‹ Suède et NorwégeChapitre 48 sur 60 · SU&DB · texte numérisé non relu

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varias , Fwewald, Cabine et Bergman (mort en 1784), au quel on doit l'art de fabriquer des eaux minérales , 6e distinguèrent dans les sciences physiques; Wallerius, Scheele, Scbeffer, Gadolin, Hisinaer, le comte Bonde, Hielm et Berzeuus* dans la chimie; Wahlenberg, dans la minéralogie. <

Dans les sciences naturelles, il ne faut nommer que le grand Linné, bien qu'il ait formé d'illustres disciples, Sparman , Thunberg et Solander ; mais son nom suffit à la gloire de la Suède*

Si les Suédois ne sont pas restés en arrière des autres peuples de l'Europe dans la culture des sciences positives , ils les ont précédés dans fa poésie.

Odin , le dieu de l'éloquence et de Tinspiration poétique , a, de bonne heure , animé les chants des vieux bardes,

Sui , poètes et guerriers, parcoururent u neuvième au treizième siècle , les trois royaumes Scandinaves. Les plus anciennes scalda qui nous aient été conservées, se rapportent au dieuThor.

La première, l'Hoslanga , composée au neuvième siècle par Théodolf de Hvind, est un mélange d'inspiration religieuse et guerrière. Elle chante les exploits du dieu contre les géants; l'autre, le Thorsdrapa , est delà fin du siècle suivant. Ainsi , à cette époque , la poésie , encore sacerdotale* n'oublie pas les dieux pour célébrer les actions des hommes. Mais l'introduction du christianisme dans la Suède mit fin à cette littérature païenne; toutefois, si la religion nouvelle chassa Odin du WaJhaJla , elle ne put détruire l'esprit inauiet et belliqueux de la nation ; et les Scaldes , qui ne trouvèrent dans la vie du Christ rien qui pût exciter leur imagination qui se plaisait toujours aux combats sanglants, chantèrent les exploits des héros et des rois de la mer, puisqu'ils ne pouvaient célébrer un dieu pacifique qui ne combattait qu'avec la parole et la persuasion.

Parmi ces anciens poèmes qui se rapportent aux héros Scandinaves , les plus célèbres sont le Birarkamal , conservé dans la saga du roi saint Olof ; le dernier chant de Hjalmar le Vaincu ; le chant de mort de Ràgnar Lodbrpk, ce

roi de la taer , qui périt en Ahgletom déchiré par des sapants , dans un ctfehot où sod vainqueur l'avait jeté; enfin le chant ftmèbre d'Ewind Skaf- .daspiller sur Hakan , roi de N orwége , mort vers l'année 960.

Mais les Scaldes et leurs chants ém|grèrent peu à peu vers la Rorwége , et surtout vers l'Islande, oui devint et resta comme le foyer de ranefenne littérature Scandinave , jusqu'à ce qu'elle s'y éteignit et disparut devant des mœurs et une civilisation nouvelles.

Mais si l'esprit poétique s'éloigna de la Suède, les formes par lesquelles H se produisait se conservèrent longtemps encore après lui. Toute chose écrite ou parlée, même ce qui paratt le plus étranger à la poésie , se traduisait en vers : ainsi l'on cite, au qua* torzième siècle , une donation de terres du roi Magnus Ladislas , faite en vers rimes. En 1808, l'aïeul du roi de Suède Magnus Smek fit traduire en vers

Fuelques romans de chevalerie, comme histoire d'Alexandre le Grand , celle de Charlemagne , et le roman de Blanche Fleur. II existe aussi une chronique rimée, commencée sous Magnus Ericson , et continuée par trois auteurs différents , dont le dernier vivait sous Gustave Wasa.

Ce prince et tous ceux de sa maison aimèrent les lettres et les cultivèrent eux-mêmes ; car , de tous les pays de l'Europe, la Suède est celui qui peut compter le plus grand nombre de princes lettrés. Si les poésies de Gustave Wasa , d'Éric XIV et de Charles IX ne brillent point par une grande originalité , c'était au moins un exemple et un encouragement donné à de plus habiles.

