Entrée du roi à Paris
Dans la voiture découverte de S. M. sont, auprès d^ elle Madame duchesse d'AngouIême^ devant elle, M. le prince de Gnidé et M. le duc de Bourbon.
Le comte d'Artois à cheval est à la portière de droite j le duc de Berry est à la portière de gauche.
Les maréchaux entourent les princes. Les lieutenants généraux et un nombre considérable d'officiels distingués viennent après eux.
Le préfet de la Seine offre an roi les clefs de
Paris et fait hommage à S. M. de ta nouvelle statue de Henri IV.
Le roi dit : « Enfin me voici dans ma bonne ville » de Paris^ J'éprouve une vive émotion du témoi- 9 gnage d'amour qu'elle me donne en ce moment. » Rien , ne pouvait être plus agréable à mon cœur » que de voir relever la statue de celui de mes » nobles aïeux dont le souvenir m'est le plus )i cher«»
« Je touche ces clefs et je vous les remets : elles » ne peuvent être en meilleures mains ni confiées à 9 dids magistrats plus dignes de les garder. »
Les cris de vive le roi se font entendre de tous €Otés.Des couplets de Désaugiers sont répétés par mille bouches. (i)Le Te Deum est chanté à Notre Dame où S. M. s'est rendue (2).
(1) Avec Dësaogien 7 autres poètes fireot des chansons, elles furent tif^ k TÛigt quatre mille exemplaires et chmaëes aux joueurs d'orgues pour être distribuées dans Paris. Chaque auteur eut cent 'lauâde gratification. Sur le rapport qui motiya ce payement M. Beuguol écrivit : payons , quoiqu^on nous ait donné Ik de bien méchants yers !
(3) U y ayait concurrence pour ce Te Deum, M. Le Sueur youlait donner sa nausiqne; M. Mewoom youlait faire préyaloir la sieime. Le premier était maître de la chapelle des Tuileries sous Pempereurpi prétend Tétre aussi sous le roi ; et dès lors ce sont ses accords qui doiicnt être entendus k Notre Dame où son souyerain doit se rendre. Mai» le second est protégé par M. le prince de Béneyent qui le reoom-
Là garde natioiiale à cheval se signale par son enChousiasme. ^
Madame Blanchard part en ballon du Pontneuf au moment où le roi passe devant la statue de Henri le Grand: elle jette du haut des air^, des devises et des couronnes ( i )»
mande vivement k M. le comte Beagnot chargé de là haute main sur la fête de Pcntrée du roi. Ge conflit cause plus d^èmbarras qu^on ne pense. Chaque musicien-chef avait sa cohorte qui menaçait d''en venir aux mains. M. Charon était Taidede camp de M. Newcom et il le poussait aux partit extrêmes. Il fit bien, car il Temporla. A minuit rien n^ëtait encore décidé et Ton ignorait sur quel ton on chanterait le lendemain à l'église métropolitaine. M» le baron Pasquier fut informé de Veut des choses et vers deux lieures, pour en finir , il envoya sommer M, le Sueur de se tenir coi et de rester chez lui tonte la journée du trois, laissant ainsi le champ libre k son rival. Cela rappelait tout k fait le lutrin de Boileau et si quelque poëte épique se fut trouvé Ik, il avait devant lui le sujet d^une épopée.
(i) Sur le Pont neuf étaient deux temples figurés avec des colonnes qui étaient les mêmes que celles qui avaient servi pour la décoration du Pont Louis XVI lors des fêtes du mariage de Pempereur. Ces temples étaient élevés sur une espèce de tertre où Ton arrivait par vingt cinq marches. Le tout était porté par des charpentes fort minces, le temps avait manqué' pour songer k la solidité, et Pon fut obligé de mettre une haie de gardes pour empêcher PaiHuenoe sur le tertre plein > Sans cette précantion on eut vu le peuple sVmparer des gradins et par son poids, entraînant les deux édifices d^architecture grecque, il eut renouvelé TafFreuse scène du mariage du dauphin, où par des vices de police tant de curieux furent écrasés.
Des pelotons de la vieille jgarde marchent serrés^ poudreux, leurs aigles ont la cravate blanche. Ces braves ne peuvent sourire, et n'osent pleurer L..