V. LAVAGE DU SANG. — On a prôné haute
ment les injections de sérum salé ou physiologique dans l'infection Puerpérale, dans le but de faire un véritable lavage du sang, de produire une irrigation de lorganisme,
Le sérum est introduit dans l'organisme de diffé. rentes manières, De Swiecicki faisait absorber un litre de solution salée, d’abord toutes les heures, puis toutes les deux ou trois heures, au moyen d’une sonde stomacale. On peut se servir surtout de la voie sous-cutanée, lo la voie rectale, parfois de la voie intra-veineuse, Burtenshaw a proposé la voie intra-péritonéale. Dans
une boutonnière de 4 centimètres, faite à la paroi abdominale, Burtenshaw introduit, en même temps, la canule de l’injecteur profondément vers le bassin, et un gros drain pour assurer le retour du liquide. Il continue l'irrigation sans interruption pendant une heure, en faisant tourner la malade alternativement d’un côté et d’autre, pour baigner toute l'étendue du péritoine.
L’injection de sérum par voie sous-cutanée ou intraveineuse peut être de 1000 grammes. On peut inéme dépasser cette quantité et introduire 4 à 5 litres par 24 heures; cependant il n’est pas prudent de donuer des doses massives à cause de la rétention des chlorures, de la surcharge du système circulatoire ou’ de l’œdème du poumon.
Aujourd'hui Pon a surtout recours à l'appareil de Murphy pour administrer la solution physiologique ; c’est l’infusion lente par le rectum, goutte à goutte, 30 À 40 à la minute. Quand le rectum devient intolérant on met l'appareil de Murphy d’une manière intermitvente.
Les avantages du sérum seraient de laver le sang en ‘iluant les toxines, de favoriser la diurèse, de stimuler le coeur, d’agir sur la peau et Vintestin, de relever la tonicité des vaisseaux, d'augmenter la leucocytose, en un mot d’amélicrer la résistance générale de la patiente.
* Les injections de sérum sont utiles surtout dans les cas d'infection chez les femmes affaiblies par des pertes notables de sang au cours de l’accouchement,
D. TRAÎTEMENT GENERAL DE L'INFEC-
TION PUERPERALE. — Le traitement général consiste à mettre la femme dans les meilleures conditions.
possibles pour améliorer sa santé et pour lutter contre: linfection. On ne doit négliger rien de ce qui peut augmenter la résistance de la malade,
La première indication est d'isoler la patiente dans une chambre bien ventilée, largement aérée, loin de tout bruit. Il ne faut Pas craindre d'ouvrir largement les fenêtres, On défendra les visites ; On éloignera toutes les inquiétudes; on Procurera le repos physique et mental; on surveillera le sommeil, et s’il le faut on donnera, sans crainte, la morphine ou le chloral, etc. Sontre les douleurs on emploiera Ja morphine. Calmer la douleur, qui est toujours déprimante et fatigante, et procurer un sommeil réparateur c’est aider la malade à prendre rapidement le dessus. Toute personne qui approchera la malade devra avoir une mine encourageante, des paroles aimables et pleines d’espoir.
Dani les cas graves, l’enfunt ne sera Plus apporté au sein. L’allaitement fatigue la patiente, et lui en-
Il esv toujours dangereux de faire absorber du lait de femme infectée à un enfant sain, et de multiplier les points de contact entre une mère malsle et son nonveau-né. Tout au plus faut-il admettre qu'on peut laisser allaiter toute femme dont l'infection est très légère, locale et bien supportée, et à la condition de surveiller attentivement le nourrisson; mais on devra supprimer l’allsitement toutes les fois que l'infection a tendance à se généraliser, ou que la résistance de l'organisme est faible.
L'alimentation ser, aussi généreuse que l’estomac et l'intestin pourront la supporter. Parce qu’il y a de
da fièvre ce n’est pas une raison de mettre la patiente à une diète sévère. Les aliments seront aussi nutritifs que possible, sous un petit volume, et surtout de facile digestion: viande grillée, viande crue et pulpée, oeufs crus battus ou à peine cuits, bouillons, thé de boeuf, huîtres crues, lait. koumis, képhir, crème glacée. La patiente prendra boissons en abondance: lait pur ou coupé d’eau de Vichy, thé, café. L'alcool sous forme de vin, cognac, champagne, ete. coupé d’eau, est souvenc utile. .
