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SCÈNE PREMIÈRE

CLONDICUS, ANTIMAQUE.

antimàqub.

De rapproche du roi le sénat est instruit;

Il sait quel ordre auguste en ces lieux vous conduit »

Et bientôt vous serez admis en sa présence.

Mais veuillez confirmer le bruit qui vous devance,

Persée est-il vainqueur, et rorgueiPdes Romaios

€ède-t-il en ce jour à nos heureux destins?

68 PERSÉË DE MACÉDOINE.

* CLORDICUS. " ^

Vos vœux sont accomplis, et la trêve est signée.

ÀHTIMàQUE.

Qaoil sei^ur^ il.eist vrai, la gaerre, e0i terfoinée^

CLONDICUS.

Oui; mais du m vaiiMjueur les {4as gmvds ennemis, Seigneur, ne sont pas' ceux que nous avons soumis. Dans ces murs il en est envieux de sa gloire > Dont les lâches complots enchaînant la victoire. Nous arrachent le glaive au milieu des succès.

. . ANTIMÀQUB.

Un guerrier, je le sais, ne peut aimer la paix. Quand elle est glorieuse , elle a pourtant des charmes. Il est noble au vainqueur de déposer les armes. De ses exploits Persée a rempli l'Univers , La fortune de Rome a connu les revers. Déjà la Thessalie à son sceptre est soumise > L'Elide attend ses lois et la Thrace est conquise. Mais à quel prix enfin au fier Licinius Accorde-t-il la paix?

CLONDICUS.

Ûe ces Romains vaincus Ce n'est pas sans efforts qu'il souffre la présence; Le tribun Marcius à sa suite s^avance.

Au sénat député. Le consul en ses mains A remis ses pouvoirs et Thoniieur des Romains. Ils approchent des murs. C^est ici que Persée Doit imposer des lois à Taigle terrassée; Mais qui pourrait le croire après tant de succ^. Lorsque la Grèce entière admire ses hauts faits,

▲€t£ PREMIER. m

Jeune, cher aux* soliatts, digne de sa poiiaÉnôe, Ce n'est plus ce; héros enivré d'espérance. t

Triste, scopabre, agité, je ne sais fael poîMii,. Quelle étrai^e douleur égare sa raiaon.

Un seul de nos guerriers, Harpale, a comuibsaiice Du secret qui Toppresse. Il garde le sîlefiGe, Et chacun dans te eamp craint de Tinlerroger.

ANTIHAQUE.

L'abime est eatr'o^verty le roi voit le danger»

CLONDICUS.

Les efforts du sénat, d'une princesse altik'e, ii

Des fureurs d'AnUgone implacable héritière,.. Peuvent-ils ébranler le trône d'un héros? n vient pour mettre un terme à ces lâches' complots» '

• ANTIMAQUE.

Ces complots, ces efforts lui causent moins é'afaifmés Que ce bruit qui l'oblige à déposer les armes, Ce bruit jusqu'en ces murs aujourd'hui répandu, Et cet autre Persée à la Grèce rendu Qui se dit de Philippe héritier légitime.

GLONDIGCS.

Eh! quoi, cet imposteur suscité par le isrime. Dont quelques insensés secondent les projets. Causerait-il son trouble et ses ennuis secrets? De redouter ce fourbe aurait-il la faiblesse?

ANTIltAQUB.

Ecoutes, Gloqdieus» Etranger à la Grèce, '

Fiis du Nord:, en. ces lieuic condcât par vos exploits';

Vous avez embrassé la cause de nos rois:'

PERS& DB HÀCÉMmË.

Vous déSnràes iPersée, il' connaU Votre' zélé; La Macédoine efi tous voit au mm fidèle; ' Vous si^ureK Içs di^gers d^un roi que je chéris. De ce roi notre espoir. Philippe arait deux fils ; Mais à Démétrius réservant la couronne, n voulut. que Persée, élevé' loin du trône» Ignorant du pouvoir lé dang^eH^ ^trait, - Apprit dès son enfance à n'être qu^un sujet. A peine eut-il six ans, qu'aux soins de Galligène Remis par le' monarque, en une ile Imntaine, Sans pompe, sans éclata seul il. fut emmené. Au fond de ce désert, du monde abandonné, n oublia rbientÀt et la bour et son père; Du fils de^ Galligène il crut -être le frère , Et la douce amitié réunit sous ses lois Le jeune Déoolès et l^héilfier des rois; Même âge, mêmes goûts et quelque ressemblance Entre eux semblaient encor rapprocher la distance. Démélnïis mourut Fut-<^e rordré du sort, * Quelque crime secret vint41 hâter sa mort?

CLONDiCUS.

Un crime!

ÀirriMAQUE.

Jugez- en. II expirait à peine.

