‹ Sumerien et Indo-EuropeenChapitre 171 sur 243 · CHAPITRE IV : BILAN GÉNÉRAL. — CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV : BILAN GÉNÉRAL. — CONCLUSIONS

cier ; royauté dont les correspondances : wrudu :: rudus; zabar :: cupr-um; nagga — plomb, étain — sanscr. naga-, de même sens, nous conservent comme une lointaine chronique.

Ces termes ne sont peut-être pas « indo-européens d'origine ». Rappelons-nous, cependant, qu'une expression de ce genre signifie surtout que les vocables en question ne font, actuellement, point partie d'un système d'équivalences à l'intérieur de l’indo-européen classique. C'est donc là un argument de bien faible portée, si l’on considère surtout :

1° le nouvel aspect indo-européen dénoncé par les archives de Boghaz- Keui';

2° le rôle primordial, essentiel, quasiment endémique, que la métallurgie n a cessé de jouer chez les Indo-européens — et chez eux seuls —. Ces peuples sont et restent, — et ceci depuis des siècles, — les principaux prospecteurs et les maîtres-fondeurs du monde entier. Le vieux lexique des arts du feu, que nous avons trouvé commun entre eux et Kingir’, pourrait bien, ce nous semble, y être pour beaucoup.

À ces caractères, à ces produits, à ces techniques — qui sont autant de facteurs de pénétration — l'Asie occidentale joignait l'activité incontestable de fervents apôtres. Ce sont forcément eux, et non quelque anonyme « force des choses », qui ont colporté jusqu'en notre Occident cette antique vénération de la hache; cette plante d'immortalité, ce Sirius fécondalteur des champs, que nous avons rencontrés sur notre route’. Liturgie archaïque dont la seule authentique expression, avant la préhistoire indo-européenne, se trouve en Kingir.

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3. V. index. La plante d'immortalité n'est, selon nous, qu'un équivalent pur et simple du soma. Comme lui, elle est, en principe, une plante céleste (H1LLEBRANDT, Ved. Mythol., I, pp. 277-290; cf. avec ci-dessus, p. 44, n. 3). Comme lui, c'est la plante qui croît sur les monénelC RP Ne D 03 00 Il 48,2:0V,36,2543)4: 852: 1X;18, 15 46, 1:61, 10: 62, 4; 70, 4: 82, 3; Aftherva Veda, III, 21, 103 dans l’Avesta : Yasna, X, 3, 4, 11, 12, 17. Cf. avec G. ConTenaU, Glyptique syro-hittite, Paris, 1922, p. 155, qui note qu'à partir de la dynastie d'Agadé, l'arbre de vie « s'élève sur une silhouette conventionnelle de montagne ». V. aussi 1h1d., PP. 122-123; 1523 154-156; 159; 163-164; 181 et seq., et références qui intéressent la propa-

gation du motif depuis Sumer et l'Élam jusqu'en Méditerranée. V. aussi des représentations du plus haut intérêt au point de vue (somatique » dans les Mém. de la Délégation en Perse, t. XII,

C'est donc bien en Asie Mineure que de multiples arguments d'ordre anthropologique, économique, technique, social, religieux, nous obligent aujourd'hui à « placer... le principal centre de diffusion des accroissements successifs de la civilisation occidentale’ » — c'est-à-dire, pratiquement, d'une partie importante de la collectivité indo-européenne.

Le principe de cette expansion de l'Asie antérieure réside, par suite, autant en ce génie des choses divines, dont l'Asie antérieure donnera encore maintes preuves, que dans l’ascendant fatal d'une culture largement pourvue, dès ces temps, de ressources dont les zones périphériques devaient, de jour en jour, éprouver le besoin croissant.

Il n’est guère de diffusion « coloniale » qui ne procède, à degrés variables, de ces mêmes facteurs. Si l'on y ajoute l’avidité inexhaustible d'agriculteurs pour des terres nouvelles à défricher, de métallurgistes pour les gisements métallifères, d'industries textiles pour les matières premières : laine, chanvre, lin, colorants; l'urgence de trouver de la main-d'œuvre à bon compte, — car elle est déjà chère en Asie Mineure, dès 2200, — de s'assurer des débouchés; l'importance, pour le renouvellement de la culture, des grandes voies commerciales, si précocement ouvertes’, entre Sumer et les principales aires indoeuropéennes, s'accuse dans son ampleur’.

Voyons maintenant si et dans quelle mesure nous pouvons parvenir à y retrouver Sumer.

Cette vie de l'agriculleur, que nous avons vue déjà si fortement organisée en Sumer, s'institue*. Est-ce donc par hasard que les noms du champ coïncident en 1.-e. : *agros, “agr-, et en sumérien : agar?

Ce pâtre, ce cultivateur, dont Kingir nous vaut quelques termes si carac-

pP. 161, 164, 171, 176, 183, 184, 185, 188. En plusieurs, l'on verra reproduites des gouttes, autour de l'arbre; gouttes qui évoquent l’un des noms fréquents de soma (et de la lune qui

le représente) : indu- — la goutte. (Pour indu- en sscr., v. HizzeBranDT, Ved. Myth., t. I, pp. 319 et seq.).

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