‹ Suite au mémorial de Sainte-Hélène, ou, Observations critiques, anecdotes inédites pour servir de supplément et de correctif a cet ouvrageChapitre 29 sur 33 · L'empereur bat le général Wittàngerode à Saint-Dizier · texte numérisé non relu

L'empereur bat le général Wittàngerode à Saint-Dizier

V ennemi a été poursuivi très loin.... (i)

27 A midi grande parade dans la cour des

Tuileries. Le roi Joseph passe en revue la garde nationale et un corps considérable de troupes de toutes armes. La revue dure quatre heures.

(i) Ce forent les dernières noaveUes qu^on eat de Napoléon.

rxg. — L'impératrice a (Jilitté Paris Elle se

rend à Blois avec le roi de Borne, FarchÎÊhdiicelier, les ministi'es, excepté Ge)»i de la guerre et le ministre de radministration de la guerre, (i)

3o On écrit de Saint-Jost (Oise) ifUous soifa^

« mes délifrés de la présetice de l'enuemi^ grâce » à Ténergie des habitants des campagnes et aux » mesures prises par le général commandant le » département, (a)

3i. — Le conseil général des hospices de Paris, invite les habitants à faire promptement à leurs municipalités respectives des envois de linge à pansements, charpie, draps, chemises et autres objets utiles aux blessés.

L'empereur Alexandre et le roi de Prusse font leur entrée dans Paris....

Leurs troupes défilent après eux jusqu'à la nuit.

I •'. Avril. — ' M. le comte de Nesselrode charge le baron Pasquier préfet de police de faire afficher la proclamation du prince Schwaraemberg.

(i) Oa avait voulu d'abord que Marie-Louise imitant Mnrip>The'rèse, attendit les alliés, et si elle n'^avait pu être victorieuse, obtint du moins une bonne capitulation pour son fils. Mais sur Payis de Tallcyrand, Cambacérès fit prendre une autre détermination.

(a) Âa moment où cette lettre énergique arrivait, Paris ouvrait ses poites.

Le départ des courriers de la poste a lieu comme àPordiDaire.

Les grands théâtres sont fermés. Les petits théâtres sont ouverts. A la gaieté on donne: Walther le cruel et les ruines de Babylone. (i)

A l'entrée de la rue de la Paix un oificicr russe

^) On roavrit les théâtres royaux par ordre de l^emperevr Alexandre et nos acteurs furent cootraints de contribuer aux triomphes de l'ennemi comme ils avaient successivement ajouté au sombre éclat des fêtes de la convention et embelli les journées florissantes de Tcmpirr.

Alexandre qui voulait forcer les Parisiens k se divertir pendant que SCS tronpes «taient campées sons nos murailles, oubliait PéUt de son pays an temps où nous en menacions les provinces. Il nous entraînait dans un pi^e où nous n'étions que trop enclins k tomber. Il nous faisait offrir des plaisiis que je nommerai coupables, lui qui savait bien qn'k Petersbonrg et k Idodion, dans des droonstances pareilles à celles où nous nous trouvions, le peuple, moins civilisé mais pins généreux , avait applaudi avec enthonsîasme et avait suivi avec une sorte de fureur les représentations de la tragédie d^Osérof, intitulée Dimitri Donskoï: pièce dans laquelle le poëte exprimait des sentiments patriotiques qu^il n'^est pas mal de rappeler ici et dont chacun fera son profit k sa manière : « Périsse la mémoire de quiconque peut attacher un œil 1) tranquille snr les malheurs de la patrie ^... que son nom. ^déshonoré v vive dans la postérité couvert d'un étemel opprobre. » — Et plus loin : « Ah 1 la mort dans les combats vaut mieux qu'une paix hon* h teuse... C'était ainsi que pensaient nos ancêtres et nous-devous penser 9> comme eux.... Oui^ plut6t cesser de vivre que de baisser la tête sous » le joug de l'étranger et d'assouvir son avarice par un tribut... une. » semblable bassesse détoumet-elle l'orage?^ Payer un tribut c'est se m dcdarer faible ; montrer sa faiblesse c'est provoquer l'outrage., que 3) l'canemi lise la valeur écrite sur nos fronts... qu'il tremble!.... »

bat à platte couture avec son sabre, des cosaquel^ qui emmènent des yaclies et des moutons à de malheureux paysans qui les suivent jetant des cris qui font attrouper les passants....

