Cf. Movers, BocHarT, etc
2. L'on sait que M. H. Môrcer, dont le Vergleichendes 1.-9.-sem. W.-B., Güttingen, 1911, est en toutes les mains, en est le représentant le plus autorisé et le plus sérieux. Nous avouons que ce travail, dont la science et la probité sont incontestables, ne nous a pas convaincus. À chaque page nous y avons trouvé la preuve d’un regrettable manque de critique. Cf., p. ex., p. 138, à propos de xnp5c. Rien ne prouve qu'éthiopien gerä —« favus » soit ancien; qu'il re-monte à un sémitique commun dont il serait l'unique représentant. Dans ces conditions, le sé-. mitique 5k-r-— (cera » de M. Müller manque de base. Les faits de ce genre sont innombrables. Des vocables de toute origine et de toute date sont accumulés pêle-mêle, dans un ordre clair, commode, mais, somme toute, des moins démonstratifs. Il eût été indispensable de dater chaque forme et de ne retenir que les formes communes. Ceci eût réduit ce W.-B. des 98/100 et n'y eût rien laissé de bien caractéristique. Un mot, se présentât-t-il avec l'apparence triconsonantique d'un mot sémitique courant, n'est nécessairement ni sémitique d'origine ni ancien pour cela. Chaque espèce a lieu d'être considérée à part. Nous avons fourni dans Babyloniaca, VIII, 3-4, pp. 159 et sqq., un certain nombre d'exemples qui ne laissent pas de nous paraître plutôt sug--
gestifs.
INTRODUCTION \ il
L'évocation de cette éventualité linguistique plongeait le prêtre converti à la science qu'était Renan en de poétiques extases'. Elle ne laissait, même, pas indiflérent l'esprit, tout autrement rigoureux, d'un indo-iranisant rassis, tel qu'Eug. Burnouf’. Nul n'ignore qu'elle suscite encore de nombreux travaux’.
Nous n'avons point ici à prendre parti dans le débat+.
Ce que nous voulons seulement, pour l'instant, en retenir, c'est la propension ancienne et quasi spontanée des classicisants et des indo-européanisants en quête de parentés orientales extra-Indo-européennes à se tourner, de préférence, vers le sémitiques. Le sémitique d'Assyro-Babylonie, le seul représenté, jusqu à ce jour, à date très archaïque, ne repose-t-1l donc pas, par sa culture, sur Sumer‘ ? Par suite, la plus simple logique n'impose-t-elle pas de remonter, toutes les fois que c’est possible, aux originaux? Il n'y aurait donc, nous semble-t-1], guère que des avantages à changer quelque chose à un tel modus vivendi.
C'est, en effet, une fradition religieuse, un usage scientifique, un compartimentage administratif, bien plus que l'observation méthodique et critique des faits, qui ont contribué à la consacrer.
L'utilité que les indo-européanistes sont en droit d'attendre d'un commerce normal et permanent avec Sumer (ou vice versa) est, à notre avis, -double.
Elle est, en premier lieu, d'ordre linguistique. Entre un ensemble de correspondances relativement bien défini, tel que l'indo-européen, et une
langue encore imparfaitement connue, comme le sumérien, l'expérimentateur
1. V., p. ex., Hisloire gén. et syst. comparé des lang. sém.$ (1878), pp. 483 et sqq.