol de la Suède contient 66,265 hemmans, dont 50,000 appartiennent à des particuliers ; 4,045 sont affectés à l'armée, 359 à la couronne et au roi, 374 aux académies et aux universités, et 27 aux hôpitaux et aux divers établissements publics. Un hemman est une portion de terre d'une étendue indéterminée, de dix-neuf milles carrés environ, qui contient des lacs, des bois, des terres en friche et des terres labourées. Cette division du sol remonte, dit-on, à Sténon Sture; peut-être faut- il la rapporter aux Goths. C'étaient des terres du domaine royal , dont les paysans n'étaient que les fermiers. En 1723, Charles XI décida qu*èn payant six années du revenu ils deviendraient propriétaires.
En Suède comme en France, la loi autorise le partage des héritages. Cependant, pour prévenir la misère, elle interdit le partage des lots qui ne peuvent suffire qu'aax besoins d'une famille de trois personnes valides, et ne
peuvent nourrir qu'un cheval, nu paire de bœufs, trois ou quatre vaches, et cinq ou six moutons ou chèvres. Les lots de cette espèce sont de neuf à quinze tunnlands. Mais la loi «t souvent éludée, et grâce à la permission spécialement accordée par Charles XI à la Dalécarlie, cette province compte un nombre immense de pws vres. Ainsi la propriété de Westaner, de soixante arpents d'étendue, est divisée en plus de trois cents lots ; il y a tel lot qui se vend pour deux ou tnà rixdales.
La culture du tabac est pratiquée ci grand dans les environs de Stockholm.
Après la Hollande, les provinces è.
nord de la Suède sont peut-être celles qui fabriquent la plus belle toile de lia; mais le chanvre est peu abondant:
quelques cantons cultivent aussi h garance et le pastel.
Sur une surface de 3,800,000 tunnlands carrés, la Suède, suivant M. Da* mont, en contient 2,200,000 de forêts.
qui recèlent peu de gibier à poil, mai; une immense quantité de gibier à pleines; les animaux sauvages sont k loup, le renard , le glouton, Tours dans le nord et au centre, avec l'élan, k lynx, la martre et l'hermine.
HORTICULTUAB.
Le baron de Sprengporten , gouverneur de Stockholm et président de la Société d'horticulture, a établi les faits suivants dans son compte rendu de 1833. Le jardin de la Société possède dans la principale pépinière douze cents pieds d'arbres fruitiers, une grande quantité de plantes tinctoriales et culinaires; parmi les tubercules et les plantes légumineuses, on compte dans les jardins quarante-neuf espèces de pommes de terre; les serres renferment trois cents espèces de fleurs rares. Les jardins de l'Académie des sciences de Stockholm possèdent vingt mille pieds d'arbres à fruits, et dix mille arbres pour parcs et allées. Dans les jardins du vice-président de la Société, certains arbres des tropiques croissent en plein vent. Dans la séance de la Société du mois d'octobre 1833,
SUÈDE
on toi présenta de superbes ananas venus dans les serres du château royal de Finspong, et une espèce de seigle de France d une telle fécondité, qu'un seul erain produit seize à vingt tiges, et
Sue chaque épi ade soixante a soixanteix grains; enfin le vice-président fixa l'attention sur le dahlia ou georgina, dont il présenta des racines cuites a l'eau, et qui peuvent prendre place parmi les végétaux alimentaires.
Les forêts de la Suède produisent naturellement et en très-grande quantité des noisettes, fraises, framboises, le myrtille rouge et noir, le rubus arctiens y qui croît sur les confins de la Laponie, et dont on fait à Stockholm des confitures très-estimées. Le groseillier est comme la vigne du Nord; on le rencontre partout, et il semble se plaire dans les lieux les plus agrestes.
Le noyer et le cerisier portent des fruits jusqu'à Stockholm ; le raisin, la pèche et l'abricot, ne viennent pas hors des serres en Scanie. La Normandie exporte pour la Suède une grande quantité de pommes. Le tonneau de onze cents pommes se vend de trentesix à soixante fr. Les châtaignes sont considérées du peuple comme un objet de curiosité plutôt que comme un aliment. Si les fruits sont rares, les légumes sont nombreux, et d'excellente qualité pour la plupart.
Le prix vénal des denrées a d'ailleurs éprouvé en Suède la même progression que dans le reste de l'Europe.
