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CHAPITRE I : DU SUMÉRIEN

Des filets, des pièges nous montrent un peuple pêcheur et chasseur: le nombre des représentations de bâtisses diverses et de mobilier, une nation possédant une technique de l'habitation à peu près comparable à celle de certaines peuplades africaines, mais très développées’; des bateaux, une familiarité ancienne avec la navigation; des pièces d’étoffes, la connaissance du tissage (de la laine, tout au moins). La céramique a fourni de nombreux caractères. La musique est représentée. Un système de poids et mesures est institué.

Indice de commerce actif. Il semblerait même que la métallurgie — qui pos-

sède en commun avec le latin et le grec les termes urudu — raudus et zabar — #ÜTpos — témoignerait de quelque relation plus particulièrement étroite avec la région tibaréno-pontique* (ce qui, économiquement comme archéologiquement, n offrirait, en soi, rien d'invraisemblable).

Tels signes paraissant représenter des canaux ou réseaux de canaux d'irrigation montrent un peuple foncièrement agricole; qualité que confirment et l'emploi d'> — anu pour désigner à la fois le ciel, le dieu et l’épi de froment, et le titre de nourricier, agriculteur, décerné couramment aux monarques*.

C'est également vers les régions caucaso-caspiennes et élamites que nous orienteraient les apparentements graphiques de l'écriture.

paraissent susceptibles de procéder de la liturgie de Sumer, dont les ‘dieux, souvent, sont qualifiés de « gu(d) ».

1. L'on peut rapprocher d’A. Merrcer, /ntroduction 6, p. 30, 4° alinéa.

2. Nous pensons ici plus particulièrement au terme #-bi-ra que nous a transmis une glose explicative du caractère : Ft] L«. que l’assyro-babylonien rend par gurgurru — « Melallarbeiter » (cf. Decrrzscn, Sumer. Glos., p. 273, et Ass. H.W.-B., 1806, p. 203, col. 2). Nous penchons à voir dans ce Ti-bi-ra un simple équivalent sumérien à Téap-nvôc :: bain :: ban :: Tabal, immémoriaux métallurgistes (Genèse, 1v, 22), dont les voisins, Chalybes, ont fourni aux Grecs leur nom de l'acier : x4vb; dont d'autres voisins, les Mos{s)Sv-otuot, étaient, effectivement et étymologiquement, èv mipyois ofxobvres, experts dans la fonte de l'aërain (cf. 'ArisTorTe, Mirab. ausc., 62, avec Denys Haric, Ï, 26; SrraBon, XII, C. 549; rapprocher Tupo-nvot let Ivpy-irat). L'on sait que le dieu-sage Éa, mentionné plus haut, était le (patron » officiel de ces « gurgurru », tout comme Hephaistos l'était des forgerons. Ceci paraîtrait singulièrement favorable à un caractère igné originel du dieu (cf. avec ci-dessus, pp. ix-xt). Au temps où le signe ci-dessus a été conçu, c'est l’atrain (eru) qu'ils façonnaient; puisque accadien eru (sumérien urudu) est rendu par = Q) et que L« répond, en assyro-babylonien, à «#ilnampoaru, soit charpentier ; les Tibira sont donc des « charpentiers de l'airain ». Nous voyons ici évoquée la technique du bois, devancière et préparatrice de celle du métal.

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