V. ci-dessus, pp
3. Cité par nous dans Babyloniaca, VIII, 3-4, pp. 197 et seq.
4. Sur ce manque de clairvoyance linguistique insigne, v., entre autres, l'excellent Manuel d'Assyriologie de C. Fossey, t. I, pp. 228 et seq.
s. Bien que la grammaire comparée des langues tai et tibéto-birmanes soit encore à faire.
Cf. PrzyLuski, dans Meizzer ET CoHEN, Langues du monde, Paris, 1924, p. 361; B. KARLGREN, Le proto-chinois langue flexionnelle, dans J. asiat., 1920, pp. 205-232.
loin de ce qui pouvait sembler devoir être foncier, voire caractéristique au premier chef.
Pour ce qui concerne donc une parenté du sumérienavecl'indo-européen, LE PRINCIPE MÈME ñne nous en paraît pas douteux. L'on conviendra, pensonsnous, qu'aucune autre langue, qu'aucune autre culture, qu'aucune autre cosmo-théologie n’ont conduit jusqu'ici à pénétrer aussi profondément dans les soubassements linguistique, culturel, religieux du plus ancien indoeuropéen.
C'est là un fait capital, fait dont il nous est impossible de ne pas tenir compte. C'est lui qui, par conséquent, constitue notre argument fondamental.
Quant à déterminer les modalités de cette parenté ; à en définir la portée exacte et profonde, c'est une opération qui, à notre sens, commandera, longtemps encore, une très grande prudence.
Nous sommes, ici, environnés d’inconnu. Cet inconnu tient à notre extrème indigence de documents concernant une grande partie de la préhistoire indo-européenne proprement dite. [l résulte aussi des lacunes, encore immenses, de notre savoir sumérien.
Avouons enfin que, à la hauteur où nous sommes, des termes tels que : parenté ont, à notre avis, quelque chose qui paraît trop absolu, trop tranché; nous dirions volontiers : de presque trop précis.
Les périodes, les perspectives, à la fois amples et lointaines, auxquelles nous reportent ces symétries suméro-indo-européennes dépassent, et de beaucoup, celles que la linguistique courante a coutume de considérer.
Quant au métamorphisme qu'implique cette parenté, nous ne le considérons ni comme anormal, ni comme excessif. À tout prendre, il ne dépasse ni celui du sino-tibétain commun par rapport au chinois, ni celui dont l'indoeuropéen lui-même fait preuve dans l'anglais contemporain, par exemple.
Ce qu'on dénomme, en grande partie à tort, l'usure d'une langue se trouve nécessairement en relations étroites et directes avec l’activité des groupes qui la colportent. Or, lorsqu'une famille d’idiomes — l'’indo-européenne en l'espèce — a conquis plus des deux tiers de la terre; que ses religions, que sa culture, sa technique, son initiative économique se sont, peu ou prou, insinuées partout ; que, directement ou non, consciemment ou non, le monde