On a remarqué que presque toutes les denrées alimentaires et de consommation ont subi, dans nne période de vingt-cinq ans, une augmentation du tiers de leur valeur, ce qui en triple le prix tous les cent ans. Cette augmentation est la suite naturelle de l'accroissement du travail et de la population.
ARMER DE TERRE ET DB MER (*)• OOMFOêlTIOX DX l'aIMEX,
L'armée de terre suédoise se com-
(*) Tont ecl article est extrait du Yoyage de M. Daumont, t II, p. 72 et suiv.
pose de trois parties distinctes, savoir :
1* Varmée Uidelta, composée de régiments dont les soldats sont entretenus par les propriétaires de certaines terres , et les officiers par divers domaines qui leur sont attribués ;
3° La vœrfbade, troupes permanentes et soldées , recrutées par des enrôlements volontaires;
3* La bevœring, espèce de conscription ou de landwehr.
On fait encore figurer dans l'armée le corps de milice de Stockholm (ôorgerskap), dont les cadres sont permanents , mais qui ne se réunit que dans de rares occasions ; elle se compose de toute la bourgeoisie de la capitale en état de porter les armes.
1° Armée indelta.— L'organisation curieuse et unique en Europe de cette armée, est digne d'exciter un vif intérêt; mais, pour la bien comprendre* il faut aller en chercher l'origine dans l'histoire nationale.
Les documents historiques les plus anciens de la Suède nous montrent les propriétaires de terres se réunissant à l'appel des souverains pour voter la loi et l'impôt; mais aussi tous étaient obligés de suivre le prince à l'armée, et d'y conduire un nombre de combattants proportionné à l'étendue de leurs possessions. L'usage des armes a feu n'étant pas encore connu , la cavale- . rie , qui décidait du sort des batailles, constitua la force des armées ; et les souverains, intéressés à en accroître la masse, cherchèrent à y attirer le
Elus grand nombre possible de comattants, par les honneurs , les distinctions qu'ils accordèrent aux propriétaires riches qui servaient à cheval :
de là, l'institution de la chevalerie.
Les terres des cavaliers obtinrent des exemptions , et leurs personnes furent anoblies : on les appela frselsé (exemptées), tandis que celles des paysans, qui composaient la plebs des armées , turent désignées sous le nom tfqfrxUè ( non exemptées).
Telle fqt l'origine des deux ordres, des nobles et des paysans propriétaires; et l'on voit que les uns et les
'*ft
L'UMV^RS.
autres siégeaient aut mêmes titres dans les diètes , soit personnellement, soit jpar leurs délègues* . Ainsi , d'après le droit antique et fondamental , le souverain pouvait appeler toute la population à la défense de la patrie. La cavalerie se composait des nobles et des hommes qu'ils conduisaient à leur suite; l'inranterie se formait par utskrifning, espèce de conscription dont les paysans déterminaient entre eux arbitrairement la répartition.
^ C'est ainsi que Charles XI trouva .les choses établies , à cela près que , pendant les guerres de Gustave- Adolphe et de Charles X , il avait été formé , sur le modèle des autres États de ,1'Eiirope, un certain nombre de régiîncnts soldés et entretenus par la cou- .ronne.
% Or, Charles XI était un grand administrateur ; c'était plus : c'était un génie vaste et ferme.
Après avoir fait la guerre avec succès , et obtenu des titres à la gloire , ce prince habile comprit que les ressources de la Suède étaient insuffisantes pour subvenir à l'entretien d'une armée permanente, assez nombreuse .pour la défense d'un vaste territoire et de possessions éloignées. Il loi fallut créer des moyens financiers pour .constituer une force armée imposante, et il les trouva dans cette mesure que l'Histoire de Suède appelle la Réduction, de 1680 (*), et que la plupart de .nos écrivains français ont designée .inexactement sous le nom de dévolution de 1680. Le nom importe peu ; .mais ce fut un événement dont les résultats ont eu la plus grande influence sur les destinées de la Suède.
A la mort de Charles IX , le domaine de la couronne était devenu immense, .par suite d'héritages et de biens qui rIui étaient revenus par les déshérences. ' Les successeurs de ce prince alié-.