Qu'on apprend dans Pella qu'un fils de Galli^ne, Ge même Déjodès, en voguant vers Lesbos, Surpris par la tempête, a péri dans» les fletsJ Galligène était ^ttl échappé du nàufràgei Il parut à la cour le deuil^ sur le visage. Ghacun, même le roi, prit part à ses doaleurs... Mais le roi i^eul,. dit-on, devait verser de» ^leors. l|iîUe bruits effrayante dès lors se répandirent. Et des bords africains à Rome retentmnt.'

Les uns parlaient de meurtre et d^autres de poison , On aTOt TU le prince an fond d^une prison; On prétendait , j'en ai repoussé la pensée , Qae Déoclès vivait sous le nom, de Fersée.

On oserait!.

CLONDICVS.

àntimaqub.

Philippe enfin voulut revoir , .

Ce fils, son héritier et son unique espoir. Quinze ans s'étaient passés depuis que sa prudence Avait, loin de la (irèce, exilé son enfonce. Le prince rappelé dût rentrer à la qour; ^ ,

Je se sais quel motif éloigna son retoui:. Quand il parut, qe roi de qiû le témoignage... . . Philippe... n'était plus... Gomme son héritage. Il FÀiîlama le sceptre, il invoqua nos luis, Harpale et CallîgèBe appuyèrent ses droite* La fille de Philippe. était .peut*êlre à craindre. On détouruaileft coup» dont elle eut pu ralteindre, ' On lui fit partager la pouipi:e et le pouvoir » On lui tut doa projets qu'elle, aurait pu prénoir. U monta >$w le tn^ae. En âaehant le défendre. Il prouva qu'il était l'héritier d'Alexandre; • Il Tainquit les Romwns , et ses nombreux exj^oil» ''" L'ont mis depuis lokig-temQs au rang des plus graiiâs roid; Faut-il que dans. ce jour, du séo de 'ia poussière, >

S'élève ce bnmdon. de discondeet de guerre? *

Cette apparition, au parti' factieux ,

Donne sur le.monarqm^un ascendant .fôcheux..

Et si la Grèce osait lai disputer ce titre, .

Entre un riva) et kn qui deviendrait ai^ti^?

La fille de^oK^ceisi Laodiçe.

9É PERSÉe DE IfÀCÉDdINE.

^ GLQZIDIjClJS.

Sa sœur!.

ÀimUAQUS.

n est le meurtrier de ^a éi^w^, seigneur.

GLONBIGDS.

Antigène k, seigneur, mérité son supplice.

ÀNTIMAQUE.

Il était innocent aux yeux de Labaice.

GbOVDICUS.

Innocent! ce perfide esclave des Romains, Qui , gendre de Philippe , a trahi ses desseins. - Qui traître, qui parjure au trône, à sa patrie, ' A deux, fois sur son roi levé son bras impie.

Quels que soient ses forfaits, insensible à son sor<,

I^odice peQt»elle applaudir à sa mort^

U était son époux; la MessurÀ est nouvelle;

Sans que)qu'émotion , ici<, reTerrant-elle

Ce frère! encor fumant du sang qu'elle adorait?

La haine est attentive et le soupçon est prêt.

Et si Rome s^unit à ce nouveau Perséo,'

Si par les méeontents sa cause e^ embrassée , .

Si le âénat enfin se déclare poar lui,

A ce roi, ce .vainqueur, reste-4-^11 un appui?

Les soldats, éblouis d*an prestige de^ gloire,

Suivent moins ses drapeaux que cenx de la victoire.

Le malheur d'un instant p^t détruire à jamais

Un pouvoir quHl maintient à force de succès.

Et celui qu'aujourd'hui tant d'éclat environne

Peut perdre en même temps son nom et sa couronne*.

ACHB FRmisa. «ft

CL0RDICU8.

Si je connaissab moins TOtre fidélité.

Je pourrais soupçonner ce discours apprêté

De n'être pas celui d*uB ami dé son maître.

Sont-ce mes sentiments que vous voulez connaître ?

Les Toici: Tous ces bruits /vainement menaçants

Sont les derniers efforts d'ennemis impuissants.

Le sénat est vendu. Laodice, implacable.

Vent immoler un frère aux mânes d'un coupable.

Abusant du pouvoir et du titre de sœur.

Elle seule à la paix a contraint le vainqueur;

Mais enfin, éclairé sur tant de perfidie,

II vient ôter le sceptre à cette main impie.

Sar mon bras si sa baine a fondé quelque espoir,

(Test en vain, vous pouvez le lui faire savoir.

Déjà mes compagnons poursuivent le rebelle.

Ma présence bientôt secondera leur zèle.

Mais, seigneur, j'aperçois Tenvoyé du sénat.

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