La réforme , en tournant les esprits vers les querelles de religion, était peu favorable à la poésie: on cite seulement quelques cantiques d'Olaus Pétri , l'un des réformateurs de la Sue* de ; et , de son frère Laurentius , une comédie de Tobie , la première qui ait existé dans la langue suédoise. Le plus illustre de tous les rois de la mai* son de Wasa , Gustave-Adolphe, biglait aussi par un véritable talent oratoire, et l'Allemagne le compte parmi

L'UNIVERS

ses poète sacrés pàur quelques cantique» qu'on lui attribue*

Il faut aller jusqu'à George Liiie Stjernhjelm, mort en 1673 , pour trouver enfin un poète digne de ce nom.

C'était un montagnara de la Dalécarlie , qui , préférant la culture des belleslettres au travail des mines, voyagea en Hollande, en Angleterre, en Aile* magne et en France, visitant partout les universités, et préludant par de sérieuses études , à ses travaux poétiques. La fortune récompensa son dévouement aux Muses: Gustave -Adolphe l'anoblit en 1631 , et lui donna deux belles terres en Livonie; en 1648, Christine le nomma vice-président du conseil aulique àDorpat, avec ordre de rester à Stockholm, pour présider, comme chancelier de cour, à toutes les audiences des ministres étrangers.

Par malheur, les dotations de Gustave-Adolphe ressemblaient un peu à celles que faisait Bonaparte en pays conquis; il était difficile d'en jouir avec sécurité. Les propriétés du poète , en Livonie , furent un jour incendiées par les Russes; lui-même n'échappa que par miracle; mais un naufrage qu'il éprouva dans sa fuite lui fit perdre ce qui lui restait. Stjernhjelm imita les anciens mètres , et remit en usage un grand nombre de locutions qui avaient vieilli ; son chef-d'œuvre est le Choix d'Hercule; le style en est pur et énergique ; mais si la mythologie grecque , transportée sous le ciel de la Suéde, pouvait devenir le sujet de beaux vers, elle ne pouvait donner au poète une verve originale. Stjernhjelm fit encore un assez grand nombre de pièces de circonstances et de ballets de cour, qui avaient tout le mérite que l'on peut demander à de telles productions.

Stjernhjelm laissa des disciples; mais l'influence de la langue et de la littérature germaniques nuisit au développement de la langue et de la littérature suédoises. Columbus et Lasse Johanson firent même des vers en allemand , et imitèrent le mauvais goût de leurs voisins. Jusau'au milieu du dix-huitième siècle, (a Suède compta un assez grand nombre de poètes, mais sans

pouvoir espérer que leurs ouvrages devinssent jamais pour elle des titres à la gloire littéraire. Vers cette époque se manifesta une heureuse révolution :

on en était encore à de fades traductions de pastorales italiennes, lors- Fu'on vit paraître, sous le nom de Argus suédois, un journal littéraire qui , à l'exemple du Spectator anglais,

Erit à parti la société sous toutes ses ices , et publia une suite de lettres, de contes et d'allégories qu'animait un esprit vif et original. L'auteur, gui resta longtemps inconnu , était Dalin , que les états de 1734 chargèrent de rédiger une histoire de la Suède pour deux mille ducats. Avant de devenir historiographe par ordre de la diète, Dalin avait été poète; son poème, en quatre chants , sur la liberté suédoise , briHe d'un éclat de style inconnu avant lui ; le poète transporta ses qualités dans son histoire; et la langue, assouplie par lui , eut enfin un modèle qu'on put suivre.

Dalin trouva, dans la reine Louise- Ulrique , sœur du grand Frédéric, une protectrice éclairée: non contente de recommander au roi l'homme que sa verve intarissable avait rendu le favori de la nation , elle voulut assurer l'avenir littéraire de sa patrie d'adoption, en fondant une académie des belles-lettres. Quant à Daim, nommé précepteur du princtnrbyal , il fut anobli, décoré de Tordre de l'Étoile polaire , et nommé enfin chancelier de la cour.

Le comte de Gyllenborg et son ami le comte de Creutz se mirent à la tête de la nouvelle littérature suédoise, l'un par son épopée et ses fables d'un style correct et agréable, l'autre par son conte d'Atis et Camille, un des ouvrages les plus parfaits que la Suède ait produits. Mais l'auteur dont la mémoire est le plus vénérée, est Michael Bellman , poète lyrique, dont les ouvrages révèlent une* sensibilité profonde , pleine cependant de gaieté et de verve anacréontiaue. Personne n*a mieux que lui peint les moeurs du peuple , et plus éijavé ses courts instants de repos ; aussi lui en a-t-il gardé une

vite reconnaissance, en lai vouant une sorte de culte.

