Scène 5. ^ les PRiÉcéDBNTS , LB ROI DOM HENRI, BRITO
UMA, SIERRA, GARDES. — Dom Henri: les détails que vous me donnez, seigneur Brito, annoncent que la mort de Dom Sébastien fut glorieuse , mais elle n'en est pas jnoins triste pour mon cœur. Que n'a-t-il cru mes conseils, il serait encore sur le trône! Mais écartons ce souvenir funeste, songeons bien plutôt à l'hymen qui se prépare. J'ai voulu, Madame, que rien ne fût négligé pour donner de l'édat à cette fête. — Ëléonore le remercie. Les courtisans à l'exception de Brito la saluent et félicitent Mombaze. Sur un signe du roi qui prend place sur un trône, la cour parait. Des danseurs exécutent un ballet dont le sujet' est un combat figuré entre les Portugais et les Maures. Pendant le ballet, Mombaze dit à part à Sierra: la nuit approche, dans une heure rends -toi près du tombeau de Dom Sébastien avec quelques bonunes de confiance et attends mes ordres. Les
»nr6 ESSAIS DKAiJïATÎQUËS.
danses termiàéès , le toi èè lè^e en donnàtiit la tnârta à U fcchesse et ioViCe ^bftcub ft le «taii^ datis ta âïflle du feftliD. n soH suivi é& \fk t!6>iir et là toMe ie mire.
DEÛXtÈMË TABLEAU.
Le Tbéàtre rèptésenSè tine place oniée d'Arères et de staCnes fiJkîBaDi partie ^n palais du ror. Ga gr yoH .le toml»eaa de Dom Sébastien ) et i'eilérieàr d*uile chapelle. H lait Buii.
Scène Première. — dom sÉôASTifeN. — ti est enveloppé d'un manteau blanc avec la croix rouge; il marcbe quelque temps en silence. Oui, dit-il, je suis dans le lieu qui m'a vu naitre ; voilà le palais de nàes pèfc'es. Mais quel est ce nouveau monument? Oui Fa élevé? Un tonibeaul Ai-je donc à regretter encore quelqu*ami? Quel est celui que cette pierre recouvre? le malbeur me poursuit -il encore? Accablé par le nombre , réduit à Tesclavage , j'ai brisé mes fers. Je reparais enfin ; je reviens revoir ce peuple qui m'aime et consacrer ma vie à celle que j'adore. Oh l Ëléonoré, quelles sont tes pensées en ce moment? Songes-tu à celui à qui tu as juré un amour éternel. Sous ces babits grossiers, reedUbaUrais-tu Votl éMent, ton rai? G^est pour tei , Eléohttre , que j'ai cherché les périls et la gloire, c'est pour toi que je reviens ; sans toi, \)ue m'importe le trdne ! [Une ^musique se fait twtêndre ékms le pé^it.) Quels sont ces îshants , e^ «rts de joie t Les rues de Lisbonne s'iHuàiinent) tout respire l'altégres^i Ei quoi! Ce peuple se réduit lorsque son maître est sans asile! Mon propre paUis est lé tfaéAtre de ses |(»taisirs ! {On&ntefisd crier woe ÉÊombaxel vive Elévnorê!) lis ont prôntimé le nom d'Eléonore. Quel soupçon! Suis-je tlrabî? Qui pïùrtik m'éelaire# Stir cet iflfreux fnyttèré? Qtaoi personne ne viendra ; je sais diRic tbendbnné de l'tttffrersr Qnel^'ltm! Uh vafet pératu
SiuènB % -^ siÊsxStiëN, LA tiUiBi'. ^ A là vt» de âébastS«ti qu'il pteéd poiir an fitetOme,' il veut fuir. Sébastieb Tcfrèt» et l'tetertro^é. Le nft^ei treinbltntt eh qâoil flirt^neur^ tmà i^oree dbDc q^e. toute Ja ^îHé ot
dans la joie. — Quel est le sujet de cette joie, de> maaâe Sébastien? -* Le valet lui répond: — Le roi Dom Henri qui a succédé à Dom Sébastien tué en Afrique Hiarie ce soir même le comte de Mombaze avec la duchesse Eléonore. Sébastien refuse d'abord de le croire, mais bienti^t se rendant à l'évidence, il le congédie en lui ordonnant le silence.
