L£S FINANCES DU ROI
sur coup à Sully, qui n'est point encore du conseil de finances, mais qu'il a chargé du soin d'y présenter ses demandes. Le 6 mars 4596, il lui écrit : « Si je ne suis secouru d'argent bientôt, je me trouverai en une très grande peine, car les Suisses se débandent tous les jours ; nos ouvrages demeurent ; ma cavalerie ne peut subsister faute de payement. Je vous prie avec ceux de mon conseil de me secourir en cette occasion, qui est la plus importante qui se présentera jamais. » Deux jours après, le roi, qui a reçu 13000 écus, remercie Sully : c Les 43 000 écus que vous m^avez envoyés me sont arrivés très à propos pour contenter notre cavalerie, qui était à la faim, et retenir nos Suisses, qui se voulaient débander. » Mais une semaine passe : nouvelles plaintes du roi : « 11 ne m'est pas possible de faire attendre plus longtemps les Suisses, qui menacent de ployer leurs enseignes et de m'àbandonner... » Le 48 le roi demande dix mille livres pour payer les dettes du mois passé ; le 23 il écrit que son armée a si peu de vivres qu'elle vit au jour la journée : « Les gens de guerre reçoivent demi-ration, et quelquefois rien. » On dirait dans toutes ces lettres que le roi de France, que cette barbe grise, que ce victorieux, demande l'aumône à ses serviteurs .
Tout le temps que Sully ne fut point le maître dans l'administration des finances, il fallut qu'il se contentât d'expédients pour trouver ce qui était nécessaire aux besoins de chaque jour; devenu surintendant des finances, il devait s'appliquer à guérir jusque dans leurs racines les détestables abus de l'administration financière.