V. BarTON, Babyl. writ., s, n
2. Sumérien fin [— UK] et gestin [— er | désignent respectivement la bossson fermentée et le vin. Etymologiquement, ces mots signifient aussi : vie et bois/arbre de vie (cf. notre eaude-vie). L'on peut rapprocher, sémantiquement, persan n0$ (<< avest. an-ao$a- — immortel, impérissable) qui — (Lebenselixir » et que Firdausi emploie au sens de vin (cf. Geicer et KuEN, Grundr. d. iran. Phil, I, 2, p. 20). Il est, dès lors, permis de suspecter une corrélation étymologique directe entre vita (<< *ouer-\ et vitis, vi-num (< *gur-).
3. Cf. la divinité dite dGeëtin-an-na — vin du ciel. Sa qualité de sœur de Tamuz, dieu qui meurt et qui ressuscite (cf. DermeL, Panth. Bab., p. 87, n° 530), autorise à la rapprocher, théologiquement, du cycle d'Osiris, Adonis, Dionysos, etc. Nous avouons que ce ((w:7 du ciel » évoque aussi pour nous la boisson-nourriture d'immortalité, dont nous avons parlé dans Babyloniaca, VITE, 3-4, pp. 214-216. L'on rapprochera la charrue, emblème de dGeëlin (DEIMEL, op. ct., p. 87, n° 538 et référ.), de Dionysos, principe mâle dans les mystères céréalicoles de la déesse des labours : Demeter. Cf. encore les variantes de dGeëtin : 4Nin-geëlin-na, Ga$an-gu-edin-na, dMu-ti, d Mu-ti-an-na. I nous paraît assez probable que l'i. Belit ser: (« dame de la campagne ») qui répond à dGeëlin-an-na pourrait être un archétype de la métva Ünewv. Dans les textes postarchaïques (v. Deimez, op. cil., p. 87, b), d Geëlin-an-na s'est confondue avec la déesse de la plante d'immortalité : Nin-in-ni-si-na. L'on en peut donc conclure que, en principe, cette plante poussait dans l'ager cœlestis : gu-edin-na. Pour un exemple parallèle d'évolution de Soma en Dionysos, cf. F. CumonrT, Textes et Monuments, etc., 1, p. 146. Cf. avec p. 47, n. 6.
4. [l nous paraît certain que sumér. gu(d) —i.-e. *guou- (v. ci-dessus, p. 1v, n. 1, et Babyloniaca, VIII, 3-4, p. 202); an$u nous paraît, comme à M. Feist (v. ci-dessus, p. 1v, n. 1), correspondre à 0vos. En principe, il n'y a pas impossibilité, nous semble-t-il, que sigga (qui vaut aussi Sega; cf. BARTON, Babyl. wr., n° 406) réponde à une forme plus archaïque de grec at, aly-6e, arm. ac, avest. fzaëna- — de cuir [de chèvre] < *i2-, *%# «cuir » [de chèvre]. Un intermédiaire iranisant pourrait justifier l'esprit doux de aiy-. Voici donc, en tout cas, au moins deux animaux domestiques dont les noms se répondent, de Sumer à l'Égée prégrecque. Le caractère religieux, la valeur liturgique insigne du bovidé dans le monde indo-iranien nous