CHAPITRE IV : BILAN GÉNÉRAL. — CONCLUSIONS
qu'ont occupés Indo-Iraniens, Arméniens, Sémites ; des influences asianiques intenses qu'attestent les correspondances d'Amarna, les archives de Boghaz- Keui, la toponomastique gréco-latine; du rôle capital de trois mers, dans toute cette ancienne histoire ; de l’activité indéniable et considérable des aventuriers, des trafiquants, des missionnaires, à partir de l’époque néolithique ; de cette gigantesque emprise de l'Asie antérieure sur la Méditerranée, mais aussi sur le golfe Persique, sur le Pont, conséquence inéluctable de sa puissance économique ; de l'importance foncière de ces trois mers et des territoires qui les bordent dans l'économie vitale des nations indo-européennes ; l'on en arrivera, Croyons-nous, à conclure avec nous que l'indo-européen, pas plus que l'Inde, ou la Grèce, ou l'Italie, ne gagne à se concevoir trop exclusivement d'un point de vue indo-européen classique.
Notre liste n'a nullement la prétention d'être exhaustive. Presque chaque jour, nous trouverions matière à l'enrichir. C’est véritablement à peine si cette antiquité, aujourd’hui, commence à s'entr ouvrir.
Nous ne nous proposons pas, non plus, de remplacer les relevés de H. Redisch, Sumerisches in der Bibel (Monalschr. f. Geschichte u. Wissensch. d. Judent., Dresde, t. 54, 1910, pp. 689-696); de S. Landersdorfer (Sumerisches Sprachgut im Alten Testament, Leipzig, 1916); de H. Zimmern (Akkadische Fremdwôrier als Beweis für babyloniscrnen Kultureinfluss, Leipzig, 1917); de J. Theis (Sumerisches im Alten Testament, Trier, 1912); de P. Leander (Über die sumerischen Fremdwürier im Assyrischen, Upsala, 1903).
Nous avons mis à contribution tous ces ouvrages, auxquels nous devons beaucoup. Mais notre objectif différait, à certains égards, du leur. Ce qui nous importait surtout, c'était de bien marquer la nature de l'influence sumérienne, l'étendue de son aire de rayonnement, la vitalité dont ont fait preuve tels de ses archaïques vocables.
La question de l'intermédiaire : accadien, araméen, ou autre, offrait, dès lors, moins d'intérêt pour nous que le simple fait matériel de la survie du mot. Elles sont immémoriales, les routes le long desquelles l'humanité communique, depuis l’aube de notre histoire.
adam (A) SET), Brünnow, 6635; cf. avec 6742 = accad. namaëëu bulu — « Lebewesen », «étre vivant ». Une relation étymologique directe avec ox a été suggérée par Landersdorfer (p. 59-60). Le terme hébreu est d'étymologie inconnue, et le récit dont il fait partie a certainement son prototype en Sumer (grec &vôpwmos, latin homo ne sont, jusqu'ici, pas bien éclaircis) (voir, pour ces mots, l'index).
agam = lac, lagune (Y>-); reparaïit dans accad. agammu; se retrouve en araméen, en syriaque et en arabe. Mot agricole. Hébreu vx (Esaïe et Psaumes).
DT rat) — TOP D Es
agan (FxŸ EME) — mamelle de femme (synonyme de wbur :: oÿ0ap'); repa raît dans jx, récipient (en Touraine, notre fine a les deux mêmes sens); assyrien agannu; à passé en araméen, syriaque. Se trouve dans la
Bible; Fr, xxv GES APP AR CRT
*ana(g) — plomb, élain (-»Y- >), attesté sous les formes différentes : nagga, nigot, anna’; assyr. anaku, a-na-ak; hébreu 4x = plomb et fil à plomb (aussi araméen «zx; mandaïte xx; éthiopien naek), mais aussi arménien anag’; sscr. naga-. Si l'on rapproche wrud :: rudus :: sogd. rw (= “roô) :: sscr. lohd-; zabar et cuprum :: xônpoc; x&Aud (v. p.45, n. 2); xevoés :: prin :: acc. hurasu :: phén. hrs :: mitann. hiarohhe; guskin, et armén. oski = or (v. ci-dessous), il est difficile de nier que l'Asie Mineure et, sur ce terroir, Sumer (comme agent de trafic et de transit surtout) n'aient été les grands pourvoyeurs en métal du monde indo-méditerranéen. C'est là un fait de conséquences économiques et politiques