‹ Sully PrudhommeChapitre 2 sur 5 · OPINIONS · texte numérisé non relu

OPINIONS

Do Théophile Gautier :

^ Statues et Poèmes, les moindres pièces ont ce mérite d'être COmp d'ivoir un commencement, un

milieu et une fin, de tendre à un but, d'exprimer une idée précise... Dès les premières ptges du livre, on rencontre une pièce charmante, d'une fraîcheur d'idée et d'une délicatesse d'exécution qu'on ne saurait trop louer et qui est comme la caractéristique du Poète : Le Vase brisé ! C'est bien là en effet la poésie de M. Sullv Prudhomme : un \ascde cristal bien taillé et transparent où baigne une fleur et d'où i'eau s'échappe comme larme.

[Rapport sur U\ progrès de la Poésie en France au XIX* u

Do M. Jules Lomaitre :

L'imagination de M. Sully Prudhomme est des plus belles, et, sous ses formes brèves, des plus puissantes qu'on ait vues. S'il est vrai qu'une des facultés qui font les grands Poètes, c'est de saisir entre le monde matériel et le monde moral beaucoup plus de rapports et de plus inattendus que ne le fait le commun des hommes, M. Sully Prudhomme est au premier rang. Près de la moitié des sonnets des Epreuves (on peut compter) s ont o^îmagês", des__métaphores sobrement développées et toutes surprenantes de justesse ou de grâce ou de grandeur. Ses autr -s recueils ofFrent le même genre de richesse. J'ose dire que, parmi nos poètes, il est avec Victor Hugo, dans un goût très différent, le plus grand trouveur de symboles.

(Les Contemporains, Ire série.)

De M, Ferdinand Brunetière :

Grâce à la sensibilité, personne, je le crois, n'est descendu plus avant que lui

Dans le fond désolé du gouffre intérieur.

Venant après Musset, mais combien plus noble et de quelle autre qualité d'âme, plus sincère et moins affecté par conséquent que Sainte-Beuve, il a donné à la poésie personnelle et mu më je ne sais quel accent nouveau plus pénétrant, plus discret et cependant plus douloureux.

(Evolution de la Poésie lyrique en France au XJX* siècle, Tome II.)

— 4' De M. Anatolo France :

M. Gaston Paris disait dans un banquet ■ M. Sully Pi udhomme, son ami : * \ ous ivei mérité la s) mpathie et la reconnaissance de tous ceui qui lurent \os dans leur jeunesse ; nous les av» I aimei

M. Sully Prudhomme à accompli cette mission déli- 11 n bonheur mérité. Il avait poui j réussii Don seulement lcs dons mystérieux du Poète, mais encore une absolue sincérité, une inflexible douceur, une esse et cette candeur, cette simplicité

sur lesquelles son scepticisme philosophique s'élève

nme su: hautes régions où la

ravissait les mystiques. On chercherait en vain un confident plus noble et plus doux des fautes du coeur et de l'esprit, un consolateur plus austère et plus tendre, un meilleur ami.

Q Vie ht tétait ■.

De M. Charles Morico :

M. Sullj Pnidhomme n'est pas un Poète. Des trois

actes qui dé sent l'action esthétique (Pensée, Idée,

won), il n'accomplit que le premier : même il

l'accomplit très msuilisamment. Ses abstractions se

maintenant toujours dans de vieilles génél >ns.

ml au po .mental qui est l'autre lace du

te philosophe, je pense qu'il a déjà rejoint, dans

l'ingrate mémoire des hommes, les faiseurs de romances du i«* Empire et Reboul et Dupât) : m'n tendre

sucrées, sirupeuses, sont vaines en effet. On dit qu'il y a encore en M. Sully Prudhomme un poète lyrique chargé de dire des vers officiels devant les statues nouvelles : Baour-Lormian l'attend au seuil du Paradis.

(La Littérature de tout à l'heure.)

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