‹ Suite au mémorial de Sainte-Hélène, ou, Observations critiques, anecdotes inédites pour servir de supplément et de correctif a cet ouvrageChapitre 30 sur 33 · II. — Abdication de l'empereur Tîapoléop · texte numérisé non relu

II. — Abdication de l'empereur Tîapoléop

« Les puissances alliées ayant proclamé que « l'empereur Napoléon était le seul obstacle au ré- « tablissement de la paix en Europe, l'empereur « Napoléon, fidèle à son serment ^^\ déclare qu'il K renonce pour lui et ses héritiers aux trônes de « France et d'Italie, et qu'il n'est aucun sacrifice tf personnel, même celui de la vie qu'il ne soit « prêt à faire à l'intérêt de la France ^^K »

(i) Le /serineot qus Napoléon avait prononcé k son couronnement ëtait aiob» conçu: «Je jure de maintenir T intégrité du territoire de » la république., et de gouverner dans la seule vue de rintérét,du bon- » hear et de la gloire du peuple Français. » (article tAdn sénatus-oonfaite du 2$ iUréal an 2(11.)

(a) L'Isle d'£lbe est le lieu de résidence accordé à Napoléon. On avait pensé k Corfou puis k la Corse.

« Fait au palais de Fontainebleau le i ï avril « 1 8 j 4* Signé Napoléon.

L'empereur Alexandre a reçu Finstilut — M. Lacretelle jeune a complimenté S. M. au nom de ce corpSw

M. Suard Fun des secrétaires perpétuels a présenté les membres à l'empereur.

Citons la dernière pbrase du discours adressé à S. M.

« Notre bonheur est votre bienfait, votre con- « quête; vous avez appris aux héros une nouvelle « manière de triompher. On se trompe sur la K grandeur, les malheurs du monde ne l'ont

Uo établissement en Italie est domié k Marie-Loaise et k son fils. Des revenus sont alloués k tons les jnembres de la famille impériale. On s^occape da sort de Joséphine et d'fiagène (a). Onipense aux aides de camps, aux serviteurs de Napoléon et Pempereur Alexandre veut que celui quHl dépossède du plus beau tr6ne de la terre, puisse comme k son lit de mort dicter un testament rémunératoire en faveur de tous ceux quM a chéris. Aucun de ses legs n^a été acquitté.

(a) Lucien avait ët^ suivi dans tout le temps de ses courses par un prltre adroit nommé G*, il l'avait eu des mains de sa femme «t Pavait emmené avec lui en Italie. Il le ramena en France ^ Te' poque des cent jours. Mais quand il fallut repartir pour Rome , le prêtre ne voulut plus mouler en voiture. L'étoile du matlre avait pili ; Tatlacliement du serviteur disparut. Lncien partit seul , et noire ecclésiastique faisant , des secrett qu*il avait dérebés, sa cour aui puissances ^u temps, obtint une cure de campagne qui s'est changée depuis en quelque chose de mieui....

fc attesté que trop souvent. Mais qnei cœur peut « se tromper sur la magnanimité! DéscH'mais on se « défiera de toute admiration que Fépouvante « accompagne, Fadmiration n'est légitimeque lors- « qu'elle est mêlée d'amour» La nôtre est bien € pure. Nous ne louons pa», sire^nous bénissons. »

II Adhésion de l'armée 'aux actes du sénat Fontainebleau 1 1 açril i&i4-

Messieurs et sénateurs, l'armée essentiellement obéissante n'a pas délibéré; elle a manisfesté son adhésion quand son devoir le lui a permis. Fidèle àses serments, Tannée sera fidèle au prince que la nation française appelle au trône de ses ancêtres.

• J^adhère pour moi et pour mon état major aux actes du sénat et à ceux du gouvernement provisoire.

Le prince vice connétable major général , signé Alexandre.

Le bureau du personnel du ministère de la guerre reçoit chaque jour un grand nombre de lettres dans lesquelles MM. les officiers français de tout grade, en activité, en réforme, en retraite donnent leur adhésion aux actes du gouvernement provisoire. Leurs déclarations portent ce caractère de franchise qui sied à des militaires et à de vrais français.

13;. Arrivée àa comte d'Artois à Paris.

