ACTE PIlËMIEa. -iûl
Cette intrigue est le fruit 4e sa haine imi^Msable. Mais on peut aisément, confondre le coupable. Et Taveu d'un complot, que vous devez punir ^ Contre d'autres soupçons défendra Taveaiir.
DÉOCLiS.
Punir!.. La sœur des rois, la Grèce tout entière, A rinstant me crierait, vous n'êtes pas son frère.
HABPÀLE.
Oui, la Grèce la craint, je le sais, mais, seigneur. Quand le prince n^est plus, qu'espère sa fureur?
DÉOCLÈS.
Comme toi j^avais cru «que rhéritier du trône Avait cessé de vivre, Harpale; et la couronne, Qaand j'étais sans remords, semblait un poids léger. A d'horribles secrets trop longtemps étranger. J'ignorais que mon règne eut fait une victime. Calligène, avec soin, m'avait caché ce crime; Il fallut que sa mort vint dessiller mes yeux. 0 souvenir d'horreur! Depuis ce jour affreux. Ce jour qui me ravit l'innocence et mon père, Le sommeil un instant n'a pas clos ma paupière. Six mois sont écoulés. Si j'ai pu t'abuser... C'était un père, ami, qu'il fallait accuser. Mais écoute et frémis: je marchais yersMyeène, Lorsque Léodamas m^apprend que Calligène Veut me communiquer ua importas! secret; Je reviens à Pella. Calligène expirait.
Dans les convulsions d'un horrible délire. Sa Yoix n'avait dejorce, ami, que pour maudire. Des mots entrecoupés de glaive, de poison. De chaînes, âe cachots, étonnaient ma raison;
d02 PERSÉE'iDEifiilSâDQlllE.
Il séteMéét iqu'im remotéa tétirible, ^imi&tafoie,
Le pressât, l'acoablàt «ous >8dn pèlâs' effW»yabie.
Dans mes veines mon eang 'se glaçait de terreor;
J*éloignai les témoins '^'Bne scène dliorrettr,
Et seul auprès de lui, dans son regard farouche.
Les sanglots que la mort arrachait de sa bouche.
Frémissant,, je cherchai Tireuse mérité.
Son eepiit un instant parut mo«fs agité:
tt 0 mon fils, me dit^il, ^ur ma tête coupable
» Les Dieux ont prononcfé Tarrêt irrévocable.
)) le. meurs, que tSut moi seul puissent loiiber leurs <:06q^.
» 0 fils infortuné, dôtwrne leur cairramix!
» Redoute les serpents des noires Euménides,
» Redoute les tourments 'vi^g^urs des parricides.
» Le fils .de im)s rois vit. )> Lors )je'ra''6ntendis ^plns
De cris et de sanglots qu'un mélu^ eeiifus.
11 semblait me presser de réparer son crime ,
Harpale, quand la mort ii>int frapper sa vlcKime.
HARPALE.
Quelques mots prononcés ipar jun lâeillard mourant Sont du sort de Fersée un bien iaiUe garant.
DÉOCLÈS.
Mais pour me oOtifiroMr ce fimeste >tnyâtère, La tombe, oui, la tomba, a cessé de ^ taire. Cette nuit je veillais*.. «Devant moi se dressant Un spectre!... QuHl éèait terHMe, tiienaçûnt! Ma douleur bésitsàt à reoênnaUpe uu père. Harpale, c'était lai. B'une voix funéraire: « Le fils de nw rois !vit. »>
«UEPALIi.
oQuoi! <8t3igneMr...
Près de moi, Harpale, il est encor, j» rentends, je le voi.
Le souTenir du foitfbe...
DÉOCLËS.
Eh ! bHtt , si.Laodice »
De ce fourbe aij^urd'kni devenait la complice. Aux yeux de tous les Grecs , «il sa haine... gmnds Dieux l Et je ne puis briser un pouvoir odieux. Cette femme toujours partagera le trône I Que dis-je, dans ses mains, elle tient la couronne; Le peuple, les soldats, Rome ont les yeux sur nous, EQe peut contre moi d^un mot les armer tous. Et si cet adversaire était le vrai Persée, Si ses droits... éloignons cette horrible pensée. Non, non, le roi n'est plus; de ce lâche imposteur Tout le sang répandu vengera ma douleur. Du sang! Grands Dieux ! Punir le crime que moi-même... Hélas! en ce moment, funeste diadème, Qae tu me semblés lourd! D'un trône que je hais Qae ne puis-je descendre et retrouver la paix?.
HARPÀtE.
Si vous en descendiez, oui, vous seriez coupable. Uvrerez-vous ce peuple au parti qui Taccable? Âbandonnerez-vous la patrie aux Romains?
DtOGLftS.
Aux Romains ! que les Dieux remplissent mes destins, Mais quel que soit mon crime, avant que je Texpie, Que je puisse à mes pieds fouler cette aigle impie,
1(H P£BSË£ DE MACÉDOINE.
Cette aigle si longtemps teinte du sang des rois!
Ya, contre les Romains je défendrai mes droits.
Je leur donne la paix; mais qu'ils craignent la guerre.
Philippe à Déoclès a légué s% colère :
Brennus et les Gaulois, les armes à la main,
Déjà du Capitole ont montré le chemin.
La paix n'est pas conclue, avec le jour expire
La trêve où leurs complots m'ont forcé de souscrire.
Que Marcius surtout se garde d'ouhlier
Que jamais devant Taîgle on ne m'a vu ployer,
Qu'il lui faut d'un tribun déposer l'insolence
S'il veut que dans ces murs je souffre sa présence.
Mais au tombeau d'un père, allons offrir des vœux ;
S'il fut coupable, ami, doit^il l'être à mes yeux!