.nèrent considérablement ce domaine en faveur de la haute noblesse ; souvent ces investitures devinrent la ré- .wmpense des services les plus écta-
(*) Voyez plus haut p. 17 5.
tants, comme celles que le grand Gustave accorda à ses célèbres généraux ; souvent aussi la faveur de la coor en disposa , et la reine Christine es avait comblé ses favoris.
^Déia, sous le règne de Charles X, cet objet avait préoccupé les esprits.
Il avait été question , à plusieurs reprises, de revenir sur ces énormes abus ; et il y eut même des commencements d'exécution , nue , cependant, les intrigues et le crédit des parties intéressées parvinrent à faire échouer.
11 était réservé à Charles XI d'accomplir cette œuvre importante. Agissant avec l'énergie et la ténacité ëe volonté qui le caractérisaient , il institua la fameuse commission , espèce de chambre ardente, qui, soutenue vigoureusement par le souverain y procéda avec une vigueur inexorable a b révision de tous les titres de propriété, et fit impitoyablement rentrer au domaine de la couronne tous les biens qui en avaient été illégalement aliénés.
Le roi se trouva alors avoir à sa disposition une masse considérable de propriétés , et il mit ses plans à exécution. Une portion de ces biens retourna au domaine de la couronne; une autre fut consacrée à la dotation du clergé, des universités, des écoles et de la magistrature territoriale , composée déjuges nommés lagman ethœradshaefdmg ; une partie fut affectée à divers services publics , tels que le transport des malles de la poste aux lettres et la conduite des prisonniers:
quelques belles propriétés furent converties en haras , comme Strœmshoim et Flyinçe ; mais la plus grande partie de ces biens fut affectée a l'armée de terre et de mer; non pas cependant à l'entretien des soldats ? qui demeura réglé comme par le passé et àia charçe du pays, mais à constituer des traitements fixes et suffisants pour Fétatmajor général et pour les officiers et sous-officiers des divers corps de l'armée.
Voici l'organisation qui résulta des ordonnances de ce souverain :
Les régiments soldés , appelés régiments de garnison (vœrjvack), &-
SUEDE
auparavant, savoir: des gardes, dis l'artillerie de terre et de mer, et de quelques régiments d'infanterie.
Parmi les domaines dont l'État venaît de reprendre possession , et qui furent affectés au service de l'armée , l'on réserva diverses terres plus ou moins étendues pour les efflciers généraux, supérieurs, subalternes, et même pour les sous-officiers : ce sont les bostœlbm: ce mot, traduit littéralement, signifie lieu de demeure. La jouissance ou l'usufruit de ces domaines compose le traitement des officiers et des sous-officiers ; et , à partir de la modeste métairie du sergent, ces habitations augmentent en importance et en valeur jusqu'au superbe château du colonel et du général.
Un bostelle est donc un domaine plus ou moins considérable, selon les grades des titulaires; il est accordé par le gouvernementaux officiers pour leur tenir lieu de solde i naguère ils devaient les faire valoir eux-mêmes Bans pouvoir les affermer ; mats cette disposition de la loi , contre laquelle il s'était depuis longtemps élevé de nombreuses réclamations, a été abrogée en 1830. Les bostelles des officiers subalternes et des sous-officiers sont affermés par les soins de l'administration de la guerre; les autres sont, à volonté, affermés ou exploités par les titulaires.
Le bostelle d'un général-major (maréchal de camp) doit produire un revenu annuel de 8 à 10,000 fr. ; celui d'un colonel , 5 à 6,000 fr. ; celui d'un major, 3,000 fr., et ainsi de suite. Les Officiers titulaires de bostelles jouissent , en outre, d'un petit traitement en espèces.
Quant aux troupes, l'obligation imposée au pays de fournir les soldats de l'infanterie de campagne et les matelots, subsista ainsi qu'elle était déjà établie; mais cette institution fut régularisée. Les provinces du royaume fufcent subdivisées en petites circonscriptions nommées rote, qui forment, Selon les circonstances, l'étendue d'une ' seule propriété ou de plusieurs proprié-
tés réunies* Le titte doit cdftsècrér une portion de terrain à la formation d'un petit domaine suffisant pour l'existence d'un simple soldat et de sa famille. Ces domaines , que Ton confond avec les bostelles , et qui ont là même destination , sont désignés sous le nom de soidattorp.
