‹ Sujets dramatiquesChapitre 377 sur 394 · PREMIER TABLEAU · texte numérisé non relu

PREMIER TABLEAU

La scène se passe à Lisbodne, à la fin du 15® siècle. Le Théâtre représente une salle du palais de Dom Sébastien. On aperçoit en dehors un tombeau et une chapelle.

Scène Première. — BRrro, gardes au fond du théâtre. — Brito attend le roi Dom Henri, i qui il a demandé audience, et dit : le roi tarde bien à paraître ; mon retour h Lisbonne rétonnera sans doute. Il ne sera pas le seul, et tout le monde ne s*en féfidtera pas. 0 Sébastien , A mon mattre , tu vois Toubli que l'on fait de toi! A peine la nouvelle vraie ou fausse de ta mort est-elle parvenue dans ces Ueux,

NOTÉS M éàlsÉÈ^mAincE. À^â

que déjà ton soccessëur est sur le trdne! Au lieu d*une cour dans 1è deuil, je trouvé une cour dans la joie.

Scène 2. ^ MS piuÎGJâpENTSV uha. — Qa'apepçois-je , »*écrie Lima, n'est-ce pas une illusion ? Est-eeveus, seigneur Brito ? — La reconnaissance faite, Brito lui apprend qu après UD an de captivité, échappé des maips des infidèles» il a traversé la mer, et qu'il est aujourd'hui même arrivé à Lisbonne, espérant y trouver Dom Sébastien; Mais hélas I ajoute-t-il, il aura succombé en Afrique sous l'épée des Maures; Dom Henri règne et le .héros est oublié. Fàtalft expédition! Quel prince tu as ravi à ma malheureuse patrie! Mais où, comment le roi a-t-il péri? Sa mort est-elle bien certaine^ — Elle hé Test que trop, Ibi répond Lima; §on cÀèsnt, i^tt-outé sur le champ de batànlle et rapporté d'AlHque ici; en ièsi la tfistè preuve ; i! tèt trài qu'il éuit tellement déHguré qu'il fut ihipdssible dé ^'assurer si b'éuit bren ttom Sébâstiëii: Qttbi qu'il en âolt, dh liii éleva ce tombeau 4^ë vous voyez, et bdm âenri le remplace sur le trdne. — HHto, Interroge par Litna, raconte comment, en débarquabt en Aft'ique, l'afmée portugaise fut attaquée par le roi dé Fei^, dotit leé forcés étaiedt bien Supérieures. Dom débastieh Si dtes prodiges de valeur ; il avait eu deux chevaux tués sera^ lui, et blessé à l'épaulé, il combattait encore quatid liil Brito, couvert dé blessures, fût entraîné par les Maures ; il igtroVé ce qui s'est passé dépuis. — Ce que votts me dîtèS; i'é{;)bhd Lima, né confirmé que trop la moH du roi. td, personne n'en douté, et si son successeur Dbm fietin soupçonnait que èoii hevéu pâï eiister eûcofre, àoyei cértaib qu'il le iérait ciiércher pour lui rendre sa coufdlinè. l'Hiice débotinâiré, sa faiblesse est sbn seul débat; vous eoniialtrez bientiAt dans, quds malheurs elle plonge le Portugid. Mombaze,- l'aitibitieux Mbmbace, deVèau tout puissant, règne sous le neta de Henri, et par sa tjraimie atMre sur le lûbte monarque la kaide de la nationr. U a osé aspirer à la maio d'Ëléonore, étiûmsi àt Braganee^ et ceUte femme inooasta&te^ oubtiant qu'elle a^ait jvé de

n*étre qu*à Dom Sébastien, a écouté ses vœux. C'est ce soir même qa*oo célèbre leur bymen et déjà la fête se prépare.^— PerGde Eléonore, s'écrie Brito, tu fausses ainsi tes serments pour un orgueilleui qui ne recherche ta main que pour se frayer le chemin du trône. Vous le savez, après la mort de Dom Henri yteux et infirme, c'est à elle que revient la couronne. Aussi ambitieuse que belle, c'est pour se l'assurer qu'elle épouse le comte dont elle connaît l'habileté. 0 Sébastien, si tu pouvais sortir de ton cercueil , quelle serait ta fureur ! Quelle vengeance ne ferais-tu pas tomber sur la tête de ton inconstante maîtresse et de son coupable séducteur?

Scène 3. — les précédents, le comte de mombaze. — Mombaze, en apercevant Brito, parait étonné et dit, à part : quoi ! cet homme est échappé à l'esdaviige et à la mort. Je me croyais délivré de mon plus cruel ennemi. {Haut.) Seigneur Brito, pardonnez mon émotion ; je ne m'attendais pas au plaisir de vous revoir; permettez-moi de presser sur mon cœur un ancien ami et le favori du malheureux Sébastien. — Brito s'éloignant : je connais vos sentiments et la reconnaissance que je vous dois. Ces protestations ne servent (qu'à me convaincre de la sincérité de votre cœur. — Mombaze, à part : ta présence ne m'importunera pas longtemps. — Lima, en termes ambigus, félicite Mombaze sur son prochain mariage; celui-ci accepte ses félicitations et Tinvite, ainsi que Brito, à assister à la fête qu'on prépare. Brito dissimule avec peine sa colère et sort en disant que, puisque Dom Henri tarde à paraître, il se rend vers lui. En sortant il rencontre la duchesse Eléonore ; elle fait un geste de surprise ; il la salue profondément. Lima le suit.

Scène 41. — mombaze, éliSonore. ~ EDe témoigne l'inquiétude que lui cause la pr<ésence de Brito, et dit: que eet homme ne s*o£fre plus à mes regards. -^ J'avais prévenu votre volonté, lui répond Mombaze, et sa perte était décidée. Il Tentretient ensuite de son amour et de ses firojets» ei- lui feit entenidre qu'héritière du trdne, «lie n'a

jflvé qii*un degré à franchir pour y mooter; qu*elle ne peut rester le simple ornement d'une cour dont elle devrait être la reine; que Dom Henri, vieux et méprisé, est un obstacle facUe h renverser. — Elle lui répond que la couronne n*est désirable à ses yeux qu'autant qu'elle la partagera avec lui. Agissez, ajoute-t-elle, et je saurai faire valoir mes droits ; mais je vous en supplie, ne me quittez plus jusqu'à ce que la cérémonie de notre hymen soit terminée. Je ne sais quel pressentiment me dit que des obstacles vont s'élever et nous séparer pour jamais. Le souvenir de Dom Sébastien me poursuit. Cette nuit, son ombre m'est apparue; elle était menaçante. J'ai reconnu ses traits quoiqu'ils fussent flétris par le chagrin et les blessures. Il m'a nommée, il m'a pris la main : saisie de terreur, je me suis évanouie. Quand je suis revenue à moi, j'étais seule et baignée de larmes. Hélas! Cette vision m'a laissé des souvenirs funestes. Mombaze parvient à la rassurer. Sébastien, lui dit-il, repose Iji, au fond de son tombeau, et son ombre s'inquiète peu de votre fidélité ou de votre inconstance. (On annonce le roi,)

Page 1