S. A. R. est à chevaL Elle porte l'uniforme de la garde nationale.

Le président du gouvernement provisoire a dit: «Monseigneur 9 le bonheur que nous éprouvons « en ce )our de r^énératîon est au delà de toale c( expression , et Monsieur j reçoit avec la céleste a bonté qui caractérise soa auguslte maison, l'homme mage de notre religieux attendrissement ûi de « notre dévouement respectueux. )i

Le prince â: répondu;

c< Messieurs les membresdu gouvernement proie visoire^ je vous remercie de ce que vous avez (( fait pour notre patrie. J'éprouve mie émotion « qui m'empêche d^exprimer tout ee quejerestsens. <( Plus de divisions; la paix et la France! je la re- « vois enfin et rien n'y est changé, si ce n'est qu'il « s'y trouve un Français de plus.... »

1 3 Les actes d'adhésion sont si nombreux

qu'on renonceàle& insérer dan& le mofiiteur dont ils couvraient les cdsonnes. Il faudrait nommer toutes! les villes, toutes les carporationSi.^^ on peut assurer que dans cette grande circonstance, la France est uftamme.

Les Anglais débloquent ceux de nos porti^ qtii arborent le pavillon blanc.

Le gouvernement provisoire fait une adresse à Tannée : r Soldats, vous n^êtes plus à Napo- « léon, mais vous êtes toujours à la patrie.... K etc. »

Le gouvernement arrête que le pavillon blanc sera arboré sur les vaisseaux de guerre et de commerce

Il arrête que tous les prisonniers de guerre seront rendus.

i3. — Le gouvernement arrête ce qui suit:

« La cocarde blanche est la cocarde française; « elle sera prise par toute Farmée.

i4* — Dans la nuit du i4 ^u i5, le mot d^ordre donné par Sacken gouverneur de Paris a été Vienne et le mot de passe Français.

1 5 — L'empereur d'Autriche fait son entrée à Paris.

L'Empereur Alexandre et le roi de Prusse sont allés au-devant de S. M.

S. A. R. le comte d'Artois a reçu les souverains alliés au boulevard du temple.

S. A. R. était escortée par la garde nationale à cheval.

L'empereur d'Autriche est descendu au palais Borghèse ; l'empereur Alexandre à l'hôtel de

(495) rinfantado (i)j le roi de Prusse àThôtel du prince Eugène; le prince Schwarzemberg à l'hôtel de la reine Horiense.

i6 S. A. K Monsieur, nomme quelques

membres pour former le conseil d'état provisoire. M le baron de VitroUes secrétaire d'état provisoire fera les fonctions de secrétaire du conseil.

S. A. R. reçoit les membres des sections réunies de l'ancien conseil d'état.

Les commissions plus ou moins étendues données par Monsieur au nom du roi dans les circonstances passées , sont et demeurent révoquées.

, 17. — La première légion de la garde nationale de Paris après avoir passé la revue de S. A. R. Monsieur^ a émis le vœu, d'un mouvement unanime et spontané, de faire rétablir la statue équestre de Henri IV sur le Pont-Neuf. — Elle a fait à ce sujet aux habitants de Paris une adresse

(i) Autour de Photel étaient trois compagaies de la garde, une dans la rue St. Florentin» une dans la rue de RivoU, unedanslarueduMontthabor. — Les soldats couchaient sur de la paille dans la me.

Le matin ils faisaient leur toilette sur les pierres des maisons en coDStructioo.

(49«) signée par son colonel M. le duc deCkoîseul Prd»r lia (i>

21 — Le duc de Berrj arrive par la barrière de Glichy.

Il entre environné des maréchaux de Fran<:e et d'un grand nombre de généraux et officiers.

Après un discours de M. de Chabrol, préfet, S. A. R. répond:

« Messieurs, mon coeur est trop ému dans ce ff moment pour exprimer tous leâ sentiments qui « m'a^tent en me voyant au milieu des Français « et de cette bonne ville de Paris. Entouré de la If gloire de la France, nous venons y apporter lo « bonheur ^ ce sera notre occupation constante « jus^'à notre dernier soupir. Nos cœurs n'ont « jamais cessé d'être Français et ils sont pleins de f( ces sentiments généreux qui font le caractère « distinokif de cette brave et loyale nation. Yi* i( v.ent les Français! »

— Le tambour est supprimé dans tous les lycées. Le signal de tous les exercices sera donné au son de la cloche.

(i) Celui qm eut le premier ricT<^ de ce monument et qui en smfveilU p)us tard l 'exécution a perdu remjttot qu^il occupait dans Tadminifctratioa.

LU^abillement des élèves sera uniforme mais sans avoir rien de militaire.

Un Anglais de distinction publie Texplication suivante:

«( Une erreur qui résulte de Fsl^plication ff inexacte des termes distinctifs convenus dans fc le vocabulaire héraldique Français a donné lieu « de confondre en certains cas, Fappellation de <f Léopards SL^^ec celle de Lions.

