LIGATURE ET RESECTION DES EI
NES THROMBOSEES. — A Vinstar des auristes qui ligaturent et résèquent les sinus veineux latéraux, dans la mastoïdite, compliquée de thrombo-phlébite, les accoucheurs ont cru qu’il était possible d'obtenir la guérison de l'infection puerpérale, compliquée de thrombophlébits des veines du bassin, en ligaturant et en résé-
quant les veines thrombosées. Freund, Trendelenburg, Williams, Vineberg, Lejars, Faix, Vanverts, Pancot et autres ont eu quelques beaux succès à enregistrer à. la suite de la ligature et de la résection des veines throm-
L’unique indication de l'opération est la pyohémie, Le difficile, c’est d’établir le diagnostic de pyohémie; aussi ce traitement est-il encore à l’étude, et les accoucheurs sont encore peu enclins à le tenter, et seulement comme dernière ressource. La difficulté du diagnostic, et le fait que beaucoup de patientes guérissent sans opération et que beaucoup paraissent mourir par suite de l’intervention, qui auraient guéri sans elle, sont autant de facteurs qui découragent et détournent d’une telle opération. Cependant l'opération doit être très précoce pour avoir quelque chance de succès; si l’on opère trop tard, la malade peut mourir d’asthénie progressive, même après une amélioration passagère de l’état général.
Trendelenburg conseille d’opérer dès que la malade aura eu deux frissons nets, qui ne peuvent être dus qu’à la dissémination, par voies veineuses, d’embolies septiques. Michels trouve l'indication de l’opération dans ‘a présence, sur le côté de l’utérus dans le ligament large, d’une tumeur dure et douloureuse. On peut encore se guider pour établir le diagnostic de thrombophlébite, sur la fréquence des grands frissons, le type rémittent de la fièvre, l’accélération du pouls, la palpstion d’une masse dure, vermiforme, douloureuse, à !a base du ligament large.
On a proposé trois procédés de ligature des veine::
1° Le procédé de Trendelenburg par voie extra-pi-
ritonéale, On opère comme au cours d’une ligature” d’iliaque externe. On pratique une incision latérale, et par voie sous-péritonéale on va à la recherche des deux veines hypogastriqaes et des deux veines utéroovariennes que l’on ligature largement au-delà des régions thrombosées ;
8° Taylor, de Benumgham, y allait par voie vaginale;
3° Aujourd’hui ou préfère le procédé de Bumm, Par voie transpéritonéale qui est plus sûre, plus facile, et permet d'agir simulanément des deux côtés. On pratique une incision abdominale médiane suffisamment large pour explorer des doigts et des yeux les veines thombosées, Un incwe le péritoine au-dessus de la li-
mite supérieure de Les veines qu'on ligature au delà des thrombuew : puis on résèque, si la chose paraît aisée, les veines turumbosées dans toute l'étendue de la portion oblitéréæ, Ou termine, en réparant, au catgut, les brêches péritonéales,
C. TRAITEMENT SPECIFIQUE. — Le traitement spécifique a pour but d'atteindre les microbes qui ont envahi l'organisme, de les neutraliser et de débarrasser 10 sang de leurs toxines. On peut tenter d'obtenir ce but de différentes manières: 1° par l’antisepsie genérale ou Par une influence bactéricide ; 2° en stimulant la puissance bactéricide et antitoxique du sang; en renfonçant les défenses de l'organisme.
Les différents moyens, méthodes ou médicaments suivants ont été essayés ou préconisés pour obtenir l’un ou l’autre de ces résultats, ou les deux à la fois.
I. INJECTIONS MEDICAMENTEUSES, — Les injections médicamenteuses sous-cutanées n'ayant donné aucun résultat appréciable, on a eu vite recours aux injections intraveineuses. Toutefois il faut faire une exception pour l'injection sous-cutanée de térébenthine ou de sérum térébenthiné qui a donné de beaux succès; j’y reviendrai dans quelques instants.
Les injections intraveineuses sont faites avec: (a) une solution de mercure; (b) du salvarsan; (c) l’argent colloïdal.
