‹ Sumerien et Indo-EuropeenChapitre 12 sur 243 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

retrouve, diffus, dans la trame linguistique d'innombrables idiomes, de l'Inde à Ceylan, à Java et au Japon?

La linguistique, dès lors, a un intérêt manifeste — surtout lorsqu'elle touche au seuil du préhistorique — à tenir le plus grand compte des ensembles de cette nature. L'indice fhéologique ne saurait être qu'un indice. Mais il peut

efficacement contribuer à nous montrer la route à suivre.

Indo—européanisants comme suméro-sémitisants voudront bien nous excuser de leur remettre sous les yeux des éléments de leurs spécialités respectives.

Chacun d'eux, bien mieux que nous sans doute, les connaît dans sa partie. Mais il les ignore ou, du moins, les méconnaît souvent dans celle du voisin. C’est là un tort des plus dommageables au progrès des deux spécialités. La linguistique, d’ailleurs, est une. Et lesdits éléments constituent, sans l'ombre d'un doute, les pièces essentielles du procès.

Malheureusement, la collaboration indo-européo-sumérienne n'a constitué, jusqu'ici, qu'un accident anormal et de caractère toujours plus ou moins précaire et momentané'.

Les indo-européanisants, dont l'œuvre est ample, savamment ordonnée,

calculée parfois avec une rigueur peut-être excessive’, ne regardent pas sans

1. Citons-en quelques traces dans WaLpe, Etym. W. B. der lat. Sprache?, s. v. raudus (p. 643); GunrHer ÎPsEN, Festschr. f. W. Sireitherg, Heidelberg, 1924, p. 226, urud, gu; S. Feisr, Kultur, Ausbr, u. Herkunft der I.-Cr., Berlin, 1913, anêu/r et ôvos (p. 158); balag et méhexve (p. 214; erreur; v. Babyloniaca, VIT, 3-4, p. 185, n. 1); wrudu et raudus, p. 199; contacts sumériens avec Boghaz-Keui, signalés dans Indogermanen u. Germanen3, du même (Halle, 1924), p.133; balag et urud, mentionnés dans les mêmes conditions par le même, pp. 29 et 34 d'Europa im Laichte der Vorgeschichte..., Berlin, 1910. L'on regrette que H. Hirr, Die Indogermanen..., 1905-1907, ne fasse même pas allusion à ce peuple, non plus que M. G. DoTri, Anciens peuples de l'Europe, Paris, 1916, qui, pourtant, mentionne les Hétéens (p. 51, n. 4; 166; 178), tels usages babyloniens à propos des Lydiens (p. 138), les Assyriens (p. 95, n. 3; 42, 99, 138, 171), etc. Même lacune dans A. Carnoy, Les Indo-Européens, Bruxelles-Paris, 1921. M. L. DE LA VaLrés-Poussin, /ndo-européens et Indo-iraniens, Paris, 1924 (t. III de l'Histoire du Monde, publiée sous la direction de M. E. CavarGnac}), a été mieux inspiré (v. p. 25, bas de a page).

2. Cf., p. ex., les réflexions de M. H. Scuucmarpr, Über die Lautgeselze, gegen die Iunggrammatiker (Schuchardt-Brevier, Halle, 1922, pp. 43-99), qui illustrent la thèse,

Page 1