‹ Sumerien et Indo-EuropeenChapitre 13 sur 243 · INTRODUCTION V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION V

une certaine méfiance cet inconnu sumérien, dont la physionomie fuyante et la démarche hésitante les effraient.

Les sumérisants, eux, sont un peu moins réservés'. Si l'on excepte, cependant, une tentative récente*, l’on ose à peine dire que cette réserve ait été regrettable, tant elle a trahi d'inexpérience de l’indo-européen le plus élémentaire’.

L'associé naturel du sumérisant — son autre lui-même, devrions-nous dire — c'est l'assyro-babylonisant. C'est donc le sémitiste.

Cette association est, en quelque sorte, imposée par la nature des choses. Elle est, évidemment, indispensable. N'est-ce pas un fils de Sem qui, en définitive, nous a conservé le plus clair de l'héritage des fils de Kingir ?

Philologies sumérienne et accadienne se commandent donc.

Cette collusion, si féconde soit-elle, ne saurait, cependant, suffire à la linguistique.

Pour diverses raisons, déjà déduites ou à déduire plus loin, il paraît, aujourd'hui, nécessaire que l'indo-européaniste prenne, désormais, systématiquement part à l'exploitation méthodique du sumérien.

C'est une habitude à créer ; rien de plus.

Si cette habitude n'existe point encore, à quelques rares exceptions près#, cela tient surtout aux conditions dans lesquelles la sumérologie s’est instituée.

C'est, en quelque sorte, derrière la façade sémitique qu'Oppert, en 18545, décelait le sumérien. Ce sont des vocabulaires sémitico-sumériens qui nous ont, les premiers, expliqué des mots et/ou locutions sumériennes. Ce sont eux qui nous ont mis en mesure d'entrevoir la grammaire.

1. V., p. ex., les articles de M. S. Lancpon, dans Babyloniaca, [ (1906-1907, pp. 284 et sqq.); [I (1907 sqq., p. 99); Frpr. DELiTzscH, Assyr. Leseshücke4, p. 113, 92-97.

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