X PREFACE
Libertas et Liberté, par exemple, diffèrent peu grammaticalement. Mais oserait-on soutenir que le fondement de la liberté à Rome est le même que celui de la liberté à Paris? (1).
Cependant on applique ce mot comme si cela était, et nul n'en parle avec des idées nettes. On dit la Liberté comme les anciens disaient Junon ou Minerve. Da reste quel écrivain bien pensant ne *se croit honoré de dire :
« Un État ne peut se maintenir long-temps sans la Liberté? »
Comme si l'on connaissait un critérium certain et fixe de la Liberté! Comme si un État — résultante des intérêts en conflit — avait pour fondement un principe !
On en peut dire autant de Patria, Justitia, Respublica, etc. Toutes les fois qu'on emploie ces mots c'est avec un sens ambigu et tout à fait différent de la chose qu'ils représentent. Aussi quelle confusion et quel trouble dans les esprits! Quelle désorientation et quel chaos !
Mon but est d'apporter simplement un peu de pré-
(1) Pendant une période,jtssez longue, de la vie du peuple romain, être soldat équivalait à jouir d'une certaine somme d'avantages et de privilèges (à cause du butin, du pillage ou du partage des terres), c'était une forme de la liberté très recherchée.