Un torp se compose (Tune chaumière pourvue d'instruments aratoires , d'un jardin, et de quelques arpents de champs , de prairies et de bois.
Le rote doit , en outre , fournir au sol* ilat le petit uniforme qui est renouvelé tous les deux ans ; mais le grand uniforme et le surplus de l'équipement et l'armemement sont au compte du gouvernement. Le rote doit assister son soldat dans l'ensemencement et la ré* eolte du champ qui forme son enclos $ et , en cas d'insuffisance des produits, il doit y suppléer par une rente eh blé , laquelle est déterminée, ainsi que les services que le soldat peut exiger du rote, par le contrat d'engagement.
Le voyageur qui pareourt la Suède aperçoit souvent sur sa route de petites maisons d'une apparence agréable , et entourées de cultures ; on y remarque, sur le mur, une inscription d'environ deux pieds carrés, peinte en lettres noires, sur un fond Diane ou Jaune ; elle indique le numéro de contrôle du soldat établi sur le torp. Cette inscription est conçue à peu près de ht manière suivante :
Régiment de Compagnie de
Le soldat indelta sert aussi longtemps qu'il est valide ; il réside sur son torp; il le cultive comme il l'entend, «t les produits qull en retire lui tiennent lieu de solde, et suffisent pour faire exister sa famille, s'il se maris. Lorsqu'il est réformé, le rote prend ordinairement soin de lui et «le ses enfants. A sa mort, le torp passée**
L'UNIVERS
.autre soldai , choisi par U propriétaire du domaine, qui lui paye ordinairement un engagement de 20 à 60 fr. ; mais , lorsque les terres sont très-fertiJes , il s'établit une grande concurrence entre les prétendants, qui alors ne reçoivent pas df engagement.
Le rote ne peut exiger aucun travail du soldat qu'au moyen d'une rétribution convenue entre eux par le contrat d'engagement ; mais le gouvernement peut l'employer à des travaux d'utilité publique, en lui payant un salaire particulier. C'est par Par* mée indelta qu'ont été exécutés , de-
Ciis vingt ans, la plupart des grands avaux d'utilité publique , et notamment ceux de la forteresse de Carisbourg, le canal de Gothie, etc.; et cette heureuse idée est encore un bienfait de Charles XIV. Chaque régiment fournit son contingent , qui part , le sae sur le dos et en armes, sous la conduite de quelques officiers. Arrivés sur Jes lieux où les travaux doivent s'exécuter, les soldats sont mis à la disposition des ingénieurs. Chaque soldat a sa tâche , et reçoit, pour son travail , une solde journalière proportionnée à la valeur des denrées. Pendant la durée des travaux , les troupes conservent une organisation militaire: chaque jour , les tambours indiquent les heures des appels ; ils liattent la diane , la retraite -, en un mot, le soldat est assujetti à tous les devoirs du service et de la discipline , comme dans un cantonnement ou dans une ville de garnison. Le dimanche, il y a service divin , Inspection des armes et de l'équipement , revue et manœuvre.
En temps de guerre , le soldat reçoit sa solde de campagne comme les autres troupes; et alors le rote fait cultiver le torp , et a soin de sa famille; il doit aussi entretenir le soldat au camp pendant la durée des grandes manoeuvres annuelles.
Les bostelles et les torps, répandus dans une même province, forment ranondissementd'un régiment; les officiers et les soldats d'une même compagnie sont groupés dans des canconôgus. Le colonel et
l'état- major ont leur» bostelles dm l'enceinte de la province dont le réa ment prend le nom. Les centres ( réunion des régiments et des comp «nies sont connus, et invariablema tes mêmes en tout temps.
Les régiments de cavalerie inddi sont formés d'après des principe différents. 11 n'y a point, pour ce troupes, decireonscription territoriale l'équipement, l'armement, le chera et le cavalier sont fournis par certain* domaines désignés sous le nom à rustholly assujettis à cette contrit* tion. Lorsque le cavalier est hors et service , ou qu'il est tué , le possesseur du rustholl doit fournir un remplaçant:
et , s'il ne peut point s'en procurer.
il est obligé de monter lui-même a cheval. Si le cheval est tué ou hors de service , il doit aussi le remplacer. L'engagement des cavaliers dure aussi longtemps qu'ils sont valides; les avantages dont ils jouissent dépendent des conditions qu'ils ont contractées avtc les propriétaires du rustholl.