A cette époque appartient aussi Hedvig Charlotte Nordenflycht , à laquelle on doit des élégies touchantes, et que Haller, Fontenelle et Holberg honorèrent de leur amitié. Ce fut elle qui fonda l'académie qui prit pour devise Utile dulci, et dont les recueils contiennent de nombreuses preuves de sa verve poétique. La nature de son talent et, peut-être plus encore, sa fin tragique lui ont mérité le surnom de la Sapho suédoise.En effet, à l'âge de 45 ans elle conçut une violente passion pour un jeune homme qui l'abandonna, etcédant à son désespoir elle se précipita dans la mer, comme la poétesse de Lesbos.

Nous ne pouvons parler de Char* lotte Nordenflycht sans faire mention d'une autre femme auteur, madame Lenngren , bien qu'elle appartienne à une autre époque, puisqu'elle est morte en 1817. Ses poésies sont remarquables par le coloris , la variété des tons, la pureté du style , et surtout par une verve pleine d'originalité. Si Charlotte Nordenflycht fut la Sapho de la Suède, madame Lenngren en fut la dixième muse. C'est sous cette forme qu'elle est représentée sur la médaille que l'académie suédoise a fait frapper en son honneur.

Nous avons dit que l'un des traits caractéristiques des Suédois c'est une véritable piété : aussi ont-ils excellé dans les chants religieux. On cite les cantiques d'ÛEdman , et surtout ceux de Waliin, surnommé le David du Nord. Ce dernier, aujourd'hui archevêque d'Upsal , n'est pas seulement un poète sublime, c'est aussi le plus éloquent orateur de la Suède.

Les idylles de Lidner sont faibles et peu populaires ; c'est cra'il était difficile que la poésie bucolique pût réussir dans un pays situé auprès du pâle.

Les poètes didactiques ont été plus beureux : JesHeureset la Moisson d'Oxenstierna, les Saisons de Gyllenborg, les Passions de Thorild , mais surtout les ouvrages de Léopold, peuvent être comparés aux meilleurs poèmes en ce genre des autres nations de l'Europe.

32* UvraUon. (Subdk.)

Un autre genre cultivé avec on égal succès, c'est la satire. Le Mois d'avril de Dalin , ou le bon temps ou noue vivons ; l'Art de ramper et l'Éloge de la sottise, de Bergstrôm, quelque* morceaux de Gyllenborg et de Léopold , mais surtout les ouvrages de Kellgren, qui justifie toujours son ironie par un sentiment profond de ce qui est vrai et beau , pourraient presque rivaliser avec les œuvres de Pope et de Boileau. « II v avait, écrivait Kellgren lui-même, quelque temps avant sa mort, il y avait dans le monde littéraire, un homme obscur, dont les talents furent peu de chose , qui n'eut peut-être pas même ce qu'on appelle de l'esprit, et dont la plupart des écrits furent sans mérite comme sans valeur. Mais cet homme avait une qualité peut-être dans un degré plus élevé qu'aucun de ses confrères; il était animé, pour la gloire et les progrès des belles -lettres en Suède, <run dévouement et d'un enthousiasme qui le suivirent constamment dans sa carrière douloureuse , et firent encore sa dernière passion. » Kellgren expliquait ainsi le but et tes louables motifs de ses satires littéraires et de ses critiques judicieuses. .

Un peuple aussi guerrier que les Suédois devait réussir dans le poésie épique; leurs annales , pleines de faits héroïques, fournissaient aux poètes d'abondants matériaux. Cependant la Gustaviade de Skjôldebrand, et le Gus-« tave Wasa de Celsius , méritent à peine d'être cités. Le seul ouvrage remarquable en ce genre est le passage du Bclt, par le comte de Gyllennorg. Ce poème, destiné à retracer l'audacieuse entreprise de Charles X , renferme d'admirables descriptions écrites en beaux vers; mais l'action, malgré sa hardiesse , était d'une trop grande simplicité pour fournir matière à douze chants. L'ode de Stenhammar, sur 1* bataille de Swenksund, passe pour un chef-d'œuvre; et celles de Léopold et de Franzen renferment de grande!

beautés.