(a) Injection, intraveineuse de mercure. — En 1894, Barsony a expérimenté la solution de sublimé dans l'infection puerpérale. En 1909, au Congrès de Buda-Pesth, Barsony préconise les injections intraveineuses de sublimé. Il conseille d’employer les solutions à 5/1000, 3/1000 et 2/1000 dans du sérum physiologique. Il donne une première injection d’un centimètre cube de la solution à 5/1000, soit cinq milligrammes de sublimé. Lorsque la fièvre ne tombe pas. il pratique les jours suivants, matin et soir, une injection d’un centimètre cube de la solution à 3/1000. Quand des phénomènes d’intoxication surviennent, il cesse les injections pour les reprendre à ia disparition des phénomènes d’intolérance. Il emploie alors des doses plus faibles de la solution à 2/1000.
Stowe, l'associé de Lee, a essayé ces injections dans 34 cas. Dans les mains de Stowe, ces injections ont été complètement inoffensives, mais n’ont pas donné de résultats appréciables. Leur avantage est d’augmenter la leucocytose, et d'élever le pouvoir opsonique.
Souligoux dit avoir eu de bons résultats avec le sublimé. Il a aussi employé avec succès l’injection in-
tramusculaire de cyanure de mercure, tous les jours un centim vante:
dont il injecte ètre cube de la solution sui- Cyanure de mercure—un centigramme.
Stovaïne—un centigramme, Eau—cent grammes.
Si l'infection persiste, sept injections séparées par cinq jours de repos. Les injections de mercure sont contre-indiquées dans les cas de néphrite et d’anémie prononcée, (b) Salvarsan.— Quelques accoucheurs ont em-
P'oyé avec succès Je salvarsan dans li
infection puerpérale. Je l'ai essayé une seule fois et je n’en ai eu aucun tésultat,
(c) Argent colloïdal.— L'argent colloïdal se présente sous deux formes: 1° Je collargol qui est obtenu Par la méthode chimique; 2° Pélectrargol qui est un produit obtenu par la méthode électrique; il a des grains beaucoup plus fins et il est Parfaitement pur; aussi est-il capable de se résorber beaucoup plus aisément. Beaucoup d’accoucheurs préfèrent l’électrargol : cependant Netter Pense que le pouvoir bactéricide du collargol est supérieur à celui de Pélectrargol.
Le collargol et Pélectrargol ont été
ï les différentes voies :
Souligoux fait des séries de
expérimentés 1° Voie cutanée — Créq ‘oïci la formule :
Collargol, 15 grammes.
Cire blanche, 10 grammes, Axonge benzoïnée, 90 grammes,
é faisait un onevent dont
(io
Avec 1 à 3 grammes de cette pommade, il frictionnait, pendant 15 minutes, une région du corps bien lavée au savon et à l’éther. Cette méthode n’a donné aucun résultat heureux.
2° La voie stomacu!e essayée par Crédé, n'a pas donné plus de succès.
3° La voie rectale a été une faillite.
4° La voie sous-cutanée est cause de douleurs vives, persistantes. L’absorption du médicament est lente, et ï se produit un thrombus noir.
Cette voie est abandonnée en clinique.
5° Voie intra-musculaire—L'injection intra-musculaire constitue un très utile adjuvant aux injections intraveineuses dont elle renforce et prolonge l’action. On se sert de l’électrargol dont on injecte 10 à 15 centimètres cubes de la solution à 1 p. 100, matin et soir, en plein muscle fessier.
6° Voie intra-veineuse. — C'est là la grande voie d'introduction du collargol ou de l’électrargol, la seule vraiment active, efficace.
Technique de l'injection intraveineuse.—Le manuel opératoire doit être aussi simple que possible. Il est inutile de dénuder la veine au bistouri. On n’aura recours à ce procédé qu'aux cas où la veine est inaccæssible par suite de la surcharge graïsseuse. On procède généralement par une ponction de la veine au travers de la peau. On choisit d'ordinaire une veine du pli du coude (médiane céphalique). Si cette veine n’est pas assez accessible, on peut faire l’injection dans toute eutre veine de l’avant-bras, de la face dorsale de la main, de la jambe.
z = | 5 =: 5 nn a ———— ———— RS
Après avoir stérilisé complètement l'endroit à piquer, on opère une constriction du membre un peu audessus, soit à l’aide d’une bande de toile, soit au moyen d’un tube en caoutchouc.
