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CHAPITRE II : COMPARAISON MORPHOLOGIQUE

L'on conviendra que, confrontées les unes avec les autres, ces formes, tant sumériennes qu'indo-européennes, prennent un relief inattendu. Seraitce un effet du hasard ?

Encadrée comme elle l’est, pareille coïncidence nous paraît ne pouvoir guère s accommoder d'une telle explication. Car il faudrait, en ce cas, admettre que, quatre fois au moins, ce « hasard » aurait singulièrement bien fait les choses.

Resterait à savoir, néanmoins, à laquelle des postpositions pseudocasuelles 1.-e. de sens ablatif, à dentale sourde initiale; il pourrait être permis de songer à propos du -fa sumérien.

Nous déclarons ici notre indécision.

L'on peut hésiter, à notre avis, surtout entre deux solutions; solutions que nous serions portés à considérer comme à peu près les seules probables.

La première consisterait à voir dans ce -fa une forme antéclassique de ce -d /ou -{ ablatif auquel M. Meillet faisait allusion tout à l'heure”.

Théoriquement, c'est possible*.

Nous avouerons, cependant, qu’une autre explication; explication selon laquelle ce -{a répondrait au -*/os (-{ah sscr.; -10$ grec; -fus latin), aurait nos préférences.

Cette formation en -*{os se trouve en effet :

1° en grec, langue dont les contacts avec l’'Asie-Égée et le monde archaïque de la Méditerranée orientale et du Pont asiatique sont anciens et intimes ;

2° en indo-iranien, dont les rapports avec les sociétés « amarnienne » et

et l’autre, permettent d'y songer. Tout ce qui, dans l'Égée prégrecque et mycéno-hellénique, touche aux industries du vêtement et des tissus se rattache, à date ancienne, à l’activité manufacturière et aux exportations de l'Asie antérieure. Cf. déjà {liade, VI, 286-296 et le mot bipartite 4uwv :: nn», qui n'est ni grec ni sémitique, mais qu'un texte d'Hérodote (V, 88) indique avoir fait partie du vocabulaire asianique, probablement du carien : "Este dè 4An0éï Xéyw ypeouévorou oùx ’Lùs abrn à écbns To mahaudv, XX Kietpa xt. Signalons, à ce propos, l'existence, en sumérien, d'un mot gada, gadu signifiant forle, vêtement de toile (cf. Decirzsou, Glossar, p.76, qui suggère à ce propos l’assyrien kita, de sens analogue).

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