Les Suédois ont encore moins réussi dans le drame que dans l'épopée; 1»

tragédie suédoise est toute française »

L'UNIVERS

et Ton ne peut compter en ce genre une feule bonne pièce originale, malgré les efforts deGyllenborg, d'Àdlerbeth et de Léopold. L'universel Dalin avait aussi lait une trajpûteéeBrynkilda, qui ne put soutenir longtemps la réputation que lui avaie ntfaite d'abord les admira* leurs du poète. Remarquons aussi les efforts de Stagnelius, poëte rêveur et religieux , qui alla le premier chercher* dans les antiquités Scandinaves, des sujets pour le drame et des couleurs pour la poésie.

Les comédies dUallmann et de Kexell sont estimées, et renferment des situa* tions comiques et des peintures vraies de quelques travers du caractère national.

Sous Gustave III , il y eut une foule d'opéras, fort médiocres pour la plu* part, à l'exception cependant de ceux de JLellgren et de la Médée de Lidner.

Le roi que nous venons de nommer, fit beaucoup pour la littérature suédoise) il était lui-même un des écrivains les plus distingués de son pays » et vit un de ses ouvrages couronné par l'académie de Stockholm 9 bien qu'on ignorât le nom de l'auteur. Par malheur, Gustave subissait l'ascendant de la littérature française, et ne croyait pas qu'on pût mieux faire que de traduire notre théâtre , et de se déclarer le disciple de Voltaire ou des encyclopédistes.

Cependant, pour perfectionner la langue nationale, il fonda, en 1786 * une académie suédoise , dont les membres , au nombre de dix-huit , furent chargés de faire un dictionnaire et une grammaire, ouvrages aussi interminables en Suède qu'en France. Par l'influence du roi et de la cour, l'académie se fit elle-même toute française; et eette mode fut si exclusive, que tout caractère original disparut des productions des auteurs suédois.

Mais la Suède , comme l'Allemagne , secoua un jour le joug étranger; dans le même temps à peu près où le maréchal Bernadotte était proclamé héritier présomptif de la couronne , il parut deux journaux , le Polyphéme, puis le fàosphoros* qui contribuèrent puis-

samment ii établir l'indépendance Ht»

téraire de la Suède* Le Phosphores était rédigé par des jeunes gens d'Upeal , pleins de mérite, de conviction, d'ardeur, et quelquefois d'âpreté.

« (Tétait, dit M. Ampère, le GMe de la Suède. Seulement la tendance de l'ancien Globe était plus historique , et celle du Phosphoros plus métaphysique. Il s'appuyait principalement sur les spéculationsdela philosophieallemsndere»

produites et modifiées par un poète moraliste, Thorild, et par un penseur doué d'une hautefaculté d'abstraction, Hcejer. C'étaient ces spéculations , et notamment celles de Kant et de Fichte, qui avaient donné aux esprits le mouvement nouveau. Les phosphoristes soutinrent les théories littéraires de l'Allemagne, en traduisirent, en imitèrent les productions. Oe n'était pas encore une franche nationalité, mais un grand acheminement vers ce but ; car, entre des Suédois et des Allemands, il y a fraternité de race, sympathie de nature, parenté de langue. Mais ce qui acheva de vivifier la littérature suédoise et de lui donner toute son individualité, ce fut le retour vers les traditions Scandinaves. Aux journaux polémiques, tels que ItPofyphéme et le Phosphoros* succéda un journal scientifique, YIduna, qui contient des morceaux de critique et des essais poétiques du plus haut intérêt.