L'opérateur s’assied près de la malade, dans un bon éclairage, et fixe avec le pouce de la main gauche la veine, dans le but de l’immobiliser juste au-dessus du point où doit pénétrer l'aiguille, qui doit être d’une longueur d’à Peu près 5 centimètres, avec un biseau Court afin de ne pas pratiquer une transfixion de la veine, Une goutte de sang apparaissant à l'extrémité de l'aiguille indique que l’on est bien dans la veine. La seringue, préalablement remplie de la solution d'électrargol, et purgée soigneusement de la moindre bulle
d'air, est adaptée sur l'aiguille. La bande constrictive est enlevée, et Vinjection est poussé bien lentement, Il faut en même temps tenir l'aiguille aussi immobile que possible, Quand linjection est terminée et l'aiguille retirée on applique soit une compresse stérilisée maintenue par une bande, soit un pansement au collo- &ion.
La dose de collargol on d'électrargol à injecter est de 10 à 15 centimètres cubes d’une solution à 1 p. 100 qu’on trouve aisément dans le commerce en ampoule scellée.
L’injection intraveineuse n’est pas douloureuse. Elle n’offre des dangers ou des inconvénients que par l'imprudence ou Vinattention du médecin. Quelquefois, au cours de l'injection, la malade ressent une douleur au coeur, un malaise indéfinissable ; elle éprouve le la suffocation qui disparaît assez vite, Est-ce là le résultat d’embolie gazeuse ou autre ? Je n’ai jamais en
Fr
d’accidents au cours ou à la suite des nombreuses injections intraveineuses que j'ai faites, cependant j'ai remarqué parfois ces malaises qu’éprouve la malade; pourtant je purge soigneusement ma seringue des bulles d'air et je fais l’injection d’une manière très lente, Pour éviter, prévenir ou faire disparaître rapidement ces indispositions de la patiente, je pratique, immédiatement avant l’injection, une piqûre de ? milligrammes de strychmine, ou je tiens ma seringue de Pravaz chargée de strychnine prête à m’en servir au besoin.
Un accidentiqu'il faut éviter, c’est la transfixion de la veine, qui peut se produire soit au moment de l'introduction de l’aiguille, soit au cours même de l’injection. Si l’on fait une transfixion de la veine, il faut retirer l’aiguille pour la réintroduire plus haut ou même sur un autre vaisseau. Si l’on continuait à . pousser l'injection, en dépit de la transfixion, on produirait un épanchement dans le tissu cellulaire sous-cutané et périvasculaire. Cet épanchement plus ou moins volumineux, douloureux, de consistance dure, gêne les mouvements du membre, et peut même s’infecter et produire un abcès.
Un autre accident, heureusement très rare de l’injection d’electrargol, c’est l’hémorragie qui survient quelques heures après. Bonnaire, Tessier et Jeannin en ont vu des vas.” Ces hémorragies sont multiples: utérines, nasales, gingivales, cutanées. D’ordinaire peu abondantes, elles sont parfois tenaces et mortelles. On ne peut encore donner aucune explication de ces hémorragies. Quelques accoucheurse, pour les prévenir, font précéder de quelques heures l'injection d’électrargo:
d’uve injection sous-cutanée de 10 c, c. de sérum de cheval.
Pouvoir catalytique.
Résultats de l'injection intra-voineuse —A . oz fréquemment daus les deux heures qui suivent l'injocticn, on observera un grand frisson et une élévation consiilé rable de la température (40° à 41°). Cette réaction fébrile est d’ailleurs plutôt un bon signe qu’un mauvais. Dans les douze heures suivantes la température tombera en lysis,
trois ou quatre jours:
en lysis, on observe de d
fection continue, Ces deux éven-
tualités semblent se présenter avec une égale fréquence.”
