‹ Sumerien et Indo-EuropeenChapitre 118 sur 243 · CHAPITRE II : COMPARAISON MORPHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II : COMPARAISON MORPHOLOGIQUE

ga(6)— $n(4) = pE(puis) (1) la mer(:) supérieureG) jusqu'à (4) la mer(s) inférieure; ud(2)— 66) — fat) ud(s) — $u (6) — $ù (4) = pu) soleil(2) levant) jusqu'au (4) soleil(s) couchant); 1d(3) — nun(2) — tah) gu-edin-na(s) — su (4 — pu() grand(:) fleuveG) jusqu'à (4) (la) rase-campagne(s).

Citons enfin :

… NimG) Nim)— ta) mu-na-tum 4 = De0) (l')Élam(:) l'Élamite() lui a apporté (4) (Gudea, cylindre À, 15, !. 6), qui achève de définir la valeur ablative de -{a.

À ces constructions, où le -{a manifeste son rôle d'indice d'origine, de provenance, l'on en peut ajouter d'autres où cette fonction ablative a conduit (tout comme c'est le cas pour telle particule i.-e. de valeur similaire) à une notion locale répondant à peu près à : en venant de, du côlé de, et analogues. Processus d'évolution sémantique des plus normaux.

C'est ainsi que, exactement à l'instar du -*fos i.-e. en des expressions telles que sscr. mukha-t4h — de la bouche; 4-tah — d'ici; amu-tah — de là; ku-tah — d'où; daksina-tah — de la droite, sur la droite, à droite; sarv4-tah — de tous (côtés); agra-t4h — du côté du front, en téle; patsu-tah — « du côté de, aux pieds » > aux pieds de; änti-lah, pari-tah — de près, autour, où -tah indique le côté d’où le sujet parlant est censé se placer pour observer, nous trouvons sumérien : sig-la (— accad. Saplis — du côté du bas > en bas (sig — inférieur); nim—ta — du côté du haut — en haut (— accad. elis; nim — étre haut, élevé); ki-ta — du côté de la lerre = en bas (— accad. $aplhs; ki — terre); an-ta — du côté du ciel = en haut (= accad. eli$; an = ciel); Sag-tla = à la tête de; me-a-ta = de quel côté? me-a-ta — venant de quel côté (wherefrom, woher) ? uru-ta = [venant] de la cité; à-gu-s1i-ga — la — her — accad. ina Sert; ud()—ul-li-a(2)—{tats) = temps) ancien(2) depuis(3) = autrefois, jadis, au temps passé; murgu —ta = «afterwards », propr. murgu = après + La.

CPréncoreso5 a propre latin Cconde ex» — de dedans, dé l'intérieur de, hors de; u(d) ...ta— propr. « die... ex » — depuis, du jour où; murub'... ta (propr. matrice, milieu... + ta), à l'intérieur de (symétrique à év-rés, lat. in-fus, etc.); egir ...tla — ensuite... de, d'où après (propr. à

1. Pour murub — matrice et un correspondant i.-e. possible : *ouelbh-; avest, garobuë (= jeune animal); sscr. gérbha-; grec delpis, Gokpic, etc. Babyloniaca, VIII, 3-4, p. 204.

l'arrière . .. de); toutes expressions adverbiales dont le mot à mot n'offre nulle difficulté.

Ce sont là des formes évidemment de même structure que : oùpavd-bev, Ünep-De(v), Evep-Oe(v), Ev-Oev, éxeï-Oev, ou que ëv-rés, in-lus, cæli-tus, ou que les expressions sanscrites rappelées plus haut.

Nous comprenons donc, semble-t-il, GRÂCE À L'1.-E., l'unité substantielle du concept sémantique auquel le -{a sumérien doit d'avoir été rendu, approximativement, en sémitique tantôt par ana, ina, kirib = dans, à l'intérieur de; d'autres fois par tëlu, ultu — de, depuis, en venant de, en partant de; d'autres fois par tffi — du côté de, avec.

Ce sont là, manifestement, des « éraductions » plus ou moins approximatives; non des équivalents exAcIse

Prenons-nous, par contre, des éléments indo-européens symétriques, tels que -*{os ou -0e(v), en conservant à ceux-ci leurs valeurs sémantiques fondamentales : en partant de, du côté de, la tendance sémantique intime comme les fonctions morphologiques du -{a sumérien nous apparaissent aussitôt sous un aspect grammatical logique, cohérent et clair.

Cette constatation présente, même, d'autant plus d'intérêt que le -fa sumérien, nous l'avons vu, signifiait à peu près sûrement : côté (cf. le -seits allemand)*.

Enfin, avec le -*{os indo-européen le -{a sumérien offre une dernière et remarquable concordance.

Il sert aussi (cf. avec sscr. nama-tah, cité plus haut, p. 24) à exprimer un sens génitif. C'est ce que l’on constate, par exemple, à propos de tel nom de temple, baptisé e(1) di-kud()-ta(2) — demeure) de(2) (la) justice()*, ou en des formes courantes telles que : 7 ma-naû) sig(3)-4a(2) = 7 minelr) de) laine(3)+; I ma-na urudu-ta — 1 mine d'airain.

1. Pour des exemples de ces (« approximations » accadiennes, cf. Decrrzscn, Grundzüge.…., pp. 3 et4, $$ 5 et 6.

Page 1