n Dans le moniteur paraît une déclaration

de Tempereur Alexandre dans laquelle ou remarque ce passage:

> Les alliés reconnaîtront et garantiront la cousue titution que la nation française se donnera. Ils » invitent par conséquent le sénat à désigner un » gouvernement provisoire qui puisse pourvoir aux » besoins de l'administration et préparer la cons- « titution qui conviendra au peuple français... j*

Le duc de Vicence s'étant présenté aux souverains alliés n'a pu parvenir à s'en faire écouter. Ses*propositions n'étaient pas celles que les souverains avaient droit d'attendre, surtout d'après la manifestation éclatante des sentiments des habitants de Paris et de toute la France. En conséquence le duc de Vicence s'est remis en route pour se rendre au quartier général de Kapoléou. (i)

Les passeports délivres comme préeédemmentàla préfecture de police devront être con-

(ij Quand Napoléon vit que toct espoir ^tait perdu du chii de

tresignés par le baron de Sacken gouverneur commandant la place de Paris.

Le sénat , soos la présidence du prince Bénéyen t vice grand lecteur, nomme les membres du gouTemement provisoire qu'il juge nécessaire de former suiyaAirindication de l'empereur de Russie.

Les meml)res désignés sont messieoi*»:

Le prince de Tallejrand.

Le comte d e Beumon v i lie.

Le comte de Jaucourt. «

Le duc<le Dalberj.

L'abbé de Montesquieu.

La délibération du ^énat est sous la date du *•»' avril.

Lç sénat veut que dans Padresse au peuple français on compreilnie en substance que le sénat lui-mêraeet le corps législatif seront conservés.

Tous les sénateurs présents, signent. Tous les scaatemrs absenls, adhèrent.

M. k général Dessoles est nommé commandant

^ la garde nationale de Paris.

I^aris , il pensa k se jeter sur la Loire avec Jes ciriqaaq^e mille komnes qui lui restaient, et quand on lai fit craindre qae cela n^amenât «ne guerre civile, il s'éicm : «Marchons vers les Alpes!..» Mais les ^ands officiers de sa coaroone étaient las^.

Le journal de Paris publie une pièce intitulée: Louis XVIII aux Français cette pièce est dé^ clarée n^avoir aucun caractère d'authenticité.

Le président du sénat M. Barthélémy écrit au gouvernement provisoire que le sénat a prononcé la^déehéance de Napoléon Bonaparte*

L'empereur de Russie en apprenant cette nouvelle > ordonne la délivrance de tous les prisonniers, français qui sont en Russie.

Le gouvernement provisoire fait une adresse aux armées Françaises. Cette pièce se termine ainsi: «Soldats, vous .n'êtes plus les soldats de » Napoléon, le sénat et la France entière vous dé- » gagent de vos serments. 3»

3. — Le sénat arrête définitivement et sur la proposition de MM. Lamberchts ,. Barbé Marbois , Fontanes, Garât, et Lanjuinais, Tacte de déchéance dont le dispositif est ainsi conçu:

Art I«^ «Napoléon Bonaparte est dccliu du y> trône et le droit d'hérédité établi dans sa famille )> est aboli.

Art. 2. « Le peuple français et l'armée sont dé- )i liés du serment de fidélité envers Napoléon Bo- » naparte.

Art. 3. « Le présent décret*sera transmii par )i un message au gouvernement provisoire de 1» M France, envoyé^de suite à tous les départements

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9 et aux armées, et proclamé incessamment dang » tous les quartiers de la capitale. »

Le corps législatif délibère sur la communica- . tionqui lui est faite de ce décret et adhère à Pacte du sénat, reconnaît et déclare la déchéance de Napoléon Bonaparte et des membres de safamille.

Le corps législatif décide qu'il se rendra auprès dessouverains alliés pour leur offrir seshommages. La cour de cassation adhère aux actes du sénat Elle commence ainsi sa lettre au gouvernement provisoire : «Nos seigneurs,nous nous empressons j» de vous adresser Fhommage de nos respects et » de notre soumission..... »

Elle termine de la manière suivante :

«Nos seigneurs, nous adhérons aux grandes » mesures de salut public que le sénat a décrétées » dans ses séances mémorablesdu i*"' et duaavril: » Elles ont exprimé le vœu des français. »

Les commissaires nommés pour les ministères sont :

A la justice,M. Henrion dePçusej;aux affaires étrangères, M. le comte de la Forêt; à l'intérieur, M. le comte Beugnot;A la guerre, M. le comte Dupont; à [la marine, M. le baron Maloqet; aux linances, M. le baron Louis; à la police générale» M. Angles.

