‹ Sujets dramatiquesChapitre 157 sur 394 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

GHILPÉmC . ELVIGE.

CaiLFtRIC.

Avant qu'un saint lien nous unisse, madame, Vax voulu sans témoins vous découvrir mon ame. Un doute me poursuit et trouble mon bonheur.

SLTIGS.

0 ciel!

CHILPÉRIC

Elle p&lit {Haut») Ja (arains que votre cœur Ne puisse partager mes vœux, mon espéranoe. Et qu'ici votre aveu ne soit qu'obéissaoee.

BLVIGE.

Je connais mon devoir, seigneur, et sans regrets A de sages v^^ je cède et me soumets»

FâÉDlSGONDE.

Cette soumission est pénible, peut-être.

SLYIGE.

Recevoir ud époux, t*esA rtcetoir un tnilltire^ Je le sais , mais mon sexe est hé pour obéir.

CHILPÉRIC

Obéir, il se peut, mai» non pas pofor souffrir; Si ce tien pour tous n'est qu'un fardesu pénible >, Parlez, je ne suis pas à vos pleura insensible.

BLYIGE.

Des pleurs... Qai vous a dit?..

CHILPÉRIC

Pourquoi me les cacher?

Lorsque je ne viens pas pour vous les reprocher?

ELVIGE.

Votre cœur est en proie è d'injustes ahin&es.

Seigneur, voyer mes yeux, ils sont vides de lsa*mes.

Est-ce à moi de pleurer le jour oOi mon pays

Sauvé de l'étranger reoait de ^es débris.

Quand votre bras puissant, embrassant sa défense,

Va le rendre à sa gloire, à son indépendance. •

Enfin, lorsque, comblant le plus cher de mes vœux.

Vous vous montrez poin* nous, si gnmd, si généreux.

Quel autre sentiment que k reconnaissance

Peut, après tant de biens, remplir mon existence?

chilpéhic, à part»

Quel emtHire tint femme a sur notre raison. Et quel art séducteur cache la trahîioni

ÂCT£ QUATRIÈME. S»»

PoorsaÎYons. (Hatif .) Le malheur m^a suivi sur la terre ^ Un fils ingrat...

ELYIGIS.

Ce fils... if honore son père.

Il n*a pas mérité que vous le repoussiez. Ce fils si malheureuKy si vous le Gonoaissiez.

CHILftftIG.

Ce fils û malheureux , je le connais , madame , Tai su* depuis longtemps lire au fond de son ame. Mais vous, madame, vous, d*où le connaissez*vous !

BLVIGB.

Moi! -seigneur.

CBILPtRiG.

Répondez.

ILYIGK.

Hélas! haï de tous, Nous avons autrefois accueilli sa misère.

CHaPËRlC.

Vous Tavez défendu.

EtVlGÊ.

Vous défendiez mon père.

CHiLPÉftIG.

Jô ¥«18 sais gré da soin que vous en avez pris, Mais la recoiMni^aande égare ses esprits. Si j*en ortia ee qu'«i dît^ nue secrète flamme... Un a»€Nir^. «

SLTIGB.

Lui, seigneur?

CIILPÉRIC.

Ydus TOUS troublez « madame, La pâleur de ce front qu^en vain yous abaissez.

Je suis calme, seigneur, c'est vous qui pâlissez.

(A part.)

0 Glovis, je Yois trop le coup qui te menace. D'adoucir sa rigueur, mon Dieu fais-moi la grâce.

CHiLPÉRic , à part.

Ah! serait-il aimé? Contraignons ma fureur. Découvrons jusqu*au bout ce mystère d*horreur! Malheur à tous les deux si leur crime est possible.

( Haut. }

A Tamour de Glovis vous n*ètes pas sensible. Dites-vous...

BLYIGB.

Je n'ai point parlé de son amour.

CHILPÉRIG.

Je ne crains pas de vous de perfide détour;

J'attends la vérité, je l'attends tout entière.

En accusant Glovis, vous parlez à son père;

Si ce fils égaré par de lâch^ • flatteurs

Avait prêté l'oreille à des avis trompeurs.

Vos conseils et les miens le rendront à lui^-mtee.

Voudrait-il sur son front placer le diadème?

Ne prétendrait^I pas, madame, à votre main?

Ah! veuillez déposer vos secrets dans mon sein.

ÂCT6 QUATRIÈIIE. WT

Dissipez d'un seul mot le doute qui m*accable. Un fils aux yeux d'un père esl-il jamais coupable f

BLTIGS.

Coupable! lui! Seigneur, plein de respect pour vous, Il vous aime , il mérite un avenir plus doux. Entouré de méchants , haï dès sa naissance , Ses jours se sont usés flétris par la souffrance. Et de si longs' chagrins , tant de maux, de rigueurs, Tant dlnjustes mépris n'ont pas aigri son cœur; Soumis et résigné, supportant Tin fortune, n n*a pas fait entendre une plainte importune. Le trône et son éclat n*ont pas frappé ses yeux , A de moindres destins il élevait ses vœux ; , Il eut vécu paisible, ignoré sur la terre. S'il eut pu recouvrer la tendresse d'un père , Mais je le vois, la main qui nous menace tous. En brisant rhéritier, veut arriver à vous. Sauvez*le, sauvez- moi de quelque piège, infâme, Ah ! c'est votre raison ici que je réclame ! Etes-vous l'ennemi de votre propre sang? J'en atteste le ciel , ce fils est innocent.

CHILPfiRIC.

Avec quelque chaleur vous embrassez sa cause. C'est pour tons vos sujets » c'est pour vous que je l'ose.

CHII.PÉEIC.

Madame, à vos avis je dois m'en rapporter, Vous connaissez le prix qu'il pourrait mériter ; Peut-être votre main était son espérance , Et de tant de vertus la riche récompense, Si je dois 'Consentir.

83g FAéDËGONDE.

ELTIOS.

Je sw i^ TOUS, seigneur.

Et vous ne pourrez pas disposer de moQ cœur.

ClIILPtRIC.

Quoi! vous repousseriez un prince qui yous aime, A qui déjà la France offre le diadème.

BIYIGI.

La couronne est à vous , il la refuserait.

GHiLPÉRIC.

Vous savez, je le vois, conserver un secret. Mais j*aimerais en vous un peu plus de franchise. Est-ce là cette foi que vous m'avez promise? Songez qu'en acceptant et mon sceptre et ma main , Vous èles à jamais unie k mon destin, Que pour vous il n'est plus de père, de patrie. Et que vous me devez compte de votre vie.

ELYIGS.

Je le sais. Ces devoirs je les remplirai tous. Mais il en est encor dont mon cœur est jaloux. C'est de vous éclairer quand une aveugle haine, A d'indignes soupçons ve«s porte et vous entrainei

CHiiPfiuc f à part.

Après m^avoir trahi, V^n oee me braver.

( Hwt. }

Madame, ces soupçons, si je puis les prouver.

"* XI«YIGB.

Non, seigneur, vous pourrez, dans ees jours dé|[>loralâe8. Trouver des malheureux et non pas des eoupables.

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