‹ Sumerien et Indo-EuropeenChapitre 93 sur 243 · CHAPITRE II : DU SUMÉRIEN · texte numérisé non relu

CHAPITRE II : DU SUMÉRIEN

forme nous donne $éfa}+ ty ait Vo BE — adjectif verbal en … as , dérivé de la racine Van — écrire.

Il y aurait donc lieu de se demander si le mot-verbe sumérien n'aurait pas, par hasard, à l’éfat nu, une valeur soit de simple nom verbal, ou un sens purement participial, ou encore une valeur naturellement passive, telle que M. Schuchardt l’a déterminée pour le mot-verbe caucasien'.

Ce sont là des questions fort complexes, fort délicates, dont la discussion ne saurait être de mise ici.

Tout ce que nous pouvons dire, c'est que l'intelligence intime du mécanisme de la conjugaison sumérienne et de son économie résoudra, le jour où elle aura pu être acquise, l’une des principales difficultés que cette vieille langue nous oppose.

Pour l'instant, essayons d'en fournir un schéma sommaire, dans la faible mesure où c'est possible.

Plus haut* nous avons rappelé que la « racine » sumérienne n'est, par elle-même, ni nominale, ni verbale.

Il n'y a donc verbe fini que lorsque cette racine est accompagnée d’éléments caractéristiques de sa fonction verbale.

Cette racine peut, d’ailleurs, être employée soit à l’état simple, soit à l'état redoublé. Ce dernier emploi, qui n'est pas rare, paraît avoir correspondu (en principe du moins) à une intensification (durée, fréquence, énergle, etc.) du concept verbal.

A l'état nu, la « racine » peut exprimer la 2° personne de l'impératif, l'équivalent de notre infnitif, l'équivalent de nos participes présent et passé.

1. Cf. supra, p. 65, n. 3, et les observations de M. F. Bork, OLZ., 1924, Sp. 170, 173. L'on peut comparer, à ce point de vue, le verbe caucasique. Cf, des tournures telles que géor-

gien 15 Ha sdl — mi khar-i-s (verbe DE Ie — se réjouir; même racine que xaipw << *y29-jw ? emprunt du géorgien ?) — je me réjouis, proprement : pour mor réjout 1l (y a); 9 . gmr6-a s — m-gon-i-a (verbe 876.98 —= penser) — mot-

pens-ée-(1l) y a — je pense.

2AVE DE So:

En tant qu'elle fait office de verbe conjugué, la « racine » sumérienne vit en état d'association intime avec trois groupes d'éléments :

1° avec des éléments (ou particules) préverbiaux; éléments dont l'origine et le rôle, encore des plus obscurs, paraissent rappeler ceux, à peine plus clairs', des préverbes caucasiques ;

2° avec des éléments (pourvus ou non d'« indices » casuels)* se rattachant au pronom personnel ;

3° avec des éléments postverbiaux.

1° Éléments préverbiaux. Nous en connaissons, pour l'instant, environ une douzaine : ab-, abba-, al-, ba-, bi-, 1-, 1b-, imma-, immi-, mu-, ne/1-, auxquels il y a lieu d'ajouter des particules préverbiales optatives he-, de- (eme-sal), w-, ga- (eme-sal : da-).

L'origine, comme le sens propre de ces éléments, nous échappent à peu près entièrement.

Ab- figure dans des formes que nous rendons par des présents ou des participes.

Abba-, qui, en tant qu'élément morphologique, n'est même pas encore entièrement sûr’, reste inexpliqué.

Al- avait, apparemment, une valeur permansive et indiquait, croit-on, un procès intransitif*; procès accompli mais dont l'effet se continue encore dans le présent. Paraît interéchanger avec n1-.

Ignorant comment la forme de ce préverbe a pris naissance, nous ne sommes pas en mesure de dire s’il se trouve en rapports étymologiques quel-

CE

conques avec le /- (vocalisés la-, le-, ‘li-, lo-) du laze (cf. BSLP., X, 422,

Page 1