Scène 3. — Sébastien exhale sa rage, il veut se venger à la fois de son rival et de sa maîtresse. Bientôt rendu au sentiment de sa faiblesse, il ajoute: infortuné Sébastien, on te ravit ton trâne et ton amante; on se réjouit de ta mort; tu n'as plus un ami sur la terre,' pas une pierre où reposer ta tète ; la mort seule peut te délivrer de tant de maux!... Mes blessures se rouvrent; mon sang coule ; que je souffre ! Suis-je arrivé à mon dernier moment? — Il s*appuie sur la pierre du tombeau et reste absorbé daps sa douleur.
Scène 4. — sébastieit, sans être vu; sierra, suivi d^une troupe dliommes armés, mombaze ensuite. — La nuit devient plus obscure. Sierra donne des instructions è ses hommes : il leur dit de se tenir cachés à peu de distance et d'être prêts au premier signal. Us s'éloignent. On entend un léger bruit : comte de Mombaze, est-ce vous, dit Sierra. A ce nom, Sébastien s'éveille de son assoupissement; il lève la tête, il écoute. Mombaze fait connaître à Sierra pourquoi il Ta mandé; il lui dit que tout est prêt pour renverser Dom Henri du trêne, que ses gardes sont gagnés, que le peuple veut un autre roi ; enfin, qu*Eléonore ^ consent, en lui donnant sa main, à lui faire partager sa couronne; mais tant que vivra Henri, cette couronne ne sera pas assurée sur son front. -— La mort de Don Henri est décidée pouapette nuit même. Ils conviennent des moyens d'exécution. Le moment est favorable, le roi ne trouvera aucun défenseur dans sa cour. Brito seul est à craindre, mais, appelé dans ce lieu, par un ordre supposé du monarque, ^ 7 trouvera la mort. Sierra sort pour avertir les assassins.
Scène 8. — siâbastien, caché, mombaze, lÊLéoNORS eosaife. — Par un coart monologue, Mombaze exprime son espoir. Ëiéonore entre, il s*étonne de la voir en ces lieux. Elle loi reproche de Tavoir quittée au moment où leur hymen va s'accomplir. Elle n*a pu résister à son inquiétude. C'est lui qu'elle vient chercher. — Sébastien fait un mouvement, il Ta reconnue, — Mombaze engage Eléonore, au nom de leur amour, à ne pas rester plus longtemps dans ces lieux ; elle lui en demande le motif. Bientôt vous saurez tout, lui répond-il ; Sierra m'attend près d'ici ; rentrez au palais; songez que c'est pour vous qu'on donne cette fête, on pourrait s'apercevoir de votre absence, je vous j rejoindrai bientôt. Il la conduit vers la porte du palais, et s'éloigne.
Scène 6. — lÎLéoNORE revenant sur ses pas et le suivant des yeux. — Quel est donc ce mystère ? Me trahirait-il ; et quelque autre. . . Mais je suis seule. L'aspect de ce tombeau me fait frissonner ; rentrons. [EUe passe près du tombeau.) Dom Sébastien parait, la prend par le bras; elle le reconnaît, pousse un cri et s'évanouit. Sébastien va pour la secourir; il entend du bruit, il s'éloigne.
Scène 7. — sésASTiErr caché. iêliSonore, évanouie. MOMBAZE. — Mombaze: quel cri ai -je entendu? Dieal Eléonore! Il la secourt. Elle revient à elle. Il l'interroge: elle répond par des mots entrecoupés, elle parle d'une ombre, d'un spectre... Elle pousse un cri, elle aperçoit encore Sébastien devant le tombeau ; il la regarde un instant et disparaît. — Je le vois , s'écrie-t-elle , c'est lui , c'est Sébastien ; que ses regards sont terribles I Ombre irritée ! Apaise-toi. — Mombaze essaie de la calmer et de lui prouver qu'elle a été abusée par* une illusion: non, lui dit- elle, je sens ici sa main glacée; a^chez-moi de ces lieux. Venez ; fuyons. On entend du bruit: elle entraîne vers le palais Mombaze qui y entre avec elle.