ACTE QUATRIÈME
Ah! si de la nature elle a bcavé les lois. Si les droits d*un amant ont effacé mes droits , Que peut contre Tamoar» contre un bfftlaiit délire. Cette froide pitié que le malheur inspire.
ABNER
Sur un cœur vertueux, qu-uo père a de pouvoir. Et qu*il peut aisément à son gré le mouvoir! Zéîra, dès Tenfance instruite à vous complaire. Ne voit et ne doit voir que par les yeux d^un père. Montrez- lui Dalila, chère à nos ennemis. Trahissant son époux pour sauver son pays. Montrez-lui d'Abraham la sainte obéissance : L'exemple fut toujours la première éloquence.
SAUL
Mais si dans Israël on connaît mon dessein, Abner, je crains les noms de traître et d'assassin. Le vulgaire insensé, que frappe Tapparence, Rejette au front des rois la plus juste vengeance. Par un glaive inconnu quand le coup est porté. Où paraît le mystère il voit l'iniquité.
ABNEH.
Que vous connaissez peu les droits de. la couronne, Et sur les préjugés l'empire qu'elle donne. Quels que soient les motifs, la victime, le liiras, Seigneur, un roi punit et n'assassine pas. Serez-vous le jouet d'un soldat qui vous brave? Son roi ne serai-t-il que son premier esclave?
âACI.
Par la main d'une épouse égorger un époux?
340 SAUL
AMBH.
Après tant de forfaits, le châtimeot est doux.
Mais à changer le sort est-ee à nous de prétendre?
A son ordre immuable il faut enfin se rendre.
Que peuvent mes efforts et votre volonté,
Seigneur, contre Farrèt de la fatalité?
Le bras de Zéïra doit vous venger d'un traître.
Qu'elle frappe, ou demain il sera votre maître.
SÀCL.
Le malheur m'y contraint » je cède et je frémis. Qu'on appelle ma fille!
(Abner tort.}