La principale indication de l'injection d’argent colloïdal est la généralisation de Pinfection,
Vu la courte durée de Faction °n à conseillé de la répéter tous les ternant avec une injection ir: i que la température revienne à la normale, jamais d'injection intra-musculaire, parce que je la
trouve sans résultat positif, mais je répète l’injection intraveineuse tous les jours.
Quelques accoucheurs, au lieu d'employer largent colloïdal, ont essayé l’or, le platine, le Rhodiuwm, le radium à l’état colloïdal, et ils en ont obtenu des résultats analogues à ceux de l’argent colloïdal.
II. ABCES DE FIXATION, METHODE DE FOCHIER. — Caries a défini cette méthode: “Une réaction locale ryogène, aseptique, créée à volonté dans le but d’atténuer ou de guérir une maladie infectieuse en immihence de suppuration” En effet, la méthode de Fochier consiste à créer artificiellement un foyer de suppuration, facile à traiter, dans le but de fixer en un point la septicémie qui a c=vahi l’organisme.
Pour obtenir ce résultat, il fallait trouver une substance à effet local bien limité et dont le pouvoir toxique fut nul en se diffusant dans un organisme déjà profondément infecté et affaibli; il fallait en même tmps que la réaction produite localement put être suffisante, que le pus apparût vite et abondamment. Après des essais nombreux avec différents produits vhimiques, Tochier en est venu à la conclusion que seule la térébenthine remplissait tous les desiderata voulus.
Technique.—Quelques accoucheurs conseillent de se servir de l’essence de térébenthine pure, rectifiée, ou au moins bouillie. Cette précaution n’est pas indispersable, puisque la térébenthine est par elle-même un de: plus puissants antiseptiques; aussi peut-on employer l'essence de térébenthine du commerce, même cel'e ‘épaissie par le vieillissement et l’oxygénation. Les ef-
fets de cette dernière sont plus prononcés et plus rapides, comme je l’ai très souvent observé,
La quantité à injecter est de 1 à 5 centimètres cubes, Quelques accoucheurs, Fochier entre autres, pratiquent matin et soir une injection d’un centimètre cube. Je préfère donner d'emblée et en une seule dose, de trois à quatre centimètres cubes. Fabre a pratiqué chez une malade vi inj de 1 centimètre
un cas d’erreur thérapeutique dans centimètres cubes en une
Le point à choisir pour l'injection n’est pas quel- (Onque. On ne fera l'injection dans la région externe de la cuisse que dans les cas où, une autre, qui est la
aque antéro-supérieure à ut ailleurs, l'injection de-
use, Le térébenthine sera
Evolution de l'abcès.—L/injection en elle-même est rarement douloureuse, Si l'abcès ne Prend jus, il y 4 un manque absolu de réaction locale ; tout au Plus peutil exister parfois un peu de sensibilité de la peau pendant quelques heures, un peu de tuméfaction durant un
jour ou deux:
rien, elle agit comme de l’eau. Il s’agit alors d’infections extrêmement graves.
Si l’abcès prend, c'est là le signe d’un pronostic dun bon augure; la réaction inflammatoire se produit. Déjà quelques heures après l'injection, la douleur se manifeste, devient de plus en plus vive; elle est spontanée et exagérée par la pression, mais supportable. La tuméfaction est d'abord diffuse, puis elle se limite, se localise nettement en un point qui atteint le volume d’un oeuf de poule, ou d’une grosse orange: plus la tuméfaction est considérable, meilleur est le pronostic. La rougeur est généralement tardive; cependant on remarque parfois, douze heures après l’injection, un placard rouge qui s’agrandit plus ou moins rapidement.
Dans certaines circonstances ce n’est qu'après la troisième ou la quatrième piqûre que la réaction locale se produit et que la suppuration s'établit, apparaissant successivement au niveau de chacune des injections antérieurés, en ordre inverse de leur ancienneté.
En deux ou trois jours, le pus se collecte ; et si l'on ouvre labcès à ce moment, on peut en retirer de larges lambeaux à demi sphacélés, nageant dans un pus gruméleux encore riche en essence. Du huitième au douième jour, le pus ressemble à du mastic jaune clair, épais et consistant; plus tard le pus est bien lié ave quelques débris à peine. Le pus est absoument aseytique
L'abeès peut évoluer sans bruit, tiède ou même froid, à l’insu presque total de la patiente. J’ai même vu de ces abcès donner une quantité énorme de pus lorsqu'on les ouvrait, sans avoir donné le moindre m«- Jaise.