Quand il existe des nausées et des vomissements, on donnera le lait coupé d’eau de Vichy, le bouillon de lé- -&umes, le képhir, le,Koumis, le champagne frappé; parfois il faut cesser toute alimentation par l'estomac et “avoir recours à la voie rectale. Les lavages de l’estomee réussissent bien quelquefois contre les vomissements persistants. S'il y a dilatation de l’estomac, on fait coucher la malade sur le ventre et on exhausse le pied du lit, ou l’on pratique le lavage de l'estomac.
On surveillera les fonctions intestinales. S'il en -€st nécessaire, tous les jours on administrera un laxatif, occesionnellement un lavement et parfois un purgatif. Souvent il faut ajouter les antiseptiques de l’intestin : salol, benzo-naphtol, salicylate de bismuth. Quand il existe de la diarrhée, il ne faut pas se hâter de lerrêter, parce que c'est une manière particulière à la nature de débarrasser l’organisme des toxines. Si la diarrhée trop abondante paraît épuiser la malade, on cherche à la combattre par les antiseptiques de l'intestin; salol, benzo-naphtol, salicylate de bismuth, charbon, auxquels on ajoute parfois, mais exceptionnellement, de très pe- 4ites doses d’opium. On peut aussi dans ces cas avoir
à il ter, > de hée le à lol, uels pe voir
recours aux lavements d’empois et d'opium. Contre le météorisme dans la péritonite, on peut essayer les lavements composés de parties égales de lait et de mélasse (une chopine), (Ce lavement facilite la sortie des gaz. Le salicylate de Physostigmine, à dose d’un milligramme toutes les 4 heures, jusqu’à concurrence: de quatre doses, Procure souvent beaucoup de soulagement. Le tube rectal est aussi indiqué dans le météorisme,
On prêtera une attention particulière aux urines. L'analyse en sera faite assez fréquemment. Contre lx diminution des urines, on administrera les diurétiques, lhexamethylamine, Purotropine, le benzoate de soude, etc. En cas d’albuminurie on Prescrira le régime lacté. Contre l'insuffisance notoire de l'élimination des chlorures, on aura recours au régime déchloruré.
L'hygiène de la Peau sera assurée par une grande toilette de tout le co , une fois on deux Par jour, an moyen d'eau tiède et de savon doux, et ensuite par une très légère friction swee un tampon de coton absorbant imbibé d’alcool Pur ou additionné d’eau.
Pendant les frissons, la Patiente sera bien enveloppée de couvertures chaudes, et on lui administrera des boissons chaudes. Si le frisson se prolonge, on peut faire une piqûre de morphine,
Pour combattre l’hyperthermie, certains accoucheurs donnent les médicaments antithermiques, tels que la quinine, la Phénacétine, l’aspirine. Je crois que les antithermiques font plus de mal que de bien. Les antithermiques ne combattent nullement la cause de Pinfection; bien souvent ils en mesquent le principal symptôme, et de plus bien souvent, ils fatiguent lesto-
mac de la patiente qu’il faut à tout prix conserver en bon état.
La grande entéroclyse froide contre l’hyperthermie est un moven désagréable, fatigant et en général mal supporté, Les bains froids, préconisés par quelques accoucheurs, peuvent être plus facilement donnés dans une maternité qu’en clientèle privée. Ils scraient indiqués lorsque la température se maintient sans rénission notable autour de 40 degrés, en dépit du traitement oxdinaire, Ils seraient répétés toutes les trois ou quatre heures jusqu’à ce que la température oscille aux envi- “ rons de 38°. [/eau du bain, d’abord à 30°, doit être refroidie progressivement jusqu’à 25°, 20° ou même 18° en cas de forte hyperthermie.