L'ensemble de ces ordonnances port le nom dHndehvbigs verket (travail de répartition). C'est de là que dérive k nom d'armée indelta, qui veut dire armée répartie ou distribuée sur le sol. On voit que cette institution n'a ria de commun avec celle des Gretaer de l'Autriche, ni avec les colonies militaires russes , où toute la population du pays où elles sont établies est assujettie au service, et universellement astreinte à tous les devoirs de la discipline militaire.
L'organisation de l'armée iodelta sur ces bases était de nature à obtenir l'assentiment général ; et, en effet, cet arrangement parut tellement avantageux a la nation , que la diète décida que les dispositions en seraient déclarées constitutives et lois d'État. Le souverain et les états prêtèrent serment de les maintenir fidèlement, et déclarèrent qu'aucune volonté ne pourrait plus les détruire. C'est à l'aide des ressources que ce système fournit à Charles XII, que ce prince se lança, avec son audace impétueuse , dans cette carrière qu'il parcourut « sinon avec
bonheur, du moins avec tant de gloire.
Ce fut au retour de la Turquie que ee prince mit la dernière main au grand travail de la répartition des terres entre les troupes ; et cette organisation n'a presque pas subi d'altération jusqu'à nos jours. v
Beaucoup de propriétaires de terres patrimoniales se trouvaient exempts du recrutement de l'armée; en 1812, ils offrirent d'y concourir, et leur exemple fut imité par les officiers titulaires de bosteiles ; les uns et les autres prirent l'engagement de contribuer au recrutement ; ces offres furent acceptées et converties en loi. Les soldats Î|ui proviennent de ce recrutement, orment Yextra-roterinq, le recrutement extraordinaire, qui sert à corn- 1>léter, en cas de besoin , les cadres de 'armés indelta.
Tous les ans , au mois de juin , c'està-dire avant la récolte , les régiments indeltas, ainsi que ceux des autres parties de l'armée indistinctement, sont réunis dans des camps et exercés pendant vingt et un jours. Les grandes manœuvres ont lieu dans un terrain qui environne le camp; les troupes sont placées sous la tente.
Autrefois les propriétaires des rotes et des rustbolls étaient obligés de fournir en nature à leurs soldats les vivres et autres objets qui leur étaient nécessaires pendant la durée des manœuvres ; cet usage a été aboli , et converti en une contribution, qui , payée en argent, est spécialement affectée à l'entretien du soldat au camp.
L'organisation de l'île de Gotbland diffère de celle de la Suède.Comme il n'y existe point de terres affectées à l'entretien de l'armée indelta , tous les habitants , depuis l'âge de vingt ans jusqu'à cinquante , y sont assujettis au service de la bevsering , appelée à prendre les armes en cas de guerre , mais seulement pour la défense de l'île.
^'organisation de l'armée indelta offre des avantages positifs , dont le plus évident est , sans contredit , l'économie. De pareilles troupes sont essentiellement nationales. En temps de paix , les bras destinés à défendre la
29" LtvraUvn. (Siïbdb.)
patrie au premier signal , tracent les sillons qui doivent la nourrir; et ces soldats laboureurs ne sont jamais énervés par la paresse et les vices des garnisons.
On a prétendu que cette, armée ne saurait être exercée d'une manière assez satisfaisante pour pouvoir être présentée de suite en ligne devant Peanemi. Loin que la vie tour à tour agricole et guerrière des soldats de l'armée indelta nuise à leur instruction et à leur tenue , ceux qui ont vu ces régiments sous les armes les comparent aux plus beaux de l'Europe ; H en est peu qui aient une meilleure apparence, qui manœuvrent avec plus de précision , et les pages de l'histoire de la guerre attestent assez leur brillante valeur, oui ne peut être comparée qu'à leur étonnante discipline.
Il a fallu des circonstances particulières, un événement aussi extraordinaire que celui qui mit tout à coup à la disposition de la nation, une masse immense de domaines , pour donner naissance à cette admirable institution , qui offre au gouvernement suédois le moyen d'avoir toujours sous sa main une armée de trente-six mille hommes , dont l'entretien ne lui coûte presque rien. Et ? non-seulement cette armée, la principale force de l'État, -est , d'après les combinaisons de son institution, la plus économique de toutes celles de l'Europe, mais l'on a encore trouvé le moyen d'utiliser, an sein de la paix , les bras des soldats à des travaux avantageux à l'État.
