‹ Sujets dramatiquesChapitre 299 sur 394 · ACTE TR(»SIÈME. 4S · texte numérisé non relu

ACTE TR(»SIÈME. 4S

Pourquoi donc? Vous savez que je Tai défendu. Ah! Ce n'est pas à moi que votre temps est dû. Si je vous faisais perdre un jour de votre vie , Je croirais dérober un siècle à la patrie, Et lorsque je vous prends ces instants précieux, Il faut, veuillez m'en croire, un motif sérieux. Tan^ qu'heureux par vous, tout ici vous vénère, Quand votre nom remplit Paris, la France entière, Quand tout vous aime... Un traître.

DORVILLS.

Un traître 3

M^ BBRARD.

Un suborneur Veut dans votre maison porter le déshonneur.

DORVILLE

Qu'entends-je ?

M**' BERÀRD.

Un malheureux , sans bien , sans espérance. Aspire à votre fiUe.

DORVILU.

Une teDe insolence Aura son juste prix.

H"^ BBRARD.

n pénètre en ces lieux, iusquéi à votre table, et cet homme odieux...

DORVILLB.

Son nom?

4» LE GRXim flOMBIE. OIE2. LUI.

Sainl-Laurent

DORVILtE. .

Qui?

DOKYILLE.

Je la connais.

QhoU Vous.

BOKTIIJ».

Et qu'en pense ma fille?

M«* BERARD

Elle est jeune et sensible . et le traître est charmant

DORYILLE.

II est bien?

M«« BERARD

Beaucoup trop.

Son ton !

M"« BERARD

G'e3t un am^nt.

DORYILLE.

C'est juste.

unie nMAan-

Avec adresse il déguise soii ajne»

C'est un bomma tout fait pour i^éduirç up,e femioe.

IKttVULUI.

Et Louise?

M«« BERABD.

Parait en avoir le coeur pris*.

Il faut saos différer rélQigD.eF de Paris*

BORYILLB.

Pourquoi donc?

]!">« BERARD

Voua vottka?

BOBYILLB.

Et si ma fille raime,.

Irai-je Taffliger?

H«« BBBABD, à part.

Qiidle douceur extrême- Qa'a-t-i( donc? Bst^îe un ieut

DOBTIUE.

Vous dites qu'il est bien.

M"* BEBABD.

Il est simple commis.

nORYILLE.

Qaelle fortune?

M*« BBBABB.

Rien.

4M LE GRAND HOBfHE CHEZ LUI.

Je suis riche pour deus. Les vertus sont si rares. L*on n'est plus à ce temps où des parents barbares. Pour quelques monceaux d*or sacrifiant leur sang , Aux dépens du bonheur achetaient un' vain rang. Un seul mot résout tout: convient-il à ma fille? SU a des sentiments dignes de ma famille, (Test assez. Je ne veux titre, ni rang pompeux, Il me suffit qu'il Taîme et qu'il soit vertueux.

M»« BERÀRD.

Oui, vous avez raison, c'est bien la voix d'un père. C'est moi qui me trompais. Ce noble caractère. Cette délicatesse a subjugué mon cœur.

Et ma raison se rend à cet esprit vainqueur. Pourtant laissez-moi voir si, vraiment digne d'elle. Il mérite une épouse et si bonne et si belle.

. DORVILLB.

Je le désirerais. Il est d'un noble sang. ^ A ses parents je dois ma fortune et mon rang. Us ont de mille soins entouré mon enfance. Et leur fils a des droits à ma reconnaissance.

1I"« BERARD

( A part. ) ( Haut. ]

Circonstance fatale! Oui, sans doute, il en a, A ce noble dessein le monde applaudira, Et les titres flatteurs dont Paris vous honore Vont ainsi recevoir un nouveau lustre encore.

(A pari.)

Je saurai prévenir.

DORYiLLE, à part,

Qu*elie est digne d'annourl

( Hant. )

Oui, je voulais vous voir et j'attendais ce jour. Il est une faveur, une faveur bien grande, QuHl faut, madame, enfin que mon cœur vous demande. Si j*ai craint d*avouer des sentiments si doux, Je ne me croyais pas encor digne de vous; i'ai voulu mériter le bonbeur où j'aspire. Aujourd'hui la fortune a semblé me sourire. Et si j^en crois des bruits peut-être trop flatteurs, Le prince me réserve à de nouveaux honneurs. Ils ne sont rien pour moi si Ton ne les partage. Et, madame, à vos pieds j'en apporte l'hommage. Quel silence!

tt«« BERARD.

Un instant. Souffrez que mes esprits...

Du sort que vous m'offrez, oui, je sens tout le prix. Mais dois-je Taccepter? Cette union si chère Ne peut-elle arrêter votre noble carrière? - Dols-je ainsi vous priver de votre liberté? Dois- je vous croire heureux de ma félicité?

DQRVtLLK.

Vous en doutez. Qui , vous ? Ah ! le bonheur suprême N'est-il pas dans celui de l'objet que Ton aime?

MB« BERARD.

J'écoute et me demande: Est-ce encor une erreur? C'est depuis si longtemps le rêve de mon cœur.'

DORVILLE

Non, ce n'est pas un songe, è ma charmante amie! Je vous offre ma main, je vo^ donne ma vie.

4tt. LE GRAUD HetflIE GHEa.LUI.

Acceptez ma promesse, et qu*un hyihen heareaz Dès ce jour nous unisse et comble tous mes vœux. Vous ne répondez pas, vous consentez; mon ame Ne résiste qu'à peine à Tespoir qui Tenflamme. Hâtez ce doux moment , et qu*îci, sans éclat, Le notaire appelé rédige le contrat.

M»" BBRARB.

Vous le voulez* Eh bien! Il faut vous satisfoire. Et je vais, mon ami, demander le notaire.

DORVILLB.

Recevez ce baiser pour gage de ma foi.

( Il rflmbrBiflft. )

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