M. Dupont de Nerapars est secrétaire général du gouyernement provisoire.

M. Roux Laborie est adjoint au secrétaire général— M. De Pradt est chancelier de la légion d'honneur — M. Bonrienneest directeur général des postes.

4 — L'empereur Alexandre a fait proposer au nom des puissances alliées, à Napoléon Bonaparte de se choisir un lieu et un établissement de retraite pour lui et sa famille. M. le duc de Vicence est chargé de lui remettre cette proposition.

Le général Raisaroff a pris aujourd'hui la ville de Melun. Il a surpris le camp de cavalerie (française) qui la couvrait, Fa mis complètement en déroute et a fait beaucoup de prisonniers^

Le sénateur Sieyes envoie son adhésion à la déchéance.

M. Dedelai d^Agier fait de même en témoignant le regret de ne s'être pas trouvé aux séances des l'^.et a.

Le gouvernement provisoire permet aux conscrits de retourner chez eux. Il renvoie de même toutes les nouvelles levées.

Il arrête que toUs les signes et emblèmes du dernier gouvernement seront supprimés.

11 publie V adresse au peuple Français surles bases arrêtées par le sénat

5., — Le gouveroenient provisoire ordonne que tout empêchemeiit au retour du pape dans ses états soit levé, et qu'o& rende à S. S. sur son passage tous les honneurs qui lui sont dûs.

La même mesure est prise relatîyement à ff niant don Carlos.

Les adhésions à la déchéance viennent de tous les corps constitués.

La constitution a été présentée au sénat.

Il Fa adoptée.

Louis $TAaisi4As Xavier est rendu aux voeux des français par une charte constitutionnelle également avantageuse au peuple et à Tauguste famille appelée à le gouverner.

Un avis du préfet de police porte: « Le monu. « ment élevé sur la place Vendôme est sous la ff garde delà magnanimité de Tempereur Alexan- « dre et de ses alliés. La statue qui le surmonte ^ ne peut y rester: elle en descend pour faire f( place à celle de la paix. »

6. — La rédaction définitive et en 29 articles de la constitution adoptée par le sénat est rendue publique.

^. — Une dépulation du corps municipal de.

(489) Paris s'est rendue chez le maréclial duc de Ragusc pour le féliciter de la conduite noble et généreuse qu^il a tenue dans les événements présents. ^

8 Sur le rapport qui vient d'être fiait par

M. l'abbé de Pradt, archevêque de Malines, le gouvernement provisoire a pris l'arrêté suivant :

« Le gouvernement provisoire informé qu'un « grand nombre de prêtres de la Belgique sont re« « tenus depuis plusieurs années dans différentes «r prisons, et notamment dans les châteaux de « Ham, Bouillon et Pierre-Châteljque leurdéten- « tion a été motivée par le refus de prières pour « Napoléon; que cette détention a été prolongée « malgré des actes de soumission authentiques re- « nouvelés plusieurs fois, arrête que les dits prê- « très de la Belgique détenus en France^ seront « immédiatement rendus à la liberté. »

g. — Le général Dessoles reçoit du gouvernement provisoire l'ordre de faire prendre la cocarde blanche à la garde nationale de Paris.

I G. — Grande revue des troupes alliées. Tedeum chanté sur la place Louis XV, en présence de l'empereur Alexandre et du roi de Prusse. Cent coups de canon sont tirés entre les ponts d'iéna et Louis XVL

Le maréchal SouU malgrç les précautions prises

(490) parle gouvcrnemeut provisoire pour lui donner une prompte connaissance des grands événements qui rendent la paix à la France et àl'Europe, n^en ayant point été informé, a reçu la bataille et de nouveaux cyprès se sont unis à de nouveaux lauriers. Les deux armées ^ si bien pénétrées d'une estime mutuelle, résultat d'une égale valeur, se sont encore mesurées Fune contre l'autre, et les troupes françaises , après une défense béroïque ont évacué Toulouse..^

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