‹ Suger et son tempsChapitre 15 sur 39 · V. oogle · texte numérisé non relu

V. oogle

LOUIS L£ JKUNX POSE LÀ PUBMIÈRE PIERRE 1S5

remerit aux yeux de tout le monde, à i'occajjion des nouveaux travaux qull eotreprit pour rendre le reste du bâtiment digne de !a belle nef qu'il venait de bàtir. Toute la partie supérieure de l'église, celle qui s'élève devant le maltre-autel, avait cessé d'être en harmonie avec les nouveaux bâtimeuts; Suger la fit abattre, et invita quelques prélats à venir assister à la pose de la première pierre, qu'il voulait faire lui-même ; mais le roi déclara qu'il réclamait ce privilège. Le 44 juillet 1140, il vint avec toute sa cour et posa la première pierre au son des trompettes et des instraments de musique, après que les évéques eurent béni le sol. Pendant la cérémonie les re« ligieux de l'abbaye chantaient le psaume qui commence par ces paroles : Fundamenia ejm in monltbus sanclis. Quand vint l'antienne : Lapides preîiosi omnes mûri tuij tltnmsHiermakmgemmiscèdilicabunlur. « Tes murail- ( les seront de pierres précieuses, et tes tours, 6 Jéru- ( salem, seront construites en diamants! i a Tous les ar-

< chevéques, évéques et abbés, qui étaient là en grand « nombre, lit-on dans le Trésor de Saini-Dems, iondanten i larmes de joie, tiraient à l'envi les anneaux de leurs « doigts et les jetaient dans ces fondements, ou ils sont

< demeurés depuis, ce qu'ils firent à Texemple du roi, •qui, le premier de tous, tirade son doigt un anneau « d'un grand prix. Le spectacle fut à la vérité admirable *et plein d émotion. »

Suger ne pe(rdit point de temps pour achever la grande tfcuvre qu'il avait entreprise. Il avait un de ces esprits qoi s'appliquent à tout, et il se fit lui-même architecte pour conduire et presser les travaux. Quand il fallut trouver du bois pour la charpente de rédi&ce, les hommes de l'art assuraient qu'il faudrait 1 aller chercher à plus de

soixante lieues. Suger visita lui-même la forêt de Chevreuse, trouva les pièces dont il avait besoin, et fil abattre les arbres en sa présence. L'hiver n'arrêtait pas les travaux; aussi au bout de quatre ans rédifice était achevé. En voici la description, tirée du Trésor de Saint-Denis:

« L'édifice de Téglise Saint-Denis, tel que nous le voyons aujourd'hui , est porté et soutenu sur soixante piliers à deux rangs, ceint de quatre belles et claires galeries, à savoir : trois par dehors et une par dedans. Il est appuyé par dehors de plusieurs arcs-boulants, orné de tours , clochers et petites tournelles, le tout fort délicatement travaillé. Je ne parle pas de la charpente de cet édifice, puisqu'elle n'est pas en vue; mais elle est admirable, aussi bien que la riche couverture de plomb qui est dessus, et ce d'autant que la grande quantité de bois dont elle est composée est appuyée et vient tout aboutir sur une petite roue ou lanterne, élevée à deux pieds de la voûte , sans aucun appui, à laquelle tout se vient rapporter.

< L'église est faite en forme de croix, comme la plupart des b.Mles églises de France ; elle a de longueur trois cent soixante pieds, cent de largeur et quatrevingt-huit de hauteur, depuis le pied jusqu'aux voûtes; elle est divisée en trois parties : la nef, le chœur et le chevet.

« La nef a cent soixante pieds de long, le chœur cent trente-huit, et le chevet en a soixante. Ce chevet est la partie supérieure de l'église, derrière le grand autel, et est environné de onze belles chapelles, y compris le bel autel de marbre, fait de neuf, dans lequel sont les corps des glorieuxmarlyrs saint Denis et ses compa-

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