VI INTRODUCTION
C'est l'écriture sumérienne que le sujet parlant sémitique d'Assyro-
Babylonie utilise et adapte.
C'est la littérature, c’est le lexique technique, c’est la liturgie sumérienne
qui se survivent, en grande partie, dans les monuments littéraires et liturgi-
ques accadiens, etc.
Ainsi, peu à peu, s'est fondé une sorte de « ménage » suméro-sémitique ; ménage que, longtemps, rien n'est venu troubler.
L'exérèse biblique dans sa recherche passionnée des contre-parties
mésopotamiennes aux textes sacrés, a, même, fortement contribué à le
resserrer.
A notre insu, du reste, le vieux mirage sémitique, suscité par une Torah
rédigée en hébreu, nous impressionne toujours. Pas plus que notre pensée, notre linguistique ne s'est entièrement affranchie de Moïse.
Ce qui le prouve, c'est, entre autres, la persistance remarquable d'un vieux rêve cher aux érudits croyants du XVI° au XIX° siècle : celui d'une parenté initiale entre les langues classiques et celle de l'Ancien Testament:.
Cette idée, tout ecclésiastique en principe, est, aujourd'hui, descendue: du ciel sur la terre. Elle s'est modernisée, « scientifisée » sous la formule bien
connue : « indogermanisch-semitfische Urverwandischaft® ».
Gram., Leipzig, 1914, p. 3 sqq., $$ 5-6). Un jour viendra, sans doute, où les traductions accadiennes auront pour nous une valeur comparable à celle de la version sanscrite du Yasna ou des versions et/ou commentaires pehlevis de l'Avesta (linguistiquement parlant).