S'il n'apparaît aucune réaction locale, vingt-quatre heures après Finjection, on doit faire une seconde Riqûre au même endroit on du côté opposé; une troisième au besoin, et ainsi de suite jusqu’à ce que la Suppuration s’ensuive, Après la formation d’un abcès, si la maladie ne semble pas jugulée, il ne faut pas, d’après Fochier, ouvrir labcès mûr avant d’avoir pris soin d’en provoquer un autre. Cependant j'ai remarqué assez souvent qu'après avoir ouvert l’abcès, sans en pro- Yoquer un autre, la température tombait et restait à ‘a normale,
D’après Audebert, la défervescence n’a lieu le plus souvent qu'après l’incision de l’aboès. Mon expérience confirme l'observation d’Audebert, Il arrive parfois
gu’après la formation et l'évacuation d’un abcès, J’infection semble disparaître : l'état général s’améliore, la température revient à la normale ou à peu près, le pouls tombe. L'amélioration persiste pendant quelques jours, puis la situation s'aggrave à nouveau. Il ne faut Pas craindre alors de répéter l'injection de térébenthine et de Provoquer un second abcès qui jugulera définitivement la maladie.
Il n’y a que peu ou point de réaction thermique au cours des abeès,
11 n’y a aucune contre-indication à la provoration d'un abcès artificiel.
Terminaison de l'abcès.—T/abcès peut se terminer : (a) par résorption spontanée quand la réaction locale a été faible; (b) par sphacèle de la peau, quand Vinjection a été faite trop superficiellement ou que la térébenthine a fusé dans la peau au moment de Pextraction de l’aiguille: (c) par Passage à l’état chronique,
J’abcès non ouvert et peu abondant se résorbant au bout de quelques mois; (d) par ouverture chirurgicale,
Traitement de l'abcès.—Pendant la période de formation de l’abcès, on applique, sur la région tuméf'ée, des pansements humides et chauds, et même, d’après Fabre, des cataplasmes de farine de lin. Je pratique généralement l'injection en un point assez élevé pour y appliquer les compresses humides, tout en me laissant en-dessous, l’espace voulu pour continuer l'application de sacs de glace sur le bas-ventre.
Il ne faut pas se hâter d’inciser; il faut attendre que l’abcès soit bien collecté et sur le point de s'ouvrir (8 à 10 jours). D'un autre côté on ne doit pas attendre l’ouverture spontanée de l’abcès, parce qu’alors la cicatrisation sera longue. Quand la peau est amincie, on y fera une courte incision au bistouri; souvent il vaut mieux faire une longue incision. On exercera de temps à autre de légères pressions sur labcès pour en faire sortir le pus. On n’appliquera aucun drainage; on pansera à plat et à sec. J’ai l'habitude d’injecter, par l'ouverture, un peu d'eau oxygéne pure: la guérison est plus rapide.
Valeur de la méthode de Fochier.—La valeur pronostique de la méthode de Fochier est très grande. Tous les auteurs sont d'accord sur ce premier point. En effet, tous ont observé qu’en £ ‘éral la formation d’un abeès marque le début de le élioration dans la marche de l'infection, amélioratiou qui persiste presque toujours. Lorsque le développement de l’abcès est rapide, le pronostic peut être considéré comme très bon. Cependant on a vu la mort survenir quand l’abcès avait pris rapidement et avait suppuré abondamment, Quand
la réaction locale est nulle ou n’est que momentanée, le. . Pronostic est très sombre.
Contrairement à ce
cette méthode.”
