‹ Superstitions politiques et phénomènes sociauxChapitre 6 sur 56 · PREFACE IX · texte numérisé non relu

PREFACE IX

habillés de leurs propres pensées. On pourrait les comparer, aussi, à ces fenêtres postiches qui contentent peut-être les gens du dehors, mais qui ne procurent à ceux du dedans ni air, ni lumière.

Or, tandis que philosophes et sociologues continuent de propager ces contre-vérités, les institutions se modifient, se transforment, changent, d'une manière souvent inattendue, et plus vite que les systèmes et les doctrines qui prétendent les instaurer.

De là ce fouillis d'équivoques et de malentendus. Les uns dissertent sur leurs propres imaginations avec un sérieux imperturbable, les autres discutent sur de vieux concepts avec une ardeur extraordinaire. Aucun n'a souci de ce qui existe, parce qu'il est plus commode de divaguer que d'observer et de réfléchir.

Cependant de graves événements se déroulent, certaines relations sociales se détruisent, d'autres se créent, des conditions nouvelles d'existence apparaissent qui changent les données du problème, — un monde se transforme.

vrier 1901.) Ou voudrait savoir ce que ce savant entend par justice et raison; il aurait dû analyser ces notions et nous donner leur composition. On sait que Montaigne, Pascal et Nietzsche sont restés assez troublés de cette analyse : ces grands esprits ne se payaient pas de mots. Ils avaient, en outre, un beau courage intellectuel. Aujourd'hui, hélas I la pensée devient prudente; ellle s'enterre dans l'or ou dans les palais, et se confine dans un sot optimisme.

Page 1