« Enfin, le talent de ces jeunes champions de la rénovation littéraire a mûri, et ils ont donné à leur pays plusieurs ouvrages du premier ordre. M. Geyer, oui avait montré ce que Ton pouvait faire en poésie avec les souvenirs de l'ancienne Scandinavie, s'est depuis voué tout entier à l'histoire* et sod premier volume des Annales de Suède est un modèle d'érudition et de sagacité. M. Hammarskiôld , disciple ardent de la philosophie allemande, y mêlant quelque chose du mysticisme indigène de Svedenborg, a publié une Histoire de la littérature et une Histoire, de la philosophie suédoises» Cet homme excellent vivait encore quand j'étais à Stockholm ; je le vis atteint déjà de la maladie dont il est mort ,

•utio.

tijictitfhé, tout souffrant et tout pâte, sur le lit d'où il ne s'est pas relevé pour longtemps. C'est chez lui que je renoontrai le poète Atterborn, qu'on pourrait appeler le Lamartine du Nord* C'est la même suavité de mélodie, de tristesse et d'enthousiasme, avec plus . de vague et d'audace. M. Hierta a écrit» sous le titre bizarre de la Dame de Pique, un roman évidemment inspiré par Werther, dans lequel, à la passion telle que Goethe sait la peindre, se mêle un tour d'imagination excentrique, a»

ses semblable à celui de Jean-Paul, et qui porte l'empreinte d'un génie par* tieulièrement sombre, où l'on sent une tristesse toute Scandinave. Enfin, ce qui a mis le sceau au triomphe du parti novateur, c'est le poème de Frithiof, publié par M. Tegner. Un ancien récit conservé par la tradition, une saga, a transmis la belle-et pathétique histoire dont M. Tegner a sait le sujet de son poème. Ayant à* intéresser des lecteurs du dix-neuvième siècle à des mœurs et des sentiments du huitième, il s'est tiré en général avec bonheur de cette difficulté. C'est un des exemples les plus brillants du parti qu'on peut tirer, pour la poésie de notre temps, des sujets empruntés à une époque primitive.

«Peut-être M. Tegner a-t-il mêlé une trop grande délicatesse de sentiments aux rudes passions de l'époque héroïque, qu'il retrace quelquefois dans toute son énergie. On croit lire un chapitre de l'ancienne saga , quand le poète moderne, qui l'a en effet suivie fidèlement en cet endroit , nous montre Frithiof au milieu des flots déchaînés

Ear les puissances magiques, distriuant de l'or à ses compagnons pour qu'ils n'arrivent pas les mains vides chez la déesse de la mer; enfin le héros et le vaisseau lui-même , ce vaisseau animé comme les trépieds d'Homère, attaquent ensemble les monstres qui soulèvent la tempête; Frithiof en atteint deux de ses traits, et le brave navire ElHda perce du fer de sa proue le troisième qui flottait devant lui sous la forme d'une immense baleine. Mais peut-être trouvera-ton le morceau qui

va suivre trop tendre et trop délU cet pour appartenir au même ente»»

ble ; dans foriginaiil est plein de grâce et de naïveté*

JPLAIKTtS d'uTGIBOKG.

VoUi l'automne % De ta merle ttol brumeux taon*.

Ah I sur eUe j'aimerais tant Alto flottant I

Sou» le* étoile* Je rie Mai Frithiof, heureux t Qui fuit sur l'eau I

Quand U me quitte,

Flots, pourquoi l'entraîner si rite?

Astres , protège* le sentier

Dus

I/éte i

Le royogeor; mets sur l'arène Je ne pourrai paa m'élaneer Four tfembi *

Car sous la terre On ne eouohera solitaire t Ou près d'un autre époux ffrat Bt faof uirai.

Aigle qu'il aine.

Reste , je t'aimerai de mente.

For moi chaque four tes petits I nourris.

Leîese mon roile,

Je te -broderai sur la toile

Des eiiee d'arf ent , unie eaeot*

Des serres d'or.

Aigle rapide,

Regarde btcc moi la mer ride | Monte sur mon épaule. . . . Héutt Il m riant paa.

Ja eerel morte,

Quand il reviendra i mal* n'Importe.

Et auand ton cri le «alliera , II pleurera.

« Il ne faut pas faire pleurer un héros Scandinave , c'est-à-dire, quelque chose de fortjsembiable à un pirate.

« Quoi qu'il en soit de ee reproche, le poème est plein de beautés dans des

Senres très-divers; il a eu un succès e vogue , un succès tout national. Ce qu'il y a de piquant , c'est que l'auteur a été récompensé de cette œuvre païen-* ne par un evêché, eelui de Wexiô. En Suède, ou l'état des finances ne permet pas un grand luxe de pensions' et de sinécures, tel est l'avancement iiii attend souvent des littérateurs et les savants, distingués par un tout autre mérite que le talent de la prédication ou la science théologique.