Les bains froids combattent l’hyperthermie, favorisent la diurèse et luttent contre l’adynamie. D’un
sutre côté, ils fatiguent souvent ia malade et peuvent avoir de mauvais effets sur un coeur déjà affaibli. Ils sont contre-indiqués dans la paramétrite, la périmétrite, la phlegmatis, alba dolens, la myocardite, la péritonite et dans tous les cas où il existe de la suppuration.
Les ablutions froides, ow les enveloppements dans un drap mouillé sont très bien supportés et plus utiles que les bains froids. En général le sac de glsce, appliqué en permanence sur l'abdomen, vaut mieux pour abaisser la température. :
On peut combattre la fachycardie, compagne habituelle des hautes températures, par l'application d’un sac de glace sur la région précordiale.
Comme tonique on peut employer l’alcool à doses plutôt élevées sous forme de grogs, vin, champagne, de
en
potion de Todd. J’emploie couramment la potion suivante qui me donne toujours, de bons résultats : Extrait de quinquina .. ,., Teinture d2 cannelle. nn Sirop d’orenges ..
Vin rouge. .
Cognac. ..
+ 8 grammes
+ 8 grammes -.30 grammes
90 grammes tete ++ +. ..90 grammes Une cuillerée à table dans un peu d’eau toutes les heures ou toutes les deux heures, :
L'alcool n’est Pas nécessaire dans les cas légers d'infection, quand le pouls est bon et que la patiente n’en fait pas usage habituellement, gi la patiente en a l’habitude on lui donnera ses doses ordinaires, I/al. cool produit de bons effets dans certains cas de toxémie profonde, de grande Prostration, à la suite d’endométrite strepte“occique grave et d’infection généralisée, Ses effets sont remarquables quand la langue est chargée, le pouls feible et rapide, et quand il ; a du délire. On en règle la dose d’après les effets obtenus,
Quand la malade ne s’alimente pas suffisamment, On peut pratiquer des injections SOus-cutanées de sérum artificiel à doses Moyennes de 250 à 300 grammes par Jour, par moitié matin et soir. Avant d’avoir recours
Le plasma de Quinton (eau de mer isotonisée), à la dose de 100 grammes, donne de bons résultats dans les Cas graves et prolongé,
Pour chercher à favoriser la défense de l'organisme, On à songé à Provoquer lhyperleucocytose par différents moyens. Hofbauer, Schauta et autres ont don-
né de la proto-nucléine à la dose de 5 à 10 grammes, et en ont observé de bons résultats. D’autres auteurs ent essayé les injections intra-musculaires de 1 gramme de solution de nucléirate de soude. Dans le même but, Bouchard se sert de la préparation suivente qui donne quelques résultats satisfaisants :
Chloroforme pur .. .. .. .. .. 5 grammes Cognac.. .. .. .. .. .. .. .. fo grammes Limonsde gazeuse .. .. .. ..900 grammes
Quazd le coeur a tendance à faiblir, chez les patientes très déprimées, il faut administrer la strychnine, la caféine, l’huilé camphrée, la digitale. Beaucoup d’auteurs conseillent «le donner la strychnine et l'alcool dans ces cas. Shears préfère la digitale, qui lui a donné de meilleurs résultats, quand le pouls est rapide et faible. Shears emploie la digitale sans crainte, et 1l se vante d’en avoir eu des résultats remarquables. L’expérience de Je Lee ne confirme pas les succès des autres auteurs avec la strychnine et la digitale. Au contraire, pour Cragin, l'alcool, la strychnine et la digitale composent un trio dont chaque médicament séparément ou les trois ensemble peuvent être employés avec beaucoup d’aventages pour maintenir la force de la circulation.
L'état mental de la patiente doit être surveilé avec une atteition serupuleuse. On doit encourager la malade, la ressurer, lui donner lesvoir et l’assurance d’une guérison certaine et prompte. Il est hors de tout doute que Pesprit et le moral peuvent beaucoup dans la lutte contre l’infection.
les pachnine, aucoup l'alcool , donné ide et et 1l se L'expéautres ntraire, le coment ou aucoup alation.
Le avec la mae d’une t doute la lutte