Les insuccès de la méthode de Fochier sont due le plus souvent à ce qu'on a recours aux injections de térébenthine trop tardivement. Qu'on retranche des traités d’accouchement cette phrase: “l’emploi des injections de térébenthine est indiqué dans les cas graves. où l'infection générale domine et ne cède pas aux moyens ôrdinaires” qu’on remplace cette phrase par une autre ainsi conçue Par exemple: “l'injection de térébenthine est indiquée quand l'infection se généralise et qu'elle une tendance à devenir grave” Il ne faut Das essayer tous les traitements ordinaires avant de recourir à l’abcès de fixation; c’est donner à l'infection le temps de devenir trop grave; cest espérer de la mé-
i ne peut pas toujours plutôt hâtivement, et us souvent qu’on ne ement convaincu que r curative, qui donne ns les cas désespérés,
yée très tardivement et
qui n’y ont recours ause. L'expérience que j'en ai eue, dens un grand nombre de cas auprès desquels j'ai été
appelé tardivement, confirme amplement ma foi en cette méthode, Employée hâtivement, cette méthode est presque synonyme de guérison. Est-ce à dire que tous “les cas d'infection cèderont à ce traitement ? y a-t-il des remèdes infaillibles ?
Mode d'action des abcès de fixation.—Les théories pour expliquer l’action bienfaisante de l’abcès dit de fixation n’ont pas manqué, et l’on peut dire comme Carles dans sa thèse:
“Autant d’auteurs, autant de théories”. D'après Carles, qui résume les principales théories, les résultats obtenus doivent être rapportés:
“1° Aux propriétés antiseptiques, ozonisantes et stimulantes de l’essence de térébenthine.
“2° C’est affaire de révulsion, de dérivation, d’action substitutive.
“3° Diapédèse et action phagocytaire.
“4° Etat bactéricide du sang dû au travail des leucocytes,
“5° Elaboration de toxines au dehors du foyer atteint. Fochier s’est demandé si autour du foyer purulent ne naissent pas des substances solubles capables de vacciner tout l’organisme.
“6° Théorie de fixation. Migration des microorganismes en même temps que des globules blancs vers le point nouvellement lésé.
Une telle explication paraît des plus simples; on conçoit très bien que par l’arrêt, l’enkystement des micro-organismes charriés par le sang, disparaissent tous leurs effets nuisibles. Plus de suppuration possible dans un organe quelconque, si les facteurs en sont atti-
rés, retenus et Progressivement détruits en un point que le médecin a créé de toutes pièces. st
“Bien plus, d'après M. ke Prof. Arnozan, ce ne seraient pas seulement les microbes répandus dans l'organisme qui viendraient à tout jamais périr au uiveau de l’abcès Provoqué; ce seraient aussi tant de cellules usées par la lutte, hors d'état de vivre, mortes de leur victoire contre les toxines ou les éléments microbiens. Elles errent dans le torrent circulatoire d’un organisme devenu inférieur à sa tâche; ou bien s’accumulent et <ncombrent les foyers inflammatoires.
“D'après Kiener, Baillet et Solles, elles deviennent alors plus dangereuses que des microbes et constituent de vrais foyers pestilentiels, des milieux de culture tout Préparés pour Péclosion des Suppurations secondaires,
“Véritable voie d'appel, labcès de fixation constifuerait pour elles une sorte d’organe d'élimination. Doué dun pouvoir cyto-pexique, il remplacerait avec avantage un foie surmené, devenu insuffisant”,
truction locale de ces 8ermes par l’action directe des Phagocytes, soit en augmentant la Teucocytose ét en renforçant le pouvoir bactéricide du sang, soit par l'action antiseptique de l'essence de térébenthine.
D’après Fabrs la térébenthine agivart surtout par Son action antiseptique. “Dans les cas d'absence de sup- Puration, dit Fabre, l’essence nôN émulsionnée n'est Pas absorbée, ce qui explique linsuccès thérapeutique, et la supériorité des injections de sérnm térébenthiné
dans lesquelles la pénétration dans l'organisme est certaine.”
Fabre préfère done, dans la majorité des cas, utiliser les injections : 1s-cutanées de sérum térébenthiné, plutôt que les injections sous-cutanées de térhenthine pure, parce que près le premier proc la térébenthine est plus sûrement et plus rapidement ubsorbée.
