ACTE CINQUIÈME. WB
Je n'ai jamais tenté de vous ravir sa foi. Ah! je suis innocente^ ayez pitié de moi.
FRÉDÉGONDB.
( Elle examine Elvige avec cariosité et la laisse dans son attitude de sapplianle. )
Oui, je conçois Tardeur de ce roi qui vous aime. Certes à tant d'attraits est dû le rang suprême. ' Lorsque je le reçus, on vantait mes appas ^ Frédégonde pourtant ne vous égalait pas. La blancheur de ce teint, cette bouche charmante. Ce regard enchanteur, éèfte voix séduisante, Ont dû touûlier le cœur du monarque Français; Je ne m'étonne plus de vos nombreux succès. Quelle main maladroite a mis ce diadème? Je veux sur votre front le replacer moi-même; C'est le mien, avec gloire il doit être porté! <
mVIGB.
Ah! c'est le prix da sang, l'ai-^je donc mérité?
FBÉBÉGONDE'.
Oui.
Grand Dieu !
ChUpépic a tué votre f ère ; , A cet arrêt sanglant êtes-vous étrangère? ... Si vous n'aviez reçu ee prédeux tfèsov , Croyez que Sigismond existerait encor. .^
lltâDIÎGONDE.
ELYia^.
0 douleur!
FRÉDÉGONDB.
Bt Glomi Glovh éUdi fidèle, Elvige n*a pas oru cet amant digoe d'elle; Votre infidélité décidait de son sort.
Le prudent Gbilpéric vient d*ordoniier sa mort.
SLVlfilS. >
Non, non, de ces forfaits je ne suis pas coupable.
PRÉD£GOin)E.
Elvige, aux ytux de tous tu mourras exéorable; Si la haine me suit, la gloire est à côté: Tes crimes seuls iront à la postérité.
De ton roi, Ton dira que tu chassas l'épouse. Que tu la pèursuivis de ta foreur jalouse y Que ton père par toi fut conduit au tombeau Et que de ton amant tu djefins le bourreau.
Grand Dieu! délivrez-moi d'une existence affreuse! Ne ipe haïssez pas, je suis trop malheureuse.
Moi ne pas te haïr! Ah ! ma haine jamais Pourra-t-elle égaler lés maux que tu me fais? De tes lâches amom's un grand peuple est vietime. Je créais un Etat, tu creuses un abîme.
ÀGfE GINQUlËlfE. 18»
Qu'as-tu fait pour régner et quels éfnient tes droits?'
Où sont les nations cpii marchent à la voix?
As- tu dé nos guerriers mérité le suffrage.
Quels sont donc les vertus, tes exploits, ton cserarage?
Tu pkevres, faible femme, à mes pîeds tu gémis;
Et ta peux vivre eneor qsand tu nV plus d*tanis.
Moi ne pas te haïr ! N'es-tu pas ma rivale ,
A Foffense, crois bien que ma haine est égale;
Quand je vais te frapper, oui» j'accuse le sert,
Elvige, je ne puis te donner que la morU
SLVIGB.
La mort!., que tardez- vous?
FRÉOÉGONDE.
Je veux tarder encore; Si j^enbrâsais ton cœur du fèu qui me dévére , Si je pouvais de toi faire ce que je fus, Si tu me mauéîssais, je ne me plaindrais pl«s.