LlUflfEftS.

« Do rtsttt It querella entre les deux partis littéraires, décidée par le meilleur argument , par de bons ouvrages, vient d aboutir à l'entière victoire du parti révolutionnaire. Àtterbom a même eu avec le vieux Léopold (*) une entrevue touchante, dans laquelle le jeune romantique s'est accusé de quel* gués vivacités de critique dont il avait été coupable dans le Phosphoros, et le vénérable patriarche de r école classique, devenu aveugle par les années, s'est réconcilié avec son jeune adversaire. Ainsi il y a eu entre les deux camps guerre» triomphe et pacification (**). »

BEJJJX-ABTS.

Jusqu'à Gustave III, les beaux-arts étaient à peu près restés étrangers à la Suède; si l'on voyait dans les églises quelques bas-reliefs et de rares sculptures, elles étaient l'œuvre d'artistes étrangers venus, de Flandre et d'Allemagne, dans un pays où ils n'avaient à craindre aucune concurrence de la part des nationaux. La réforme, avec son caractère iconoclaste, ne songea

Joint à favoriser ces occupations monaines. Mais quand les Suédois, durant la guerre de trente ans, se mirent à parcourir l'Allemagne, et rencontrèrent partout devant eux les chefed'œuvre de l'architecture gothique, et les tableaux d'Albert Durer et de Lucas Cranach, le goût leur vint des ouvrages de l'art Christine commença à aire des collections de tableaux*, de sculptures et de médailles, donnant Tordre à ses généraux de lui envoyer tous les objets précieux qu'ils rencontreraient; mais, sous son règne, les arts, comme les lettres et les sciences* furent cultivés par des étran-

fers : l'architecture par Simon de la allée; la peinture par David Beck, élève

Ç) Ce vétéran de la littérature classique •▼ait survécu à ses anciens confrères de l'académie de Gustave, et devait àson âge autant qu'à la nature de ses productions d être considéré comme le plus, redoutable adversaire de la nouvelle école.

(**) Ampère, Études sur le Nord.

de Van -Dyk , par Munichhoffen et Bourdalot. Charles XI appela de même les sculpteurs Chaveau et la Porte, auxquels on attribue les lions de forme colossale placés devant le château royal de Stockholm, et les deux renommées qui sont au-dessus du grand portail do côté du nord. Mais ee prince vit enfin les Suédois se livrer eux-mêmes aux arts avec succès; Olof Rudbeck devint bon architecte et bon dessinateur ; Nicodème de Tessin, né près de Nykôpîng en 1654 , et mort à Stockholm , grand maréchal du royaume, après avoir parcouru toute l'Europe et s'être longtemps arrêté à Rome, éleva le château de Stockholm, celui de Drottningholm, le palais du gouverneur, la cathédrale de Calmar, et le tombeau du comte Benott Oxenstierna à Upsal.

En 1786 , Bouchardon , alors célèbre en France, vint passer deux années en Suède, et contribua, par ses conseils et ses exemples, aux progrès des arts dans ce pays, où on lui attribue les médaillons des rois de Suède.

Charles XI n'encouragea pas moins la peinture. La reine mère envoya, à ses dépens, Ehrenstrahl en Italie et à Rome, où il se perfectionna sous Pietro di Cortona. Son jugement dernier, peint dans 'la grande église de Stockholm , jouit d'une réputation méritée; on peut lui reprocher seulement d'avoir trop cédé, dans ses divers ouvrages, au goût pour les allégories , qui régnait alors en France.

Philippe Lembke peignit les batailles de Charles X, d'après les dessins du comte de Dahlbere, l'auteur de la Svecia antiqua et hodierna; Pilo imita Téniers avec succès ; Safvenborn, élève de Vernet, fit quelques bons paysages; Hoffman s'est rendu célèbre par son tableau du maître-autel de l'église de Sainte-Claire: Hillerstrôro , d'abord ouvrier aux Gobelins, et devenu , à son retour en Suède, directeur de l'académie des beaux-arts , a laissé de charmants tableaux représentant des scènes comiques de la vie domestioue; Wertmuller et Akerstrom, tous ûeux élèves de Pilo, soutinrent dignement la réputation de leur maître.