Mon habitude personnelle, depuis quelques années, est de recourir hâtivement et simultanément aux deux procédés, dans les cas d’infections puerpérales généralisées qui ne cèdent pas rapidement aux traitements ordinaires. Je considère qu'on ne doit rien négliger, dans une maladie aussi dangereuse, ne rien laisser au hasard, ne courir aucun risque, ne perdre aucune minute, Il faut doubler ou tripler les moyens qui peuvent nous assurer rapidement une victoire. Les jours, les heures même comptent dans l'infection; un tâtonnement d’un jour ou deux peut être fatal. De plus l’on sait parfaitement que souvent l’action d’un traitement renforce l’action d'un autre. D'ailleurs c’est le conseil de Fabre d'employer simultanément dans les cas graves les deux procédés; abcès de fixation et injection de sérum térébenthiné.
III. METHODE DE FABRE OU TRAITE- MENT PAR LE SERUM TEREBENTHINE. — Dans le double but d'éviter la suppuration, qui peut parfois causer des délabrements considérables de la paroi abdominale, et d'obtenir une absorption plus rapide de la térébenthine qui agit d’une manière élective sur le streptocoque, Fabre a imaginé le traitement de l’infection par le sérum térébenthiné. Par ce dernier procédé, il se résorberait, dans le même espace de temps
(supposons 24 heures) cinq fois plus de térében que par le procédé de l’abcès de fixation,
L’injection de sérum térébenthiné donne une douleur plus immédiate mais ioins durable que celle produite par l'abcès de fixation. La douleur est facilement valmée par les applications l'eau châde, La douleur est un signe favorable. L'action est la même dans les deux cas; mais elle est plus rapide avec le sérum térébepthiné, En général, on constate une #4 heures après l’injection de sérum, et, si l'injection, l'amélioration se poursuit.
L’essence de térébenthine s’élimine par l’urine.
Fabre prescrit deux injections de sérum par jour,
“ne le matin et une le soir. Il en fait jusqu'à 15 ou 20 et au-delà si l’infection s continue, Naturellement on change de région à chaque injection. .Après quatre ou cinq jours, on Peut piquer dans la région d’une ancienne injection; la douleur est un peu plus vive et c'est tout, Parfois, il persiste un petit noyau induré qui se résorbera à Ja longue ou qu’on sera obligé d’in. ciser tardivement s’il suppure.
“Dans les cas graves, dit Fabre, où il importe d'agir vite et énergiquement, on Pourra sans inconvétient combiner les deux méthodes”: abcès de fixation ct injection de sérum térébenthiné,
Manuel opératoire (d’après Fabre) (a) Liquide à injecter—Nous formulons ainsi:
Essence de térébenthine rectifiée
Alcool à 92°
Agiter et ajouter à
Sérum artificiel
thine,
défervescence, l’on continue
aa 1 gramme,
200 grammes.
“Pour avoir une bonne émulsion, il faut procéder de la façon suivante: on mélange, par agitation, 1 centimètre cube d'essence de térébenthine à 1 centimètre cube d'alcool fort; on verse le mélange dans 200 grammes de sérum artificiel, on agite; il se fait une émulsion fine qui permet l’injection.
“Il faut avoir soin d’agiter le mélange de sérum térébenthiné avant et pendant l'injection pour en maiutenir l’émulsion.
“(b)' Instrumentation. — Elle est la même que pour une injection de sérum artificiel ordinaire; dans les cas d’urgence,i un entonnoir en verre suffit. Après désinfection soigneuse de la peau, l'aiguille est piquée dans le tissu cellulaire sous-cutané de la paroi abdominale, à 5 centimètres de la ligne médiane, à la hauteur de l’ombilic. L’injection est faite sous pression faible et régulière de 1m, 25 à 1m, 40.”
IV. SEROTHERAPIE ET VACCINO-THERA- PIE DES INFECTIONS PUERPERALES. — Beaucoup d’auteurs ont fait des essais nombreux de traitement de l'infection par des sérums variés. Les résultats obtenus jusqu’aujourd’hui sont loin d’être encourageants.