2° Vœrfoade (recrutement). — Cette partie de l'armée se compose de divers corps spéciaux, comme la garde et l'artillerie, qui sont recrutés par enrôlements volontaires, et destinés à faire le service , l'un près de la personne du souverain , et l'autre dans les garnisons et les places fortes.
L'avancement des officiers de cette partie de l'armée roule en concurrence avec celui de l'armée indelta , de sorte que les officiers de ces armes peuvent passer de l'une à l'autre avec de l'avant cernent.
3° Bevsering (conscription ou land-
wehr). — Indépendamment deriodelta et de la vsrfvade, qui composent l'armée nationale permanente, il existe encore une force armée disponible, qui peut, à chaque instant, être appelée a la défense du pays : c'est la be- - vaering, que l'on daigne quelquefois, , même en Suède , sons le nom de conscription , mais qui n'a réellement aucune analogie avec cette institution, telle qu'elle est établie parmi nous , où elle est seulement destinée à alimenter les cadres de l'armée par des hommes que le sort désigne chaque année. En Suède, la bevœring se compose de .tous les hommes âgés de vingt et un à vingt -cinq ans; c'est une véritable landwehr, prête à marcher au premier signal , armée et habillée au compte du gouvernement, mais qui ne reçoit de solde qu'en campagne , ou lorsqu'elle est appelée à prendre les armes ; elle -est reunie tous les ans , au mois de juin , pendant quatorze jours , dans les camps, pour y être exercée aux manœuvres militaires. U y a, dans tous les régiments d'infanterie , un certain nombre d'officiers de divers grades, qui sont spécialement affectes à ce service; c'est pour ce motif que l'on ▼oit figurer sur les cadres un si grand nombre d'officiers, qui, d'abord, paraît superflu et hors de toute proportion avec l'effectif des hommes présents sous les armes.
Cette milice a porté autrefois le nom de landwehr ; on lui a substitué depuis celui de bevaering , qui vient du mot suédois bevara (carder), ou de bevxra (armer). Ce fut a la diète de 1812 que le roi régnant créa la conscription pour tout le royaume, telle qu'elle existe aujourd'hui , en faisant abroger la très-défectueuse organisation prescrite par la loi de 1810.
La bevaering se rassemble quelques jours avant le reste de l'armée. Les jeunes soldats arrivent au lieu de réunion avec leurs vêtements habituels ; les effets d'armement et d'habillement
leur sont aussitôt délivrés , mais pc la durée du temps des manoeuvres u lement. Dès qu'elles sont terminé* on les leur retire pour les dépoa dans les magasins , ou Pou Teille a Je conservation et à leur entretien «fa année à l'autre. Chaque arme , cfaaqi partie de l'équipement porte le w méro de contrôle de l'homme auqti elle appartient.
Si l'organisation de Farinée suédois est faite pour être méditée , les coci binaisons qui ont été conçues pour 1 réunir promptementne sont pas moia dignes d'attention. Non -seulement te
S oints de ralliement des compagnies es régiments , des divisions sont determinés d'avance, mais il y a, a outre , trois grands centres de réunies . Stockholm, Christianstad et Venersborg; de sorte qu'au premier sigo».
un grand mouvement de concentrât]': :
peut être opéré avec un ordre et na rapidité admirable. La totalité de l'armée peut être mobilisée et rassemble autour de la capitale en trente -en; jours de marche forcée ; devant Christianstad , eu trente-neuf jours ; et i Venersborg , en quarante et un jours.
La moitié de ce temps suffit pour réunir la moitié de l'armée.
voicc vmriftiqos de L'aiti.
La Suède, placée à l'extrémité de l'Europe comme un poste avancé, doit avoir sans cesse à sa disposition uw force assez imposante pour faire respecter cette barrière. Il est généralement reconnu que dans l'état actuel des choses le nombre des troupes entretenues par chaque puissance ne devrait pas s'élever au delà du centième de sa population. La Suède, pour assurer sa sécurité, a dû dépasser de beaucoup cette limite. D'après les tableaux statistiques du colonel Cb.
Forseil , l'armée suédoise présente l'effectif suivant, que nous exprimons en chiffres ronds.
SUÈDE
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