ACTE PREMIER. W
Il n'était pas encore étranger à mon ccBur, ^
Je voyais dans mon maître un frère , un protecteur ,
Et de mes premiers ans je gardais la mémoire.
On Tannonce, je conrs.... Entouré de sa gloire,
n parait.... Qaei pouvoir vint enebainer mes pas?
Quel doute m'empêcha de voler dans ses bras?
Je ne sais; mais je crus que Tombre de mon père,
Sanglante , me criait: Ce n'est pas là ton frère.
Pourtant je l'avouerai, ses vertus, sa valeur,
Antimaque , bientôt subjuguèrent mon cœur ,
Son règne était heureux, je le crus légitime
Et je doutai longtemps s'il régnait par un crime.
Ah! pourquoi sa fureur osa-t-elle insulter
Celle qu'il devait craindre, ou du moins respecter!
Vous connaissez assez jusqu'à quel point sa rage
Osa me prodiguer le mépris et l'outrage:
Mes titres contestés, mes droits anéantis,
Mes amis les plus chers* dépouillés et proscrits.
Eofin, 6 jour affreux! sur de vagues indices,
Antigène, innocent, mourant dans les supplices.
Oai , tu seras vengé , je le jure par toi ,
Chère ombre, ton bourreau fléchira devant moi.
Ce vainqueur insolent, d'une voix suppliante
Bientôt implorera ta malheureuse amante.
Mais repoussant se^ vœux, ja^iais sourde à sa douleur.
Je flétrirai ^n nom du surnom d'imposteur.
AlfTIMAQUB.
Ah! cessez d'écouter la haine et la colère. Attendez pour frapper un moment plus prospère; Déjà ce malheureux, l'objet da votre espoir. Poursuivi par le' roi, hiantût en son pouvoir*.»,
LAODICB.
Non, vous dis-je, il est libre, et j'en ai l'assurance; l)e joindre les Romains' il a quelifu'espéranoe;
PERSÉBi i^ BMiGâKNiNE.
Mais je veux qae ce roi parvienod à le saisir;
Quand je le défendrai, qu^il ose le j^nir 1
Ah! ne m'aecuaez pas d^une foUe eatrefifise^
Antimacpie, le ciel aussi me, fave^ise^
Delphi, Ephèse^ Cbal4»s^ vont cooabattre avee nous.
Si du rot cependaDt vous eraigo«t le courroaix»
A119S Teufi joindre à lui; j*oub£irai cette injure;
Allez, vous le pouvez, sans devenir parjwe.
Je vous rends iros serments et ne vous retiens» pas^
ÀNTniÀQCJl.
Non, je mourrai, madame, au rang de vos soldats, rai prévu vos dangers, mais je vous suis fidèle; Les efforts du sénat vous prouveront mon zèle. Cependant au vainqueur qui revient en ces lieux Sachez dissimuler ces transporte furieux, A se vaincre soi-même il est quelque courage.
Je saurai maîtriser mon cœur et mon visage.
Ne craignez rien pour moi; mais il faut éclaireir
Le destin de celui que nous voulons servir.
Il prétend que Philippe... Aht si c'était ce frère.
Ce frère malheureux exilé par mon père !
Si le ciel approuvait ma haine et mes projets !
Dieux ! si mon ennemi tf était que Déoôlès I
Mais je me berce Ici d'une vaine chimère*
Mon malheur est certain» et je n'ai plus de frère.
Avec moi du monarque intevcdgez le cœur.
Devant Itti quand ma voix maudira l'imposteur^
Eludiez son fr^t, contemplez sa figure;
Il est des sentiiQents que trahit la nature,
Antimaque , et qu'aux yeux au veut en vain cacher.
Déjà de ce palais il sem)>le s^appnocher.
Si j'en juge h ces eris d'amfijur et d'allégresse*
AKTIMAQUE,
De ce peuple flédmii. Toyeai queile^ est TWressew
LÂODItB.
De même à soa. sappiîee on le verraît courir.
Ah ! laissez c» vit peuple* aujourd^faur Tapplaudir ;
(Test le lion dompté qoi caresse sa chaîne,
Et Tamour est chez lui le repos^ de la haine.
On vient ! BssÊm^ seigneur , je ne veux pas sur vou^
Attirer ks» soupçons de ce' tyran jaloux.
Je reviendrai bientôt, trop tôt pour lui peut-être;
Ce qu'il fut, ce qu'il est, je saurai le connaître.
( Elle sort. )
SCEME V.
DÉOCLÈS, HARPALE, ÂNXIIUI^, GARDES, PEUPLE.
DÉocLÈs , au peuph*
Peuple, jesuia tpuohéide ces marques d'amour. Et je bénis les Dieux, quij, dan^ cet heureux jour. De la patrie enfin daignent sécher les larmes. La fortune propice a couronné nos armes. Les Romain^ senti vainéus., ^ leur ambassadeur Vient recevoir ici les déeitets du vmbqueur. Le Cretois,. rsiôoi., les peuples de Mycènes, Thèbes,.GonaÉh&., Argos, Lacédémone, Athènes, An bruit de nos suooèff -rentrent dan» le deyon*. La Samothraee entière est en< notre piMivoIr. Tai chargé le séoBt» d'^snrer nos conquêtes Et de faire auK vaincus oàl^r leHon défaites.
100 PERSES DE BIÂCÉDOINE.
Que la Grèce, arrachée au joug de Tétranger, Parmi ses bienfaiteurs puisse enfin me ranger ; Que j'assure sa gloire et votre indépendance, Tels sont de mes efforts le but et l'espérance , Allez...
(Le pettpl« sort, let gaidet B'éioigMtit.)
Vous, Antimaque, annoncez au sénat Que je veille au salut du trône et de TEtat. Que ce fourbe insensé que craignait sa prudence'. Trompé dans ses desseins, à sa perte s'avance. Que par mes soins bientôt remis entre ses mains , Ils puniront en lui le crime des Romains.