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CHAPITRE IV : BILAN GÉNÉRAL. — CONCLUSIONS

Les observations si fécondes de M. H. Schuchardt, à propos des « Mischsprachen », des parlers créoles, et/ou de la lingua franca', commencent à porter leurs fruits.

Nous percevons de mieux en mieux les inconvénients graves des conceptions par trop systématiques ou statiques, qui ne laissent pas un jeu normal et suffisant aux mille souplesses de la vie.

Les judicieuses remarques de M. A. Meillet, à propos précisément du nouvel aspect indo-européen qui nous est rendu en Asie Mineure*; celles du même savant, touchant les métamorphismes affectant l'indo-européen à date pleinement historique’, nous incitent à subordonner nos aperceptions aux choses bien plus qu'aux fhéories.

Nous ne commettrons donc pas, espérons-le, l'erreur grave que fit Renan, lorsque, déconcerté par les divergences, pourtant bien modestes, de l’assyrien par rapport à l’hébreu, 1l croyait devoir écrire que la langue dégagée par les efforts des assyriologues « blessait en plusieurs points le sentiment qu'il croyait avoir d'une langue sémitique* ».

Lorsque l’on entreprend de pénétrer dans la période ontogénique d'une langue, l’on est facilement exposé à voir des traits paraissant essentiels à sa structure organique se muer en d’autres, parfois curieusement divergents. Il convient d'être prêts, par principe, à ces sortes de changements de décor. S 1l est, par exemple, un aspect qui nous frappe, dès l’abord, dans le chinois, c'est ce qu'on est convenu d'appeler son « monosyllabisme ». Pourtant, ce « monosyllabisme » n'est, en principe, qu'un éfat actuel ; non une formule permanente. Ce que l'on peut entrevoir par le rapprochement des langues tai, tibéto-birmanes et chinoises montre que, en des temps antérieurs (d'ailleurs fort archaïques), ces idiomes ont possédé, outre leurs « racines », pour former leurs mots, tout un jeu d’affixes, voire des désinences’, Nous voici

1. Bibliographie dans le H. Schuchardi-Brevier, Halle a. S., 1922, pp. 10 et seq.

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