« Le symbole de l'Angleterre est le Lion. Tke «f English Lion. On dit: Cœur de Lion. Et tout

< Anglais envers qui l'on se servirait de Texpres-» ic sion: The English Léopard , ne saurait y rien it comprendre. Trois Lions passants^ l'un sur « l'autre et la tête vue de face sont les armes du te roi d'Angleterre et, c'est dans cette situation que « le blason Français les appelle Lions léopardés: c( il ne doune jamais la dénomination de Léù^ « pards qu'à ces amimaux mêmes dont la descrip- « tion est très différente , ou aux Lions ram-

< pants, dont la tête est pareillement vue de te face (i).

(i) Je m^étoime que cet Anglais de distinction qui donne de si belle» notée sur ie blason de son pays* n^ ait pas cité le Lion qui servait d^É*

K Cette erreur de fait, même dans Femploi des <i termes techniques déjà essentiellement impro- « pre, est de toute inconvenance. Substituer au « Lion emblème du courage, et de tous les nobles « caractèr«i de la véritable magnanimité attiibuée « àce roi des animaux, le Léopard, emblème de « la cruauté et des lâches indices d'une féroce et « déloyale perfidie , est chose aussi déplacée, « aussi ridicule, que si, en parlant de la haute ré- « putation des aigles françaises, on les confon- « dait avec des espèces subalternes, et Ton se par- ¥ mettait de dire: les f^ autours, les Êperviers a français! »

32. — Des commissaires extraordinaires sont envoyés dans les vingt deux divisions militaires d« la France actuelle.

B|; Royer CoUard est nommé directeur général de la librairie.

a 3 — Des conventions sont ratifiées par S.A. R Monsieur avec les souverains alliés.

Toutes hostilités ci^sent.... Les troupes alliées

pagneul ftu puissant roi d^Égypte Osymandias, et qui lui fut après sa mort doDDC pour attribut. Il eut établi par Ik «les rapports eutre le vainq^ueur de la Bactriane et le roi de Hanovre , et ses conclusiokis n^ea fusse^ devenues que plus lumineuses par ce rapprochement et cette «ntdîlion .

(499) évacuent le territoire.... Les places du Rhin sont remises-... etc.

Le général Garnot, ancien inspecteur général du génie est rendu aux mêmes fonctions

Le général Le Courbe est réintégré dans son grade de général de division; son frère dans ses fonctions de juge.

Les officiers russes portent la cocarde blanche unie à celle de leur uniforme.

L'empereur de Russie ayant pris sous sa protection les troupes polonaises qui étaient au service de France, enjoint aux officiers et soldats de le rendre à Saint-Denis, lieu assigné pour leur rassemblement.

Les troupes Belges sont autorisées à retourner dans leur pays.

Les corps de piouiers Italiens, Illy riens, Espagnols, Napolitains, sont dissous.

^4 S. M. Louis XVIII est débarquée à

Calais. Elle est venue de Douvres sur un yacht

Anglais portant pavillon d'amiral de France.

25 M"®. Simon Candiello publie une cantate auoc Parisiens dédiée à S. A. R. madame la duchesse d'Angoulême.

L'emperenr de Russie et le roi de Prusse, accompagnés du colonel Laharpe et de MM. de Hum-

( 5oo )

boldt et de Lasteyrie visitent le conservatoire des arts et métiers.

26. — . Une dépêche télégraphique datée de quatre heures du matin annonce l'arrivée du roi à Boulogne.

L'empereur d'Autriche visite le palais du corps légisiati£ Il remarque dans la bibliothèque un exemplaire des offices deCicéron,en marge duquel sont des notes écrites de la main du Dauphin fils de Louis XVI.

27 L'empereur Alexandre visite le muséum

d'histoire naturelle. Il témoigne sa satisfaction de l'ordre qui règne en cet établissement consacré (ce sont ses termes) à V instruction de V Europe entière.

L'empereur d'Autriche visite la bibliothèque de l'institut et la bibliothèque mazarine, la galerie d'architecture, celle des dessins de Cassas... et examine tout avec intérêt.

38 Premier programme de l'entrée du roi,

publié par ordre de M. Beugnot commissaire de l'intérieur. — S. M. viendra par la porte Saint Denis. — L'inscription en l'honneur de Louis XIV ssra rétablie sur le fronton du monument (i).

M. Bviugnot cnyoya ce programme pour être approuvé par mon-

( Soi )

3b Second programme, détaillé, publié par

ordre de M. le marquis de Dreux Brézéy grand maître des cérémonies.

I*'. Mai — ^Les maréchaux de France vinrent au

devant du roi à Compiégne Une députation du

corps législatif s'y rend aussL

Les dernières nouvelles venues des frontières de là Norwége indic[uent que les troubles qui se sont élevés ne sont pas encore apaisés. Ces nou - Telles ont hâté le départ du priiace royal de Suède. S. A. R. se proposait de voir le roi de France à G>mpiégne, y étant déjà annoncée par le maréchal comte de Storling, que S: A. R. avait envoyé pour complimenter S. M.

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