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LES FINANCES DU ROI

Les charges et honneurs d'e Sully, et d'abord ce qu'il fait comme surintendant des finances. — Le^rigtg^lat&âiliUÙUlUiAâUlhUC^^ Gomment il s'endettait et quelles étaient les exigences de ses créanciers. — Ce que fit Sully avant d'être surintendant. .

Il est inutile maintenant que nous suivions Sully année par année, comme nous avons fait jusqu'ici. Il vaut mieux dire de quelles ^ affaires Sully fut chargé, quels honneurs il reçut, puis examiner en bon ordre les services qu'il a rendus.

Dès le siège d'Amiens il était en réalité le ministre, ou plutôt, comme on disait alors, le surintendant des finances . Les conseillers ses collègues ' cessèrent peu à peu de venir au conseil, où Sully, appuyé sur l'autorité du roi, ne souffrait aucune contradiction. En l'année 1599 il devint surintendant en titre . La direction des finances demeura sa principale besogne; mais il fut aussi surintendant des bâtiments et fortifications, grand voyer, grand maître de l'artillerie. Le roi lui donna le gouvernement du Poitou, et en 4606 le fit duc de Sully et pair de France. Sully garda d'ailleurs ses gouvernements de Mantes etdeJargeau, etilfutencore capitaine et gouverneur du château de la Bastille à Paris.

Pour bien comprendre ce qu'a fait Sully comme

surintendant des finances, il faudrait montrer en grand détail dans quel triste état se trouvaient les finances de France.

Une bonne partie du domaine du roi avait passé en des mains étrangères ; les impôts directs et indirects ne rapportaient presque rien; on ne faisait pas, pour chaque année, le compte des recettes et des dépenses, comme aujourd'hui. On ne décidait point que telle dépense serait payée par telle recette. On vivait au hasard, au jour le jour, mêlant et embrouillant les comptes, de telle sorte qu'il était impossible de s'y reconnaître, et que les malhonnêtes gens, sans rien craindre, péchaient en eau trouble. Chaque année les dépenses dépassaient les recettes, et le roi s'endettait de plus en plus. Réduit à toujours emprunter, il le faisait dans les plus détestables conditions. Aujourd'hui nous jprêtons notre argent à l'État sans inquiétude, et l'Etat nous donne en échange un morceau de papier qui est un titre de rente ; pour toucher la rente de notre argent, il suffit que nous nous présentions au jour dit chez le percepteur. 11 n'en allait pas ainsi il y a trois cents ans. Les créanciers de l'État n'avaient pas confiance en lui ; ils exigeaient de très gros intérêts, puis ils voulaient se payer de leurs propres mains : le roi les autorisait à lever euxmêmes tel ou tel impôt dans telle ville ou dans tel pays. Gela s'appelait aliéner cet impôt, c'est-à-dire le céder à autrui. Il en résultait, comme on le verra, nombre d'abus.

Henri IV se trouvait presque toujours dans les plus graves embarras financiers. Certaines de ses lettres sont de véritables appels désespérés à l'amitié et aux bons offices de Sully. Par exemple, au printemps de 4596, pendant le siège de la Fère, il s'adresse coup

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