En 1895, Marmorek proposait d’employer le sérum antistreptococcique seul, à l'exclusion de tout traitement local. Après la faillite de cette méthode, on employa le séram comme adjuvant ou complément du traitement local, sans beaucoup plus de réussite. Pinard, entre autres, a conseillé fortement et a employé avec une constance, qui ne s’est pas démentie un seul instant, le sérum antistreptococcique comme prophylactique et euratif de l'infection puerpérale. Comme pro-
Phylactique, le sérum n'aurait donné des résultats qu’à la Maternité de Baudelocque : les statistiques de toutes les autres maternités, où l’on a cessé de l’employer dans ce‘but vu les résultats nuls, en font foi; comme curatif, Presque tous les accoucheurs l'ont mis de côté, ou s'ils t que dans des occasions tout à fait
exceptionnelles et seulement comme adjuvant d’autres méthodes,
L’échec du sérum de Marmorek, qui peut üvoir une action très nette sur tel st lier, i
Dans le but d'obtenir un sérum d’une action générale, Marmorek a essayé d’immuniser le même animal
vantages, tour Vinfection.
Le seul avantage des sérums serait, d’après certains auteurs, de favoriser la phagocytose: ils ne neutraliseraient nullement Jes toxines, comme Je fait Je sérum antidiphtéri ue.
En tous cas, l1ns des circonstances favorables et tout à fait except imnelles, le sérum ne produirait un résultat quelcongr… «à haute dose, de 60 à 100 ce. en 24 heures, J ratique parfois des injections de sérum conjointer avec injection de térébenthine.
MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
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1653 East Main Street Rochester, New York 14609 USA (716) 482 - 0300 - Phone
(716) 288 - 5989 - Fax
Quelquefois les deux médicaments employés simultanément ont puru donner des résultats plus rapides et plus probants que l’abcès de fixation seul. L'emploi du sérum offre si peu d’inconvénients qu’il est permis ‘ou même utile d’y avoir recours parfois.
L'emploi du sérum peut présenter quelques inconvénients. L/injectinn de sérum est quelquefois suivie d’une élévation de température d’un demi-degré ou d’un degré, pouvant se prolonger deux ou trois jours, et accompagnée d’un. malaise spécial. Après un temps variant de trois à vingt jours on peut voir survenir des érythèries, de l’urticaire, des douleurs articulaires très fortes, ou même au gonflement des articulations simulant des arthrites pyohémiques. L’albuminurie est fréquente après l’emploi du sérum. Les injections peuvent même donner lieu à des abcès tardifs.
Les Américains ont tenté sur une grande échelle la vaccino-thérapie qui n’a pas eu plus de succès que la séro-thérapie. Les succès obtenus par Sir Almroth Wright dans le traitement des infections à staphylocoques et à gonocoques par des vaccins bactériens ont fait naître l’espoir qu’une méthode heureuse avait été découverte pour guérir linfection puerpérale. En 1910, la Société de Gynécologie Américaine a nommé une commission composée de Williams, Cragin et Newell, pour étudier la valeur thérapeutique des vaccins dans l'infection puerpérale. Après une étude approfondie des observations se rapportant au traitement de l'infection puerpérale par les vaccins, la commission en est
. venue à la conclusion qu’il y avait peu à attendre de ce traitement dans l'infection généralisée aiguë, type
Je l'infection bucrpérale qui demande le plus d’assistance,
Cependant quelques accoucheurs, entre autres bo. iak, ont encore voufiance dans l'emploi des dérivés bactériens polyvalents “Mixed infection Phylacogen”’, dans ‘ts infections aiguës: mais la majorité des accoucheurs en à abandonrié lemploi dans ces cas.
Dans l'infection aiguë non-seulement le phylacogen est inutile, mais il peut être dangereux d’après de Lce. Dans les infections chroniques, la cellulite suppurée, la périmétrite, le pyosglpinx, la thrombophlébite, l'emploi des vaccins donnerait peut-être quelques succès, C’est surtout dans les infections à staphylocoques, À gonocoques ou à colibacilles qu’on en obtiendrait quelques résultats passables.
Le vaccin autogène, c’est-à-dire celui qui est préparé avec les micro-organismes Propres à la malade, serait préférable au vaccin animal,
L’avantage du vaccin est d'augmenter la résistance des leucocytes.