Mais le pki8 grand des artistes sué* dois est SergelH Fils d'un tailleur de

K erres de Stockholm, il montra de mne heure de si heureuses dispositions , que le sculpteur Larchevéque en fit aussitôt son élève, et l'emmena avec lui à Paris. De là, Serge» passa à Rome, et y sculpta un faune où se montrait un talent si supérieur, que plus tard l'Institut de France en voyant ce chef-d'œuvre, qui décore aujourd'hui le palais du Luxembourg, nomma Sergefl l'un de ses membres. En revenant d'Italie, en 1779, il fit à Paris sa belle statue du Spartiate Othryades.

De retour enfin dans sa patrie, il l'enrichit de nombreux ouvrages : Mars enlevant Vénus blessée par Diomède, Diomède emportant le Palladium, la statue en bronze de Gustave III, celle du maréchal comte d'Ehrensvaerd, un bas-relief représentant la résurrection du Christ, le mausolée de Descartes, ceux de Gustave III et de Linné, etc. Mais les deux chefs-d'œuvre de ce sculpteur sont le Cupidon et la Psyché. Il règne dans la composition de ces deux statues une finesse de contour, une grâce, un sentiment que l'on ne peut décrire. Chose singulière , ce grand artiste a passé les dernières années de sa vie en proie à une mélancolie qui ne devrait s'attacher qu'à l'indigence et au talent méconnu. Cette inexplicable maladie privait ses nobles occupations de leur charme, le rendait insupportable à lui-même et le dégoûtait du monde entier. Insensible à rattachement de ses amis, à l'admiration de ses concitoyens et des étrangers, visible seulement pour ses ouvriers, qui ne l'approchaient que difficilement, fl mourut dans un isolement et dans une tristesse qui durent hâter sa fin.

Si la Suède a perdu Sergell, il lui reste le peintre drhistoire Westin, et les trois sculpteurs Gôthe , Bystrôin et Fogelberg. Gôthe dont la réputation est la plus récente ,' débuta à Rome, où il étudia six ans, par la statue colossale de Méléagre , qui lui mérita les éloges des artistes réunis alors dans la capitale des arts; son Bacchus, qui appartient à Charles XIV,

ff

est un chef-d'œuvre dé grâce et de vérité. Bystrom, sculpteur distingué et d'un mérite précoce, remporta, dès Page de seize ans, un prix à l'Académie pour un bas-relief représentant la mère des Gracques. De Rome, où il alla étudier, il envoya une bacchante d'un dessin si pur, que Sergell aurait voulu, disait-il lui-même, en être l'auteur. Plusieurs statues de Vénus et de l'Amour, d'Hercule allaité par Junon , la statue colossale de Charles XIII et une foule de bas-reliefs et de tombeaux, attestent la fécondité de son génie. Quant à Fogelberg, que la ' mort a enlevé à la fleur de l'âge, cherchant ses inspirations dans la mythologie Scandinave, il a laissé Vénus et Hercule (*) pourFreya et Odin, comme Tegner a abandonné Apollon et le Parnasse graeco-roirainpour les anciens rois de la mer et le Walhalla. Ses trois statues d'Odin, de Thor et de Freya, portent un caractère original et l'empreinte d'un talent qui promettait encore à la Suède de nombreux chefsd'œuvre.

La Suède eut de bonne heure des mélodies nationales si remarquables par leur douceur et leur mélancolie (**} que les plus grands compositeurs les ont prises pour thèmes de leurs fantaisies variées. Toutefois le goût de la musique a été très-tardif en Suède et ne paraît s'être développé que par suite des relations de ce pays avec le sud de l'Europe. Ses compositeurs les plus estimés sont Bervald , Cruseli, Ahlstrôm, le comte Skjôldebrand , et, si je ne me trompe, le prince royal lui-même dont le goût sûr et éclairé a contribué efficacement à accroître le penchant des Suédois pour cet art , auquel ne peut rester longtemps étranger un peuple aussi éminemment religieux. Mais la réputation de ces artistes est encore

(*) Cependant lui aussi a payé sa dette à la mythologie grecque. On cite avec éloge sa statue de Mercure , qui fait partie aujourd'hui de la riche collection du comte de Bonde , le Mécène de la Suède.

(**} Il est à remarquer que tous ces chants sont dans un ton i

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