‹ Suger et son tempsChapitre 13 sur 39 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Saùii Bernard et le dae de Guyenne. — Victoire de la taifitetéiur

la force. — Testament du duc de G ou ne. — Louis io Jcuue épouse Aliéner de Gujenua. — Mort de Louis le Gros et avènement de I^ouis le Jeune. » Suger rebâtit l^église de Saint- Denis. — Dédicace de la nouTelle église. ~ Description de ses magni-» licences. — Translation des reliques des iivLé martyrs. — i*aft>les de Pierre le Vénérable sur Suger • — Diâerettd au pape «t du roL — Saint Bernard interTient. « Nouvelle lutte — Lettres de saint Bernard an roi. — Violences de Louis le Jeune i Titry. — Lettre de saint Berijard. — Ell'et de cette lettre ijur le roi. — » Louis le Jeuue se décide à se croiser.

Au sortir de ^tte espèce de retraite dans laqu* lie ^ger s'était recueilli pour se préparer à paraître devant i^ieu, il fut appelé dam le conseil du roi pour donner m avis sur une affaire de la plus haute importance. Un i^^oncours d'événeracnts, dont il laul présenter un exposé ^Jmniaire, avait provoqué une proposition dont les conséquences pouvaient être grandes pour la France. Il ^avient de remonter un peu plus haut, pour prendre les ^ails à leur origine (1134), d'anlant plus que le récit de (^ei faits jettera une vive lumière sur les mœurs et l'esprit de l'époque.

Au milieu de tant de princes et do tant d'Etats que saint Bernard avait souiiùsà robcdience dn pape innovât, il y avait un prince souverain qui était resté opi^

ut SUÛfiR £T SON TSMPS

màtreiaeut attaché au parti contraire : c'était le duc de Guyenne ; il était maintenu dans cette disposition par l'êvéque a Angoulèmc, un des partisans les plus prononcés d Anaclet C'est ici qne l'on vit toute l'autorité d une sainte vie et d*uu grand caractère. Saint Bernard, qui avait été envoyé par le pape Innocent auprès du duc, n'avait d'abord rien obtcnii. ii se retira dans son abbaye des Chateliers, qu'il avait depuis peu fondée en Poitou, et pria Dieu de changer le cœur du duc. Ensuite il adressa a celui-ci uoe lettre pleine d'une liberté apostolique, dans laquelle il lui mandait de venir le trouver. Cette lettre devait, selon toutes les apparences bumaines, irriter violemment le duc Guillaume, un JlS princes les plus hautains de ce temps. Contre toute attente, elle le toucha: il vint aux Chateliers, obéissant à Tappel de Bernard. Pendant les sept jours qu il y resta, le saint lui parla avec tant d'onction et tant d'éloquence, que le duc le quitta, décidé à renoncera son schisme; mais il retomba dès que l'êvéque d'Angoulème eut repris son action sur lui* Cet évèque, à la faveur du prétendu zèle qu il déployait pour Anaclet, s'empara des meilleurs bénéfices du duché, sans parler de i archevêché de Bordeaux, doat il se saisit. C'était aussi parle ressort de la religion qu'il agissait sur le prince. Peu de temps auparavant, ne l'avait-il pas déterminé à faire une pénitence publique, pieds nus, la torche au poing et les verges à la main, pour réparer des excès commis dans l'église de Saint* Jean-d'Angely? C ulait au nom de Dieu qu'il lui commandait de défendre Anaelet, comme saint Bernard invoquait le auai de Dieu pour ic soumettre à Innocent.

Dans celte lulle, la victoire devait demeurer à saiut

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